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Schwann
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4,0
Publiée le 10 novembre 2012
Il faut regarder Théorème ne serait-ce que pour Silvana Mangano et Terence Stamp. Les films de Pasolini sont en général des films que je revois, parce qu'ils sont riches de sens et beaux. Théorème ne fait pas exception à la règle. C'est tout à fait amusant de voir que, un an plus tard, le garçon qui accompagnait Œdipe aveugle dans le monde moderne, Angel(in)o, se retrouve dans Théorème. Si je n'adhère pas tout à fait aux nombreuses paraboles chrétiennes, même si elles sont subverties, faute est de reconnaître que le film de Pasolini est un théorème réussi, jusque dans son absurdité formelle. Pasolini lie remarquablement bien la révélation, puis la désintégration et enfin le désœuvrement. Ce faisant, au-delà de la critique de la bourgeoisie, il met en avant la toute puissance de la Beauté, reléguant d'ailleurs par moment la pensée platonicienne aux oubliettes. C'est sûrement pour cela que j'ai une nette préférence pour la grandiose première partie, se clôturant par les paroles de chaque membre de la famille à l'homme qui ne porte pas de nom : cette fin sur la parole inefficace ouvre Théorème à une toute puissance poétique. La deuxième partie, bien que nécessaire, est plus faible à mon sens.
Attention, spoilers. Théorème est un film passionnant à analyser sur ce qu'il montre et sur ce qu'il dit. La lecture est multiple, comme toujours chez Pasolini. On y retrouve sa verve communiste lorsqu'il introduit cette beauté grecque en plein coeur d'une famille bourgeoise, qui se veut traditionaliste mais qui n'est jamais montré comme une réelle unité mais au contraire éclatée complètement - la preuve, ils ne sont jamais quasiment ensemble dans le même plan. Comme on pouvait s'en douter chez Pasolini, cet obscur objet du désir vient semer le trouble dans cette famille bourgeoise dont la couche de maquillage (!) tombe assez rapidement. L'illusion ne fait plus. Il y a également une réflexion religieuse, pour ne pas dire métaphysique dans Théorème. La beauté grecque est presque un être surnaturel dont Pasolini ne fait qu'amplifier le mysticisme en jouant sur ses cadrages et surtout par son éclairage lui donnant un rayonnement tout particulier. Les personnages - tout comme les spectateurs - sont fascinés par le protagoniste du jeune homme. Chacune de ses histoires - car le film est construit de la sorte, encore une fois la famille n'apparait vraiment pas comme unie mais comme une composition de membres complètement disparate, juste rattachée à une entité - décrit donc cette rencontre mystique et sexuelle du bourgeois avec le jeune homme. C'est par moment intéressant, par moment moins. Mais le vrai problème vient d'ailleurs. Il y a chez Pasolini une sursignification désagréable, tout est dit, redit, souligné, resouligné à tel point que le film en devient saturé. Pour le dire plus simplement, on assiste davantage à la thèse d'un cinéaste qu'à un véritable film. En y réfléchissant un peu plus, j'aurais préféré voir Bunuel -dont le sujet l'aurait certainement intéressé, bourgeoisie, religion, sexe, autant dire que ça reste dans ses thématiques- derrière la caméra. Une affaire de goût me direz-vous.
Cette oeuvre-clé pour bien comprendre la carrière et les obsessions de Pier Paolo Pasolini laisse une impression mi-figue mi-raisin,tout en étant d'une puissance spirituelle rarissime.C'est en fait en y repensant que l'on se rend compte du caractère scandaleux et multiple de "Théorème"(1968).Au visionnage,le film apparaît trop calme et pesant pour être captivant,et surtout semble n'être que le prolongement du néo-réalisme italien,qui existait depuis déjà 20 ans.Pasolini explose en règle la bourgeoisie de son pays des années 60.Il exècre tant le conformisme,l'hypocrisie sociale,la sécheresse émotionnelle et le désoeuvrement qui n'appartient qu'aux nantis;qu'il leur fait perdre la tête les uns après les autres.Le départ d'un étranger,présenté comme une figure christique(beau comme un dieu,muet comme une carpe,à l'aise avec sa nudité)met tous les membres d'une famille bourgeoise face à leurs contradictions.Ainsi,le père donne son usine à ses ouvriers et se promène nu de la gare au désert.La mère se prostitue sans se cacher.La fille tombe en léthargie.Le fils souille des peintures ratées.Et la servante se retire dans l'ascétisme d'une ferme.Pasolini intellectualise bien trop son propos,mais échappe à la pose auteuriste,grâce à la musique enveloppante d'un Ennio Morricone inspiré.
La mise en route est longue, le problème est qu'elle ne se termine jamais. Il y a sans doute la volonté de peindre le "Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé", mais au vu des techniques employées, c'est surtout la salle qui risque d'être dépeuplée. On est au départ dans une histoire assez banale avec, comme souvent chez Pasolini, des personnages assez dérangeants et à peine caricaturaux. La seconde partie est une vraie farce, puisqu'on a une succession de parcours sans réelle cohérence. Ajoutons que la musique, sans doute le meilleur élément du film, est beaucoup trop forte pour être appréciée, surtout étant donné le faible nombre de dialogues. Enfin, le film a le mérite de rappeler au spectateur qu'on est bien chez Pasolini qui recycle ses décors à tout va. La fin surtout, copie d'Oedipe Roi, est très amusante après de longues minutes passées devant l'écran. Ainsi, censé illustrer "Et le verbe s'est fait chair", le film donne surtout l'impression que la place s'est faite chère.
Si les dialogues philosophico-sociaux sont plutôt lourds, bien qu'ils ajoutent une certaine profondeur à cet univers christique, la poésie du montage agissant par répétitions et métaphores et le cadrage très atypique servent d'autant plus, à mon sens, la réflexion du spectateur. Un film d'une rare capacité hypnotique.
Théorème est un film angoissant et hypnotique grâce à sa mise en scène pleine de symboles chrétiens frôlant parfois le surréalisme mais le traitement fait de cette rencontre entre cette famille bourgeoise milanaise et cet étrange charmeur mystique aux yeux bleus n’est pas filmé de façon aussi subversive qu’elle aurait pu l’être. Pasolini sacrifie totalement le propos social que promettent les premières minutes et même, progressivement, sa narration cohérente pour se consacrer uniquement à une œuvre purement basée sur sa plastique digne d’une fresque biblique et sur une soi-disant réflexion métaphysique sans intèret (Connaitre la couleur des yeux de Dieu et les effets qu'ils auraient sur les pulsions sexuelles ne changeront votre regard sur le monde!). Un beau film sur la forme mais mais qui s'avère finalement vide de sens.
Théorème est un film magnifique, mystique et qui aborde de vraies questions et de vraies refléxions sur la bourgeoisie italienne des années 60-70, et sur la facade d'une famille, qui, derrière une solidité apparente n'est que plus vulnérable. Silvana Mangano est magnifique, et tous les acteurs sont bons, avec cette musique de Ennio Morricone, superbe,Théorème s'inscrit donc dans la lignée des chefs-d'oeuvres.
Théorème est un chef-d'oeuvre du cinéma, un brillante critique de la bourgeoisie, dont l'equilibre semble précaire.Un film engagé, donc, et une approche politique subtile. Une oeuvre dérangeante, certes , mais d'une très grande beauté, Théorème est un film que l'on oublie pas, et un de mes films cultes.
Théorème est un chef-d'oeuvre indiscutable , absolument beau et sublime de Pier Paolo Pasolini . Le cinéaste italien , à travers ce grand film situé dans le milieu bourgeois , démontre les failles , les fêlures et la fragilité de la bourgeoisie qui à travers l'image de ce bel et singulier étranger qui s'immisce , s'introduit dans leur famille , dans leurs vies , et qui va peu à peu les bouleverser spoiler: les poussant à la folie puis à la mort , montre qu'en réalité , il règne une véritable et réelle instabilité , qu'un équilibre peut basculer à tout moment et en cela , il peut faire figure de film politique . Si on se place dans cet optique-là , il pourrait être intéressant de mettre en parallèle le chef-d'oeuvre de Pasolini avec les évènements politiques actuels italiens ( la bataille de Valle Giulia qui concerne les étudiants etc ...) : est-ce ces précarités entraînant des tensions , des conflits qui se retrouvent avec le bouleversement et le changement de cette famille bourgeoise . Cette critique de l'univers bourgeois met aussi en valeur clairement l'opinion politique du réalisateur qui est communiste . Et cette mise en scène est souvent glaçante et peu à peu , on sent venir la tragédie , le pire , le drame , la terrible mais inévitable issue . Une oeuvre sublime .
Entendons-nous bien, j'adore Pasolini, il fait partie de mes cinéastes favoris, pour des films aussi beaux et forts que Salo, Edipo Re, ou Il Decameron. Simplement, je me lançais dans Teorema avec appréhension, une peur d'être déçu, et en effet, quelle déception ...
Pasolini prend un malin plaisir à faire imploser une famille bourgeoise, à les ramener à un statut animal, vraisemblablement pour rappeler que tous les hommes sont égaux, une fois dépossédés de leur patrimoine matériel. Propos politique relativement intéressant, pas fondamentalement original, mais intéressant dans la manière dont il est traité. Autant dire que c'est à peu près la seule qualité que je trouve à Teorema, en dehors d'un final assez spectaculaire, d'une mise en scène audacieuse (quoique largement inférieure à ce que j'ai pu voir de Pasolini), d'une capacité manifeste à filmer le sexe même si le film est beaucoup moins démonstratif que la Trilogie de la Vie, à ce niveau.
Mais la force, la beauté, la vigueur, la brutalité magnifique des autres oeuvres de PPP a ici disparu au profit d'une austérité absolument déprimante, et surtout extrêmement lassante. Rarement je me suis autant ennuyé devant un film, qui plus est de Pasolini.
Une énorme déception donc, j'espère un accident de parcours dans la filmographie du maître italien.
Film a regarder plusieurs fois car il est bourré de symboles et que de nombreux détails sont pertinents. De nombreuses choses sont intéressantes. Par exemple, on peut parler d'une absence de mise en scène : très peu de dialogues, cadrages rigoureux, rythme monodique, atmosphère rare. Comme si Pasolini voulait cacher la présence de la caméra. "Théorème" a pourtant été accusée de mysticisme, de perversité et de morbide. A l'époque personne n'avait compris le sens de ce film et c'est vrai qu'il n'est pas facile a comprendre. Mais si on se réfléchis bien cette réalisation est entièrement cohérente. Toute l'histoire se déroule dans un milieu bourgeois. Le réalisateur voulait ici montrer l'opposition entre passé et présent, nature et progrès. Comme bien souvent la polémique pour Pasolini est en porte à faux, Cet invité est symboliquement représenté par Jésus. Le sexe est ici l'unique moyen pour l'invité de remettre en question la société-famille. Bref, ce film est intéressant dans tous les points. Il mélange le sexe avec la religion, il y a une dénonciation de la domination bourgeoise. Tout est caractérisé par des symboles.
Ce cas de chambardement d'une cellule familiale manque profondément de naturel et de spontanéité,malgré toute la qualité métaphorique de l'oeuvre. Allongé d'ennui, bien que sous tension, le soufflé retombe, décevant l'attente subversive.
Un mystérieux jeune homme révèle à eux mêmes les membres d' une famille, un film lent, peu de dialogues mais qui provoque une certaine fascination; une beauté empoisonnée. L' interdiction aux moins de 16 ans est aujourd'hui ridicule.