Grand chef d'œuvre de Pasolini, il s'impose à moi avec cette œuvre comme l'un des plus grands, l'évangile selon saint matthieu (mon film préféré à l'heure où j'écris ces lignes) m'ayant bouleversé, ce théorème film traumatisant, poignant bouleversant, laisse à son spectateur quelque chose de magique et de rare, l'impression d'avoir été perdu par un grand réalisateur, l'impression d'avoir été dérangé profondément. De plus la mise en scène n'aide pas à bien se sentir, tout semble à la fois trop calme et trop violent, tout semble étrange. Non vraiment Pasolini livre quelque chose de puissant qui prête vraiment à la réflexion.
Tel que je l'ai perçu, «Théorème» pourrait bien être la mise en forme par Pasolini d'un véritable délire christo-érotico-marxiste. L'ouvrage est brillant, mais, avouons-le, souvent proche du ridicule (ce qui prouve que le ridicule ne tuait déjà plus en 1968). Le réalisateur y récupère l'idée chrétienne de Révélation à des fins qui n'ont plus grand chose à voir avec l'Évangile. Il en modifie en effet tant le mode que le contenu. Le mode est ici sexuel et fait écho à l'obsession érotique de Pasolini qui offre de la sorte une réinterprétation très «personnelle» de la doctrine chrétienne de l'Incarnation du Verbe. Le contenu est plus difficile à définir, mais relève en tout cas, au moins pour une part, de la critique marxiste de la religion et de la bourgeoisie. Il y a d'abord le rejet de toutes les églises (le fils le signifie en lettres peintes sur une vitre), avec évidemment une critique acerbe de l'institution catholique. Il y a ensuite la «libération» sexuelle, en particulier celle de la mère qui en vient paradoxalement à se prostituer. Il y a encore la critique marxiste du Capital, avec le père qui veut donner son usine à ses ouvriers. Il y a enfin une interprétation très personnelle de l'idée évangélique de pauvreté et de renonciation à la richesse matérielle avec, à la fin du film, la mise à nu du père dans le désert (image biblique par excellence). Il est plus difficile de définir ce que Pasolini propose positivement (et pour cause!). Il y a certainement l'idée d'un épanouissement de la liberté dans l'art chez le fils. Mais il y a surtout ce qui est, à mon sens, le désarroi et la profonde douleur existentielle du réalisateur lui-même, exprimés dans le terrible cri final. On reconnaîtra sans peine la force poétique de son film, mais on ne se sentira pas pour autant obligé de le suivre pas à pas dans sa divagation, même si sa souffrance mérite, comme toute souffrance, d'être reconnue. À voir!
Un vrai chef d'oeuvre réaliste ne supportant aucune critique non-construite - Car bien sûr; ces ennemis avides de cancans & de ces "chuchotements" un peu trop rentrés n'ont clairement rien à offrir - ; nous faisant réfléchir sur le coté bestial de l'être humain en effet jamais très loin ! ( A noter : La trame de fond de ce film rejoint beaucoup celle de " Harcèlement ", & sinon de nombreux autres dans le genre de toute façon approximatifs en comparaison. )
Bizarre fut ce sentiment qui m'envahit à la fin de "Théorème". Une sorte de fascination inconsciente, refoulée même et mélangée à de la perplexité... Ce troublant long-métrage est probablement l'un des pions les plus importants dans l'oeuvre de Pasolini ; il fut une sorte de révélateur et agit comme une mise à nu de la pensée, de la personnalité, de la philosophie et de la poésie de son auteur. On pourrait le considérer comme le véritable point de départ de la croisade qu'il entreprit contre l'ordre établi et ses valeurs puritaines. La bourgeoisie pédante et arriérée dans ses moeurs lui rendit d'ailleurs très bien ses attaques. Dans "Théorème" donc, on a un étonnant et détonnant mélange entre sexualité enfouie refaisant surface, marxisme et christianisme sincère. Cette oeuvre assez déroutante j'en conviens est quasiment incompréhensible pour qui n'aurait pas encore la chance de connaître ce pur génie de P.P.P. ou pour celui qui n'aurait pas cherché à remettre le film dans le contexte de son époque, non pas pour formuler des remarques du style "c'est vrai que ça le faisait en 68 mais aujourd'hui c'est désuet", plutôt pour comprendre réellement les détails et le côté implicite d'un long-métrage qui laissera difficilement indifférent. Personnellement, il m'a dans l'ensemble désarçonné, beaucoup surpris alors que j'ai vu la très grande majorité des créations de ce cinéaste. L'interprétation que l'on peut faire de chaque scène relève en général de non-dits et s'agit finalement assez souvent de codes à déchiffrer. Au-delà du fantasme très soixante-huitard qu'il véhicule, "Théorème" contient plusieurs séquences complètement inattendues, visant à toucher le domaine cette fois-ci sensoriel du spectateur. Finalement, je ne sais quoi en penser. Mysticisme sublime ou masturbation intellectuelle ? Avantage au premier qu'il faudra néanmoins clarifier. Toutes mes excuses pour cette écriture hésitante : "Théorème" m'a vraiment troublé, et je ne savais pas par où commencer.
Insupportablement, terriblement, mortellement chiant, ennuyeux... Inregardable ! mal post synchronisé, et ces plans tellement longs qui n'en finissent pas ! on baille aux corneilles, on ne comprend rien. Aucun intérêt. De la masturbation intellectuelle. Pasolini est dans son monde, ça c'est sûr, mais aucune envie d'y rentrer et d'essayer de comprendre quoi que ce soit à son pensum !
Je ne saurai critiquer objectivement ce film car il m'a dérangé. Je pense que les œuvres de Pasolini sont à voir, en étant averti. On ne peut être indifférent si on a un minimum d'intelligence. Les interprétations qu'on peut en tirer ne peuvent se faire que par dissertations tant les sujets aborder sont complexes. A voir sans nul doute !
Je comprends totalement que l'on puisse trouver ce film imbuvable. Je l'ai regardé un jour où j'étais très fatigué et il est vrai que j'ai longuement dû batailler pour ne pas m'endormir parfois. Il n'en reste pas un moins un film très intelligent. Un de mes amis qui l'a regardé avec moi l'a trouvé nul et n'avait pas trop compris le film. Après que je lui explique, il a tout de suite mieux saisi. Je note assez bien ce film car il faut avouer que ce n'est pas le genre de film où l'on se fait trimbaler du début à la fin sans devoir réfléchir. Il faut clairement réfléchir aux symboles et autres. Bref c'est un peu de la masturbation intellectuelle que personnellement j'aime. Certains plans m'ont vraiment émus, notamment quand la fille commence sa crise de démence. Que dire du dernier plan ? La forme peut ensuite laisser un peu pantois; les dialogues étant quasi absents. Il faut ensuite souligner tout le travail sur la musique qui rend le film somptueux. On dira trois étoiles et demi mais pas quatre car il faut admettre des longueurs !
C'est en effet un superbe film rythmé par le Requiem de Mozart et des musiques de Ennio Morricone. C'est un film plus fascinant que soporifique, le temps passe incroyablement vite. Malheureusement n'ayant aucune culture religieuse je n'ai pas pu tout assimiler. Ici encore des plans sont, si ce n'est pas mythique, inoubliable. Je parle évidemment de la scène finale qui est très impressionnante et de la scène où la bonne est en "lévitation". La boite de Pandore une fois ouverte ne peu plus se fermer et c'est la catastrophe, la folie en tout cas.
Ne connaissant pas trop le réalisateur, je m’attendais pas du tout à un film aussi cérébral qui entre autre se réfère souvent à la Bible. Théorème raconte l’histoire d’un homme très attirant qui s’immisce dans une famille bourgeoise comprenant le père, la mère, le fils, la fille et la bonne avec laquelle il entretient avec tous une relation charnelle et spirituelle puis après son départ chaque membre de la famille se retrouve dans le désarroi et la cellule familiale se désagrège . Le fait qu’une personne révèle l’autre par la sexualité peut est vrai par contre c’est assez culoté de la par du réalisateur de présenter le séducteur naturel qui couche et révèle la vérité par la sexualité comme un ange divin à partir de la métaphore biblique « Et le verbe s'est fait chair.. » Pasolini prend la religion à contre sens puisqu’elle est souvent dans l’interdit par rapport à la sexualité et compare la transcendance de la foi mystique avec l’extase sexuelle. En plus d’être très hermétique par ses discours sur la lutte des classes, l’art, le mysticisme, le vide etc., le film est d’un réel ennui par sa forme rebutante et le manque de dialogues.
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5,0
Publiée le 5 mai 2013
Le chef d'oeuvre de Pier Paolo Pasolini! Dans cette oeuvre controversèe qui fut taxèe d'oscène par la fraction rètrograde de l'autoritè religieuse, une famille bourgeoise honorable est visitèe par une sorte d'ange rèvèlateur, qui en sèduit tous les membres! "Thèorème" a une audace exceptionnelle pour l'èpoque, audace tempèrèe par un esthètisme parfois prècieux; on y dècouvre des images à la limite du surrèalisme! On y voit une Silvana Mangano qui se donne au premier venu, une Anne Wiazemsky qui tombe en catatonie, le fils qui quitte les siens et qui va peindre des croûtes qu'il conchie honteusement, une Laura Betti atteinte de lèvitation et un Massimo Girotti qui abandonne son usine à ses ouvriers, se fout à poil en pleine gare de Milan et se perd dans le dèsert! Quant à Terence Stamp il est admirable d'intensitè en mystèrieux visiteur! Rares sont les comèdiens à pouvoir donner autant d'eux-mêmes à un personnage que l'on peut oublier difficilement où Pasolini se sort magnifiquement de ses possessions! Film mystique à plus d'un titre qui vous rèserve une expèrience cinèmatographique hors du commun, voici donc un "Thèorème" bercè par la grâce, avec pour accompagnement la magnifique musique d'Ennio Morricone...
Voilà la réalisation marxo-freudienne de pasolini. En effet nous sommes dans une famille bourgeoise italiene praticante ayant fortement intérioriser les interdits moraux bourgeois. Le jour où arrive un superbe jeune Homme dont l'ensemble de la famille tombe amoureuse père et fils compris. Chacun réalise à sa manière son désir et l'intériorise. Au départ du jeune homme le surmoi de chacun des memeb de la famille s'extériorise et devient alors insoutenable à chacun pour sa morale et sa conscience. C'est alors un long requiem qui se déclenche pour l'enemble des membres de cette famille dont le désir a brisé ses interdits moraux intériorisés. C'est une réussite intellectuelle totale, comme d'habitude, mais est-ce une réussite cinématographique. La réponse est oui. Pasolini film à merveille et sans retenue le déclin de chaque personnage en montrant des comportement pour chacun de démence totale. L'intensité de la scène ou la jeune fille tombe dans la folie avec le requiem de Mozart en relief est terrifiante. La scène finale étant l'apothéose du film qui se termine dans un cri extériorisant toute la frustration morbide des personnages nous glaçant le sang. Ce film est un crescendo de démence qui fini dans la boue et les larmes qui symbolisent le délitement de la conscience de chacun des bourgeois.
La seul reproche que l'on peut faire au regretté réalisateur, est de n'avoir su insuffler plus de rythme à son "Théorème", provocant indirectement quelques bâillements et longueurs... Pour le reste, le grand Pasolini dégomme à merveille la bourgeoisie et ses frustrations, se moque de la religion catholique en faisant de son visiteur, perturbateur de la vie bien monotone d'une famille bourgeoise, une sorte de dieu de passage, et soutient ouvertement la lutte des classes... Tout cela en y ajoutant des images à la limite du surréalisme... Une oeuvre riche qui ne manque aucunement de mordant...