Personnellement, j'avais apprécié le premier volet de cette licence. Je l'avais trouvé imparfait, mais il était quand même assez correct à regarder. Pourtant, l'annonce de cette suite, nommée "M3GAN ", m'a tout de suite fait peur. En effet, je ne trouvais pas que le premier film avait forcément besoin d'un second épisode, et encore moins au vu de la direction choisie. Au visionnage de la bande-annonce, j'ai eu le sentiment que le long-métrage se dirigeait vers une histoire où M3gan devient gentille, et cela ne semblait clairement pas être la bonne idée. On a déjà vu de nombreux films d'horreur tentant de retourner la personnalité de leur antagoniste, mais cela n'a que très rarement fonctionné. Mais finalement, en visionnant le film, je me suis rendu compte d'une chose : cette licence essaye d'être un nouveau "Terminator". Je ne l'avais pas forcément remarqué au visionnage du premier volet, mais c'est presque évident au sein de celui-ci. Cette histoire qui nous parle d'IA, où, dans le second épisode, le robot méchant du premier s'allie aux héros pour affronter un robot encore plus fort, paraît vraiment inspirée de cette histoire.
Et honnêtement, cela se remarque encore plus lors de la conclusion, la scène du sacrifice de M3gan m'ayant immédiatement rappelé le film du second opus (même si cette dernière n'assume pas son choix jusqu'au bout, ce qui est dommage d'ailleurs).
Malheureusement, si l'inspiration est intéressante, je trouve que le projet arrive difficilement à se séparer de son modèle. Beaucoup de séquences se ressemblent, notamment dans cette idée de faire paraître le robot plus humain. Et c'est donc dommage, car le seul élément que les deux histoires n'ont pas en commun est le seul qui aurait été intéressant de garder.
Je pense évidemment à la question : pourquoi le robot devient gentil ? Il aurait été intéressant de partir sur la base d'une reprogrammation de M3gan, cela aurait évité de désacraliser l'aura du premier film, car le personnage n'aurait pas été le même. Ici, M3gan est donc la même et c'est assez déstabilisant. Ils essaient d'y apporter une explication, mais rien ne paraît cohérent. Encore une fois, cette licence n'a rien compris au fonctionnement de l'informatique.
Et donc, avec une base aussi bancale, il est évidemment difficile de composer un scénario cohérent. Globalement, l'histoire n'apporte rien de nouveau par rapport au premier, on retourne sur les mêmes thématiques liées à l'intelligence artificielle, sans aucune véritable plus-value. Les événements sont donc peu inventifs, déjà-vus et particulièrement prévisibles. On essaye de créer une sorte de suspense autour d'Am3lia, mais on voit venir la réponse à des kilomètres (la justification étant complètement incohérente en plus de cela). En bref, ce second film est complètement inutile d'un point de vue scénaristique. Certes, c'est plutôt agréable de revoir nos personnages, mais ils sont encore bloqués dans les mêmes problématiques personnelles que le premier volet. C'est donc extrêmement frustrant de ne jamais les voir se développer plus que cela, le long-métrage préférant passer son temps à rajouter une surcouche d'humour inutile en plus. Dans l'ensemble, le film est donc un vrai ratage, et il n'y a que si on le prend sous un aspect de divertissement, qu'il peut être plus ou moins intéressant. Au niveau du rythme, le tout est plutôt bien géré, il y a peu de longueurs. Et au niveau des scènes d'actions, il y en a quelques-unes, et elles sont plutôt prenantes. Comme le deuxième volet de la saga "Terminator" par rapport au premier, cet épisode-ci assume bien plus un point de vue d'action. Mais malgré tout, même de ce point de vue, ne vous attendez pas à quelque chose d'extraordinaire. Les scènes restent très légères, on a très peu de réelles confrontations entre les deux robots et la conclusion n'est pas si épique que cela, car confinée au sein d'un décor assez petit et donc peu propice à des chorégraphies élaborées. Si le premier volet était donc simple à résumé et assez sympathique, celui-ci contient plus d'éléments à traiter, bien que le résultat soit largement en dessous. Pour conclure, une suite inutile.