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VILLE.G
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3,0
Publiée le 8 juillet 2026
La triste histoire de l’Egypte moderne racontée sous forme d’une tragi-comédie; ce n’est pas que ce soit mal fait mais à la longue c’est un peu répétitif, bruyant et vain (un peu, justement comme l’Egypte moderne). Pas trop désagréable quand même.
Largement inspiré de son histoire personnelle, Abu Bakr Shawky réalise une comédie familiale, qui n’est pas sans rappeler les vieilles comédies italiennes, où l’histoire intime n’est que prétexte pour convoquer la Grande Histoire, en l’espèce celle de l’Egypte durant les 30 dernières années du XX° siècle. Avec cette gentille romance d’un couple austro-égyptien, Chroniques du Caire joue avec tous les apparats de la comédie familiale en huis-clos : personnages vociférants, « running gags », décors d’époque très soignés, dialogues bien ciselés, succession de tableaux menée sur un rythme enlevé, qui construisent un récit teinté d’humour et de nostalgie…. En toile de fond le recours à de vraies et fausses images d’archives, pour évoquer luttes sociales, occidentalisation de la société et aussi traditions, conflits géopolitiques, émigration, corruption, rappellent les tensions qui animent toujours le pays. Si le tout est séduisant, le film reste trop foutraque et ripoliné pour complètement nous emporter !
La Grande Histoire de l’Egypte du XXe siècle vu à travers la petite histoire d’un cairote avec sa correspondante autrichienne. Un joli film instructif qui n’oublie pas d’être drôle sur un jeune pianiste issu d’une famille virevoltante qui supporte une équipe de foot qui ne gagne jamais. On parle fort, on s’engueule fort, on rit fort et on pleure fort aussi, c’est un petit tourbillon qui nous emporte. Une œuvre attachante.
Ce film retrace la chronique de cette famille égyptienne à la fin du 20 ème siècle. On suit avec intérêt la vie truculente et mouvementée de cette famille rythmée par les évènements de cette époque : NASSER, la guerre des six jours, SADATE et bien sûr le football. Le réalisateur et scénariste égyptien a très bien su intégrer tous ces éléments historiques dans cette belle saga familiale bien restituée.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 21/04/2026 au cinéma Le Balzac à PARIS)
Ai vu « Notre histoire - Chroniques du Caire » de réalisateur austro-égyptien Abu Bakr Shawky. Ce film peut être vu comme une saga sur une famille de 1967 à la veille de la guerre des 6 jours) aux années 80. Au Caire, Ahmed (Amir El-Masry) qui se rêve pianiste, correspond avec une jeune autrichienne, Elizabeth (Valérie Pachner). Nous suivons en parallèle les évènements politiques égyptiens marquants et le quotidien de la famille d’Ahmed. Le film est découpé en 4 grands chapitres. Le ton est donné de suite, dès la scène d’ouverture l’on entend Ahmed s’acharner et taper comme un fou sur un piano totalement désaccordé, pendant que les murs sont frappés par les voisins pour le faire cesser de jouer, avec en plus toute la famille qui hurle parce que le lustre manque de se décrocher et les cadres de tomber à force des coups du voisinage. Un tintamarre assourdissant qui ne cessera presque jamais pendant 2 heures. Un film assurément éprouvant pour les oreilles. On peut penser à certaines comédies italiennes où des familles se déchirent, se trahissent, pleurent, s’invectivent et se réconcilient au moindre prétexte mais là s’arrête toute comparaison. Le personnage d’Elizabeth est totalement sacrifié et inexistant, alors que le regard de cette jeune femme autrichienne qui vient vivre au Caire aurait été très intéressant. On ne sait jamais si Ahmed a vraiment conscience qu’il soit un piètre musicien. On perd énormément de temps en scènes répétitives autours de matchs de foot retransmis à la télévision qui réunissent toute cette famille trop démonstrative. Tout ce bruit et la multiplication des personnages non développés, empêchent de s’attacher au moindre personnage de cette chronique. D’autant plus que l’interprétation est assez inégale et que les seconds rôles sont souvent à la limite du sur-jeu. La mise en scène n’est jamais originale et se perd parfois dans des mouvements de caméra inspirés du Dogme 95 de Lars von Trier. On ressort du film avec l’impression d’avoir subi le programme essorage intense d’une machine à laver avec les oreilles bourdonnantes qui demandent un temps de décompression et surtout de silence total.
Étonnant film égyptien, qui mélange l'intime (une histoire d'amour et une histoire familiale) et le politique (la dictature égyptienne et les conflits du Moyen-Orient), entre les années 1960 et les années 1980.
L'histoire d'amour est transculturelle, entre un Égyptien musulman et une Autrichienne catholique, qui se sont connus... spoiler: par correspondance et que la musique classique a réunis . Ce n'est pas la partie la plus emballante du film, mais je trouve que les interprètes s'en sortent bien.
La partie la plus savoureuse est celle qui décrit la vie familiale au Caire, entre musique, football, politique et soucis du quotidien. C'est truculent, avec des personnages hauts en couleur.
C'est parfois un peu bancal mais plein de vie et de sentiments forts.
Une très efficace plongée comique et très bien documentée dans la vie des cairotes entre Nasser et Moubarak en passant par Anouar El Sadate et de très belles scènes documentaires inédites de l’accord de paix signé entre Israël et l’Egypte avec le président des USA Jimmy Carter. Truculence moyen-orientale, avec une télévision d’Etat qui monopolise le quotidien des familles et vous dicte ce que vous devez faire et penser. Vous trouverez beaucoup de pépites comiques vous rappelant que les influenceurs d’aujourd’hui par les réseaux sociaux ont eu des ancêtres égyptiens de ces années compliquées 1967-1989… Une photo très soignée qui vous fait croire que le film date réellement de ces années-là et qu’il aurait été restauré en 2026 !
j'ai beaucoup aimé suivre les tribulations de ce pianiste égyptien, sa famille pénible mais si attachante, son amoureuse autrichienne qui le soutient sans les juger. Et puis l'histoire de l'Egypte ces 50 dernières années, un rappel passionnant et salutaire. cette chronique est précieuse par son humilité, sa vision à hauteur d'homme et de femme, ni pauvres ni riches, amateurs de musique ou de foot plus que de politique. Un très bon film sans effet spectaculaire ni posture politico-societale. une prouesse sans esbrouffe.
Sympathique comédie aux accents parfois mélodramatiques qui entremêle chronique familiale et histoire d'amour intercontinentale - d'abord épistolaire - entre un Égyptien et une Autrichienne, revisitant à cette occasion plusieurs décennies de l'histoire égyptienne depuis les années 1960. Film vu en avant-première.
Un très beau film, plein de vie. Un aperçu de la société et de l'histoire de l'Egypte dans la seconde moitié du XXème siècle. Beaucoup de vie et d'humour. spoiler: J'avertis seulement d'une chose : rarement j'ai vu un film aussi bruyant, surtout dans sa première partie. Mais ce n'est pas un reproche : le niveau sonore est proportionnel à l'intensité de la vie dans cette famille et ce quartier du Caire. J'ai beaucoup aimé et n'ai pas trouvé le temps long.
Ce film est à la fois une belle histoire d'amour, une fresque historique contemporaine, un drame intime, une comédie familiale... c'est un film qui déplie l'épaisseur du temps, qui nous fait découvrir l'Egypte contemporaine, et nous montre de manière assez subtile finalement que la famille est parfois notre seul rempart face à l'adversité
On passe un bon moment. Les acteurs sont authentiques, on voyage dans un autre pays, d'autres coutumes, ça fait du bien. J'ai bien aimé, c'est un film agréable à regarder.
Une fresque historique, de Nasser à Moubarrak sur la vie d'une famille cairotte, les destinées de chaque enfant, parfaitement cerné, des ambiances familiales brouillonnes et bruyantes comme la vie au Caire. Un bijou de montage qui retranscrit si justement les rapports humains de l'Egypte. Un film à ne pas rater...
En regardant Notre histoire - Chroniques du Caire, il est impossible de ne pas penser aux comédies italiennes de la grande époque, mais aussi au cinéma où à la littérature égyptienne quand la chronique se fait plutôt fresque, avec connotations sociales à la clé. Ne craignant pas les excès ni les gags récurrents, le film embrasse plus de vingt ans d'Histoire du pays, à partir de 1967, en incluant des archives de Nasser et de Sadate. La famille exubérante qui y est décrite réagit ainsi à des secousses politiques et économiques, mais est aussi vue par le prisme de l'intime, avec des personnages attachants gentiment épinglés pour un trait de caractère particulier et constant. Abu Bakr Shawky, le réalisateur, suit sa ligne directrice sans coup férir, dans l'humour davantage que dans le drame et avec un sens du pittoresque très égyptien dans l'esprit, à la frontière de la caricature ou de la satire, comme on voudra. Dans le Nil familial, le héros du film s'impose moins par sa faconde ou sa personnalité que par sa propension à l'échec, néanmoins atténuée par sa fidélité à une histoire d'amour pourtant peu simple à mener, à des kilomètres de distance. Le thème de l'exil est d'ailleurs traité par le film, de même que celui de la corruption endémique, mais avec une ironie lucide et dans la bienveillance pour le peuple égyptien, toujours digne malgré l'égoïsme et la folie des grandeurs assez courante de leurs dirigeants successifs.
Né d’un père égyptien et d’une mère autrichienne, Abu Bakr Shawky raconte l’histoire de ses parents et de leur rencontre dans les années 70.
"Notre histoire" est une coproduction internationale tournée en Égypte et en Autriche. Elle a le parfum intemporel des fresques familiales. Elle a aussi celui d’une pièce de théâtre puisqu’elle ne sort quasiment jamais du petit appartement où s’entassent les membres de la famille Shawky : le père et la mère d’Ahmed, ses deux frères, son oncle…
On pense à "L’Immeuble Yacoubian", aux romans d’Alaa al-Aswany pour la bruyante exubérance de tout ce petit monde. On pense aussi aux documentaires autobiographiques de Namir Abdel Messeeh ("La Vierge, les Coptes et moi", "La Vie après Siham") et à leur sens de l’auto-dérision. On pense enfin aux comédies italiennes des années 70 de Dino Risi ou d’Ettore Scola.
En arrière-plan, "Notre histoire" avec une minuscule raconte la grande histoire avec une majuscule. Celle de l’Égypte de Nasser, battue en 1967 pendant la guerre des Six-Jours. Celle de Sadate, battue en 1973 lors de la guerre du Kippour, qui laissera paradoxalement en Égypte un souvenir glorieux. Une Égypte dont les citoyens ont le sentiment honteux d’être les éternels vaincus de l’histoire, à la guerre comme au football.
On crie beaucoup chez les Shawky. On y crie autant qu’on y s’aime. L’arrivée d’un corps étranger en la personne de Liz, la correspondante autrichienne devenue, après un séjour d’Ahmed en Autriche, sa fiancée, pourrait remettre en cause l’harmonie familiale. Mais, il n’y a aucun mauvais sentiment dans ce feeel-good-movie. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. En tout cas, ils en eurent un…. qui rend hommage à ses aïeux cinquante ans plus tard dans ce beau film autobiographique placé sous le signe de la nostalgie.