À voix basse
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "À voix basse" et de son tournage !

Tissage entre l’intime et le politique

Le premier film de Leyla Bouzid, À peine j’ouvre les yeux, a été tourné en Tunisie. Une histoire d’amour et de désir, son second, en France. Pour la cinéaste, ces deux films ont en commun la manière dont le fait politique et social influe sur l’intime : "Comment il peut résonner et modifier nos sentiments les plus profonds, nos comportements, notre sexualité". Elle ajoute :

"Pour ce troisième film, À voix basse, j’ai souhaité retourner en Tunisie, plus précisément dans une ville balnéaire où j’ai passé mes vacances d’été : Sousse. Ce film poursuit le tissage entre l’intime et le politique, en s’intéressant au personnage de Lilia, qui cache une partie de sa vie à sa famille."

La ville de Sousse

La ville de Sousse est centrale dans ce film. Elle se trouve à 160km au sud de Tunis, sur la côte est, dans la région dite du Sahel tunisien. La ville est marquée par l’Histoire : elle fut l’une des principales cités portuaires de l’Afrique romaine. Puis, une ville prospère lors de la période arabo- musulmane. La réalisatrice Leyla Bouzid explique :

"Depuis les années 80, le choix a été fait de la rendre touristique et son essence a été progressivement dénaturée. Son centre-ville, dit de style colonial, a été laissé à l’abandon pour l’étendre perpétuellement avec de nombreux complexes hôteliers. C’est une ville patchwork qui, malgré une modernité affichée, est restée très conservatrice."

"Le film, est pour moi, profondément ancré dans ces deux espaces : cette maison et la ville de Sousse qui, ensemble, incarnent la tension entre tradition et modernité."

La thématique Queer

Avec le récit de la vie du personnage de Daly se déploie la manière dont s’est joué, dans cette famille bourgeoise tunisienne, le rapport à l’homosexualité. Leyla Bouzid confie : "Perçue comme une tare, traitée comme une maladie, le mal-être suscité s’est propagé à tous. J’ai été saisie en découvrant à quel point, dans chaque famille tunisienne, il y a un « Daly ». Cet oncle, ce cousin, cette connaissance, dont l’existence a été écrasée, et qui est resté un être fantomatique. Cette mort terrible de Daly devait avoir un sens. Permettre à Lilia de se révéler."

"Avec la trajectoire de Lilia se joue l’émancipation d’une femme face à sa famille et à son pays. Comment avoir le courage et la force d’être qui elle est ? Comment construire, avoir un enfant sans le dire à sa propre mère ? Comment se déployer vers un avenir en n’assumant pas son présent ? Cela, Lilia ne le voit pas encore au début du film, elle croit que tout est sous contrôle. Et c’est là, en Tunisie, dans un contexte hostile à ce qu’elle est, que sa réalité commence à s’effriter."

Qui pour Lilia ?

Lilia est interprétée par Eya Bouteraa, dont c’est quasiment une première fois à l’écran. Quand Leyla Bouzid a rencontré Eya, la cinéaste a été frappée par la différence entre sa manière d’être dans la vie, très joviale, et sa présence à la caméra, qui laisse entrevoir une mélancolie silencieuse : "Cette présence charismatique était exactement celle que je cherchais. Eya était prête à s’emparer totalement du rôle, malgré le sujet, sans jugement, ce qui n’allait pas forcément de soi."

"Ensemble, nous avons travaillé sur la manière dont ce personnage, qui est dans le contrôle, va se fissurer petit à petit et lâcher prise pour s’ouvrir. Eya a fait un travail exceptionnel et très précis, qui allait de la voix, à la manière de marcher, de se mouvoir."

Une réalisation organique et épurée

Avec À voix basse, Leyla Bouzid poursuit le travail autour d’une mise en scène à la fois organique et épurée avec le directeur de la photographie de ses films précédents, Sébastien Goepfert. Elle se rappelle : "Le grand défi du film était de recréer l’atmosphère en clair-obscur de la maison à laquelle j’étais très attachée. De nombreuses photos de famille constituaient nos références."

"Sébastien a passé du temps dans la maison à observer la lumière, la manière dont elle se réfléchissait naturellement dans l’espace. Il a réussi à recréer avec talent ce qui m’avait marquée, enfant. Nous avons également voulu marquer une progression dans le travail de la lumière : au début, la maison est renfermée sur elle-même, sombre, la lumière s’immisce à peine."

"Puis, petit à petit, elle s’infiltre de plus en plus jusqu’à s’imposer et venir tout éclairer. Nous avons travaillé sur les tâches de lumière mouvantes, les forts contre-jours. Une grande partie des meubles et de la décoration de la maison est celle de la maison originelle de ma grand-mère. Les photos aux murs sont celles de mes aïeuls. Mais nous avons soigneusement choisi les rideaux, les teintes, les couvertures, les couleurs des costumes…"

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