Ce film est présenté en Compétition au Festival de Cannes 2025.
Il s’agit de la deuxième collaboration entre le réalisateur Ari Aster et Joaquin Phoenix après Beau Is Afraid (2023).
Après avoir signé deux films devenus des références du cinéma d’horreur (Hérédité – 2018 et Midsommar – 2019), Ari Aster a opéré un tournant dans sa filmographie avec son troisième long-métrage, Beau Is Afraid (2023) qui lorgnait plus du côté de la comédie noire. Avec Eddington, le cinéaste revisite un autre genre cinématographique, à savoir celui du western contemporain, à travers l’affrontement de deux hommes dans une petite ville du Nouveau-Mexique.
Bien qu’il présente deux visions opposées de l’Amérique contemporaine (les progressistes contre les conservateurs), Ari Aster n’a pas souhaité faire un film à charge à destination d’un camp plus qu’un autre. Il a ainsi voulu réaliser un long-métrage qui soit le plus objectif possible sur la manière dont les gens vivent aujourd’hui aux États-Unis.
L’idée de la réalisation d’un western n’est pas nouvelle pour Ari Aster. Il souhaitait en effet que son premier long-métrage revisite ce genre. Mais il avait fini par le mettre de côté au profit du cinéma d’horreur avec son premier film, Hérédité (2018).
Ari Aster connaît bien le Nouveau-Mexique, état américain qui sert de toile de fond à Eddington. Même s’il est né à New York, le réalisateur a passé une partie de son adolescence à Santa Fe et il est revenu vivre dans ce coin des États-Unis au début de la pandémie de COVID, en 2020. Sa famille habite notamment dans la périphérie de la grande ville d’Albuquerque.
L’idée d’Eddington est venue à Ari Aster à la suite de deux événements majeurs de ces dernières années. D’une part, la pandémie de COVID et la manière dont les gens se sont retrouvés cloîtrés chez eux. D’autre part, le meurtre à caractère raciste de l’Américain George Floyd qui a entraîné de nombreuses manifestations contre l’oppression des minorités raciales et ethniques aux États-Unis.
Avec Eddington, Ari Aster a souhaité proposer un western dans lequel les armes ne sont pas des pistolets mais, de manière plus métaphorique, des téléphones. Une manière pour le réalisateur de faire une critique sur le rôle toujours plus important des technologies dans la manipulation et les fractures de la société.
En amont du tournage de son film, le réalisateur s’est livré à un vrai travail d’enquêteur. Il a ainsi parcouru en voiture le sud-ouest des États-Unis, de manière à mieux cerner la mentalité des petites villes qu’il traversait ainsi que leur orientation politique. En outre, il a également puisé une partie de son inspiration dans les différents paysages qu’il sillonnait.
Pour nourrir son scénario, notamment sur la question des affrontements entre les différents personnages, Ari Aster s’est inspiré de certaines spécificités du Nouveau-Mexique comme les pueblos, qui sont des terres tribales indigènes qui fonctionnent de manière parallèle avec leurs propres forces de l’ordre et leur code judiciaire. Par ailleurs, comme c’est le cas dans le film, il existe dans cet état de nombreuses fractures et tensions sociales entre les Hispaniques, la petite communauté mexicaine, la communauté amérindienne et les blancs.
Pour incarner le shérif Joe, Joaquin Phoenix s’est inspiré des personnages des films de John Ford et Howard Hawks.
Le personnage de Ted, qu’interprète Pedro Pascal, s’inspire d’une élue qu’Ari Aster a rencontré lors de son périple en voiture dans le sud-ouest des États-Unis. Progressiste, elle cherchait notamment à développer l’énergie solaire dans sa ville du Nouveau-Mexique. Désireuse de donner un coup d’accélérateur à la rupture technologique qu’elle souhaitait mettre en place, elle n’hésitait pas à limoger des adversaires politiques pour mener à bien son projet.
Comme c’était déjà le cas dans Midsommar, Ari Aster évoque de nouveau l’emprise et les dérives sectaires dans Eddington, à travers le personnage du gourou que joue Austin Bustler, et dont Louise (interprétée par Emma Stone) tombe sous le charme.
Emma Stone et Joaquin Phoenix se retrouvent dans Eddington, dix ans après s’être donnés la réplique dans L’Homme irrationnel de Woody Allen (2015).
Le lieu de tournage du film n’a pas été simple à dénicher. Ari Aster et ses équipes ont sillonné presque toutes les villes du Nouveau-Mexique avant de trouver le décor idéal pour Eddington : Truth or Consequences, petite localité du comté de Sierra qui compte 6000 habitants.
L’image du film est l’œuvre du célèbre directeur de la photographie, Darius Khondji. Il s’agit de la première collaboration entre Ari Aster et le Franco-Iranien, qui a travaillé avec de prestigieux cinéastes tels que Jean-Pierre Jeunet, David Fincher, Woody Allen ou encore Michael Haneke.
Le tournage d’Eddington s’est étiré sur onze semaines. Le film a principalement été tourné à Thruth or Consequences puis dans les communes de Madrid et Tohajiilee, dans la périphérie d’Albuquerque.