Mélange de réalité et d’imaginaire, mélange de baroque et de réalisme, le temps des gitans est une sorte de poème visuel rappelant certains vers angoissants d’Arthur Rimbaud. Ce n’est pas rien, c’est une vraie œuvre cinématographique réussie mais qui ne peu plaire (outre aux cinéphiles) à titres divers qu’à un grand public allant parfois au cinéma pour apprendre des aspects de la vie qu’il ignorerait sans lui. Ces Gitans ou plutôt ces Roms malgré tous leurs défauts, bien exagérés dans le film, ont au moins une chose à nous apprendre : c’est la liberté de vivre dégagée de toute obligation. Chacun pour soi certes, au sein des divers groupes, mais chacun le sait quitte à profiter de la naïveté des plus faibles ou de ne pas se laisser faire. Dans tous les cas un beau film, lumineux et totalement maitrisé dans la diversité réaliste et dans l’imaginaire. Que de talents chez ce cinéaste qui évite d’intellectualiser les comportements, qui fait foisonner la vie où qu’elle se trouve y compris chez les animaux domestiques.
Réalisé entre les deux Palme d’or d’Emir Kusturica (Papa est en voyage d’affaires, Underground) et juste avant le magnifique Arizona dream, tourné aux États-Unis, Le temps des gitans est une fresque intimiste et baroque qui nous embarque aux côtés de Perhan, un jeune rom de Yougoslavie qui va apprendre à jongler entre son enfance et sa vie d’adulte, au sein d’une communauté riche en couleur mais qui laisse peu de place à l’émancipation individuelle. Sur une musique magnifique du fidèle Goran Bregović, Kusturica enchaîne des séquences tour à tour subjuguantes de beauté – à l’instar de la scène de la fête de la Saint-Georges, sur le fleuve – grotesques ou sordides. Véritable condensé du talent d’Emir Kusturica, ce film intemporel et foisonnant est un traité de mise en scène qui dresse un portrait tendre, fascinant et sans concession de la communauté rom, dont les chefs s’adonnent ici sans vergogne au trafic d’enfants. Mâtiné de réalisme magique, ce long-métrage fascinant à bien des égards reçut le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1989.
J'avais adoré Arizona Dream de Kusturica et quand on m'a proposé de voir Le Temps des Gitans je n'ai pas réfléchi deux fois. J'y ai retrouvé un peu de l'esprit d'AD même si les histoires sont quand même fondamentalement différentes et ce n'était pas pour me déplaire. J'ai quand même mis un certain temps avant de rentrer dans le film. Le début est assez éprouvant, pas forcément passionnant et à ce moment-là j'avais un peu peur de ne pas vraiment apprécier le film par la suite. Mais une fois que ça se lance ça devient vraiment bon, le Temps des Gitans est même un film assez riche. L'histoire de ce jeune rom qui rêve de richesse pour épouser la fille de ses rêves permet à Kusturica de peindre un monde plein de désillusions. L'univers de ce film oscille entre réalisme pur et féerie, et c'est réussi, on prend plaisir à participer au voyage. Pourtant le film ne comporte pas que des scènes "faciles". Plus on avance et plus ça devient sombre, loin de la relative paix du village gitan du début du film. Le film parle de proxénétisme, de trafic d'enfants, de kidnapping et ce n'est jamais forcément simple de voir ce genre de scènes à l'écran. Mais Kusturica a le mérite de ne jamais tomber dans le pathos, ces thèmes sont abordés avec une relative légèreté qui n'assomme pas le spectateur.
Le film contient quelques instants de grâce, je pense à cette scène magnifique de la célébration dans le fleuve. Ce passage atteint un sommet de poésie qui fait vraiment plaisir à voir. Après hélas j'ai trouvé le film un peu inégal, certaines séquences m'ont paru un peu plates. Dans l'ensemble j'ai vraiment bien aimé ce film mais je n'ai pas pris mon pied du début à la fin. J'ai beaucoup aimé l'acteur principal avec son faux-air de Dustin Hoffman et son personnage est très intéressant: un jeune homme qui croit en ses rêves mais les voit s'effondrer sans jamais pour autant perdre cette lueur d'espoir qui l'anime lui ainsi que son peuple. Kusturica déclare son amour pour le peuple gitan et le peint de manière assez juste, on voit bien que ce sont des êtres loin d'être parfaits mais qu'il y a quand même une grande part d'humanité en eux. Avec le recul je me rends compte que j'aime beaucoup ce film, c'est en plus très bien mis en scène malgré une photographie parfois un peu quelconque et c'est un film qui a des choses à raconter. C'est frais, c'est original et ça reste intelligent, un vrai bon film .
Mouais mouais, j'aime bien Emir Kusturica et ce qu'il fait en général mais là à part le début que j'ai vraiment bien aimé j'ai trouvé le reste un peu long, on arrive difficilement aux conclusions. La musique m'a bien plu par contre. Et le dindon...
Comme à chaque fois avec Kusturica, il y a un côté foutraque et burlesque, avec des personnages hauts en couleurs, des cuites monumentales, et des dindons ... Mais il y a aussi une vraie histoire, à laquelle on s'attache : celle de Perhan, jeune homme débrouillard, qui vit avec sa soeur et sa grand-mère adorée dans un campement de misère, et qui se retrouve embarqué un peu malgré lui dans l'exploitation d'enfants mendiants en Italie. Quelques scènes magnifiques, comme celle de la veillée de la Saint-Georges sur le fleuve, avec ce peuple gitan beau et libre, et à laquelle se rajoute la musique inoubliable de Goran Bregovic.
La déception est de mise après la vision de ce "Temps des Gitans". Second film de la galaxie Kusturica, ce dernier fut le premier d'entre eux remarqué à Cannes, jouissant encore aujourd'hui du statut de film culte. Certes, je n'irai pas jusqu'à dire que la patte du cinéaste se trouve absente. En effet, l'univers cinématographique propre à son auteur est incontestablement présent, mobilisant lyrisme, humour et tragique. Seulement, c'est l'amalgame qui cette fois-ci ne prend pas. Car si d'ordinaire les oeuvres du cinéaste serbe ont tous l'air de fourre-tout néanmoins organisés, celui-ci se trouve à l'inverse désordonné, lassant et décousu, laissant pour notre compte à peine quelques traits de poésie, une ou deux images marquantes et cela s’arrête là. De plus l'auteur y rajoute une touche inhabituelle d'émotionnel versant alors dans le mélo pompeux noyant définitivement l'ampleur initiale de son entreprise. Quant à la partition de Goran Bregovic, elle est à l'évidence superbe mais le résultat final se situe donc clairement en deçà de ses deux productions les plus éclatantes, à savoir "Chat noir, chat blanc" et (surtout) "Underground".
Petite déception dans la filmographie du Maître Kusturica... On y retrouve biensûr la signature propre du cinéaste dans ce beau film, où quelques scènes y sont admirablement filmées, mais le film parâit long, trop long, assez ennuyeux... Bien que ce soit bien joué et joyeusement filmé, le mérite revient, sans aucun doute, à un autre génie: Le compositeur Goran Bregovic qui porte littéralement le film dans une énergie communicative, qui nous fait non seulement aimer encore plus le cinéma et la musique, mais aussi la vie... tellement son talent musical accompagne prodigieusement l'intrigue du film. A découvrir...
Un Film de Kusturica que je trouve décevant au vue de ce que la plupart des gens qui l'ont vu en pensent. Ici pas de joie et d'humour, un déferlement de personnages et situations désagréable. Pourtant la "patte" de l'auteur est bien présente au niveau de la mise en scène et de l'imagerie mais cela ne prend pas.
Pour ma part, je n'ai pas complètement accroché. C'est... très imagé. Certaines scènes sont dures. Mais le tout m'a semblé manqué de concret. J'ai parfois eu du mal à comprendre où le metteur en scène voulait en venir.
Qu'est-ce que c'est pénible ce genre de cinéma avec un chien qui court après une carriole et des types en costume crado et avec deux dents sur de la musique tzigane. Tout ça pour flatter "Télérama".
L'odyssée baroque d'un garçon tzigane qui veut gagner de quoi se marier avec son amoureuse, soigner sa soeur malade et offrir un toit à sa grand-mère. Un film génial à la fois drôle et poétique, interprété par des acteurs formidables et accompagné par la superbe BO de Goran Bregovíc. Magique ! Prix de la mise en scène à Cannes.
Déçu par ce "Temps des Gitans". Kusturica a choisit ici de s'orienter vers le drame. Exit l'humour de "Chat noir chat blanc". L'aventure de Perhan se donne des airs de Barry Lyndon : l'histoire d'un pauvre gars qui touche le sommet et tombe avec déchéance. Malheureusement, même si la musique est parfaite, elle ne sauve pas l'absence de passion qu'il y a dans le film. "Chat noir chat blanc" est doté d'un rythme trépidant, enjoué alors qu'ici le théme est bien plus sombre. Kusturica traite malheuresement ce théme avec incohérence. Alors que Perhan assiste à un viol collectif, il n'a pour seul réaction que de grogner gentilement contre l'autorité. Kusturica tente par la suite de nous émouvoir à la mort d'un être cher à Perhan. Comment peut on donner crédit à la mort d'un être alors qu'il faudrait ne pas en donner au viol d'un autre, c'est le dilemme qui se pose dans "Le Temps des Gitans". Cependant la partie qui se déroule à Milan est bien plus alléchante. Le film prend une vraie forme, les personnages sont enfin vrais. Nous en concluons que cet oeuvre du grand cinéaste yougosalve est relativement décevante. Les personnages sont comme toujours chez Kusturica haut en couleur. Enfin on remarque dans "Le Temps des Gitans" la patte de Fellini, c'est indéniable.
Ce Kusturica m'a déçu, je trouve que l'histoire aurait pu être plus travaillée et elle souffre de beaucoup de longueurs. Comme certains l'ont déjà dit l'univers manque d'intérêt et les personnages auraient pu être plus attachants. Néanmoins il y a de belles images, une musique sympa toujours signée Goran Bregovic et un peu d'humour qui est le bienvenue.