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Nicolas L.
118 abonnés
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3,0
Publiée le 28 août 2019
Ça commençais mal. Foutraque, bruyant et sans queue ni tête. Et puis le film prend corps, le scénario démarre et le récit devient intéressant. C'est dur, cru et même si Kusturuca se permet quelques fantaisies poétiques c'est assez réaliste sur la traite des enfants dans la mendicité et la prostitution. J'aime beaucoup également le traitement du personnage principale très attachant au début du film qui au fur à mesure de l'histoire devient de plus en plus détestable. Kusturica c'est pas spécialement ma tasse de thé mais ce film avec un peu d'effort il est vrai se laisse agréablement regarder.
Superbe fresque de toute la communauté tsigane à travers l'histoire d'un jeune gitan parti en Italie pour accompagner sa soeur dans un hôpital et commencer à gagner de l'argent. Le génie visuel de Kusturica est déjà présent, le grain de folie un peu moins avec un aspect bien plus sombre et plus triste qu'un "chat noir, chat blanc" ou encore "la vie est un miracle". Les acteurs comme les personnages sont toujours aussi truculents et la métamorphose de Perhan au fil du scénario est poignante. On peut parfois regretter la lourdeur et le manque de soin dans certaines transitions entre des scènes pourtant déjà de très grande qualité, mais aussi le timide accompagnement musical de Goran Bregovic quasi absent ici (malgré le superbe "edelerzi") comparé aux illustres chefs d'oeuvre qui suivront. Mais l'essentiel est sauf, Kusturica a inventé le "rêve trip" et c'est avec joie que nous y sommes conviés.
Si il fallait en choisir un, cela serait celui-ci. Oeuvre lyrique, poétique, inspirée de bout en bout. Structurée et bordélique à la fois. C'est LE chef d'oeuvre incontestable de Kusturica.
L'émotion opère tout au long de l'oeuvre comme le court d'une rivière défait de ses barrages, il s'en dégage un image immergée de beauté, de magnificence, le film crée une proximité avec nos protagonistes, leurs moeures nous impreint et dictent nos émotions dans une totale non-pudeur. Une fresque qui dépeint un monde Gitans dur mais qui par l'amour tient, mais quand l'amour cède à la volupté, on court vers la...
Emir Kusturica est un bouffeur de vie ; dans tous ces films il y a un joyeux mélange de gens, de fête, de rire, de cris, de banquets et de musique tzigane.Et dans celui là, peut être plus que dans les autres, on s'imprégne d'abord puis on se laisse avaler totalement par la vie gitane au point que quand le film se finit on prend du temps à retrouver son esprit. Bravo et merci M. Kusturica pour ce voyage incroyablement beau !
Le tout début du film m'a un peu rebuté, avec ces acteurs qui grimacent et un côté miséreux à la limite de la complaisance; mais cette impression pénible ne dure pas, dès l'instant où Perhan explique à sa dulcinée la fabrication de la chaux, on se fait littéralement dévorer par le Temps des Gitans, et l'on ressort complètement abasourdi ; une oeuvre extraordinaire de poésie. Le film alterne les scènes glauques - mais jamais insupportables - avec des moments de pure magie, comme la fête de la Saint-George. Au final d'ailleurs, on retient surtout les superbes passages oniriques, magnifiquement mis en valeur par la musique. Prix de la mise en scène à Cannes on ne peut plus justifié pour Kusturica, plus qu'inspiré par son sujet. Une vraie leçon de cinéma, un très grand film. Fascinant.
Prenez le scénario d’ "Il était une fois en Amérique" de Leone, mettez-le à la sauce gitane et faites-le tourner par une sorte de Fellini slave qui aurait troqué ses habituels fantasmes pour les vieilles prostituées moustachues contre une fascination irrépressible pour les poules et les dindons. Ca donnerait "Le temps des gitans". Un film inclassable, protéiforme, à la fois tendre et immoral, fantastique et violent, d’une beauté sauvage et baroque. Un film au-dessus duquel plane le génie d’un très grand artiste: Emir Kusturica. Quelle extraordinaire capacité à s’emparer de tous les éléments du cinéma (musique, scénario, décors, mise en scène, dialogues, caractérisation des personnages, direction d’acteurs…) pour en faire un univers unique, inimitable et absolument fascinant ! Quelle sensualité, quelle intelligence, quelle sûreté du goût, quel sens du rythme ! Ca tourne, ça virevolte, ça en met plein la vue, ça fait rire, ça choque, ça révulse, ça attendrit, ça étonne, ça laisse rêveur… Tout ça à la suite ou en même temps. Un cocktail incroyable d'émotions et de sensations. On ressort un peu étourdi, comme si on avait un peu trop respiré les senteurs enivrantes d’un marché d’épices oriental. Et on se dit alors : "Il est fort, ce Kusturica !".
Chez Kusturica, les gitans ont toujours été le symbole de la liberté, qui malgré leur défauts vivent au jour le jour, s'émancipant de toutes contraintes, dans la simplicité. "Le Temps des Gitans" est à la fois une lettre d'amour envers ce peuple et un sombre pamphlet concernant les atrocités du monde qui les entoure. Dans une première partie, Kusturica traite du quotidien d'un jeune rom, Perhan, et y institue toute la simplicité de leur mode de vie. Le jeune garçon, vivant avec sa grand-mère, sa soeur et son oncle déluré, tombe amoureux de la fille de sa voisine. Durant ce début d'intrigue, le second degré et la poésie propre au cinéma d'Emir Kusturica est omniprésent. Puis vient le moment fatidique ou le jeune héros demande à sa voisine la main de sa fille. De manière burlesque, cette dernière refuse, insinuant qu'il ne gagne pas assez. Quelque jours plus tard, sa soeur est prise d'un mal à sa jambe,à tel point qu'il faut l'opérer. Perhan, plein de rêves et dans l'espoir de soigner sa soeur puis de se marier avec son amie, rentre dans le clan du "mafieux" du village, Ahmed. Il retrouvera alors embarqué dans une vie faite de duperies et de magouilles... Autant dire que "Le temps des gitans" est l'un des films les plus sombres d'Emir Kusturica. La poésie et la simplicité de la première partie s'évanouissent entièrement dès le départ de Perhan, marquant le contraste entre la vie simple et belle des gitans et les atrocités du monde, comme si les gitans vivaient dans une sorte de no man's land, un endroit ou malgré ses défauts, la peur, la mort et la tristesse ne sont que de simples songes et ou règne la musique, la joie de vivre...et les quelque engueulades entre voisins. Le monde filmé en dehors, sous une belle apparence, n'est qu'un leurre dans lequel Perhan tombe. Les richesses sont procurés grâce au traffic d'enfants, aux magouilles, etc. Résultat, la pourriture des terres extérieures s'impregnent sur Perhan, à tel point qu'il fini par devenir lui même un être sans scrupules, emprunt de vanité, comportement qu'il fuyait durant toute son existence. Et, tel un châtiment, la fin de sa vie ressemble à une punition, punition de n'avoir obéï aux paroles sages de la grand-mère, punition de s'être comporté comme tel. Prisonnier d'un monde rempli de haine et de violence, la quête de rédemption du héros semble perdue. Désillusion et tristesse sont les maîtres mots de ce film, bien loin de la poésie loufoque "Promets-moi", sa dernière fiction en date, refletant l'acidité d'une société ou n'importe qui serait prêt à faire n'importe quoi pour le l'argent. Dommage que certains moments soient quelque peu "lourds" et que la photographie soit hasardeuse. "Le Temps des Gitans" se présente comme tel, une fable âpre et sociale sur un jeune homme qui, par amour, se retrouve embarqué dans un monde bien loin de ses rêves, une réalité douloureuse et mélancolique dont il restera prisonnier toute sa vie.
Bienvenue dans l'univers d'Emir Kusturica, le talentueux cinéaste Serbe qui pour "Le Temps des gitans" (1989), son second film primé à Cannes, dresse un portrait attachant et salvateur de ce peuple gitan, en exploitant les ficelles à bon escient du drame familial intense, non dénué d'humour. Il démontre sa faculté à rendre vivante chaque scène, par une utilisation redondante de la musique tzigane, de longs plans séquences traversant le camp gitan ou par un scénario en béton d'une juste complexité. Et surtout son intelligence est de nous montrer cette communauté comme un peuple à part entière, comme un peuple qui a ses défauts, ses qualités, sans déraper dans la complaisance inopinée. Ainsi la grand-mère en figure centrale est l'exemple parfait de maturité par son amour dévoué, sa non-rancune et sa magie guérisseuse. Le fiston est dévoré par le vice du jeu et sa méchanceté permanente ce qui ne l'empêche pas pour autant d'imiter Charlot à merveille. Et le petit fils Perhan, dont c'est le destin que le film suit, n'a qu'une idée en tête pour conquérir son amour de toujours Azra, être riche, mais il découvrira un monde fait de malhonnêteté par l'intermédiaire d'un traficant d'enfant, aux allures de Parrain, qui l'exporte en Italie. Grâce à une interprétation épatante, une mise en scène de génie, le film qui relate le quotidien difficle des gens du voyage est un oscillement permanent entre lyrique et tragique, humour et chagrin comme en témoigne cette scène finale où le sourire, finalement, dépasse les larmes. Un film cruel mais juste, sur un peuple qui a le coeur rempli d'amour quand il reste dans la vérité, où la magie est une métaphore surnaturelle de la vie. Un bonheur de tous les instants, un film magnifique, rythmé, d'une émotion renversante qui nous réserve de sublimes moments oniriques envoûtants.
Un film géant. Emir Kusturica arrive par son style à nous monter la différence entre le rêve et la réalité. "Le temps des gitans" est une immense claque! J'aime beaucoup cette musique de gitans. Il y a un certain réalisme social imaginaire débridé. Kusturica nous livre ici un univers poétique et insolite, J'adore ses personnages toujours très funs et loufoques.Et le récit du personnage principal est entièrement passionnant. Un chef d'oeuvre a voir.
Avec "Le Temps des Gitans", Emir Kusturica nous propose un long-métrage intense qui ne laisse personne indifférent. Le spectateur est comme captivé par l'univers particulier de ce film. Le côté déluré et improbable des scènes nous fait sourire, la violence nous choque et les codes de la société gitane nous bouleversent. Il y a vraiment un large panel d'émotions. Les dialogues sont menés tambour battant par des personnages emblématiques. Insistons également sur ce casting intéressant. Tout cela est complété par une enivrante bande sonore qui rythme avec brio cette histoire. Hormis quelques passages moins accrocheurs, cette production n'a rien à se reprocher. À voir.
Le Temps des Gitans, c’est un opéra-bouffe filmé les pieds dans la boue et les yeux levés vers le ciel, un miracle de crasse transcendée. Kusturica danse sur les ruines du réel avec l’arrogance d’un prophète ivre, offrant au spectateur une messe païenne où le grotesque touche au divin. Techniquement, c’est parfois bordélique ; narrativement, une fresque éclatée — mais quelle fresque ! Si Fellini avait eu un couteau dans la main et une bouteille dans l’autre, il aurait signé ce chef-d’œuvre barbare.
"Le Clan des Gitans" est un film parlant de la vie. Toutes les questions qu'un homme pourrait se poser, les problématiques auxquelles des gens sont confronté et les vices auxquels nous sommes exposés sont traités. On nous parle de croyance religieuse, de personnages complexés, de trafique d'enfant, de trahison, de haine, de pauvreté, de famille, de jalousie; et le tout est fait sur un fond burlesque et mélodramatique admirablement mené, en partie grâce à une bande originale qui restera gravée dans la mémoire des plus perspicaces. Mais la question qu'on pourrait se poser après le visionnage du film est: Kusturica n'a-t-il pas voulu trop en faire d'un seul coup? Je m'explique. A force de vouloir traiter autant de sujets importants, il se retrouve dans la difficulté suivante. En réunissant tous ces thèmes sur les 2h20 de films afin de pouvoir les disserter, le réalisateur oublie une chose importante: il ne suffit pas de 10 minutes pour les débattre et les conclure. On se retrouve donc avec une espèce de pot-pourris de tous les propos vaguement exposés par Kusturica et on se demande parfois ce qu'il a voulu nous montrer ou nous faire comprendre. En plus de cela quelques longueurs subsistent, lorsque l'aspect artistique entre en jeu, en particulier quand le protagoniste arrive en Italie et fait des rêves sans queue ni tête qui, à nouveau n'apporte rien à la réflexion. Malgré tout, le film est touchant et les acteurs qui n'ont aucune formation professionnelles à ce niveau, sont sincères et naturels dans leur jeu ce qui leur procure une certaine vraisemblance. Sans compté que l'on a le droit à un panorama des paysages et des conditions de vie balkaniques assez inédit. "Le temps des Titans" est un film fait avec volonté et rappelant qu'il n'y a pas que le cinéma anglophone qui est capable de nous affecter.