Le film satirique qui va jusqu'au bout du délire absurde / trash / gore et ça fait du bien de temps en temps. C'est décalé, style farce documentaire, j'ai pouffé de rire à plusieurs reprises, il faut entrer dans le délire bien sûr.
Comédie coécrite et réalisée par Fabrice Éboué, Gérald Le Conquérant est un film plutôt sympathique. L'histoire nous fait suivre Gérald, un homme s'étant donné pour mission de redonner tout son éclat à sa région de cœur, la Normandie. C'est ainsi qu'il a pour projet d'ériger le plus grand parc d'attractions de France en l'honneur de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie puis roi d'Angleterre du onzième siècle. Pour réaliser ce rêve, il est prêt à franchir toutes les limites, ce qui va lui causer bien des déboires. Ce scénario s'avère plaisant à visionner tout du long de sa durée d'un peu moins d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue sous forme de faux reportage puisque le principal intéressé est filmé par un journaliste qui le suit dans son projet, filmant ainsi ses avancées mais également sa vie de famille avec sa femme, son beau-fils, sa mère, ainsi que ses amis avec qui il se retrouve dans un bar. Tout cela donne lieu à des scènes explosives mettant en avant la grandeur de la Normandie en jouant avec tous les clichés de la région et en étalant sa culture et son passé, sans en faire trop. Surtout, à travers ce récit loufoque, l'humoriste, dont le film s'inspire en partie via ses racines de sa vie personnelle, traite d'un sujet centrale à savoir l'identité, le tout avec son ton propre. Un humour corrosif, moqueur et absurde, ne tombant jamais dans la méchanceté et la facilité, qui décroche pas mal de rires et sourires de bout en bout. L'ensemble est porté par des personnages appréciables. Des rôles interprétés par une distribution convaincante comprenant Fabrice Éboué en tête d'affiche postiché d'une perruque et faisant les gros yeux, Alexandra Roth, Joaquim Fossi, Gaëtan Cotigny, Jean-François Cayrey, Vincent Solignac et même Franck Dubosc qui se joue lui-même. Tous ces individus proches du peuple et un peu ploucs entretiennent des rapports amusants, soutenus par des dialogues qui le sont tout autant. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français aux multiples casquettes s'avère correcte. Sa mise en scène caméra à l'épaule façon faux documentaire est très basique et peu esthétique malgré les paysages naturels et verdoyants des environnements. Ce visuel sommaire est accompagné par une bande originale assez anecdotique comprenant quelques morceaux de Mozart qui raisonnent directement avec le propos. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Gérald Le Conquérant qui, en conclusion, est un long-métrage divertissant, faisant passer un bon moment, sans pour autant être indispensable à cause de son manque d'ambition.
Depuis l'excellent"Case Départ", le comique n'a fait que baisser pour en arriver à ce "Gérald le Conquérant", faux documentaire sur un identitaire normand qui rate le coche et pire, passe pour un caprice non maîtrisé.
Concept à la Striptease avec un humour qui aurait pu être un peu plus Grolandesque. Critique énormément de thématiques sans faire de pathos. C'est drôle et plutôt original, mérite mieux que son 2,5 actuel
Fabrice Eboué est à part dans la comédie française. Sa première réalisation « Case Départ » était une très bonne surprise et osait de moquer de l’esclavagisme avec une efficacité remarquable. Pour son dernier film « Gérald le Conquérant », il s’essaie au thème de la comédie décalée suivant un identitaire Normand, obsédé par un projet de créer un parc d’attraction dans sa région. Prenant la forme d’un faux documentaire, Fabrice Eboué écrit, réalise et joue dans cette comédie atypique mais amusante. Tordant avec ironie les identitaires, en égratignant quelques politiques en chemin (tous les bords politiques en prennent pour leur grade spoiler: de Jean-Luc Mélenchon à Jean-Marie Le Pen ), Fabrice Eboué réussit à sortir de la comédie française classique en lorgnant du côté de l’humour noir pour un résultat très grinçant. Le film ne plaira pas à tous et sera surtout apprécié par les amateurs d’humour qui bouscule et dérange, dont je suis assez friand. Note : 14/20
C’est très simple , si vous n’êtes pas fan de Fabrice Eboue passez votre chemin, pour les autres ? J’ai mis une note honorable de 3 mais c’est maximum que je puisse faire, le film est trop monocorde.
Il y a de bonnes intentions, de bonnes idées, de bons dialogues mais j’ai été gêné par la santé psychiatrique du personnage principal dès le début du film et jusqu’à la fin. Le personnage principal n’évolue pas vraiment, il traverse des crises de sa maladie mais elle reste intacte et ça m’a mis mal à l’aise. C’est un thème très présent et en même temps le scénario fait l’impasse sur ce sujet.
Quand une personne est en pleine "Crise de Démence Identitaire" ça crée des problèmes. Ce film de Fabrice Eboué est une parodie de la vie publique et politique actuelle en France. Une satire qui se veut (Raciste, Grossophobe, Anti-woke, Anti-LGBT, Anti-bobos, etc...). Tout le monde connait l'humoriste, mais on le découvre cinéaste, dans sa conception du Monde, il est plutôt pertinent... Ce n'est pas un Chef d'Oeuvre, mais c'est un film qui se laisse regarder et n'est si stupide que ça !...
Faux reportage réalisé caméra à l’épaule, rappelant par sa démarche esthétique et satirique Tout simplement noir (Jean-Pascal Zadi et John Wax, 2020), Gérald Le Conquérant s’engage dans une réécriture du culte régionaliste à fins identitaires que cultivent, entre autres, les partis politiques spoiler: de droite et d’extrême-droite, tout en tournant en dérision le processus de retour à la campagne synonyme de gentrification pour braves bobos de gauche ou écologistes . Autrement dit, Fabrice Éboué n’épargne personne, confond les discours en empruntant certains de leurs motifs puis en les tissant les uns avec les autres à l’image de la tapisserie de Bayeux qui inspire le générique d’ouverture et de clausule ; il compose une chanson de geste, respectueuse de sa forme comme de sa transmission orale – un plan ne cesse de revenir, celui de l’éducation à la vie fermière d’écoliers –, avec la répétition de phrases fonctionnant comme des refrains, des séquences épiques durant lesquelles des chevaliers s’affrontent pour une noble cause spoiler: (dix euros, des travers de porc à la sauce barbecue, des bières chaudes) , le caractère idéalisé et insaisissable de la dame que le vaillant héros ne saurait toucher. Dès lors, l’aspect cyclique et redondant du récit, ses saynètes traduisent aussi bien cette allégeance au genre médiéval que la folie de son protagoniste ; pour camper ce dernier, Fabrice Éboué semble transporté et réussit à confondre drôlerie et étrangeté. À défaut d’être pleinement maîtrisée et transgressive, voilà une comédie audacieuse et originale.
Petite fable en mockumentaire façon "Strip-Tease" un peu trop appuyé. Se voulant corrosive, l'œuvre peine à décoller malgré quelques traits d'humour noir et de satire sociale bien sentis.
Fabrice Éboué livre une charge féroce et jubilatoire contre le repli identitaire. Incarnant un Normand illuminé, l’humoriste et cinéaste pousse le curseur de l’absurde à fond, dans un film à l’humour noir très réussi. /
«Complot normand» Après avoir donné à manger du Vegan dans l’excellent « Barbaque », Félix Eboué s’attaque au régionalisme avec ce film tourné comme un reportage où un illuminé d’origine métisse, se disant 100% normand et haïssant les parisiens, veut créer un parc d’attraction en hommage à Guillaume le Conquérant. Il y a quelques scènes vraiment drôles spoiler: (qui n’a pas rêvé de faire exploser une vache…) mais l’ensemble est avant tout grinçant.