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Une flèche, une corde, un homme figé dans le vent. Guillaume Tell commence fort, presque trop. Le plan inaugural promet la pierre, la sueur, la tension du mythe. Puis le souffle retombe.
Nick Hamm filme la légende avec sérieux, mais sans fièvre. Chaque cadre est propre, calculé, poli. Trop peut-être. On sent la lumière travailler la brume, la poussière se lever sur les sentiers, mais rien ne brûle. Tout semble tenu à distance, comme un souvenir figé.
Claes Bang impose une prestance froide, minérale. Sa voix, son regard, sa raideur : tout respire la maîtrise. Mais le corps ne tremble jamais. On attend la fissure, le doute, la peur. Elle ne vient pas. Golshifteh Farahani, belle et grave, flotte à la marge, comme une ombre que la caméra oublie d’aimer.
Le montage, lui, reste lourd. Les transitions coupent sans rythme. On croit entendre le vent, le fer, la corde, mais le son paraît étrangement lisse. Pourtant, par moments, un plan survit : une main qui tremble, une larme dans la pluie, un regard perdu dans la brume. Et on se dit que le film aurait pu être là.
On pense à Ridley Scott, à ces fresques qui veulent tout dire et n’osent plus rien montrer.
Mais Guillaume Tell finit par s’éteindre, lentement, dans la pierre.
Un film noble, mais figé.
Soigné, froid, distant.
Ma note : 10 / 20
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