Il est des films qu’on ne devrait jamais revoir, qu’on devrait garder enfouis dans nos mémoires, souvenirs plaisants et vagues, réminiscences d’une époque, d’une belle gueule, du sentiment d’y avoir perçu quelque trace du futur. Les années quatre-vingt étaient friandes des dystopies à la romaine, cyniques, violentes, avec du pain, des jeux et, innovation du vingtième, des média tout puissants. Profitant d’un récit de Stephen King (sous alias) et d’un Schwartzy (sous stéroïdes) alors au faîte de son "œuvre", Starsky Glaser, lâché par Hutch, tente d’apporter sa pierre à l’édifice. Au programme, minorité puissante, carnage télévisé, populace exaltée, abrutie de slogans et de montages faussés, incapable de penser par elle-même et changeant d’avis au gré du vent. Parent lointain d’Hunger games, les arpèges Bontempi et le décor pâteux en prime, Running man aura du mal à convaincre miss Lawrence, ni grand monde en fin de compte. L’autrichien bodybuildé, sans doute grassement payé, tient gaiment son rôle, mais pour remplir l’arrière il a fallu vider la cave de l’Actors studio. En roue libre, le casting aligne les impros grotesques, frime dans ses fringues kitschissimes, fait mine de sourire aux vannes relou d’Arnold. Ne perdez pas comme moi votre temps, il y a bien assez d’autres choses à (re)voir.