Running man est un petit film d’action pas déplaisant, appartenant à ces séries B décomplexées qu’a tournées Schwarzenegger entre deux rôles plus prestigieux.
L’interprétation d’abord est un bon point. Elle repose bien sur, sur Schwarzie, lequel ne livre surement pas sa meilleure interprétation, mais s’amuse visiblement et fait preuve d’une bonne humeur communicative. Il joue avec son image, c’est évident, notamment acquise avec Predator tourné un peu avant, et c’est assez réjouissant. Globalement il s’investit dans le film, et c’est bien. A ses cotés Maria Conchita Alonso est sublime, et en plus elle joue avec décontraction et légèreté. Elle ne cherche pas à être sérieuse, et ca passe fort bien. Pour le reste le film est surtout composé de « gueules » du cinéma, de Jim Brown à Jesse Ventura en passant par Gus Rethwisch et consort. Ils n’ont pas grand-chose à faire en dehors de se battre et déblatérer des borborygmes mais ils imposent leurs tronches sans problème.
Le scénario est trop court, c’est dommage. Le film avait des moyens financiers assez conséquents, et avec la bonne idée de départ, il aurait pu aller plus loin finalement qu’un petit film de baston musclée. En effet, le message du film passe un peu à la trappe. Le problème vient aussi d’une trop grande linéarité. Le film est trop haché, se composant d’une succession de combats essentiellement, et ne développant pas grand-chose entre deux. En clair c’est fun, rythmé, mais trop creux, et assez banal avec une conclusion sans surprise.
Visuellement c’est bien, mais il faut rappeler que le film date de 1987 et qu’il a donc un peu vieilli. La mise en scène est efficace. Glaser s’en sort bien, il donne de l’intensité à son film, il suit bien l’action, là-dessus il n’y a rien de particulier à redire. La photographie elle aussi est appréciable, en revanche les décors sont décevants. Ils sont souvent pauvres, manquent de personnalité, ils ne séduisent pas beaucoup et rendent mal le contexte du jeu. A ce niveau là un film à tout petit budget comme Slashers faisait beaucoup mieux dans un genre similaire.
Niveau musique enfin, Running man n’est pas bon. Il y a peu d’ambiance sonore, et en plus elle ne casse vraiment pas trois pattes à un canard, ce qui est plutôt rare dans ce genre de film dans les années 80.
Pour conclure, voilà un métrage qui s’appuie essentiellement sur ses acteurs, sur son rythme, son mélange assez réussi de baston et d’humour vachard, et sur une mise en scène solide. Il a des défauts certes, il manque d’ambition aussi, mais c’est un divertissement assez plaisant. A voir à l’occasion, mais pas indispensable.