The Running Man (1987
Ben Richards était un agent de l’ordre, mais a refusé de tirer sur une foule de protestataire pacifique. Pour cet acte, il est mis en prison. Quelques temps plus tard, il arrive à s’échapper mais apprend que ses camarades de cellules ont été capturés. En échange de leur liberté, Ben devra participer au jeu télévision The Running Man.
L’action et le cœur du film ne débarquent pas du néant. Nous avons un future proche où le pouvoir en place contrôle d’une main de fer la police, un état totalitaire qui dicte et oriente la pensée des citoyens. Ce gouvernement agit avec force envers le moindre écart de la part de la population, que ce soit lorsqu’il réclame justice car ils n’ont pas accès à de la nourriture, que ce soit lorsque le public ne peut obtenir la vérité alors que la chaine TV diffuse des images truquées, ou bien encore lorsque les médias font des calomnies, focalisant l’attention sur un individu tout en manipulant le spectateur par la peur. Le film prend d’ailleurs son temps pour mettre en place l’intrigue.
Les thèmes traitent donc p.ex. du manque d’humanité dans la traite des conflits, de l’autoritarisme au-dessus de la démocratie, du contrôle des foules, de la manipulation des médias au service d’un agenda caché, la déformation de la réalité afin de s’attirer les bonnes faveurs et la voix du peuple.
Il est aisé d’appliquer une de ces thématiques à n’importe quel sujet d’actualité car elles dépassent le cadre du film et sont justement encore plus pertinent de nos jours.
Pour soutenir le film, et je dois le reconnaitre, le montage est de très bonne qualité, voir même remarquablement maitrisé. Il y a un équilibre dans les plans montrés, accordant un juste temps afin de transmettre l’information nécessaire à la compréhension du plan. Il donne un vrai dynamisme aux combats mais également un rythme dans la narration, que ce soit lorsque l’intrigue est présentée ou bien lorsqu’il s’agit de l’alternance entre les scènes du studio télévisé et les scènes de Richards.
Le cadrage est aussi de bonne qualité, prenant en compte les lignes dominantes des décors tout en conduisant le regard du spectateur et participant à dégager une ambiance.
Niveau acteur, Schwarzenegger est mauvais, mais d’un niveau ! Dans ce film, il se déplace comme s’il avait un suppositoire et récite son texte avec autant de charisme qu’un cloporte. Et pour ne pas aider, son personnage est une parodie à lui tout seul. Alors qu’il est censé être un flic repentit, embarqué malgré-lui dans ces manigances médiatiques, jurant à répétition qu’il ne tuerait pas, il agit à contrepied et il tuera à tour de bras, avec une violence remarquable comme si John Matrix sortait tout droit du film Commando. D’ailleurs, il nous lâche quasi autant de « one liner » qu’il a de paragraphe de dialogue. Mais pour couronner, ses phrases et ses jeux de mot sont d’un mauvais. Mes poils s’hérissaient et je craignais l’arrivé du jeu de mot suivant, plus encore que le prochains malfrat costumé d’une armure de hockey sur glace simplement peintes en noir, ou buggies avec quelques plaques en aluminium simplement posée dessus. Même avec des bières, ça ne passe pas.
À l’opposé, Damon Killian, le présentateur-PDG-magna de l’information-politicien, nous offre des textes emplis de sens. Au travers de ses discours, des remarques qu’il place tout au long du film, des thèmes et des points importants sont partagés, nous permettant de question le choix et la direction de cette société
Le fond de l’histoire est très pertinent, mais l’histoire est gâchée par Schwarzy et par l'orientation film d'action débile.
6/10