Nouvelle Vague
Note moyenne
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YOUENNNN
YOUENNNN

1 abonné 17 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 octobre 2025
On pourrait peut être lui reprocher un certain élitisme ? Avec beaucoup de références, de citations et d'historiographie, peut être aussi une certaine inégalité chez les acteurs et dans certains dialogues ?

Mais quel régal, ce film respire le cinéma et invoque ce que Godard maitrisait tant, rendre immortelle la spontanéité.
Taxi driver
Taxi driver

1 abonné 10 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 octobre 2025
Un pur moment de cinéma . Le genèse et le tournage d’un des films les plus importants de l’histoire du cinéma. Un travail de recherche énorme fait de « Nouvelle vague » un film indispensable pour tous les amoureux du cinéma .
Le casting parfait apporte un vent de fraîcheur à l’écran. Une totale réussite.
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2025
Nouveau film tourné en français et entièrement à Paris par Richard Linklater, le talentueux réalisateur de Boyhood et de la trilogie Before. Ici, il s’attaque à un sujet qui lui tient à cœur : la Nouvelle Vague. Le film ne parlera pas à tout le monde. Ceux qui ne connaissent pas bien cette période du cinéma français, ni les réalisateurs ou acteurs évoqués (ayant tous existé), risquent de s’ennuyer rapidement. Mais pour les autres, c’est un vrai plaisir. Tout est soigné : mise en scène stylée, direction artistique magnifique pour évocation de la fin des années 50 magnifique avec une photo noir et blanc somptueuse, interprétation solide (que des inconnus), et scénario truffé d’anecdotes et de références. C’est un peu anecdotique, parfois vain ou bavard, mais toujours élégant et plein de charme. Un film délicieusement mélancolique, qui rend un bel hommage au cinéma, et qui ravira surtout les cinéphiles. Moi, j’ai passé un très bon moment.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 octobre 2025
Quel cinéphile n’a pas rêvé d’être la petite souris qui a la chance d’assister à la fabrication d’un film de son réalisateur préféré du début jusqu’à la fin ? Quel cinéphile ne porte pas en lui le regret de ne pas avoir assisté à la fabrication d’un film considéré par beaucoup comme étant un des plus grands chefs d’œuvre du cinéma ? A bout de souffle, par exemple, un film souvent présenté, en fait à tort, comme marquant le lancement du mouvement cinématographique français connu sous l’appellation « Nouvelle vague ». Ce regret, le réalisateur texan Richard Linklater, connu entre autres pour sa trilogie Before et pour Boyhood, a décidé de vous en débarrasser en réalisant Nouvelle vague, film présenté en compétition au dernier Festival de Cannes et qu’on peut presque qualifier de véritable « Making-of » du film de Jean-Luc Godard..Allez sur le site avec critique et film et le tiret du 6 entre les 2 si vous souhaitez lire la critique dans son intégralité. Film vu au festival de Cannes.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 octobre 2025
l fallait un sacré culot pour oser faire ce film sur le tournage d'A bout de souffle en copiant son style : noir et blanc, ton alerte, caméra à l'épaule, acteurs charismatiques.

L'Américain Richard Linklater, dont je pense qu'il est un des meilleurs réalisateurs américains actuels (si ce n'est le meilleur), relève avec brio ce défi.

Le tournage de Nouvelle Vague a été très travaillé (de nombreuses prises, de gros moyens, une préparation minutieuse), à l'inverse de celui du film de Godard, et le résultat à l'écran est bluffant : on a vraiment l'impression d'être projeté dans la France de 1959, et c'est un pur délice.

Au plaisir de retrouver la gouaille de Bébel (excellent Aubry Dullin) et le charme de Jean Seberg (lumineuse Zoey Deutch), il faut ajouter la jouissance enfantine de rire aux nombreuses saillies de Guillaume Marbeck jouant un Godard plus insupportable que nature. On croise aussi tout une galerie de personnages formidables, de Truffaut à Raoul Coutard, en passant par Jean-Pierre Melville, Robert Bresson, Roberto Rossellini, et tant d'autres.

Le résultat est donc jouissif et drôle, mais aussi diablement instructif. On comprend en effet parfaitement la "méthode Godard", et on mesure l'importance de tout le substrat qui aura permis l'émergence de la nouvelle vague (et notamment le rôle du producteur Georges de Beauregard).

Une réussite à tout point de vue, qui parvient à mélanger émotion et rire, éloge poétique du cinéma et plaisir de la découverte.
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2025
Fil conducteur narratif : « un film dans le film ». Une reconstitution dictatrice du tournage de « A bout de souffle » (1960). Les plus férus des cinéphiles connaissant l’œuvre de Jean-Luc Godard et notamment ce film-là - Ours d'argent du meilleur réalisateur (Berlin, 1960), Prix Méliès (1960), Prix Jean-Vigo (1960) et Globe d’or (1961) – s’y retrouveront certainement avec grand plaisir. Mais le propos cinématographique ne laisse pas pour autant sur le bord du chemin (de l’écran) celui qui - comme moi - n’a pas vu « A bout de souffle » et ne connait de Jean-Luc Godard que ce qui resté de lui dans la mémoire collective, c’est-à-dire avoir bousculé les codes et jamais hésité à la provocation. Il se dit aussi qu’il avait particulièrement mauvais caractère ce qui ne transparaitra pas cette fois et nous le préservera donc comme sympathique. Avoir trouvé des acteurs d’aujourd’hui pour se glisser dans les habits de grands noms du cinéma de ces années « Nouvelle Vague » n’était pas le moindre des défis.
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 octobre 2025
La Nouvelle Vague, pour les Nuls (et ce n'est pas un défaut). Nouvelle Vague est autant un vibrant hommage qu'une caricature grossissante et (très) amusante, résolument fun avec un sujet "sacro-saint" (pour le cinéphile élitiste), avec l'envie de vulgariser ce courant ciné porté entre autres par Godard et Truffaut (le trauma de tout étudiant de ciné, un sujet que les vieux critiques à la naphtaline n'aiment pas qu'on touche, et globalement une révolution artistique qui touche peu le quidam qui paye son ticket une fois par an, autant dire : le public-cible est assez réduit, alors faites-lui du bruit, et soyez curieux). Voici donc une très chouette comédie qui assume d'être gentiment bébête dans son style : le générique a été chercher la reprise de Three Cool Cats revu et corrigé par Richard Anthony en "Nouuuuveeeelle Vaaague" (non seulement ça nous a fait marrer, mais maintenant on l'écoute en boucle), dès qu'un nouveau (non pas "vague") personnage apparaît, on vous colle son nom à l'écran (adieu les noms de nos salles de fac de ciné qui n'avaient pas de visage, maintenant, on visualise) pour plus de facilité à suivre, et d'une manière globale, tout le monde surjoue. Alors oui, il faut s'y habituer : au début, on a cru que Guillaume Marbeck avait un problème d'élocution dans la vraie vie, puis on a vu les autres acteurs en faire des caisses aussi, alors on a saisi le concept, c'est une douce caricature pour nous faire mieux retenir les personnages, et surtout s'amuser du grossissement de traits. Les notes d'humour sont très bien amenées (la dispute pour une simple tasse à café, le flic qui croit qu'il y a eu un accident et gâche le plan...), la BO se régale de vieux tubes "pas super intellos" (on entend débouler "Les Scoubidous", on n'en croit pas ses oreilles) pour notre plus grand plaisir, et même s'il aime à faire l'idiot, ce film est très loin de l'être en réalité. Il nous fait palper sincèrement ce qu'était la Nouvelle Vague, ses enjeux, les films différents qui y ont contribué, son envie de casser le "cinéma de Papa" par ses prises de vue moins narratives et plus réalistes, ses acteurs fétiches (Belmondo et Jean Seberg, ici), les sautes d'humeur folles et déjantées de Godard (autant on est "Team Truffaut" - on vient de faire siffler les oreilles de nos profs -, autant cette version-là de Godard jouée par un Marbeck en roue libre, on en redemande), et toute l'importance de A Bout de Souffle dans le paysage filmique d'époque. On regrette bien de n'avoir pas eu ce film à regarder en classe, ç'aurait été moins pointu, mais drôlement plus intéressant. Il faut se mouiller la nuque quant à l'interprétation poussive (on a eu du mal, au début), mais une fois que l'on rentre dans le bain de cette comédie décomplexée et (faussement) bébête sur la Nouvelle Vague, elle est vraiment bonne.
Ufuk K

617 abonnés 1 721 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 octobre 2025
"Nouvelle Vague" bien noté par la critique, en compétition cette année au festival de Cannes est un comédie dramatique moyenne dans l'ensemble. En effet, le réalisateur Richard Linklater livre aux spectateurs une histoire trop élitiste et intellectuel selon moi, celui-ci revient sur les débuts et l'ascension du célèbre et sulfureux réalisateur Jean-Luc Godard par ailleurs bien interprété par Guillaume Marbeck bien accompagné par la talentueuse Zoey Deutch, l'histoire nous décrit aussi la naissance du courant des cinéastes "Nouvelle Vague", j'ai aimé également le montage et la photographie du film (en noir et blanc), malgrè sa qualité moyenne le film devrait obtenir de nombreuses distinctions cette année et l'an prochain (César et Oscars).
garnierix

306 abonnés 593 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 octobre 2025
"L'art n'est pas un passe-temps, mais un sacerdoce", rappelle Cocteau dès le début du film. Merci, ce sont de bons mots. Sauf que le jeu des mots n'arrêtera pas, et nous abrutira : on est ainsi bel et bien plongé dans l'époque, du moins l'époque de certains, cette nouvelle vague sensée rebattre les cartes de l'art, après que l'existentialisme ait voulu rebattre les cartes de l'existence. L'inutilité en marche... vu d'aujourd'hui (même si ce n'est pas l'opinion majoritaire). - Ce n'est pas que les nombreuses citations soient inintéressantes, c'est que c'est un déluge de citations et de bons mots qui finit par nous endormir.

Mais qu'il aime ou pas ce mouvement, l'auteur du film raconte très bien cette aventure. Pas l'aventure de la Nouvelle Vague, mais celle de Godard et de son premier long métrage, puisqu'il est communément admis que ce film de 1960 révèlera et popularisera le mouvement. C'est juste dommage qu'il s'agisse de cette personne, numéro 1 du top 50 des nombrilistes.

L'ambiance de l'époque est reconstituée avec vraisemblance, non seulement les éléments matériels (voitures, caméra) mais aussi la façon de parler ou de rire -y compris, évidemment, cette détestable habitude du référencement de tout ce qu'on dit et fait (on = l'intello, Godard toujours en tête). Cela dit, pourquoi avoir tourné dans ce format, et en noir et blanc ? On ne voit pas ce qu'on y gagne -on vivait bien en couleur en 1960 ! Faut-il donc faire genre ?!

L'intérêt du film réside aussi dans les descriptions de postes derrière le chef de projet (Godard). C'est vraiment intéressant (d'autant plus si l'on est un fan de Godard). D'ailleurs, on n'aura jamais autant glorifié chacun des collaborateurs du tournage d'un film ("À Bout de Souffle" de 1960 en l'occurrence, puisque c'est de son tournage qu'il s'agit). Ça donne d'ailleurs envie de voir un film, aussi bien documenté, sur le tournage d'un film contemporain (pas un "making of", mais un film conçu comme celui qu'on critique) - quand on n'est pas du monde des cinéastes, ça reste un mystère (comment est né Avatar, Jurassic Park, etc) ?

Après la sortie de ce film, "en trois 3 ans, 162 réalisateurs ont fait leur premier long métrage", est-il précisé avant le générique de fin, histoire que nous nous avisions bien de l'apport de Godard au cinéma. Ça rappelle le jugement de Truffaut (il y a le cinéma avant Godard et le cinéma après Godard. À bout de souffle est le chef-d'œuvre qui a lancé la carrière de Godard et a changé le visage du cinéma)... La bonne blague ! -Quelqu'un d'autre a dit que Godard a fichu la pagaille dans le cinéma, ainsi que l'a fait Picasso dans la peinture. Non. Le "ainsi que" est une ânerie.
Les choix de pauline
Les choix de pauline

161 abonnés 270 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 octobre 2025
Un film espiègle plein de charme. Le noir et blanc est très beau, les acteurs excellent et se régalent. Un film sans conséquences ni véritables enjeux autre que l’amour du cinéma. Cela repose et on se régale.
Jrk N
Jrk N

48 abonnés 245 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 octobre 2025
Parmi les nombreux films qui décrivent le tournage d’un film, on trouve de véritables chefs d’œuvre qui mettent en scène les liens, voire les confrontations, entre différents personnages aux caractères par définition affirmés.
Ce n’est pas le cas de Nouvelle Vague de Linklater qui retrace avec une très grande fidélité le tournage de A bout de souffle, le premier long métrage de Godard en 1960 avec Jean Seberg, Jean-Paul Belmondo et Raoul Coutard à la caméra.
En effet, comme l’écrit le blog Cineclubdecaen, « le film se réduit à une succession de vignettes. Elles sont amorcées par un gros plan d'un acteur dont la ressemblance avec un personnage célèbre ayant concouru au film de 1961 est soulignée par le nom de celui-ci en grosses lettres blanches. Chacune de ses séquences est ponctuée par un bon mot de Godard que le film admire de bout en bout. Dans ce musée Grévin pour cinéphiles, n'existe que l'idylle naissante entre Seberg et Belmondo que le film ne creuse pas, se contentant, dans ses cartons finaux, d'indiquer le divorce prochain de l'actrice. »
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Certes tout est parfaitement filmé en noir-et-blanc, sans acrobaties de caméra, les rôles sont bien distribués, notamment ceux de Raoul Coutard et du producteur Beauregard, le travail quasi improvisé de Godard et sa personnalité provocatrice et baroques ont parfaitement retracés. Mais justement toute cette perfection n’apporte pas grand-chose. Les rapports entre les personnages ne sont pas creusés, les autres personnages passent comme des ombres, aucun ne nous intéresse vraiment, bref, on reste admiratif mais indifférent.
A l’inverse, par exemple, Le Mépris (Godard 1963) analysez et approfondit le rôle, les fonctions, les personnalités excessives, du réalisateur (Lang), du scénariste (Piccoli), du producteur (Palance) et de l’actrice principale (BB) et on s’intéresse à la veulerie du scénariste sans le sou qui livre littéralement sa superbe épouse au vulgaire producteur américain. D’autres films peuvent être cités qui utilisent le plateau comme cadre dramatique efficace, The Bad and the beautiful 1952 étant à mon avis la plus grande réussite par sa tension perpétuelle.
Nouvelle Vague ne mérite pas de mépris ni même d’ironie, on doit simplement blâmer les critiques qui ont encensé à tort et beaucoup trop bruyamment ce petit film illustratif.
Shawn Atreides
Shawn Atreides

35 abonnés 52 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 octobre 2025
Infiniment heureux d'avoir pu enfin voir un film de Linklater en salle, au moment de sa sortie !

Cinéaste comme nul autre, son style est un véritable pas de côté, une invitation à ressentir le temps et voir le monde dans sa complexité (fascination intacte pour Boyhood !)

Sa Nouvelle Vague est une expérience unique, aussi didactique que captivante, parcourue d'anecdotes délicieuses et de traits d'humour éclatants.

Les acteurs sont grisants de justesse dans leurs rôles respectifs.

In fine, on sort de la séance avec l’impression d’avoir assisté incognito à un tournant décisif de l’histoire du cinéma, en s’étant faufilé par le trou de la serrure.
Coric Bernard

455 abonnés 851 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 août 2025
C’est un bon film sur l’avènement de la nouvelle vague dans le cinéma français. La réalisation est très réussie et le climat et l’ambiance de l’époque sont fort bien reconstitués. Cette évocation de cette révolution au cinéma et de tous leurs protagonistes est passionnante à redécouvrir. Les acteurs qui jouent les rôles des réalisateurs, producteurs et techniciens sont crédibles dans leur prestation respective. A travers l’évocation du tournage de « A BOUT DE SOUFFLE », on est plongé dans la construction de ce film mythique de cette nouvelle vague que les cinéphiles apprécieront à coup sur.

Bernard CORIC

(Film visionné aux journées GNCR/ACRIF des 27 et 28/06/2025 au Mélies de MONTREUIL)
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 octobre 2025
Sorte de making off de " A bout de souffle" premier long métrage de Godard, pour lequel Robert Linklater éprouve une grande affection.

Le film me semble un peu abusivement intitulé de la sorte (" nouvelle vague") puisqu'il ne s'agit finalement que d'évoquer cet opus, ses conditions de conception et anecdotes de tournage.

L'hommage est formellement réussi mais manque beaucoup de fond, reste très anecdotique, parfois un peu ennuyeux, tandis que l'émotion est (à mon goût ) trop souvent absente. Ce n'est certes pas raté, mais " nouvelle vague" ne m'a pas particulièrement emballé.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 779 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2025
Qui est le film ?
Avec Nouvelle Vague, Richard Linklater s’aventure sur un terrain inattendu : celui de la reconstitution d’un moment fondateur de l’histoire du cinéma, la naissance d’À bout de souffle. Là où d’autres auraient choisi la biographie ou l’hommage muséal, Linklater invente un faux making-of, une fiction documentaire qui observe la révolution godardienne comme un travail collectif, bricolé, presque accidentel. Le film promet donc autant une célébration qu’une enquête : comment une légende se fabrique-t-elle, et que reste-t-il de sa charge subversive lorsqu’on la rejoue aujourd’hui ?

Que cherche-t-il à dire ?
Le projet est clair. Plutôt que de sacraliser l’instant génial, Linklater s’intéresse à la mécanique, aux coulisses, aux gestes minuscules qui, mis bout à bout, produisent une rupture esthétique. La tension principale du film réside dans ce paradoxe : comment filmer une révolution passée sans la figer ? Comment transmettre l’énergie d’un geste radical sans le réduire à une formule ?

Par quels moyens ?
Linklater opère un double mouvement : il copie (ratio , noir et blanc façon Coutard, quelques cadres iconiques) pour que la référence soit lisible, mais il refuse la répétition servile. La mise en scène « peu audacieuse » est en réalité une malice calculée : en n’usurpant pas les jumps cuts, en évitant la transgression plastique gratuite, il restitue l’effet originel de rupture sans l’aseptiser. Linklater préfère l’arrière-boutique du miracle (les disputes d’équipe, les trocs d’accessoires, la logistique improvisée) et c’est là que naît la vraie poésie du film.

Godard, dans sa pratique, tisse un patchwork d’emprunts. Linklater reprend cette idée comme principe dramaturgique. Nouvelle Vague ne cherche pas à retrouver une « pensée godardienne » (impossible et déplacé) ; il illustre la mécanique collective où influence = matière première. Cette lecture déconstruit la mystique de l’aura d’auteur : la révolution esthétique est un travail d’atelier, social et contaminant. C’est précisément ce que Linklater célèbre : la porosité entre plagiat et invention, la zone grise où naissent les innovations.

Plutôt que musée, Linklater propose un conservatoire vivant. Les scènes au Café de Flore, dans les bureaux des Cahiers, ou sur le plateau sont pédagogiques sans être scolaires. Elles enseignent par la comédie, le babil, la distraction. Le film devient un cours accéléré d’histoire du cinéma, mais aussi un manuel d’atelier qui dit : « voilà comment on fait (ou ne fait pas) un film ». C’est un acte de transmission qui valorise l’apprentissage par l’expérience et l’humour plutôt que la leçon.

La direction d’acteurs est sans doute la réussite la plus manifeste. Choisir des interprètes « ressemblants » et les pousser à ne pas imiter servilement mais à performer une époque rend la reconstitution vivante. Guillaume Marbeck (Godard) et Zoey Deutch (Jean Seberg) ne font pas de l’imitation-musée ; ils rendent la performativité du rôle. Godard est une construction (aphorismes, lunettes, posture) et Linklater montre cette construction à l’œuvre, sans la mystifier. Zoey Deutch, en particulier, illumine : Seberg n’est pas idolâtrée mais incarnée comme actrice prise entre projet artistique et vertige intime.

Une œuvre majeure tient parfois à la classe d’acteurs qui acceptent de bricoler, à la communauté qui se serre les coudes. Linklater filme le tournage comme un communisme d’objets et d’idées. Le « miracle » n’est pas l’inspiration divine mais l’économie de débrouille, terrain parfaitement compatible avec la figure des Cahiers qui voulait « réinventer le cinéma » à coups de mauvaises conditions et de passion.

Linklater est aussi un touriste respectueux. Mais ce « tourisme » est paradoxalement productif. Son regard américain n’est pas seulement celui d’un fan ; il interroge la fabrication du mythe et, par contraste, l’ordinaire qui le rend possible. Cette distance permet au film d’éviter la révérence figée. Pourtant, une question demeure : le geste n’efface-t-il pas la complexité politique de l’époque (décolonisation, genre, sexualité) ? Linklater choisit la légèreté comme tactique. Ce choix a ses limites: certains pourront lui reprocher une historicité trop douce, une absence d’aigreur.

Le parti-pris formel le plus intelligent est peut-être cette idée du contrechamp-historique : donner la « tridimensionnalité » aux plans mythiques en montrant ce qui se tenait hors-champ. Plutôt que refaire le jump cut, Linklater nous montre la main qui l’a bricolé, le dialogue qui l’a engendré, le café où la décision a été prise. Cela déconstruit la mythologie d’un geste isolé et replace la création dans une écologie d’acteurs et de circonstances.

Où me situer ?
Linklater réussit à transmettre une énergie, une joie de filmer, sans tomber dans la muséification. Sa pédagogie est précieuse, surtout pour un spectateur qui découvre la Nouvelle Vague. Cependant, le film peut paraître trop affable face à la dimension politique plus dure de l’époque (les combats de la Nouvelle Vague coïncident avec des moments historiques qu’on pourrait creuser davantage). En refusant la mise en scène radicale, Linklater prend le risque d’adoucir Godard, et certains spectateurs y verront une forme d’incomplétude critique.

Quelle lecture en tirer ?
Nouvelle Vague fonctionne comme un manifeste soft : le cinéma se réinvente dans les interstices, par le collectif, l’erreur et la débrouille plutôt que par le coup d’État esthétique. Linklater n’écrase pas Godard, il le remet en chantier.
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