Dans Jay Kelly, on sent la volonté de Noah Baumbach de montrer autre chose qu’une simple star vieillissante en crise. Le problème, c’est que cette autre image reste floue. On ne sait jamais vraiment si le personnage est censé être lucide, en transformation, ou simplement enfermé dans son propre miroir.
Le film semble vouloir l’humaniser, mais sans jamais vraiment le décentrer. Tout passe par lui, son regard, ses états d’âme, ses silences. Les autres personnages existent surtout en arrière-plan, comme des satellites, sans véritable épaisseur. Au lieu de créer de l’empathie, cela crée une distance, parfois même une forme de lassitude.
L’interprétation de George Clooney est maîtrisée, mais très fermée. Il est juste, mais opaque. On comprend qu’il traverse quelque chose, mais on ne sent pas réellement ce qui se transforme. Il n’y a pas de bascule émotionnelle claire, pas de faille assumée, seulement une errance élégante.
Le film semble vouloir parler de vulnérabilité, de désenchantement, peut-être de solitude, mais il reste dans une posture d’observation. Il montre, sans ouvrir. On en ressort partagé, sans avoir l’impression d’avoir compris le personnage ni d’avoir été touché profondément.
Je ne sais pas quel est l’intérêt du film.