Ghostlight
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odile kurtzemann
odile kurtzemann

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3,5
Publiée le 12 mai 2025
L’Amérique middle class pas encore declasssee confrontée à un drame racinien oū Shakespeare soigne l’âme le corps l’amour. Vive le théâtre classique
Martine Renault
Martine Renault

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5,0
Publiée le 11 mai 2025
Un film magnifique! Plein we tendresse, d humanité et d' humour !
Les acteurs sont sublimes !
Pour se faire du bien et célébrer les réalisateurs et acteurs!
Une vraie pépite !
W.
W.

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5,0
Publiée le 11 mai 2025
Une histoire racontée avec beaucoup de délicatesse, qui traite des sujets des plus violents. Un film touchant qui traduit parfaitement le deuil ; l'incompréhension face à la mort d'un proche, d'un enfant, d'un fils. Des silences des plus lourds, et de la colère issue de frustration, d'incompréhension, qui frappe de plein fouet.
En fin de compte, un film dans lequel je me suis reconnue bien plus que je ne l'aurais dû.
Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 869 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 mai 2025
Qu’il est beau ce film indépendant américain! Pas extraordinaire ni inoubliable certes, mais indubitablement beau. Et fort. Le sujet central est la thérapie par l’art. On ne peut pas dire que ce soit un sujet très répandu au cinéma mais pas qu’il y soit rare non plus pour autant, notamment dans les documentaires. Ici, Kelly O’Sullivan nous propose un beau scénario où un homme meurtri par la vie et dont la vie familiale s’enfonce à cause d’un drame va trouver une échappatoire et une guérison en jouant dans une compagnie de théâtre qui monte de manière amateure le « Romeo et Juliette » de Shakespeare.

On est dans une veine clairement indépendante du cinéma américain mais sans ses clichés arty ou qui seraient trop symptomatiques de ce type de cinéma indy US. D’ailleurs, si le film ne se déroulait pas dans une banlieue pavillonnaire calme de Chicago, on jurerait que les britanniques Mike Leigh (pour la tragédie) et Ken Loach (pour le versant social) se seraient associés pour livrer un long-métrage qui allient leurs ADN respectifs en y ajoutant l’aspect littéraire de la pièce de leur compatriote, l’un des plus célèbres dramaturges au monde. Dans la forme comme sur le fond « Ghostlight » fait souvent penser à leur cinéma. Et c’est un compliment.

Le choix d’acteurs méconnus et confondants de naturel est l’un des atouts du film et on a un petit coup de cœur pour Dolly De Leon déjà aperçue en second rôle dans de nombreux films (dont la Palme d’or « Sans filtre » en femme de ménage débrouillarde qui prend le dessus sur les riches dans la dernière partie) et dont le personnage pète-sec mais sensible développé ici est adorable. Le film prend son temps pour nous narrer les états d’âmes et les douleurs de cette famille sans que ce soit languissant ou ennuyant. Les seules longueurs que l’on pourra trouver sont dans le représentation finale de la pièce, pas vraiment nécessaires. En tout cas dans des proportions.

On peut aussi tiquer sur le pont un peu facile et grossier entre la pièce et le trauma vécu par Dan et sa famille. Mais on ne s’y attarde pas outre mesure. En revanche, le script a la bonne idée de ne pas en dévoiler la teneur tout de suite, gardant un certain mystère bienvenu sur ce qui a bien pu écorcher autant cet homme, sa femme et sa fille. Il y a plein de petites séquences à priori anodines mais qui font le cœur vibrant de « Ghostlight ». On est souvent ému, presque la larme à l’œil, par des moments beaux, justes et sincères. Les moments au sein de la famille qui tente de se reconstruire et ceux aux répétitions sont particulièrement bien équilibrés. Et Dieu sait que cette petite bande de théâtre est attachante. Du cinéma simple et de qualité qui fera vibrer la corde sensible de n’importe quel spectateur.

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Cadreum
Cadreum

60 abonnés 779 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 mai 2025
Il y a, dans Ghostlight, quelque chose comme une main posée sur l’épaule au moment où on en a le plus besoin. Le film s’ouvre sur Dan, un homme usé, ouvrier du bâtiment, silhouette droite, raide même. Il vit en serrant les dents, en regardant droit devant soi.

Quelque chose s'est passé, irrémédiablement, dans cette famille. On ne le nomme pas. On le soupçonne. Et plus tard, on apprendra que le fils n’est plus là. Et autour, le vide.

L’épouse, maintient sa famille. La fille, adolescente, piquante, exaspérée par l’inaudible douleur qui englue chaque parole. Et lui, Dan, noyé dans le chagrin, l'incompréhension d'un acte.

Mais voilà que survient une femme, inconnue, décalée. Elle l’aborde et l'invite. Elle lui parle de théâtre. De Shakespeare. De Roméo. Et peu à peu, par le biais du théâtre amateur, Dan se met à répéter. À "dire" ou du moins à apprendre à dire. Non pas la sienne, mais la parole d’un autre. Et cette fiction devient la brèche.

Le théâtre ne répare rien. Mais il offre un lieu où être "autre", et dans cet "autre" peut parfois se loger ce que l’on croyait perdu : une voix, un souvenir, un tremblement d’existence, l'empathie d'un geste incompréhensible.

Ici, Dan ne "joue" pas Roméo : il s’y cogne. Il trébuche dans ses vers, il s’empêtre dans son corps. Mais dans cette maladresse, il trouve une issue. Car Roméo, ce n’est pas l’idéal romantique. C’est aussi la parole exaltée d’un garçon qui ne sait pas quoi faire de l’excès. Dan, lui, n’a jamais su dire. Et maintenant, il doit dire "Juliette". Il doit dire "mort", "amour", "nuit". Il doit faire résonner des mots trop grands dans une bouche trop serrée. Et dans ce fracas poétique, sur cette scène, une larme peut monter, non pas celle d’un personnage, mais celle d’un père, d’un homme, d’un être troué.

La mise en scène épouse ce mouvement. Pas d’esbroufe. La caméra reste à hauteur d’homme. Elle observe. Elle enregistre le tremblement d’une main, l’épaisseur d’un silence, la colère d’un non-dit.

Ce que Ghostlight murmure également, c’est que la masculinité n’est pas une structure à déconstruire à coups de slogans. C’est une peau. Une vieille peau. Qui colle, qui étouffe, mais qui peut, lentement, être retirée. Dan n’a pas de discours. Il a des gestes. Il a des absences. Il a des refus. Et ce sont ces fragments-là que le film honore. Ce qu’il montre, c’est une virilité qui ne s’écroule pas en un instant de lucidité, mais qui se défait, fibre à fibre, dans le frottement du théâtre, dans le frottement du lien.

Et la famille, dans tout cela ? Elle est là, abîmée, disloquée, mais présente. Une femme qui attend qu’on dise. Une fille qui attaque parce que personne ne répond. Et c’est peut-être ça, la chose la plus bouleversante dans Ghostlight : la cellule familiale. L’amour n’est pas ici une fusion retrouvée. C’est une persistance dans la douleur.

Et toujours, en contrepoint, Shakespeare. Pas comme une référence savante. Plutôt comme une matrice.

Roméo et Juliette, ce n’est pas seulement l’histoire d’un amour impossible. C’est une tragédie du malentendu. Une chaîne de silences. Un chœur de deuils. Et dans Ghostlight, les mots de la pièce ne viennent pas illustrer la situation. Ils la déplacent. Ils la décentrent. Ils disent ce qui, autrement, serait tu. Ils permettent l'extériorisation de l’intime. Comme si les mots anciens, trop beaux, trop grands, pouvaient accueillir la douleur contemporaine.

Il faut le dire : le suicide, ici, n’est pas un sujet. Il est une ombre. Une blessure qui traverse tout le film sans jamais être nommée. Il n’y a pas d’explication. Pas de cause. Seulement un vide. Et ce vide agit, percole, contamine sa famille.

Et pourtant, le film ne sombre jamais dans la noirceur. Il garde une lueur. Comme si, dans l’artifice du théâtre, il y avait un espoir. Fragile, bien sûr. Précaire. Mais réel.

En somme, Ghostlight offre un lieu. Un lieu où la parole blessée peut se dire autrement. Un lieu où la fiction ne ment pas, mais révèle. Un lieu où être quelqu’un d’autre, pour un instant, peut faire naître un soi plus vrai. Un lieu où un père, une fille et une femme sont invités à murmurer un deuil.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 mai 2025
Dan est employé de la voirie de Chicago. Il n’est plus le même homme depuis qu’un drame a anéanti sa vie. Le hasard d’une rencontre le conduit à rejoindre une troupe de théâtre où il jouera "Roméo et Juliette". Cette expérience cathartique sera pour lui le moyen de se réconcilier avec sa femme et avec sa fille, en pleine crise d’adolescence.

Le scénario de "Ghostlight" pourrait sembler bien artificiel : il croise le deuil d’une famille inconsolable et la mise en scène par une troupe de théâtre amateur de la pièce archiconnue de Shakespeare. Pourtant, à partir de ce point de départ improbable, Kelly O’Sullivan et Alex Thompson, le couple derrière la caméra, signent un film d’une bouleversante justesse qui m’a fait pleurer de la première (j’exagère : disons la deuxième) à la dernière minute.

La raison de ma réaction est double : mon histoire familiale et mon goût immodéré pour "Roméo et Juliette" auquel je voue, depuis l’adaptation millenial et musicale de Baz Luhrmann avec Leonardo DiCaprio et Clare Danes en 1996 qui avait divisé la critique et m’avait transporté, une admiration irraisonnée. À la même époque, j’en avais vu au théâtre des Amandiers la mise en scène de Stuart Seide qui est restée gravée dans ma mémoire. Il suffit que j’entende les premiers mots de son prologue (« Two households both alike in dignity/ In fair Verona…« ) pour que je tombe en pâmoison.

Les trois rôles principaux – le père, la mère et leur fille – sont joués par une « vraie » famille à la ville : Keith Kupferer (une sorte de Michel Barnier aux cheveux bouclés), sa femme Tara Mallen et leur fille Katherine Mallen Kupferer. Cette dernière est particulièrement remarquable. Elle joue à la perfection une adolescente en surtension permanente, aussi prompte à se révolter (contre la bêtise des adultes et la routine du lycée) qu’à s’enthousiasmer (pour la troupe de théâtre qui, après avoir ouvert ses portes à son père, lui ouvre ses bras). Sa folle énergie contraste avec la placidité dépressive de son père qui s’est muré dans le silence.
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mai 2025
Quelque part dans l'esprit du très récent (et très bon) «Sing Sing», où le théâtre venait élever et "libérer" des âmes emprisonnées, ce premier long-métrage co-réalisé par le couple Kelly O'Sullivan-Alex Thompson, s'avère être mon coup de cœur de ce début de mois de mai.

L'histoire d'une famille (Dan, Daisy et leur fille Sharon) qui ne semble plus pouvoir communiquer qu'à travers la colère et le conflit.
L'histoire d'un père, portant un profond mal-être en lui, et qui va intégrer totalement par hasard une petite troupe de théâtre amateur.
Et dans cet espace de création et d'échanges où l'on ne juge personne et où ce qui compte est la vérité de ces mots et de ces émotions que l'on a pas besoin de cacher comme nous le demande la société, une pièce va se monter : «Roméo et Juliette».
Une tragédie dont le sujet (et en particulier le dénouement) résonne directement chez Dan, le renvoyant à la propre tragédie qu'est en train de traverser sa famille depuis plusieurs mois et dont ils n'arrivent pas à faire le deuil.

Évitant le piège facile du film misérabiliste, «Ghostlight» est au contraire une œuvre emplie de bienveillance et de sincérité.
Un voyage théâtral et émotionnel qui va permettre à une famille de se reconnecter et de se reconstruire.

Une famille à l'écran interprétée par une famille à la ville (Keith Kupferer, Tara Mallen et leur fille Katherine Mallen Kupferer), ce qui contribue d'autant plus à la vérité de leurs interactions.
Un casting talentueux et attachant, auquel on croit et dans lequel on peut se projeter, parce que leurs mots et leurs émotions sont palpables à l’écran et nous parviennent jusque dans la salle.

Une histoire s'ouvrant comme une pièce de théâtre, et dans laquelle la scène devient un exutoire menant à la résilience, un moyen de redonner de l'espoir à des êtres écrasés par les douleurs de la vie.

En partageant pour la première fois la scène avec sa fille (qui avait délaissé les feux des projecteurs suite à ce même drame), en se défaisant de sa propre histoire et en parvenant enfin à mettre des mots sur sa souffrance, Dan va pouvoir se réconcilier avec lui-même et se sortir de ce chagrin et de cette solitude qui l'habitaient.
En acceptant le rôle de Roméo et en allant au bout de son histoire d'amour tragique avec Juliette, il va parvenir à mettre en lumière ce fantôme intime, se reconnecter à lui à travers les mots du jeune Montaigu pour mieux lui (et se) pardonner, et enfin parvenir à lâcher prise.
Mourir (pour de faux) pour revivre (pour de vrai).

Plein de délicatesse et de pudeur, ce film nous prouve que les œuvres les plus "simples" sont parfois les plus authentiques et nous touchent en plein cœur.

Une petite pépite d'humanité que je ne peux que vous inviter à découvrir au plus vite en salle.
Et encore un très beau film qui aurait mérité bien plus de visibilité. 8-8,5/10.
garnierix

306 abonnés 593 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 mai 2025
Film à message, très bien joué (et joué par les membres d'une famille réelle !). Et américain ! Rarissime. Pourquoi arrive-t-il en France un an et demi après sa sortie ? Mystère. Faisons en une veilleuse (ghostlight du théâtre anglo-saxon) !

Ce film est un bijou comme il en sort quelques-uns par an. Il ne brille pourtant pas par son côté intellectuel, ou poétique, ou documentaire, ou imaginatire. Il est juste original et utile. On n'apprend rien, on ne pleurniche pas, on n'a pas eu l'estomac noué. Mais on se fait immédiatement une réflexion en sortant : verront-ils ce film, ceux qui devraient le voir impérativement (pour leur bien) ? Il serait en effet étonnant que des inconscients aient conscience d'un quelconque besoin.

Le message du film n'est pas décoché comme une flèche : il faut deux heures pour le faire passer. Au début, on croit à des apparences (la patience d'ange du père, l'hystérie de la fille, etc), c'est malin. Décor neutre. Pas besoin de musique, si ce n'est Under Pressure de Queen, à un moment (bien venu). La mise en scène a donc sa part de trouvailles.

Le film raconte le désastre (pour soi comme pour son entourage) de réprimer ses émotions - et il propose une thérapie. Le film fait donc d'abord passer ce message, fort et utile. Ce message d'ordre psychologique percutant est assèné au cours de situations ordinaires, centrées sur une famille ordinaire, avec les cris, les crises, les coups de poings sur la table ; avec les retenues aussi, les efforts, les ouvertures ; et avec les fantômes... Ensuite, le scénario tient la route. Avec Shakespeare (!) Avec un petit suspense (même si se greffe une certaine situation de conflit judiciaire peut-être inutile). Et avec cet ingrédient dramatique qu'est un deuil.

Faire du théâtre, être quelqu'un d'autre un instant, et vivre cet instant imaginaire avec sincérité (le "voyage émotionnel" nécessaire de l'acteur) : serait-ce un remède de la dépression, du mensonge permanent, du refoulement, du déni ? Si oui, les cours de théâtre devraient être obligatoires à l'école, comme les maths ou la gymnastique !

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Alexandre Mayet
Alexandre Mayet

20 abonnés 67 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mai 2025
Une ode au théâtre et à l’amateurisme.
Kelly O’Sullivan et Alex Thompson signe un jolie film, peignants avec sensibilité, un jolie portait de la classe moyenne américaine à travers Dan et sa famille.

Un film tout en finesse.

À voir
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mai 2025
Ah que voilà un film US qui ne m'insupporte pas ! Cela faisait longtemps. Il faut dire que, dans sa façon de s'intéresser à des personnages attachants des classes populaires, on a plutôt l'impression de visionner un film en provenance de Grande-Bretagne. Même les accents ne sont pas trop US et il n'y a pas, tout du long, une musique envahissante cherchant à surligner ce qu'on comprend parfaitement au travers des images et des dialogues. On est à Chicago au sein d'une famille de 3 personnes dont on comprend assez vite le caractère dysfonctionnel. Vu leur comportement erratique, on devine qu'un évènement grave a dû les toucher dans un passé récent, mais, très intelligemment de la part du couple qui a réalisé ce film, ce n'est que petit à petit que la révélation complète de cet évènement va parvenir jusqu'à nous. Par le plus grand des hasards, Dan, le père de famille, va se retrouver à répéter, puis à jouer, "Roméo et Juliette" au sein d'une troupe de théâtre amateur, lui offrant une catharsis qu'il va partager avec Daisy, sa fille, qui le rejoint dans la troupe, et avec son épouse, qui reste spectatrice. Pas de comédiens de très grande réputation mais excellente interprétation globale. Les cinéphiles les plus assidus dans les salles reconnaitront sans doute Dolly de Leon, une comédienne philippine qu'on a vue dans "Carla et moi" et, surtout, dans "Sans filtre", Palme d'or 2022.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 mai 2025
C’est un film qui, à l’image de ses personnages, oscille entre amateurisme et sentimentalisme. Malheureusement l’adéquation entre la forme et le fond n’épargne pas l’ennui
Sylvie
Sylvie

19 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 mai 2025
Film coup de cœur. Deux réalisateurs américains, h et f., nous racontent une histoire humaine au delà des mots et avec des dialogues finement ciselés. Tous les acteurs forment une équipe convaincante, dans un challenge réussie illustrant le 7 ème art. 
Joakim Lev
Joakim Lev

3 abonnés 6 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 mai 2025
je suis resté un peu sur ma faim, j avais des attentes. jolie l'idée du mélange vie réelle théâtre, mais le scénario a des trous, et je trouve le rythme lent et le film trop long. Aussi, tellement sobre, à mon goût, qu'il manque de moments de forte émotion.
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mai 2025
Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes :
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Une scène, un mec en salopette, et Shakespeare qui rôde dans le coin. Ça pourrait être une blague. Mais Ghostlight, c’est tout sauf ça. C’est le genre de film qui ne fait pas de bruit, mais qui vous fait tendre l’oreille — pour entendre ce qui ne se dit plus dans les familles éclatées par le silence.

Dan, ouvrier effacé, passe ses journées à se taire et ses soirées à se contenir. Jusqu’au jour où, par un hasard qu’on devine moins anodin qu’il n’y paraît, il se retrouve dans une troupe amateur pour jouer… Roméo. Oui, ce Roméo-là. À ses côtés, sa fille Daisy — ado rebelle mais pas caricaturale — et Sharon, la mère, en tension permanente, entre les casseroles et les regards qui fuient. Tous les trois sont comme des comètes en déroute depuis un drame jamais nommé. Le théâtre, ici, n’est pas un exutoire : c’est une zone grise entre la fiction et la cicatrice.

Alex Thompson et Kelly O’Sullivan signent une mise en scène qui ne s’impose jamais. Pas de caméra virtuose ni de musique envahissante : juste des plans fixes, des silences qui s’éternisent, des visages qui se cherchent. On est presque gêné d’être là, intrus dans cette lente dissection d’un chagrin trop poli. Keith Kupferer (Dan) ne joue pas : il se contracte. Il est ce père qui, plutôt que crier, ferme les poings dans ses poches. Face à lui, sa fille (Katherine Mallen Kupferer, explosive et vraie comme un stylo qui fuit) vient secouer cette inertie de plomb. Et Tara Mallen, en mère épuisée, trouve le ton juste, sans une once de surjeu. Ça sent la vie. Ça sent le vécu. Et ça, ça ne s’achète pas en studio.

Le film aurait pu sombrer dans le mélo ou le théâtre filmé. Il choisit le murmure, et ça vous colle au cœur comme une vieille chanson que vous croyiez oubliée. Ghostlight, c’est un film sur l’absence de mots dans un monde où l’on se parle trop. Un instant suspendu dans le temps, ni grand spectacle ni documentaire psychologique, mais une lumière vacillante qui n’éclaire pas tout, mais juste assez pour savoir qu’il y a quelque chose à découvrir.

D'aucun y voit une fable douce-amère sur la mémoire familiale ; d'autre parle d’un "chant sourd contre l’oubli". Et puis cette réplique venue de Reddit : “C’est le premier film qui m’a donné envie de m’excuser à mon père sans même lui parler.” Tout est là. Une thérapie silencieuse par l’art, mais aussi une confession qui ne dit pas son nom.
Guy Chassigneux
Guy Chassigneux

11 abonnés 38 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mai 2025
« Deux familles, égales en noblesse,
Dans la belle Vérone, où nous plaçons notre scène,
Sont entraînées par d’anciennes rancunes à des rixes nouvelles
Où le sang des citoyens souille les mains des citoyens.
Des entrailles prédestinées de ces deux ennemies
A pris naissance, sous des étoiles contraires, un couple d’amoureux
Dont la ruine néfaste et lamentable
Doit ensevelir dans leur tombe l’animosité de leurs parents. »
Je savais seulement qu’il était question de théâtre dans ce film américain qui ressemble à un film anglais traitant des classes moyennes, loin des milieux théâtreux parisiens.
Le sujet de la littérature comme aide à vivre est souvent traité, ce qui fait le prix de cette version, à découvrir au rythme d’un scénario délicat et pudique.
Shakespeare l’universel convient à un ouvrier des ponts et chaussée quand Roméo et Juliette s’invitent chez les quinquas.
Gost : fantôme dans la langue de Sean Connery, Gostlight : lumière de bord de scène pour Peter Brook ; le film de près de deux heures ne joue pas du fantastique, seulement de la magie de paroles poétiques consolantes venant de si loin dans le temps.
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