Le Pays d’Arto
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371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 décembre 2025
Avec Le Pays d’Arto, Tamara Stepanyan poursuit son travail autour de la mémoire et des territoires blessés en proposant un film profondément incarné, à la frontière du politique et de l’intime. Le récit suit Céline, Française installée à Paris, qui se rend en Arménie afin de régulariser la situation administrative liée à la mort de son mari. Ce geste apparemment simple devient une traversée intérieure, où chaque démarche ouvre sur une histoire enfouie, collective autant que personnelle.

Le film aborde le deuil non comme un état figé, mais comme un mouvement, une confrontation lente avec ce qui n’a jamais été dit. Arto, figure absente mais omniprésente, incarne cette mémoire qui refuse de disparaître. Ancien combattant, il concentre en lui les blessures successives d’un pays marqué par les conflits et les déplacements forcés. Sa présence fantomatique traverse le récit et rappelle que certaines guerres ne se terminent jamais vraiment pour ceux qui les portent.

La cinéaste choisit une approche sensorielle héritée du documentaire. Elle filme les corps, les visages, les paysages et les silences comme autant de traces vivantes. L’Arménie n’est jamais réduite à un décor ou à un contexte explicatif : elle devient une matière, un espace habité par la mémoire, la peur, la résistance et la persistance du quotidien. Le film refuse toute posture pédagogique et laisse au spectateur le temps de ressentir plutôt que de comprendre par le discours.

Le regard de Céline joue un rôle central. Étrangère au pays, elle découvre peu à peu ce que signifie appartenir à une histoire marquée par la guerre. Sa demande administrative révèle une réalité plus vaste : une nationalité engage, oblige, relie à une mémoire collective et à une responsabilité. Ce déplacement progressif permet au film d’interroger la transmission, la filiation et la manière dont une identité se construit au croisement de l’intime et du politique.

En choisissant une narration épurée et une mise en scène attentive aux gestes et aux silences, Tamara Stepanyan signe une œuvre qui regarde sans juger. Le Pays d’Arto devient ainsi un film sur la persistance des blessures, mais aussi sur la capacité à continuer, à aimer et à transmettre malgré la perte. Une œuvre discrète, dense, profondément humaine.
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 octobre 2025
Cinéaste franco-arménienne, Tamara Stepanyan est devenue une référence, en matière de documentaires, notamment avec son tout dernier, Mes fantômes arméniens, qui engage le dialogue avec son père, acteur, décédé il y a peu d'années. Pour sa première incursion dans la fiction, la réalisatrice fait découvrir l'Arménie à son héroïne française, laquelle porte le deuil de son mari, qui en était originaire. C'est un prétexte pour nous parler de son pays natal et de son peuple, malmené par l'Histoire, sans même parler du génocide ou de l'appartenance à l'URSS, avec les stigmates du grand tremblement de terre de 1988 et, surtout, les guerres successives avec l'Azerbaïdjan, dans la région du Haut-Karabagh. C'est donc à la fois à une forme de tourisme mémoriel et à un témoignage à vif sur le conflit avec la nation voisine et ennemie que nous convie Tamara Stepanyan. Cette visite guidée de l'Arménie n'est pas une partie de plaisir, traîne un peu, et le personnage joué par une Camille Cottin très sobre manque hélas d'épaisseur. Ce n'est heureusement pas le cas pour le rôle de sa "guide" improvisée, dans lequel excelle la formidable Zar Amir Ebrahimi. Celle-ci nous touche et nous sensibilise aux tourments d'un pays, mais sans l'ampleur qu'avait pu donner Robert Guédiguian, dans son Voyage en Arménie, ou encore, dans un registre bien plus émouvant, Atom Egoyan dans Ararat.
Stéphane Méaux
Stéphane Méaux

2 abonnés 13 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 janvier 2026
Film au scénario simpliste et qui ne tient pas debout. Il y’a pourtant avec cette guerre du karabagh une vraie matière pour faire un film riche et intense. À la place on a Camille Cotton qui fait de la contrebande de drones en compagnie de hipsters arméniens. Le film ne dit rien
PLR
PLR

556 abonnés 1 768 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 janvier 2026
Un scénario de fiction sur le registre du drame mais sur fond historique (et contemporain). L’imbroglio et casse-tête ethno territorial entre les populations arméniennes et azéris dans le Haut-Karabakh. Un conflit terminé sur le papier aujourd’hui par accord de paix entre les belligérants, en fait la victoire totale de l’Azerbaïdjan grâce à un appui militaire décisif de la Turquie et d’Israël et une indifférence stratégique de la Russie. Résultat : une population Arménienne de nouveau exilée, expulsée. Mais de tout ça, sauf à être rompu aux tenants et aboutissants de ce conflit, ce qui ne sera probablement pas le cas de la plupart des spectateurs, difficile de trouver ses repères. Le texte d’une chanson d’un passager dans un autocar résumera finalement le mieux le propos historique, pour peu que le spectateur fasse attention aux paroles et à leur sens. La scène est d’ailleurs assez longue, ceci expliquant cela. Mais sur le fond, tout cela va rester abscons. On suit cette française venue chercher l’acte de décès de son mari Arménien (pour que ses spoiler: deux enfants puissent obtenir la nationalité de feu leur père
, on se demande pourquoi ?). Et qui découvre que l’homme qu’elle a épousé et avec lequel elle a vécu en France et qui aura spoiler: fini par se suicider à une date anniversaire de l’histoire de sa région d’origine
ne lui a pas tout dit de son passé et des tourments qui l’ont agité. De proche en proche, les pièces du puzzle seront dévoilées même si l’image finale reconstituée restera extrêmement floue pour le spectateur d’ici.
Esther Frey
Esther Frey

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 décembre 2025
Magnifique Camille Cottin dans un road movie toujours surprenant et original. Nous découvrons avec les yeux de Cottin un pays et son histoire douloureuse. Poignant !
Francois garçon
Francois garçon

6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 janvier 2026
j'ai eu la chance de Gilgamesh, Ce n'est pas un biopic sur Antonin Arto mais un film profondément touchant. qui parle de transmission, d’enfance et de racines. Le film prend son temps, mais ce temps est précieux : il laisse respirer les personnages
sans jamais forcer le trait, et capte des moments simples, vrais, qui disent beaucoup sur l'Arménie et sur ce que l’on transmet sans toujours s’en rendre compte. On sent une grande sincérité, une attention aux détails, aux silences, aux regards.
Un film modeste en apparence, mais riche humainement, qui reste en tête bien après la projection. Une très belle réussite.
F G
F G

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 décembre 2025
Super film ! Ça m’a fait un bien fou et j’en suis ressortie complètement ravie . Très beau film ou Camille cottin joue tres tres bien .
NELLY K
NELLY K

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 janvier 2026
Camille Cottin sert ce film avec briot ! Elle met sa finesse et son talent au service de ce scénario touchant et singulier ! Une découverte de l’Armenie et de ses paysages fabuleux
Yves G.

1 845 abonnés 4 018 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 janvier 2026
Céline (Camille Cottin) est partie en Arménie à la recherche du certificat de naissance de son mari, Arto, qui vient de mourir. Elle souhaite se le procurer pour permettre à ses deux enfants d’acquérir la nationalité arménienne. Elle découvre bien vite, à son arrivée à Gyumri, la deuxième ville d’Arménie, à l’épicentre du tremblement de terre de 1988, qu’Arto avait changé d’identité à son arrivée en France. Quel secret cachait-il ? Pour élucider ce mystère, Céline accepte l’aide d’une guide francophone, Arsiné (Zar Amir) et va avec elle jusqu’au Karabakh.

"Le Pays d’Arto" est le premier film d’une documentariste arménienne, Tamara Stepanyan. On sent qu’elle avait beaucoup de choses à dire, sur son pays, sur les drames qui l’ont ensanglanté : le tremblement de terre de 1988, la guerre avec l’Azerbaïdjan au Haut-Karabakh… Elle a cherché comment mettre en scène ses idées dans une fiction et a trouvé un fil prometteur : l’enquête menée par une Française pour découvrir l’identité cachée de son mari arménien.

Le pitch est stimulant. Mais hélas, il fait long feu, le secret d'Arto nous étant révélé dès la première moitié du film. Le soufflé alors retombe. Et il ne reste plus qu’un long "road movie". On admire la beauté des paysages, notamment les rives du lac Sevan et les sommets désolés du Karabakh. Mais le film souffre d’un défaut d’écriture. On comprend mal ses étapes. Et surtout, on ne comprend plus son enjeu. On avait déjà trouvé guère crédible que l’héroïne fasse le voyage jusqu’à Gyumri pour obtenir un certificat qu’elle aurait pu avoir par Internet. On trouve encore moins crédible qu’une fois révélés le passé de son mari et la réalité de la vie en Arménie, elle prolonge son voyage jusque dans ses zones les plus dangereuses.
Gonzague Steenkiste
Gonzague Steenkiste

30 abonnés 47 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 janvier 2026
Evidemment qu'une des motivation des spectateurs qui vont voir ce film est de mieux connaître l'Arménie.
Ils n'en sauront rien de plus à la sortie de la salle et ne leur restera qu'à s'informer autrement.
Le mauvais scénario, très peu crédible fait penser que des pans ont été coupés au montage.
Comment expliquer la rencontre pourtant essentielle des deux personnages centraux joués (très bien d'ailleurs) par Camille Cottin et Zar Amir? Les belles mises en image de ces deux actrices ne suffisent hélas pas à sauver le film.
Noël C
Noël C

18 abonnés 103 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 octobre 2025
Une enquête classique d’une Francaise venu retrouver la mémoire de son mari dans un pays étranger dont elle ne connaît rien. Et en suivant son parcours dans ce pays brisé, blessé de la perte du Haut Karabath et encore très confus sur son avenir, on se laisse porter par ce beau film plein de nuances et de blessures cachées.
Desman
Desman

8 abonnés 314 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 janvier 2026
Scénario mal fagoté avec pas mal de lacunes et quelques incohérences, un montage maladroit et mal rythmé. On devine beaucoup de naïveté et d' "erreur de débutante" dans ce premier film de TS dont se dégage néanmoins un certain charme. L'ardoise suspendue au-dessus du billard qui sert de support à une sorte de cours magistral était évitable, tout comme l'étonnement apparent de Céline quand on lui dit que le pays de son mari a subi deux terribles guerres...Fort heureusement, le côté contemplatif est plaisant, la caméra prenant le soin de s'attarder sur les beaux paysages arméniens. Le côté film de voyage est plaisant également, Stepanyan réussissant à trouver le ton juste avec quelques belles rencontres (j'ai beaucoup aimé Armen, le chauffeur de taxi) et une scène road trip musical plus vraie que nature dans le bus (très bonne chanson du rappeur arménien Lyoka). . Le film a le mérite de montrer sans l'idéaliser l'Arménie d'aujourd'hui, un petit pays enclavé et survivant entre deux Etats voisins ne cessant de l'agresser : l'Azerbaïdjan et la Turquie. La guerre est le sujet central du film, ainsi que -dans la première partie- le séisme de 1988 à Gyumri, très rarement évoqué dans les œuvres de fiction. A noter également quelques bonnes idées côté fiction, principalement les rêves de Céline où elle s'imagine interagir avec son mari décédé. Cela renforce le côté mystique du l'arrivée un film agréable malgré ses nombreux défauts, qui a le mérite de faire découvrir les réalités arméniennes contemporaines mais n'arrive pas à développer ses personnages.
FaRem

10 571 abonnés 11 448 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 mai 2026
En Arménie pour obtenir l'acte de naissance de son mari tout juste décédé, Céline va découvrir qu'elle ne le connaissait pas vraiment. Elle se lance alors dans une quête de vérité à travers un pays meurtri et marqué par un conflit sans fin. Les deux sont désormais liés, car pour connaître l'homme qui a partagé sa vie, elle doit comprendre là d'où il vient. Les secrets n'en sont donc pas puisque tout est dévoilé dans le synopsis. "Le pays d'Arto" est surtout un film sur l'Arménie, dont l'histoire est racontée par ses habitants qui sont tous liés de près ou de loin à la guerre. Tamara Stepanyan vient du documentaire et elle aurait peut-être dû rester dans ce style, car elle en conserve les codes alors que le cinéma demande quelque chose de différent. Son récit est mal construit et finalement sans beaucoup d'enjeux. Par contre, elle capte bien les paysages de son pays et surtout la personnalité de tous ces gens que l'on rencontre. Au final, un film moyen qui aurait pu être beaucoup mieux.
velocio

1 538 abonnés 3 498 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 janvier 2026
Arto, son mari, venait de l'Arménie et, quelques mois après sa mort, Céline se rend à Gyumri dans l'espoir de revenir avec un acte de naissance d'Arto, un document qui permettrait de faire acquérir la nationalité arménienne à leurs enfants. Cet espoir va se transformer en doute quand elle va s'apercevoir que, malgré 20 ans de vie commune, elle n'a jamais rien su du passé arménien d'Arto et, en particulier, en 1993, de son implication dans la Première guerre du Haut-Karabagh. Céline va en arriver à ne plus vraiment s'intéresser à ce pourquoi elle était venue en Arménie et, avec l'aide d'Arsiné, dans une région toujours en proie à des combats, elle part à la recherche du passé d'Arto. Venue du documentaire, la réalisatrice arménienne Tamara Stepanyan signe ici un premier long métrage de fiction d'une très grande intensité, dans lequel Camille Cottin (Céline) trouve un de ses plus beaux rôles. A ses côtés la comédienne d'origine iranienne Zar Amir Ebrahimi, prix d'interprétation féminine à Cannes 2022 dans "Les nuits de Mashhad", interprète le rôle d'Arsiné et, malgré la qualité de son jeu, on regrette parfois que ce qu'elle dit ne soit pas sous-titré lorsqu'elle s'exprime en français. On retrouve aussi avec surprise Denis Lavant dans le rôle d'un soldat arménien à qui les conflits ont fait perdre la raison. La photo de Claire Mathon est magnifique tout comme la musique, présente juste ce qu'il faut, du guitariste et compositeur américain Marc Ribot dont on connait le travail avec, entre autres, Norah Jones, Marianne Faithfull, Alain Bashung et ... Tom Waits et Jim Jarmush (clin d’œil à "Father Mother Brother Sister" qui sort une semaine après "Le pays d'Arto").
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 janvier 2026
Film au scénario simpliste qui ne tient pas la route. Le début suscite de l'intérêt puis une fois la vraie raison du voyage dévoilée, le film se transforme en road-movie assez incompréhensible. Les paysages sont magnifiques, avec quelques passages oniriques.
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