Catherine Deneuve est sans doute la première raison qui intrigue face à "Yōkai – le monde des esprits". La voir chez Éric Khoo, dans un film nourri de folklore japonais et de spiritualité discrète, a quelque chose de naturellement attirant. Fidèle à elle-même, l’actrice impose une présence calme, presque spectrale, jouant sur les silences, les regards, une forme de retrait qui colle parfaitement à l’univers du film. Elle apporte une élégance et une gravité que le récit peine parfois à atteindre par lui-même. Le film parle de mémoire, de ce qui persiste après la mort, avec une grande délicatesse sur le papier mais trop sage dans son résultat.
10 571 abonnés
11 451 critiques
Suivre son activité
2,5
Publiée le 8 décembre 2025
Après "Sidonie au Japon", "Spirit World" est un autre film franco-japonais qui explore la vie après la mort dans le pays des fantômes. Si Isabelle Huppert était confrontée au fantôme de son mari, Catherine Deneuve, elle, en devient un. Elle passe donc de l'autre côté, mais les deux films ont vraiment beaucoup de similitudes. Il y a ce rapport intéressant avec l'au-delà, mais aussi la pudeur de ce peuple qui garde les choses pour eux, ce qui se répercute sur un récit très sobre et délicat. Comme Élise Girard, Eric Khoo a fait le choix de s'éloigner des endroits bondés et ça fait beaucoup de mieux. On longe la côte japonaise pour s'arrêter dans des endroits apaisants où le bruit des vagues en fond rend ces moments intimes agréables. L'histoire, qui parle de deuil, de transmission ou de l'impact de l'art sur les gens, m'a presque semblé anecdotique. J'ai aimé traverser une partie du Japon avec eux, mais plus pour la beauté des décors que la qualité des échanges. "Spirit World" est finalement regardable, mais vraiment sans plus.
DENEUVE cabotine tragiquement et surfe dans l’au-delà japonais pendant ce qu’ils appellent l’OBON. Les mélodies de CHARHAL sont peut-être belles mais à peine sussurrées sans souffle, ce qui donne un résultat pas très intéressant. Elle parle français à un japonais qui parle japonais : quelle tristesse !
Un film doux, sensible, humain. Une belle collaboration entre le cinéma Japonais et Français. Voir Catherine Deneuve dans un nouveau registre, chanteuse lui va si bien... Et enfin, un sujet si réaliste, la VIE après la mort... J'ai adoré. Merci pour cette belle création.
Yōkai – Le monde des esprits est un film de fantômes qui a troqué le frisson contre l’anxiolytique : on flotte, on sourit vaguement, on risque surtout l’endormissement métaphysique. Deneuve, en diva défunte, traverse le cadre comme une ombre polie, trop digne pour vraiment hanter, trop consciente de son aura pour se laisser salir par le fantastique. Eric Khoo filme le deuil comme une carte postale japonaise : lanternes, mer, un peu de saké, beaucoup de douceur, et presque jamais de vertige. Résultat : un voyage entre les mondes qui caresse l’âme… mais laisse le cœur étrangement intact.
Une oeuvre touchante et mélancolique, sur les souvenirs, le deuil, doublée d'un parcours initiatique vers l'autre monde. L'évocation de cette croyance spirituelle japonaise est délicate mais ne va pas assez loin, des questions restent en suspend quant au personnage de C. Deneuve. Pour autant, l'actrice rayonne et l'entendre chanter est toujours un beau cadeau.
Entre réel et Au-delà, nous découvrons pas à pas les liens fragiles de toute une vie entre ces 4 personnages. Tout en douceur nous sommes extraits de notre zone de confort. Entre solitudes et absences, l'amour est en peine. Dévouement et amour d'un père pour son fils peu présent, ayant toujours souffert de l'absence et de la fuite de la mère qui sera pardonnée , star solitaire , n'ayant plus que son chien, décédé, et se raccroche au public de sa jeunesse. Puisque décès, testament et Au-delà sont nécessaires pour recréer les liens, le message n'est-il pas tout simplement " Aimons -nous vivants".
Le passage du monde des vivants a celui des morts n'est pas forcément un chemin tranquille. J'ai bien aimé mais peu comprendre que ce ne soit pas le cas de tous. La lenteur du récit ce qui pour moi est un des éléments de son charme peu paraitre a d'autres une longueur. Il faut se laisser prendre je l'ai été. Une image apaisée contribue a mettre en place le climat. Une interrogation toutefois fallait-il passer par Catherine Deneuve introduire une occidentale dans une croyance asiatique?
Tout d'abord, je dois admettre que je ne connaissais pas ce terme de Yokai propre à la culture nipponne. Claire Emery est une célèbre chanteuse qui après un concert au Japon va s'effondrer, sans vie. Elle va alors vivre sa vie de "fantôme" avec l'un de ses plus grand fan. Ca tâtonne pas mal au début avant que le film ne génère des émotions fortes. Tantôt contemplative, tantôt spirituelle, cette comédie fantastique pourrait s'apparenter à un hommage posthume avant l'heure à la grande Catherine Deneuve. Jeanne Cherhal apporte une touche de poésie avec ses compositions et accompagne nos personnages à travers de superbes paysages. Un ensemble touchant mais long à se mettre en route.
Des plans qui rappellent, sans en avoir le charme, ceux des animes, qui traitent fréquemment et de manière réussie de ce sujet traditionnel au Japon. Sauf que là il s'agit d'un film "réaliste" : le seul élément fantastique évoquant le monde des esprits est spoiler: la présence fugitive de deux samouraïs rouges à un très bref moment. Les défunts ont la même consistance charnelle que les vivants (si l'on excepte la face ridiculement ultra lissée de Deneuve, dans les faits trois ans plus âgé que Masaaki Sakai).
Tout cela semble relever une fois de plus d'une logique commerciale, basée sur la star française (pour jouer son propre rôle, et pas du tout une chanteuse : voix et chansons pathétiques). Le personnage archétypal de Masaaki Sakai semble tout droit sorti du théâtre Nô. Seul le "jeune" Yutaka Takenouchi joue de manière non caricaturale.
Nota bene : spoiler: le titre français aurait presque pu être " -ueux world ", vu le message de santé publique peu subliminal du film (boire est mauvais pour la santé)
Catherine Deneuve incarne Claire Emery, une chanteuse française qui revient au Japon dans le cadre d’une tournée. Son chemin va croiser celui de Yuzo. Le film aborde avec plein de sensibilité la question de l’au delà, du deuil et donc de la vie. Notons malgré tout que le film repose essentiellement sur le talent de l’actrice iconique.
Réalisé au Japon par le cinéaste singapourien E.Khoo, " Yokai" fait souvent penser à " les ailes du désir" de Wenders ( lion d'or Venise) et au cinéma du thaïlandais A.Weerasethakul ( "uncle boomy " ou " tropical malady").
Mêlant le thème de croyance de la vie après la mort, mais surtout celui de la présence des morts ( de façon symbolique) parmi les vivants.
" Yokai" souligne l'importance dans la résolution des traumatismes, de la connaissance des enjeux auxquels se sont trouvé confrontés nos prédécesseurs.
On pourra sans doute reprocher au scénario une certaine superficialité dans le traitement de la psychologie des personnages, des scènes pas très réussies et ( de mon point de vue) une Catherine Deneuve un peu figée.
Mais "Yokai" produit un effet apaisant ( certains y voient une source d'ennui ) et suscite la réflexion. On a ici affaire à du cinéma introspectif assorti de certaines scènes très émouvantes et au final à un joli film.
Scénario : bien Réalisation : fragile Acting : Deneuve qui sauve la situation Rythme : très lent Ressenti final : ennui, pathos et lassitude
L'histoire, qui se veut très intéressante à traiter de toutes les manières possibles, se heurte à une réalisation dépourvue de sens, caricaturée par un surjeu qui ne pardonne pas.
En japonais, Yokai est le terme utilisé pour qualifier les événements étranges, échappant à l'entendement humain. Disons-le franchement : c'est le titre parfait pour un film échappant lui-aussi à la compréhension humaine. C'est un dialogue entre la vie et la mort, ce qui fut et ce qui n'est plus... et ça ne mène pas très loin. Si on rajoute de la lenteur à ce manque de profondeur, on obtient un film totalement inintéressant malgré la présence (courageuse) de Catherine Deneuve. Oubliable (et très vite oublié).