Pascal Bonitzer a souvent été plus percutant dans ses précédents films et je me souviens notamment d’une belle réussite dans Le Tableau Volé avec Alex Lutz en 2024. Le réalisateur s’est ici coulé paresseusement dans un Maigret des familles, sans grand intérêt si ce n’est une exploration - toute superficielle toutefois - du milieu suranné des aristocrates du faubourg Saint Germain. L’enquête pépère du commissaire Maigret - un Podalydes en petite forme - et dont on finit par se désintéresser, fera pshitt faute sans doute de véritable engagement du « grand flic ». Le déport de l’enquête en début de 21 ème siècle permet d’économiser sur décors et costumes mais tend à nous rappeler davantage un vieux Colombo ou pire un inspecteur Derrick des familles que Bac Nord ou le Maigret-Depardieu de Patrice Leconte en 2024, pourtant un brin poussif.
Avec Maigret et le mort amoureux, Pascal Bonitzer s’inscrit dans une approche résolument intime du polar, en adaptant Simenon à distance de toute modernité tapageuse. Le choix de situer l’action au début des années 2000 n’a rien d’anodin. Il permet de préserver un monde encore épargné par la technologie omniprésente, où l’enquête repose avant tout sur l’observation, la parole et le doute. Ce cadre temporel installe Maigret comme une figure déjà en décalage, héritier d’un XXᵉ siècle finissant, confronté à une société qui change sans encore se transformer totalement.
Le Paris filmé par Pascal Bonitzer se présente comme une carte postale élégante et mortifère. Le 7ᵉ arrondissement, les hôtels particuliers, les galeries d’art et les intérieurs feutrés composent un décor presque muséal. Ces lieux ne servent pas seulement de toile de fond, ils prolongent l’état d’esprit des personnages, figés dans leurs certitudes sociales, religieuses et morales. L’aristocratie catholique décrite à l’écran apparaît comme un monde en déclin, dont les façades impeccables dissimulent des failles profondes et des passions anciennes jamais éteintes.
Denis Podalydès incarne un Maigret à contre-courant des représentations traditionnelles. Moins massif, plus intériorisé, il impose une présence fondée sur l’écoute et la patience. Son Maigret ne cherche pas à dominer ses interlocuteurs, il les laisse parler, s’installer, parfois se trahir. Cette posture transforme chaque scène d’interrogatoire en espace de tension silencieuse, où les mots comptent autant que les silences. Autour de lui, le réalisateur s’appuie sur une distribution issue en grande partie du théâtre, offrant aux dialogues une densité et une précision rares, tout en conservant une grande sobriété de jeu.
Le film exploite constamment le contraste entre agitation et immobilisme. Les personnages secondaires tentent de maîtriser le récit, de s’accrocher à leur statut, tandis que Maigret accepte de ne pas comprendre immédiatement. Cette lenteur assumée confère au film une dimension presque fantomatique. Les correspondances anciennes, les souvenirs persistants et les lieux chargés d’histoire participent à une atmosphère où le passé s’invite sans cesse dans le présent.
La durée volontairement contenue, proche de celle d’un téléfilm, relève d’un choix artistique cohérent. En allant à l’essentiel, le film évite toute dispersion et maintient une tension constante. Chaque scène a sa fonction, chaque échange fait avancer le regard porté sur les personnages. Maigret et le mort amoureux s’impose ainsi comme un polar classique dans sa forme, mais profondément singulier dans son approche, où l’enquête compte autant pour ce qu’elle révèle des êtres que pour ce qu’elle laisse volontairement dans l’ombre.
Un film archi classique qu’il n’est pas totalement indispensable de voir au cinéma. Mais ça se regarde avec plaisir car le rythme est bon d’un bout à l’autre et les interprètes impeccables. L’espèce d’atemporalité est également interessante. Et une histoire un peu retorse c’est toujours bon à prendre.
Bonitzer déplace l'univers de Maigret dans els années 2000 mais nous propose une atmosphère encore plus empesée que les vieux Maigret de la télé. Malgré quelques dialogues amusants et des acteurs assurant parfaitement leur rôle, le film est plat, sans la moindre émotion et au final, peu crédible et très ennuyant.
j'aurais bien voulu dire du bien de ce Maigret mais hormis la présence de Denis Podalydès le film tourne un peu en rond donc bien sans plus ,mais les acteurs joues bien ,particulièrement Anne Alvaro du coup c'est pas mal ,mais ça ne vaut pas les anciens Maigret pour moi
Après Depardieu chez Leconte, Denis Podalydès reprend l'imperméable du commissaire le plus célèbre de France dans ce polar de chambre à accents chabroliens, bizarrement ancré dans les années 2000, ni tout à fait contemporain, ni vraiment d'époque. Le casting est, sur le papier, une promesse : Podalydès, sobre et précis, Anne Alvaro en gouvernante monolithique, un casting de théâtre irréprochable. Mais ces belles pointures méritaient un suspense à leur hauteur. L'enquête s'enlise dans les couloirs feutrés de la bourgeoisie provinciale, peinant à instaurer la moindre tension. Ce n'est que dans les toutes dernières minutes que l'intrigue se réveille enfin... hélas trop tard. On reste là, un peu floué, avec l'impression d'avoir assisté à un spectacle qui s'est rappelé trop tard qu'il était un thriller.
La belle surprise de l'année. En effet, Maigret et le mort amoureux, en raison de sa durée très courte, qui pourrait palier le manque d'idée sur la longueur, bénéficie des superbes interprétations du film, justes sans être excessives ni caricaturales. Les dialogues sont percutants, telles des balles sortants d'une mitraillette, et servent au rythme du film. L'histoire n'est pourtant pas palpitante, ce qui donnent au film une certaine limite. Cependant, l'aspect intemporel de l'histoire est une belle trouvaille scénaristique. Il en ressort au vu de ses qualités et ses failles, que Pascal Bonitzer est bien meilleur scénariste que metteur en scène.
Exilent film avec un Podajydes très crédible dans le rôle principal et entoure de bons acteurs le synoptis est un peu tordu avec des relations très compliquées entre les intekrvénants
Denis Podalydès prête ses traits au fameux commissaire à la pipe, j'ai nommé Maigret. Celui-ci mène une enquête pour éclaircir les circonstances de la mort d'un ancien ambassadeur de 81 ans. Ce film ravira les inconditionnels du personnage de Simenon qui mitraille littéralement de questions les divers suspects. On ressent l'atmosphère d'une époque à l'ancienne difficile à situer même si les portables sont déjà présents (sauf pour Maigret). Néanmoins, cette ambiance désuète contribue à un certain ennui et même si le film est court (1h20), sa lenteur peut le faire paraître long. Quant à Podalydès, il fait le job mais n'a pas le charisme d'un Gabin ou même d'un Depardieu.
Rondement mené ( sans doute beaucoup trop ), les dialogues fusent, sans laisser suffisamment de respiration à l'intrigue. L'adaptation de l'univers de Maigret à notre époque ne me semble pas pertinente non plus.
Il reste le scénario, la description d'un univers social de grands bourgeois, engoncés dans le respect des conventions au détriment de la vérité des sentiments.
Malgré les défauts formels, légèrement pesants de ce " Maigret et le mort amoureux ", une aventure du célèbre commissaire, je suis toujours partant !
Avec son nouveau film, l’inégal Pascal Bonitzer coche toutes les cases du film à l’ancienne et désuet pour ne pas dire poussiéreux et dépassé. En tout cas, c’est à la limite des deux. Lui qui sort de l’exemplaire et génial « Le tableau volé », un film léger, captivant, malicieux et plein d’énergie, difficile de croire qu’il est perdu ses talents en à peine deux ans. Il est donc fort probable que le cinéaste ait voulu se concocter une petite récréation cinématographique en réalisant une œuvre d’un autre temps. Et pour cela il convoque un personnage illustre de la littérature maintes fois adapté, le Maigret de Simenon, rameute des acteurs de théâtre très classiques, tourne dans des lieux intemporels avec des personnages aux préoccupations du siècle passé pour un film forcément frappé du sceau « Vieille France ». « Maigret et le mort amoureux » est donc un long-métrage vieillot mais assumé.
Est-ce une bonne nouvelle? Pas vraiment. D’un côté il est plaisant d’assister à l’exhumation d’un certain cinéma suranné du siècle passé mais c’est en même temps tellement dépassé au niveau des codes, de l’esthétique ou encore des dialogues et situations qu’on a l’impression d’assister à un film musée. Et puis il faut dire que le commissaire Maigret on l’a vu sous toutes les coutures, que ce soit au cinéma ou à la télévision et que l’intrigue choisie ici n’est pas particulièrement originale ni même captivante. Pire, « Maigret et le mort amoureux » se paie le luxe de ne pas totalement expliquer le fin mot de l’histoire comme le ferait n’importe quel film policier. Cette enquête sans grand intérêt et ce style daté empêchent donc ce cru 2026 de Bonitzer d’être un film vraiment digne d’intérêt.
Cependant, on n’est pas devant un mauvais long-métrage et on peut trouver certains petits plaisirs à la fantaisie périmée du cinéaste. Déjà, il y a quelque chose dans le jeu d’acteurs. La distribution de très haut niveau, où les dialogues et les face-à-face sont excellents, est délicieuse. Et puis le film est très court et ne laisse aucune place à l’ennui avec sa cadence verbale effrénée et son montage imparable. Denis Podalydès réinterprète Maigret avec plaisir et la galerie de seconds rôles le lui rend bien, de la trop rare Anne Alvaro à la grande Dominique Reymond. Alors même si ce film ressemble à un vieux téléfilm, il semble être une resucée d’un cinéma d’antan qui court après un monde qui n’existe plus et cela peut lui donner un certain charme. Mais cela ne vaut pas nécessairement une place de cinéma.
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Voir Maigret mince déstabilise un peu au début mais on s'y fait si comme moi on aime Denis Podalydès, mordant en commissaire, entouré par une distribution réjouissante (Anne Alvaro, Micha Lescot, Laurent Poitrenaux, Julia Faure, Irène Jacob...) et les dialogues espiègles chers à Pascal Bonitzer.
Il pleut, Il fait froid? Vous me savez pas par quoi commencer les mille choses que vous avez à faire? Rien de tel qu'un petit Maigret pour vous donner le sourire. Celui ci, tiré du bien peu connu opus "Maigret et les vieillards", est délicieux et nous donne le plaisir de retrouver la rare Anne Alvaro dans un rôle ambigu à souhait... Le seul problème est que Denis Podalydès est totalement à contre emploi.... Le meilleur Maigret parmi ses nombreuses incarnations? Pour moi, sans doute Bruno Cremer. Il y a chez Maigret une lourdeur terrienne, un enracinement qu'on doit ressentir. Et puis, quand le commissaire doit fréquenter, comme dans ce film, la très très haute société, il a une sorte de malaise car il restera toujours le fils du régisseur du château de Saint Fiacre.. Podalydès est bien trop intello parisien.... Ca ne fait rien on a passé un bon moment...