Afterburn : Un post-apo décomplexé qui assume son statut de série B
Autant poser les bases tout de suite : si vous cherchez un scénario à tiroirs à la Inception, l'écriture ciselée d'un Mission Impossible ou la maestria chorégraphique d'un John Wick, vous vous trompez clairement de salle. Ici, on vient pour poser son cerveau à l'entrée, prendre un gros seau de pop-corn et passer un bon moment sans se prendre la tête. Et sur ce point précis, le contrat est plutôt bien rempli.
De l'action pure et dure et un casting investi
De l'action, c'est tout ce qu'on demande à ce genre de production et, croyez-moi, on est copieusement servis ! Courses-poursuites dans des décors dévastés, explosions généreuses et gunfights à gogo : franchement, c'est du bon divertissement. On sent évidemment que l'on n'est pas au niveau d'un Fast & Furious, mais c’est tout à fait normal puisque nous ne sommes pas du tout sur les mêmes budgets. Le film tire d'ailleurs plutôt bien parti de ses moyens pour nous offrir un univers post-apocalyptique divertissant.
Dave Bautista est toujours très à l'aise dans ce registre de colosse au grand cœur et forme un duo plutôt efficace avec Olga Kurylenko. Elle apporte une bonne dynamique à l'écran, même si leurs échanges manquent parfois d'un peu de profondeur. Du côté des seconds rôles, Samuel L. Jackson s'amuse comme un fou dans son rôle (il cabotine un peu, mais c'est toujours un plaisir de le voir à l'écran) aux côtés de la ministre Fuentes, qui apporte une petite touche politique bienvenue à cet univers de chaos.
Quelques facilités qui grincent des dents
Tout n'est pas parfait pour autant, loin de là. C’est vrai que tout est un peu trop facile : on a parfois l'impression que les éléments du décor et les solutions attendent sagement les protagonistes pour se débloquer au bon moment. Du côté de la réalisation, certains ralentis manquent cruellement de punch et s'avèrent un peu mous. Je pense notamment à la scène où ils font exploser les spectres cannibales : là où on aurait vraiment apprécié voir des combats viscéraux et "à la dure", on reste un peu sur notre faim à cause d'un montage un peu timide.
Enfin, soyons honnêtes, l'intrigue est cousue de fil blanc et s'avère extrêmement prévisible. Mais j'ai envie de dire : on s'en fout ! On est là pour "enjoy" et se détendre. Dommage tout de même que l'affrontement final avec le grand méchant et son lieutenant soit expédié avec une telle facilité. On aurait aimé un combat dantesque pour conclure, mais cela se règle en un claquement de doigts sans réelle tension dramatique.
En conclusion
Bien sûr que ce n'est pas un film qui marquera l'histoire du cinéma et il y aurait beaucoup à redire sur la cohérence globale. Mais Afterburn fait honnêtement le job. Pour une série B (voire C) décomplexée, ça vaut clairement le coup d’œil si vous aimez le genre. Un plaisir coupable idéal pour un samedi soir !