Hola Frida a été présenté dans les séances événements du dernier Festival du film d’animation d’Annecy ainsi qu’en compétition officielle lors du Festival International de Ciné de Morelia, en 2024.
Comme son sous-titre l’indique, Hola Frida brosse en grande partie l'enfance de Frida Kahlo à Coyoacán au Mexique, avant de devenir la célèbre peintre.
Hola Frida est librement adapté des romans graphiques à destination de la jeunesse écrits par Sophie Faucher et illustrés par Cara Carmina.
Pendant des années, les réalisateurs Karine Vézina et André Kadi ont souhaité réaliser un projet autour de Frida Kahlo, sans en connaître l’angle. C’est en découvrant les livres jeunesse de Sophie Faucher et Cara Carmina grâce à la productrice Florence Roche qu’ils ont eu l’idée de se concentrer sur son enfance, à travers l’animation.
Les journaux intimes de Frida Kahlo ont été un vivier d’inspirations pour Karine Vézina et André Kadi, de même que le recueil de ses lettres. Ils leur ont permis d’appréhender l’artiste qu’elle était ainsi que l’enfance qu’elle a vécue. Par ailleurs, les réalisateurs ont filmé et photographié des milliers de références pour enrichir l’univers visuel. Ils se sont même rendus à Mexico en 2023 pour rencontrer Perla Labarthe, la directrice du musée Frida Kahlo. La visite des lieux leur a permis de finaliser le scénario à l’aide de nombreux détails recueillis.
Hola Frida est soutenu par la nièce de Frida Kahlo, Cristina Kahlo. Une projection du film a même été organisée à la Casa Azul, en octobre 2024 et a été présentée par celle-ci.
Si certaines œuvres de Frida Kahlo étaient trop difficiles à montrer aux plus jeunes, Karine Vézina et André Kadi ont pallier à cela en les suggérant dans son monde imaginaire. Les adultes, eux, peuvent reconnaître certaines références.
La palette de couleurs utilisée par les deux réalisateurs renvoie à certains tableaux de Frida Kahlo. En outre, les teintes évoquent les illustrations de Cara Carmina et ont été ajustées après leur voyage au Mexique en 2023, pour permettre une immersion totale dans l’univers de la peintre.
Au moment de l’écriture du film, une scène, qui existait déjà dans le roman graphique, a particulièrement fait débat : celle de la cour de récréation dans laquelle Frida Kahlo se fait harceler. Un souvenir vécu par Frida Kahlo comme elle le raconte dans ses lettres, mais que Karine Vézina et André Kadi ont souhaité traiter avec plus de poésie et surtout, en se penchant aussi sur le point de vue du harceleur, comme ils le confient : "Nous avons décidé avec les auteures de rendre cette trame plus complexe, en montrant la réaction des parents et en parlant un peu de la situation familiale de l’enfant qui l’intimide, Rafael. L’idée n’était pas de l’excuser, mais de montrer aux enfants que parfois, voire même souvent, la méchanceté peut cacher beaucoup de souffrance aussi."
Ce n’est pas la première fois qu’Olivia Ruiz prête sa voix à un film d’animation, puisqu’elle s’était déjà frotté à l’exercice en 2010 dans Le Voyage extraordinaire de Sammy, puis dans Sammy 2 et Jack et la mécanique du coeur en 2013. Par ailleurs, elle a co-signé le scénario du court-métrage d’animation Le Grand voyage de Goutiet y a doublé le personnage de Loti. Sur Hola Frida, elle interprète également les chansons originales du film et les a écrites.
L’enfance de Frida Kahlo est également marquée par la poliomyélite, contractée à l’âge de six ans et c’est dans ce contexte que l’association Handicap International a tenu à soutenir Hola Frida. Dans ce sillage, une campagne d’impact a même été mise en place dès l’écriture du long-métrage.
Sophie Faucher, qui a écrit le livre Je m’appelle Frida Kahlo, double également la voix de Matilde dans le film.
Si Karine Vézina et André Kadi ont hésité à inclure une scène de Fête des Morts par peur des clichés, les Mexicains eux même les ont incité à la mettre, car sinon, "il manquerait quelque chose", selon les propos des réalisateurs.
De nombreuses références de Hola Frida viennent de ses origines zapotèques, auxquelles la peintre tenait beaucoup à travers ses robes et ses rubans rouges. Le ruban rouge a d’ailleurs servi d’élément structurant le récit du film.
Également artiste, Cristina Kahlo a fourni des éléments issus de son exposition, notamment l’enregistrement des battements de cœur de Frida Kahlo après son accident de voiture. Cet enregistrement a été incorporé dans la séquence finale du long-métrage.
Le personnage de Diego Rivera, le grand amour de Frida Kahlo, est volontairement absent du film, ou simplement à travers une silhouette. Les réalisateurs s’en expliquent : "Elle n’était pas l’élève de Diego Rivera, il ne lui a pas appris à dessiner ou à peindre".