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S’il suffisait de rayer des cases sur une liste pour se reconstruire, alors Alex aurait peut-être dû commencer plus tôt. Mais voilà : le passé débarque, manuscrit en lettres d’ado sur une vieille feuille froissée, et tout bascule. Une mère décédée, des rêves oubliés, et un monde qui s’ouvre — ou se referme, selon comment on tourne la caméra.
Adam Brooks, ce vieux complice de l’amour contrarié (souvenez-vous de Definitely, Maybe), fait ici ce qu’il sait faire : une romance douce, filmée comme une publicité de parfum, où chaque rayon de soleil semble calibré pour l’Instagram d’une influenceuse. Est-ce qu’on lui en veut ? Non. Mais est-ce qu’on aurait aimé qu’il nous surprenne ? Oui.
Sofia Carson, que certains jugeront trop lisse, parvient pourtant à injecter un peu de nervosité à son personnage d’Alex. On croit à sa peine, à ses doutes, à ses hésitations amoureuses face à Brad (Kyle Allen), cet avocat à la loyauté douteuse. Leur complicité fonctionne, même si une intrigue secondaire un peu bancale — triangle amoureux sauce soap opera — vient gratter le vernis. Mention spéciale à Connie Britton, pourtant absente la majorité du film, mais qui flotte comme un fantôme bienveillant dans chaque scène. Elle est la mèche, la lumière, le fil rouge.
L’adaptation du roman de Lori Nelson Spielman pioche dans le très vaste tiroir des “feel good books pour jours de pluie”. Il en ressort un film qui coche toutes les cases sans vraiment en dépasser une seule. On y parle de transmission, d’accomplissement personnel, de famille, d’amour... mais aussi un peu trop de clichés, comme si la sincérité devait forcément passer par les chemins les plus balisés.
Alors oui, on sourit. On soupire. On anticipe les rebondissements dix minutes à l’avance. Mais on regarde quand même jusqu’au bout. Parce que parfois, ce dont on a besoin, c’est justement d’un film qui ne bouscule pas, mais qui berce. Un film qui fait ce qu’il dit. Et même si demain est un autre jour, celui-ci aura été doux.