Entrer dans le quotidien d’un jeune homme d’ à peine 30 ans, l’ espace d’un week-end, pourrait et devrait même, être gai, dynamique, et pourquoi pas amusant…… Or, ici, il n’ en est rien : Pauline Loquès s’ attache au véritable « tsunami » qui va toucher Nino ( Théodore Pellerin ). La caméra va le suivre, pas à pas, errant, assez seul face à une annonce brutale, que chacun d’ entre nous peut redouter. Ce jeune, équilibré, un tantinet solitaire, va tenter de se raccrocher à n’ importe quoi….. D’ abord sa mère ( Jeanne Balibar ) plutôt défaillante, au jeu subtil, mais avec laquelle la communication connait ses limites. Manque de chance – encore – pour lui, la perte de ses clés va rudement complexifier son week-end, sans doute le plus long de son existence ! Nino, c’est l’ image de la fragilité, qu’ on voudrait soulager ou au moins accompagner. Quelle interprétation de Théodore Pellerin ! En toute simplicité, avec un minimum de dialogues, il réussit à nous émouvoir et nous emporte dans son mal-être intérieur avec brio et générosité. Heureusement son fidèle ami Sofian ( William Lebghil ) constitue un surprenant atout inattendu. J’ avoue avoir été bluffé par son jeu complétement à contre-courant. J’ai surtout adoré sa rencontre avec son ancienne amie d’ école, Zoé, magnifiquement interprétée par Salomé Dewaels. Une mise en scène, pleine de finesse, de pudeur et de délicatesse. Et aussi pleine de modernité, dans sa réalisation. Une alchimie puissante. Touché par ce bijou de sensibilité, et un premier film talentueux. Bravo….!!**