Les Trois visages de la peur
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Hector de Troie
Hector de Troie

1 abonné 65 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mars 2026
Ayant découvert d’abord Dario Argento, je décidais de remonter “à la source”. Je n’avais pas vraiment apprécié Black Sunday (La maschera del demonio), mais I tre volti della paura a quelque chose de vraiment plaisant.

Les films de Mario Bava existent souvent en plusieurs versions, européennes et américaines, fréquemment censurées ou modifiées, avec des titres différents selon les pays et parfois deux titres anglais pour un même film — un vrai chaos giallo. Ici, j’ai vu une version italienne, mais avec certains ajouts de la version américaine, comme l’introduction de Boris Karloff, une musique jazzy étrange et mal placée, et la modification du premier conte, notamment la dimension lesbienne.

Le premier conte (Il telefono) est classique mais préfigure le futur giallo : une femme est harcelée par un homme au téléphone dans son appartement, où toute la tension est concentrée. La maîtrise formelle de Bava est impressionnante, tant dans les couleurs que dans l’ambiance sonore. L’ambiance jazzy fonctionne par petites touches mais déséquilibre parfois le rythme. Ce qui marque, c’est la perversité du harceleur et le voyeurisme, avec une tension sexuelle subtile : un véritable laboratoire du giallo.
La seconde (I Wurdalak) adapte une nouvelle de Alexei Tolstoy. Un jeune noble russe se retrouve dans une campagne maudite où sévit un mal ancien. Le héros rappelle un hobbit par son costume et sa naïveté, et la jeune héroïne blonde, superbe, incarne l’esthétique giallo. Les lumières roses, vertes et bleues donnent un éclairage malsain et onirique, tandis que le retour du père, possiblement wurdalak, crée un moment de “survival horror”. La construction manque parfois de fluidité, mais la scène avec l’enfant et les ruines gothiques ainsi que les paysages sont très réussies, on sent même l'influence de Tarkovski.

Le troisième (La goccia d’acqua) est le plus court et le plus réussi. Une vieille comtesse décède, et l’infirmière doit l’habiller pour l’enterrement. Le palais et les poupées créent un décor architectural typique du giallo, avec des couleurs chatoyantes contrastant avec l’ambiance morbide. La morte est terrifiante ; le maquillage est si convaincant que l’équipe ne voulait pas rester seule avec elle. L’atmosphère, surtout grâce au motif sonore de la goutte d’eau, est incroyable.
De petits détails unissent les trois contes : la lumière et le gothique du palais se retrouvent chez l’infirmière avec ses barreaux en forme de croix. C’est le segment le plus moderne et puissant, pas vraiment giallo sur le fond mais de la pure terreur, avec une tension visuelle et sonore exceptionnelle qui eux sont des éléments fondateurs du Giallo.

Pour finir, les deux premiers contes sont solides et le troisième vraiment excellent, donnant ⅗ pour les deux premiers et environ 3,5/4 pour l’ensemble.
tisma

356 abonnés 2 302 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 octobre 2025
Une proposition avec trois histoires plutot interessante sur le papier. L’aspect ancien du film enleve l’aspect horrifique mais rajoute un charme
Seb Rillette
Seb Rillette

10 abonnés 113 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 octobre 2025
Nous avons affaire à 3 histoires différentes: un huit clos avec Mme mercier, une histoire de vampire avec Boris karloff et une histoire de revenant. Je crois que les 3 ont été réalisé par le génial bava. L epouvante est omniprésente dans les 3. On notera le jeu des lumières, les sons et les jeux de camera. Un vrai régal.
Melissa Zka
Melissa Zka

50 abonnés 570 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 septembre 2025
À travers ces trois sketches, on peut constater les différents visages de la peur. Le souci avec les sketches, c'est qu'ils ne se valent pas tous, et ici, c'est une fois de plus le cas. D'autant que l'ambiance n'est pas non plus la même. Personnellement, mon sketch préféré et de loin, reste "Le Téléphone" et pourtant, je déteste l'utiliser moi-même . Pour moi, Bava a une fois de plus montré son énorme talent. Je trouve le film très esthétique, surtout pour l'époque. L'avantage avec ces sketches, c'est qu'il y en a pour tous les goûts. En outre, certaines scènes me rappellent les films de la Hammer. Effrayant pour l'époque, et si vous aimez le gore, vous pouvez passer votre chemin ✍️
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 décembre 2024
L'utilisation habile des èclairages, des dècors et de la couleur ont rendu cèlèbre ce film à sketchs des sixties, rèalisè par Mario Bava et appartenant plus que jamais au cycle des films d'horreur gothique de l'auteur de "La ragazza che sapeva troppo" (1963) et "Sei donne per l'assassino" (1964). Les deux premières histoires, "Il telefono" & "I Wurdulak" sont honorables, sans plus, alliant l'èrotisme trouble et le baroque surannè! On guette un moment d'effroi...en vain , même si Michèle Mercier et Boris Karloff ne sont pas en reste! Fort heureusement il y a le dernier rècit, "La goccia d'acqua", hymne à la terreur dont on ne ressort pas indemne! D'autant plus que la conclusion de "I tre volti della paura" (1963) est aussi surprenante que le prologue de cet unique film à sketchs de Bava! Certes un ensemble très inègal, mais un classique du genre à l'arrivèe...
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 décembre 2024
Pas trop mon style de film mais il faut avouer qu’en matière d’ambiance c’est très réussi. J’ai aimé le deuxième très baroque et aux décors superbes d’inspiration soviétique des années 1850.
DreamyFramesSeeker
DreamyFramesSeeker

21 abonnés 138 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 novembre 2024
Ce film m'a laissé un goût mitigé. Si l'ambiance gothique des trois segments témoigne d’un certain savoir-faire, seule la photographie, particulièrement dans les deux derniers récits, tire réellement son épingle du jeu avec des jeux de lumière et des cadres marquants. Malheureusement, l'ensemble reste prisonnier de son époque : trop daté, il peine à maintenir une tension durable ou à surprendre un public contemporain. Malgré quelques idées intéressantes, notamment dans la mise en scène, les dialogues et les effets parfois maladroits viennent ternir l'impact. Une curiosité pour les amateurs du genre, mais loin d’être incontournable.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 juin 2023
Un film d'horreur à sketches signé Mario Bava, qui propose trois histoires d'environ 30 minutes assez différentes... et forcément inégales.
"Il telefono" est clairement la meilleure. Une sorte de mini-giallo, où, un an avant d'incarner Angélique, Michelle Mercier joue une prostituée lesbienne harcelée au téléphone par un souteneur évadé de prison ! Une tension bien gérée, entre la caméra qui déambule dans l'appartement de l'héroïne, et les sonneries de téléphone incessantes. Et un scénario malin.
"I Wurdalak" est un film d'horreur gothique dans l'esprit de ce que proposait la Hammer à l'époque, avec des éclairages de couleur "pop" en prime. Une histoire de vampires slaves, sans grande originalité pour quiconque a déjà vu un film de vampire, et assez (trop ?) lente. Mais l'ambiance est bien construite, notamment grâce à Boris Karloff en inquiétant meurtrier.
"La goccia d'acqua" est une histoire de fantôme et de vengeance. Prévisible, mais aux décors et aux effets efficaces. A condition d'être réceptif, là encore, aux éclairages très artificiels de couleur, et aux maquillages poussifs.
Le tout sera remis en perspective par une conclusion étonnement parodique et amusée !
Pour l'anecdote, le film aurait eu un impact non négligeable sur la pop culture. Il se murmure que Boris Karloff aurait apprécié le tournage, convaincant ses amis Christopher Lee et Vincent Price de tourner ensuite avec Mario Bava. De son côté, Quentin Tarantino se serait inspiré de sa structure à sketches pour écrire ses premiers brouillons de "Pulp Fiction" (!).
Tandis que les membres d'un certain groupe fondateur du heavy metal auraient vu le film en salles, et auraient eu l'idée de nommer leur groupe d'après son titre international : "Black Sabbath" !
ClashDoherty
ClashDoherty

271 abonnés 838 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2023
Aaah, Mario Bava... OK, ce réalisateur italien n'a pas fait que des merveilles, et il en a fait relativement peu, d'ailleurs, des merveilles. Ce film à sketches dans lequel on trouve Boris Karloff et Michèle Mercier (oui, de la série des "Angélique"...) fait clairement partie des merveilles. Un régal d'horreur et d'angoisse avec trois histoires remarquables, comme ce harcèlement téléphonique nocturne, ou ce conte central, "Les Wurdalaks", belle variation sur le thème des vampires/morts-vivants.
C'est ancien (1963) mais n'a pas trop mal vieilli. C'est le genre de film qui donne envie d'en voir d'autres du même réalisateur. Autant le dire, on est souvent un peu déçu avec Bava, mais comme pour Jean Rollin, on a du mal à lui en vouloir, tellement ses films, malgré leurs défauts, ont un truc en plus qui les rend attachants et toujours éminemment regardables. Je parle de ses films d'horreur, particulièrement, le bonhomme ayant bouffé à tous les râteliers ou presque.
Shawn777

805 abonnés 3 934 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 novembre 2022
Ce film, réalisé par Mario Bava, faisant même partie des plus célèbres du réalisateur, et sorti en 1963, n'est pas mal du tout mais est loin d'être extraordinaire ! Et c'est en réalité un peu le sentiment que je ressens dans la majorité des films du réalisateur, celui de frustration. Effectivement, comme d'habitude chez Bava, j'ai pris un sacré claque esthétique, le film étant absolument magnifique (autant au niveau des couleurs que des décors) mais concernant le scénario, on se traine un peu ! Ce qui est bien dommage puisque les trois histoires qui composent ce film à sketch sont construites sur ce même schéma. D'ailleurs, pour ma part, la première constitue le maillon faible du film. Avec pourtant un scénario très alléchant, concept ayant par ailleurs très certainement inspiré par la suite ceux de "Terreur sur la ligne" (1979) et de "Scream" (1996) puisque nous retrouvons un maniaque observant et appelant une jeune femme chez elle, en lui proférant des menaces. Ce segment, particulièrement prenant dans sa première partie (du moins, si nous sommes réceptifs à ce genre de concept) s'enlise ensuite dans une série de petits twists dont le sketch n'avait pas vraiment besoin et qui, de plus, le complexifie inutilement. La seconde histoire, quant à elle bien plus longue et bien plus travaillée, constitue le maillon fort du film ! Nous avons en effet ici en gros l'histoire d'un noble qui trouve refuge, en plein hiver, dans une petite chaumière abritant des vampires. Pas bien original vous allez me dire mais Bava a su rendre cette histoire, non pas captivante (car, comme je l'ai expliqué plus tôt, l'intrigue se traine un peu trop en longueur), mais hypnotisante de par ses décors et son ambiance vraiment très prenante. Par ailleurs, on ne se demande plus d'où Roman Polanski a tiré son inspiration pour la première partie dans l'auberge de son excellent "Bal des Vampires" tant les similitudes sont nombreuses (surtout dans l'ambiance et la mise en scène). La troisième histoire dénote également de par son ambiance, encore une fois excellente. Nous pouvons également noter les décors et notamment tous ceux ayant servis pour le grand manoir au début, qui sont vraiment magnifiques. Bava a de plus ici réussi à faire un film à sketchs dans lequel ces derniers n'ont rien en commun mis à part appartenir au genre de l'horreur. Mais, cependant, ils appartiennent tous à un sous-genre de l'horreur différent, le premier appartenant au giallo, le second au film de vampire et le troisième à l'occulte (en l’occurrence ici, les fantômes). "Les Trois Visages de la peur" fait donc partie, à juste titre, des films les plus marquants du réalisateur même si les intrigues sont toujours un peu molles.
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 janvier 2020
Lors de sortie en 1963 « Les trois visages de la peur » connu un succès d’estime grâce à son deuxième sketch, « Le Wurdalak ». Avec le recul du temps qui passe, c’est de loin le moins bon, semblant un sous produit de la Hammer, sorte de Terence Fisher raté, dans lequel Boris Karloff en fait des tonnes face à un Mark Damon bien fade et un couple de jolies filles (Susy Andersen et Rika Dialina) au jeu très limité. « La goutte d’eau », troisième et dernier sketch, porté par Jacqueline Pierreux, est sans doute le meilleur. C’est le plus ironique dans son déroulé et le plus original dans son traitement visuel. La fin offre d’ailleurs un clin d’œil horrifique plutôt amusant. Enfin, le « téléphone », premier sketch résumé hâtivement à une prestation de Michèle Mercier cataloguée de sexy, est en fait d’une qualité estimable (Mercier est excellente). Mais ce huis clos, tient davantage du thriller que du film d’épouvante. 2 étoiles donc. « Le Wurdalak » mérite 1 et « La goutte d’eau » 3.
Xavi_de_Paris

364 abonnés 2 856 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 octobre 2019
Trois histoires, trois ambiances, pour un chef-d'œuvre baroque et gothique. "Les trois visages de la peur" vaut ce qualificatif pour l'aspect visuel et esthétique de l'ensemble, qui est la marque de fabrique du cinéma de Bava, et qui influença Argento, entre autres. J'ai adoré les trois histoires, qui oscillent entre le giallo et le conte horrifique, fantastique et gothique. Les deuxième et troisième sont les plus marqués d'un point-de-vue visuel, mais la première histoire se démarque par sa sobriété et son efficacité.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 19 août 2019
Le premier segment est plutôt réussi et rappelle, par son décor, La fille qui en savait trop, premier exemple de giallo, déjà signé par Bava la même année. La suite, moins giallesque, est d’un goût nettement plus douteux, baignant dans un univers gothique de fête foraine, avec éclairages verts et violets, cadavres en cire et mouches en plastique. Certes, Bava s’amuse de ces artifices en montrant l’envers du décor dans le dernier plan, mais ça ne suffit pas à faire passer la pilule. Malgré ses talents de metteur en scène, il signe un film plus risible qu’effrayant.
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juillet 2019
Après une sympathique intro avec Boris Karloff, le film embraye sur le 1er giallo en couleur, le sketch intitulé "Le téléphone", avec notre Michèle Mercier nationale en jeune femme terrorisée par un harceleur téléphonique (oui, comme dans "Scream" en fait). Bava avait déjà planté les codes du giallo dans un précédent film, "La fille qui en savait trop". Ici, il rajoute cette couleur dont il demeure un des magiciens, lui l'ancien directeur photo, également à l’œuvre sur la plupart de ses films. Ce segment introductif reste très plaisant, avec un sens du suspense hérité d'Hitchcock, mais avec cette patte si particulière. Le sketch sur les vampires des Balkans est aussi très sympathique, quoiqu'un peu longuet et trop prévisible dans son déroulement. Le tournage en studio est aussi trop visible, malgré une poignée d'images fantasmatiques vraiment éblouissante. Et cette fois, Boris Karloff joue le rôle du patriarche, qui devient vampire bien évidemment. Et la conclusion, magnifique, arrivera avec un segment plus fantastique, un pur film de fantômes avec ce visage si flippant, ce rictus mortel qui hantera vos nuits, et un final glaçant. Petit bijou aussi flippant que virtuose. Sans oublier la conclusion, très ironique, du Maître. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 690 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 avril 2019
Les Trois Visages de la Peur est un film qui m'a moyennement séduit.
C'est surtout un film très inégal. Je n'ai pas du tout adhéré de la même manière aux trois histoires. Je suis peu convaincu par le fait de raconter 3 histoires indépendantes. Ça n'a peu d'intérêt si ce n'est que de faire des transitions animées par le cultissime Boris Karloff. En plus, les histoires ne se ressemblent pas du tout. Elles auraient très bien pu faire chacune un film (car il y avait de la matière).
L'épisode de La Goutte d'Eau est excellent. Il est ultra-flippant, même pour un public d'aujourd'hui (alors que le film a plus de 50 ans). Malheureusement, c'est cette histoire (que j'ai préféré aux autres) qui est la plus courte, là où Les Wurdolaks (histoire que j'ai le moins apprécié) est la plus longue. Même si les maquillages sont risibles (ils se rapprochent plus de la grimace, surtout sur Karloff), il n'empêche qu'ils sont terrifiants à regarder.
Ça se regarde tout de même bien au final.
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