L'Eclipse
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Guillaume836076
Guillaume836076

101 abonnés 126 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 avril 2015
**J'avais vu "Profession: reporter" du même Michelangelo Antonioni**, il y a maintenant 20 ans, à l'époque lycéenne, quand je mangeais de la pellicule au kilomètre, me destinant avec enthousiasme à des études supérieures dans le cinéma.
Depuis, mon ambition rêveuse qui fût vite avortée par une réalité cruelle et blafarde, n'est plus qu'un lointain souvenir nostalgique et brumeux, qui a fait place à un amour immodéré pour le cinéma et les acteurs. N'ayant pas la chance de pouvoir courir les festivals, rétrospectives ou d'être un spectateur assidu d'éventuelles cinémathèques bien connues, je n'ai de cesse de parfaire ma culture cinématographique toujours imparfaite, souvent lacunaire, au gré des diffusions télévisuelles ou par le, désormais, facile accès au site de visionnage en ligne.

**Toute l’œuvre du grand Michelangelo Antonioni, m'est quasiment inconnue**. Je l'avoue c'est bien volontaire. Certainement la peur de l'ennui, alimentée par la réputation d' œuvres difficiles d'accès, trop symboliques, esthétiquement et formellement exigeantes, destinée à une certaine intelligentsia louant le génie de ce maître de l'image. On n'est pas loin de l’idolâtrie réservée à un Godard, dont le peu de films que j'ai pu voir, ne m'ont pas convaincu, profondément ennuyé, même si son talent est indéniable. Comme vous l'avez compris, une part de préjugés... En tous cas, pour Antonioni... Car la vision de "L'éclisse" remballe en partie, une grosse partie de mes peurs.

**Certes, le film prend le temps de se déployer**, s'étire parfois trop en longueur, parsemée de "langueurs" tour à tour suffocantes ou sensuelles au fil de l'errance bohème de Monica Vitti dans la ville dortoir de demain, suivies de séquences nerveuses, hypnotiques, remplies "de bruits et de fureur" dans l'arène de la bourse, cœur du monde contemporain, suivant le fil des opérations spéculatives d'Alain Delon, trader de son état... Puis la ville en construction, l'urbanisation galopante, le troisième personnage du film, voir le plus important, le plus symbolique, le plus fascinant...
Opposition et contraste volontaire du cinéaste. On adhère ou pas aux ruptures de rythmes et de ton (drama-comédie). On baille, puis on est captivé, passionné, fasciné par la beauté enivrante des acteurs, des cadrages et des images. L'état d'esprit change en quelques secondes. Souvent une impression de vide, de vacuité, et on se dit qu'Antonioni ne nous raconte pas grand chose, que cette pseudo romance impossible est inintéressante, qu'elle n'avance à rien...

**Mais rester sur cette vision émotionnelle du film, ce serait passé à côté de sa portée symbolique,** philosophique, politique et surtout prophétique du film dans son ensemble. En filmant ce couple désaccordé, aux deux façon d'être différentes, l'une bohème oisive, généreuse et jouisseuse, l'autre hyperactif ayant soif de pouvoir matériel et de reconnaissance sociale, Antonioni dénonce deux visions du monde bourgeois qui s'oppose (le bourgeois-bohème et le bourgeois ultra-libéral en quête de puissance) de façon bien superficielle puisque leur recherche est la même: le confort et la sécurité matérielle. Sauf que l'une est hypocrite et l'autre assumée. Le vide et la vacuité de ces deux visions est elle même opposé à la société et à la ville moderne, produit du spéculateur incarné par Delon.
La ville-nouvelle en construction, moderne, confortable, transparaît comme un endroit menaçant où toutes ses fausses oppositions se diluent, se désincarnent, sont annihilées, n'ont plus raison d'être. Lieu d'uniformisation, cage dorée d'une étrange beauté, cité-dortoir où l'on se fond dans un océan d’anonymat et d'incommunicabilité. Le jour qui s'oppose à la nuit, dans une séquence finale sublime, où tout le film prend son sens, délivre son message, prophétise le monde d'aujourd'hui, sa vacuité, sa solitude, ses menaces d'apocalypses, le gaspillage des ressources et des énergies...
kermalec
kermalec

10 abonnés 71 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 avril 2015
Le thème central pour moi n'est pas l'amour, mais la déperdition des êtres dans une société qu'ils ont créé mais ne maîtrisent plus. Vittoria "ne sait pas", elle est constamment perdue ne sachant plus ni ce qu'elle veut ni même ce qu'elle ressent. Elle semble penser que dans un monde plus primitif (ici au Kenya), la vie est plus simple, la vie étant un but en soi. Elle déteste le monde dans lequel elle vit et peine à y trouver un sens et même à aimer ses congénères.
Riccardo et Piero, ses deux prétendants s'opposent : le premier semble nonchalant, passif, un artiste qui observe plus qu'il n'agit ; le second est obsédé par l'argent et a une vue extrêmement matérialiste de la vie. Nous observons ces différentes philosophies de vie se rencontrer, se heurter, fusionner, dans le contexte des années 1960. L'annonce du mal-être moderne.
La qualité de la réalisation, de la photographie et du casting rend ce film éminemment romantique. Et délicieux.
weihnachtsmann

1 632 abonnés 5 766 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 avril 2015
Il faut bien avouer que ce film est beau et sensuel, mais aussi que le titre est vraiment bien trouvé. L'éclipse c'est l'éclipse des sentiments. Sauf qu'ici c'est le jour furtif avant la longue nuit. Pagnol avait déjà exprimé cette idée dans "la gloire de mon père" à la dernière page du livre: "la vie est parsemée de brefs moments de bonheur au milieu d'un océan de tristesse." Et ce n'est pas très joyeux!
Et dans notre film c'est cette vie morne et monotone qui reste en surface: témoin la longue scène d'introduction où la lassitude s'exprime au moyen de silences éloquents. En plus il est froid et sec comme ce noir et blanc. Ma scène préférée est celle de la danse africaine du début.
Loïck G.

397 abonnés 1 839 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 avril 2015
« Je voudrais ne pas t’aimer, ou t’aimer beaucoup mieux ». Monica Vitti promène sa beauté et son spleen tout au long de ce film dont l’abstraction pèse sur la compréhension attendue d’un récit où des souvenirs d’Afrique se mêlent à l’activité boursière qu’Antonioni filme avec une réelle délectation. Il n’y a que dans cet antre financière que j’ai trouvé le vrai regard d’un cinéaste peu enclin à faire du cinéma abordable. Il y est surtout question d’absence de communication, là où Antonioni est passé maître. Alain Delon lui donne la réplique avec un peu plus d’humanité, mais la fragilité du scénario ne lui permet pas d’aller plus loin. Alors « L’éclipse » d’accord, mais pour qui ?
Pour en savoir plus
 Kurosawa

677 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 juillet 2018
Un couple qui s'observe, qui ne communique pas (ou mal) et c'est la rupture. "L'Eclipse" commence ainsi, en nous montrant un homme maladroit et une femme évasive qui semblent perdus dans un monde où les objets paraissent plus vivants qu'eux, comme ce ventilateur qui souffle sur la chevelure de la superbe Monica Vitti. Le film raconte l'histoire d'une illusion, celle d'être heureux, un bonheur le plus souvent exprimable à travers un amour durable. Mais peut-on atteindre ce but quand tant d'oppositions sont réunies ? Antonioni tente de répondre à cette question en mettant en scène la relation complexe entre Vittoria (Monica Vitti) et Piero (Alain Delon). Quand l'un est plus direct, plus matériel, plus concret, l'autre est plus indéterminée, plus mélancolique, plus pessimiste. Dès leur première rencontre, on sent bien que ça ne collera pas entre ces deux-là car, même si le glamour et le charme envahissent l'écran, ils semblent trop différents pour se comprendre. Chez Antonioni, et de façon logique, l'illusion entraîne la désillusion. Si le cinéaste italien filme avec un désir et une sensualité rares les visages et les corps de ses acteurs, il filme aussi les silhouettes, les rues vides qui n’appellent pas forcément de visiteurs, un lampadaire qui s'allume faiblement, symboles d'une fragilité affirmée, d'une chance qui est passée et qui n'a pas su (ou voulue) être saisie. Il y aurait encore tant à dire de ce chef-d'oeuvre du septième art, comme ces scènes fascinantes à la Bourse qui durent un quart d'heure, mais qui pourraient très bien durer deux heures. "L'Eclipse" est un grand film de mise en scène, constamment surprenant et génialement construit: un des plus beaux films au monde.
NeoLain

5 904 abonnés 4 745 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juillet 2014
Un des bijoux de l'air néo-italienne. Dans une après Italie, la nouvelle Italie qui se reconstruit petit à petit après la guerre. Deux personnes se rencontrent, un homme et une femme, ils sont jeunes et beau, a en rendre jaloux, a vous rappelez votre jeunesse passé de vos vingt ans. Ils vont vivre une attirance entre eux sans pareil. Le flirt, l'amour des instant T, mais aussi des situations inévitables, comme le questionnement. M'aime tu ? au fond le chemin de ses amoureux n'est-il pas une illusion ? la jeune femme tente de renouer avec le fondement de l'amour mais si à nouveau elle sent une fois de plus la déception alors tout prend un gout amer. L'Eclipse est une oeuvre cinématographique dont l'ombre plane et cache une lumière trop attendu. Ce long-métrage vaut également son essence de par le duo Monica Vitti et Delon, tous deux sont à mes yeux un des plus beaux couples que le cinéma est pu offrir.
Plume231

4 421 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 8 juillet 2014
Certains de plus fervents détracteurs d'Antonioni tiennent ce film comme réussissant à être le plus chiant de son auteur, moi j'aurais tendance à décerner la médaille d'or au "Désert rouge"... Mais c'est quand même du lourd...
Alors certes Alain Delon est beau et photogénique, certes Monica Vitti est belle et photogénique, certes techniquement le film est irréprochable, et certes les séquences de frénésie boursière sont parfaitement dirigées ; mais tout cela se noie dans le vide le plus abyssal.
Qu'est que le film raconte ??? Rien... Qu'est qu'on a au niveau de la profondeur des personnages ??? Rien... A ce qu'il paraît Antonioni voulait montrer l'incommutabilité entre les êtres. Si c'est le cas, contrairement à Orson Welles qui a juste besoin d'un plan pour le faire ou Ernst Lubitsch d'un simple geste, le réalisateur lui a besoin de deux heures de vide.
Certains pensent certainement que si le film est vide c'est pour mieux justement symboliser la vacuité de l'existence, etc, etc... Pour moi c'est juste du vide, avec un bel emballage certes, mais du vide quand même.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 6 janvier 2014
La beauté des images et le jeux des acteurs relèvent le niveau du scénario que j'ai trouvé clairement ennuyeux...Dommage, mais il y' a de bonnes choses à tirer de ce film tout de même.
ocelot
ocelot

32 abonnés 927 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 octobre 2013
Attention c'est du gros morceau. Du vrai cinéma d'auteur !
S M.
S M.

41 abonnés 557 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 septembre 2013
Antonioni clôt magnifiquement bien sa trilogie avec "L'éclipse", une oeuvre qui bénéficie d'une réalisation et d'une mise en scène soignées. Les acteurs sont grandioses (Alain Delon et Monica Vitti en tête) et puis, il y a ce talent qu'a le maestro italien pour filmer les silences (Les 15 premières et 8 dernières minutes du film sont superbes) et les espaces extérieurs urbains, quasiment vides qui contrastent complètement avec les scènes tournées à la bourse.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 19 juin 2012
Antoniononi, jusque-là, je ne savais pas trop. Un excellent film (le Désert Rouge), un bon film (Profession Reporter), et une purge (l'Avventura). C'est donc pressé mais dubitatif que j'ai attaqué l'Eclipse, bien qu'on m'ait dit qu'après la mésaventure Avventura je craignais de ne pas aimer...


Mais ce que l'on ne m'a pas précisé, c'est combien l'Eclipse se rapproche du Désert Rouge... Donc oui, j'ai aimé. Adoré même. Voilà c'est pas compliqué le film résume l'incompatibilité entre Delon et Vitti. Oui 2 heures sur ça peut paraître chiant, mais voilà au travers de chaque scène Antonioni arrive sublimement à montrer le mal être quasi-permanent de cette femme. Là où le Désert Rouge était surtout démonstratif (d'ailleurs c'est ce que j'ai préféré) l'Eclipse décortique les deux personnages, et leur relation impossible. Lui boursier, qui bouge tout le temps, très matérialiste (la scène avec la voiture qui tombe dans le fleuve est excellente), elle plus attentiste, un peu gamine même, qui souhaite simplement profiter de moments, sans se forcer à aimer, seulement pouvoir s'entendre avec des gens.

Comme dans le Désert Rouge (oui je fais pas mal de comparaisons), Antonioni parvient à faire ce que j'apprécie le plus chez lui : plusieurs scènes où l'on voit Vitti attendre, toute seule, puis regarder autour d'elle, et se rendre compte que tout est bizarre, comme dans la chambre de Delon là où les portraits l'épient, puis elle ouvre la fenêtre, elle voit la ville, mais tout parait étrange... Je trouve ça énorme.
Puis quand ils s'embrassent à travers le miroir (surtout le 1er) c'est absolument splendide !

L'originalité de la fin est à noter, bien qu'étrange, où l'on revoit sur différents également le lieu qui aurait pu être celui de leur rendez-vous "amoureux", avec ces angles-là, les personnes qui passent et repassent, les jeux de lumière, le bâtiment en construction derrière, c'est très bizarre, j'avoue que je n'ai pas trop compris (enfin je savais même pas que c'était la fin), peut-être la "destruction" de ce mythe.
Les scènes où Vitti marche dans la rue sont aussi sublimes.
La scène de l'avion vers le début est aussi très belle.
Quant à celles dans la Bourse, énormes aussi...

En fait seule la première et la dernière scènes m'ont paru bizarre.

Vitti toujours aussi lumineuse et exceptionnelle, Delon j'ai beaucoup aimé, franchement c'est dommage que le film se base sur leur impossibilité à être ensemble, car au contraire je trouve qu'ils vont bien ensemble.

Non très beau film, vraiment.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

193 abonnés 777 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 avril 2017
A la fois oeuvre charnière et de transition, achevant la trilogie constituée de «L'Avventura» et de «La Notte» tout en préparant «Le Désert Rouge», «L'Eclipse» est sans nul doute l'une des plus grandes réussites d'Antonioni. Véritablement au sommet de son art, il allie une maîtrise formelle incomparable et une audace narrative sans précédent. En effet, «L'Eclipse» annonce «Le Désert Rouge» dans ce refus de la dramatisation, dans l'abstraction de la narration : pas de trame linéaire mais une sorte d'apperçu du monde tel qu'il était dans les années 60, s'évanouissant ensuite dans un écho angoissé (fameuses 8 minutes finales!). Avec «L'Eclipse» Antonioni atteint une pureté cinématographique sans égale : avec les images, les sons, mais aussi leurs contraires le vide et le silence, il parvient à rendre compte des sentiments et des pensées qui le traversent. Il n'y a qu'à se laisser porter par ses cadrages inouïs, sa virtuosité du montage... Et par ses magnifiques interprètes : Monica Vitti et Alain Delon sans doute dans leurs meilleurs rôles, en même temps terriblement vivants et tristement égarés dans ce monde qu'ils ne reconnaissent plus (mouvementée séquence de la Bourse!) et qui continue sans eux (la séquence finale, vide de toute présence humaine). On pourrait disserter sur ce long métrage pendant des heures tant il s'avère riche et complexe, tout en paraissant simple et vide. Car le plus fort, c'est que toute la réflexion d'Antonioni réside dans les nons-dits! Un chef-d'oeuvre absolu. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 30 mars 2012
Les acteurs jouent très bien, les décors sont très beaux, la photographie aussi, mais le scénario est d'un ennuis! Dommage...
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 21 décembre 2011
Film magnifique. Des scènes sublimes entre Monica Vitti et Alain Delon sans jamais être ridicule (scène où ils imitent d'autres couples). Les séquences qui se passe à la bourse de Rome sont étonnantes particulièrement celle de la minute de silence. Le film comporte quelques longueurs qui font son charme. Le Couple Delon-Vitti parait au premier abord improbable mais devient tout au long du film évident. Les quartiers d'après guerre du film paraissent même agréable à vivre.
Les cinq dernières minutes sont particulièrement troublantes : une vide totale, un silence que je n'avais jamais vu avec une telle intensité au cinéma. La scène de la danse tribale est aussi troublante.

(un petit pincement au cœur quand la voiture de Alain Delon est retrouvée au fond d'un étang ... )
Parkko
Parkko

194 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 octobre 2011
L'Eclipse m'a fait un peu le même effet que Profession : Reporter. Je n'ai ressenti aucun plaisir immédiat à regarder ce film. J'ai trouvé ça intéressant d'y réfléchir après coup, de voir ce que le réalisateur avait voulu dire, d'apprécier la mise en scène (bon ok, ça c'est un plaisir immédiat) et le jeu des acteurs, mais par exemple chez Antonioni je préfère Blow-up où je trouve que finalement y a un plaisir direct, contrairement à l'Eclipse où là c'est assez redondant, et au final le film est intéressant à en parler ensuite mais il ne m'a pas non plus spécialement marqué.
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