Même s'il faut un certain temps pour s'adapter au style de Fellini qui mélange habilement réalité et fantasme, "Huit et demi" est sans aucun doute son film le plus abouti, un classique du cinéma qu'il faut avoir voir et revoir. Le cinéaste nous plonge dans les affres de la création et donne son plus grand rôle à son alter-ego, Marcello Mastroianni, excellent dans la peau du cinéaste en panne d'inspiration, sans cesse harcelé par les gens qui l'entourent (du producteur au critique intellectuel en passant par les starlettes, personne n'est épargné) et qui préfère se replonger dans son enfance ou dans un univers onirique où toutes les femmes de sa vie se retrouvent pour l'y harceler. Fellini sait visiblement de quoi il parle et sait appuyer son propos par une mise en scène solide qui convient parfaitement au style du film, à mi-chemin entre deux mondes. Superbe réflexion sur le travail du cinéaste et métaphore sur le cinéma, "Huit et demi" est un chef-d’œuvre qui peut ennuyer aussi bien que fasciner mais qui n'est certainement près d'arrêter de nous fasciner.
Le chef-d'oeuvre de Fellini. Son film le plus abouti, le plus personnel, le plus révolutionnaire («La Dolce Vita» et «Juliette des Esprits» ne sont pas loin derrière). Magistral de A à Z, du début à la fin, de la première à la dernière image (même s'il faut le temps de rentrer dedans), c'est l'un des plus extraordinaires et des plus réjouissants longs métrages qu'il m'ait été donné de voir. Un véritable plaisir pour les yeux, les sens et l'âme. Fellini s'y raconte de la plus belle des façons, de la plus intelligente aussi, «Huit et Demi» étant la mise en abyme du film qui se construit, du film dans le film, de Federico Fellini, homme et artiste, face à lui-même. La conscience du cinéma, du spectacle et du spectateur, de l'oeuvre d'art et de son façonnage est absolument sidérante, Fellini réussissant à imbriquer les séquences et les thématiques les unes par rapport aux autres dans une sorte de ruban de Möbius sans fin. Les passages se font écho, les rimes visuelles abondent, l'imagination du maestro est débridée, bref on assiste à l'apothéose artistique d'un créateur au sommet de son art, ironie de l'histoire puisqu'il est question de la perte de l'inspiration, de l'angoisse de la page blanche. Ce qui démontre le talent de Fellini à sublimer le réel, à créer l'inimaginable à partir de trois fois rien. Et pour quel résultat! Car en plus de constituer le reflet (déformé) de la personnalité du cinéaste, «Huit et Demi» demeure d'une merveilleuse universalité, dans son approche si sincère et passionnée à la vie, dans cette spontanéité et cette complexité humaine si émouvantes. Et que dire de l'esthétique! L'utilisation du noir et blanc est tout bonnement époustouflante, la maîtrise des teintes, des contrastes ou des nuances est incomparable. Sans parler de la sublime photographie ou de la virtuosité de la mise en scène. Ou encore de l'interprétation, au-dessus de tout éloge... Un des 10 plus grands films de toute l'histoire du cinéma, tout simplement. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Même si je lui préfère "La Strada" et surtout "La Dolce Vita", "Huit et demi" c'est du grand Fellini. Et dire d'un film de Fellini que c'est du grand Fellini n'est pas un mince compliment. Une oeuvre introspective où passé, présent et fantasmes s'entremêlent avec toute l'imagination visuelle légendaire du cinéaste qui s'épanouit, avec des situations qui nous parlent parce qu'on en a déjà vécu de similaires ou parce qu'on sent qu'on les vivra un jour ou l'autre (surtout si on a la mauvaise habitude de connaître parfois les affres de la dépression !!!). Marcello Mastroianni, alter ego du réalisateur, est bien sûr parfait ; cela n'en pouvait pas être autrement. Quand à Anouk Aimée, Claudia Cardinale et Barbara Steele, elles n'ont jamais été aussi fascinantes. A l'image de la farandole finale, la musique mémorable et tonitruante de Nino Rota achève d'emporter le tout dans un grand moment de cinéma.
Un des films les plus ennuyeux et barbants que j'ai pu voir (malgré les belles images en noir et blanc) ; et encore c'est un euphémisme, je pèse mes mots. Si vous aimez l'incompréhensible, la bêtise et l'académique alors cet essai est fait pour vous. Je ne suis pas rentré dans le délire de Fellini, son style est trop personnel, il ne vient pas nous chercher.
Fellini arrive grâce à son art personnel à transformer une crise passagère d'un homme à travers des flash backs et autres fantasmes magnifiés. Le film qui devait s'appeler "le beau désordre" rappel combien il est parfois difficile de rompre avec son passé, de vivre dans un mensonge avec soi-même (le héros n'a pas vraiment envie de le faire ce film) et les autres (il n'arrive pas à aimer une femme mais toutes). Marcello Mastroianni est vraiment excellent, la classe nonchalente qui le caractérise, et les actrices sont toutes superbes, la plupart italiennes. La photographie en noir et blanc est tout simplement magnifique et la composition de Nino Rota se fond dans le décor. Justement on a plusieurs décors qui servent à tromper, parfois on passe du rêve au réel et vice versa. Certaines scènes restent gravées comme la scène du début où Guido n'arrive pas à s'envoler ou encore ce harem de femmes, ces décors baroques; des thèmes fascinants sur la solitude d'un artiste, la fine frontière entre le film de Guido et le film de sa vie personnelle etc etc, beaucoup de choses à dire pour ce grand film qui a marqué l'histoire du cinéma.
Hors-norme, gigantesque, hallucinant... Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire ce standard de Fellini que certains continuent pourtant à mépriser. Au-delà de l'éblouissante technique déployée par le maestro, c'est l'univers qu'il construit autour de ce réalisateur, joué de façon étonnante par l'immense Marcello Mastroianni, bien entouré par des actrices aussi magnifiques qu'Anouk Aimée et Claudia Cardinale. A la fois d'une élégance rare et d'une sensualité toute Fellinienne, le tout plongé dans un monde de rêve et de fantasme qui laisse sans voix, « 8 1/2 » est de ces oeuvres difficile à évoquer avec les mots tant tout est dans le ressenti, dans l'émotion que quasiment toutes les scènes dégagent, capable de passer du plus grand sérieux à quelque chose de lunaire, d'extravagant (le fameux plateau de tournage d'un film de science-fiction, peut-être le plus beau moment du film) ou de carrément jouissif (le fameux harem, réveillant de la plus directe des manières nos sens et nos fantasmes, sans jamais tomber dans le vulgaire ou le graveleux). Mais ces quelques pistes ne sont au fond qu'un extrême concentré de cette véritable source des miracles qu'est cette oeuvre unique et majestueuse : un chef d'oeuvre, tout simplement.
Oui, il s'agit bien d'un film du grand maître italien, Federico Fellini... Mais quel ennui au final... Un cinéma nombriliste qui tourne sans cesse autour de lui-même et qui oublie le public... Bref, on est bien loin du meilleur de Fellini...
Je suis partagé entre consternation et indignation. La consternation colossale que je ressens par rapport à cette aberration sur pellicule, je me suis ennuyé mais violemment, je me suis endormi, j'ai trouvé ça sans aucun intérêt. L'indignation parce que tout le monde encense ce film, pourquoi ce film est-il tant aimé ? Parce que les ( pseudo ? ) intellectuels y trouvent leur bonheur, parce que les cinéphiles n'osent pas critiquer un intouchable, je ne sais pas, parce qu'ils n'ont pas vu des films comme Belle de jour ou Mulholland Dr, films mêlant réel et irréel avec un VRAI scénario. Je trouve ce film horrible je suis soulagé d'en avoir fini, quand j'aurai du mal à m'endormir à l'avenir, je n'aurai pas besoin de compter des moutons, il me suffira de penser à Huit et demi et là comme par magie il se passera la même chose qu'il m'est arrivé après environ une demi-heure du film, zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz.
Chef d'oeuvre absolu : la photographie, la direction d'acteurs, les acteurs, la lumière, le scénario, la musique, Mastroianni et sa maitresse, le rythme, etc…
Je suis parfaitement conscient du fait que je n'ai pas tout cerné de 81/2. Le film dégage une grande subtilité nécessitant plusieurs visionnages pour prétendre venir à bout de son analyse.
Personnellement, ce n'est pas le film de l'ami Federico m'ayant le plus marqué. Loin de là, même. Sorte de Juliette des esprits au masculin, la touche de folie onirique en moins (qui fait pourtant toute la magie de ce prochain film !), nous voguons à travers le récit d'un réalisateur de renom qui se refait une santé mentale après une dépression.
Une oeuvre très personnelle de la part de Fellini, qui monte certainement à partir de ce film sa propre psychanalyse. C'est en tout cas comme cela que je le perçois. Car, si le jeu des acteurs aboutit véritablement vers un ensemble juste, la mise en scène se veut plus moribonde, elle est aussi bien moins rythmée que la plupart de ses autres bandes. Il est possible que cet avis mûrisse lors d'un prochain visionnage, mais celui-ci m'a bel et bien laissé de marbre. Outch.
"Je n'ai vraiment rien à dire, mais j'ai envie de le dire". Fellini donne dans le grandiloquent (le rêve et les fantasmes) et la caricature (ou pas) des personnages qui entourent Guido. Entre intellectualisme, superficialité et marginalité maladive mais vivante (le personnage de Gloria est pour moi le plus riche) dans les mots et dans les attitudes de cette fourmilière qui gravite autour notre cinéaste, Fellini nous dresse un portrait peu flatteur de l'univers du spectacle, et de lui-même, "Est-ce la fin d'un menteur sans génie?". Univers du spectacle, dont l'absurde est représenté par ce décor gigantesque et une improbable trame de science fiction, oui notre Guido perd substance et tombe, sous l'oppression des projets basés sur le rien de sa créativité, dans une autre dimension. "Huit et demi" part dans tous les sens (les portraits, le réel et le fictif...), c'est la fatale loi du retour aux fantasmes les plus primaires, du cowboy fantasque maître du harem (fantasme enfantin de toute puissance) aux doutes sombres qui l'accablent. Fellini a voulu mettre tout et tous dans un même sac (ses femmes, ses curés, ses parents ses gens du cinéma), et du coup signe un témoignage lourd à digérer. Passer de l'état de paradis, de l'omnipotence, à du néant existentiel... ça n'est pas passé facilement pour moi. Une boulimie, une voracité qui s'accorde parfois assez mal au tragique. Je suis également déçue que le pessimisme l'emporte... même si les clowns sont là.
Film-fleuve et introspectif de Federico Fellini,"Huit et demi"(1963)marque un tournant dans la carrière du baroque réalisateur italien,entre ses oeuvres néoréalistes,et celles autobiographiques.Dans un noir et blanc limpide,Fellini projette ses angoisses sur le processus de création.Marcello Mastroianni y joue son alter-ego.En préparation de son nouveau film,Guido Anselmi a tellement la peur panique de la page blanche,que ses fantasmes et ses hallucinations vampirisent sa vie réelle.Il revoit son enfance catholique,les nombreuses femmes ayant marqué sa vie et se perd entre mensonge et déni.Visiblement,la psychanalyse passionne Fellini,en particulier celle de Carl Jung.Mastroianni,vieilli pour l'occasion,y est parfait en séducteur narcissique et tourmenté.Fellini y déploie différentes images de la femme moderne:l'épouse indépendante(Anouk Aimée),la maîtresse encombrante(Sandra Milo),la conscience fantasmée(Claudia Cardinale)ou encore la pseudo-intello à la vie vacante(Barbara Steel).La démarche artistique est sincère,et vraiment virtuose,surtout avec la composition musicale singulière de Nina Rota.Mais trop souvent,Fellini s'échine à trop délibérément complexifier sa mise en scène,et à déstructurer sa narration.On perd le fil quelquefois.Il s'agit toutefois d'une oeuvre,toujours en mouvement,incarnant à elle-seule le dynamisme et la vitalité de l'imaginaire individuel.
Avec Fellini, c'est très personnel. On rentre ou pas dans son univers, il faut s'y livrer corps et âme. Moi, je n'accroche pas. Du cirque, de la cacophonie, du bruit bien trop souvent. A part les scènes avec Anouk Aimée qui apporte un certain calme, notamment par un jeu plus gestuel que verbal. Pour la forme, il y a d'évidentes qualités qu'on a tendance à porter seules aux nues en oubliant que l'histoire est très ennuyeuse. 8½ c'est matière de cinéphile compulsif, pas de spectateur avisé. Ni une ni deux, ça mérite 1½.