Un film qui a de multiples qualités, dont sa réalisation, ses interprètes, son histoire très bien rendue… mais je sais pas le film n'a pas su me capter comme je l'attendais. Il n'en reste pas moins que c'est un très bon film et que j'en attendais peut-être trop.
La première demi-heure est fantastique, ensuite petit coup de mou et on est reparti pour une dernière partie incroyable. Les scènes rêvées, fantasmées ou de souvenirs sont filmés de manière géniale avec une frénésie de mouvements, de paroles et de musiques (en plus je trouve que le cinéma de Fellini est mieux en noir et blanc). Une oeuvre drôle et profonde en même temps. Mastroianni est sobre et les vrais stars du film sont les actrices.
Certaines scènes sont très belles certes... et après ? Les effets de réalisation finissent par lasser. L'histoires est décousue, et les dialogues prétentieux pataugent dans les lieux communs, calibrés pour les critiques pseudo-intellectuels. Tout ça pour ça ? Franchement décevant.
Uncineaste face au doute, qui n'arrive pas à faire son prochain film, et Fellini qui à partir de cette idée centrale nous emporte dans son univers à lui, là ou le fantasme a une place majeure, il y a des films qui sont des chefs d'oeuvre, qui ont quelque chose en plus, Huit et demi a beaucoup de choses en plus, un des des films qui a fait l'histoire et la légende du cinema.
Le meilleur de Fellini est dans ce film personnel où son art rencontre son cinéma et regarde ce dernier comme dans un miroir pourtant tendu à tous, miroir amer, empli de doutes et d'espoir aussi. Culte.
On peut reprocher tout ce qu'on veut à Fellini: lourdeur, égocentrisme, clichés... Mais ce film reste un film unique, une aventure orinique dure et fantastique dès la première, claustrophobique, saississante séquence. La perfection (tout en restant dans un style absolument surfait, il est clair) n'est pas loin... L'univers de Fellini, de clin d'oeil à la mechanceté inarrivables aux folies, aux fantasmes d'une époque particulière, éblouit. Un film à voir cent million de fois pour saisir toutes ces nuances grisonnantes, tous ces demis-tons, ces chefs-d'oeuvre filmiques et de sens. La forme sans le fond n'est rien, le fond sans la forme encore moins... Mais quand on trouve les deux maniés avec tant de perfection, on ne peut que s'incliner... un film mythique qui mérite toute reconnaissance.
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5,0
Publiée le 27 septembre 2021
Immense film à mi-chemin entre le souvenir, la nèvrose et l'imaginaire, constituant l'univers parfait de Federico Fellini! L'intro, extraordinaire, donne le ton : Marcello Mastroianni (exceptionnel) est pris dans un embouteillage, se met à suffoquer, puis se retrouve en train de flotter dans le ciel avant de se rèveiller dans la chambre d'une station thermale! Tout l'art de Fellini est là! D'une beautè èclatante, "Otto e mezzo" n'est ni plus ni moins qu'un film dans le film dans lequel le cinèaste italien explore le monde de son adolescence! Les images du passè se mêlent aux fantasmes de Guido Anselmi qui rêve de harem, de punition et de culpabilitè! Tout est d’une lègèretè / gravitè impressionnantes avec des plans remarquablement travaillès! Et si on devait garder qu'une scène de "Otto e mezzo", ce serait la rumba èrotique de Saraghina sur la plage! De plus on perd un peu les pèdales avec toutes ses belles actrices! Un quatuor de femmes toujours parmi nous en 2021 : Anouk Aimèe, Claudia Cardinale, Barbara Steele et Sandra Milo qui a dû prendre plusieurs kilos pour jouer la maîtresse de Mastroianni! On notera pour finir la musique inoubliable de Nino Rota, très caractèristique de son style! Chef d'oeuvre...
Trés complexe, je préfère dire tout de suite que je n'est pas du tout capté le sens de ce film, ni ce qu'il voulait dire ou alors de loin. Donc je m'en tiendrais à l'aspect esthétique qui par ailleurs ma énormément plu. Entre rêve et réalité, le parti pris visuel ne défini jamais clairement la limite entre le fantasme et la vie vrai. Des images marquantes, un noir et blanc somptueux et une caméra qui ose milles choses. Mastroianni à la classe c'est sur, Cardinal à de beaux yeux et un visage magnifique, la beauté de ce film n'est pas à discuter. Par contre je reste spetique sur le contenue. Les doutes d'un cinéaste, le milieu du cinéma montré sous le point de vue d'un de ses artisants, est ce une critique ou une éloge ? Peut-être que le problème de ce film est qu'il esthétise tellement ses plans qu'il en fait perdre la substance dramatique. Je n'est pas vraiment cru aux doutes du réalisateur tant le film appuye sur la qualité des images, cela crée un décalage pas terrible. Il y a cependant des scènes que j'ai aimé, comme le passage où il raconte son enfance avec la femme à la poitrine exubérante (une obsession chez Fellini, il me semble), l'éducation religieuse que l'enfant à en lui et tout à coup remis en cause par l'intervention de ce phénomène sexuel, puis la fin lorsque le tournage du film commence enfin en dansant. Des passages que j'ai appréciés, la forme aussi.
"Otto e mezzo" (1963) nous propulse une nouvelle fois sur les plus hauts sommets de l'histoire du septième art! Et j'aurais les plus grandes peines à décrire l'état absolument unique de jubilation que ce film suscite en moi, tant il constitue un feu d'artifice créateur à nul autre pareil! Fellini y rompt cette fois définitivement avec l'héritage du néoréalisme pour y déployer pleinement son style onirico-fantasmatique propre, déjà ébauché dans "La dolce vita". Il y met en scène une évocation largement autobiographique du processus créateur et de l'angoisse de la page blanche qui l'amorce. Le principal protagoniste de ce voyage au coeur des tréfonds les plus obscurs de l'âme est l'alter-ego du réalisateur, Guido Anselmi (Marcello Mastroianni souverain!). Tout le film nous conte son impuissance à réaliser un film de science-fiction, alors que sa mémoire et son imagination errent à corps perdu au libre gré des souvenirs de l'enfance et des fantasmes de l'âge adulte. Cela nous vaut une galerie inoubliable d'images splendides, puissamment oniriques, parmi les plus belles que le cinéma nous ait offertes. Je ne sais lesquelles retenir tant il y en aurait à citer, depuis celle des parents de Guido près de leur tombe, dans une lumière surréelle, jusqu'à celle de Claudia (Claudia Cardinale) dans la pénombre, une lampe à la main! Le tout converge au son de la musique de Nino Rota vers l'une des scènes les plus emblématiques du cirque fellinien et le film se conclut dans une ambiance étrange mêlant angoisse, dérision sarcastique, humour et cette légèreté qui n'appartient qu'au maestro. Inutile de préciser qu'on ne peut pas ne pas se débrouiller pour visionner un tel chef-d'oeuvre!
Il y a des grands films, des chefs d'oeuvres, et enfin une catégorie à part, des exceptions qui ont parsemé l'histoire du cinéma, des miracles de créativité Huit et Demi fait partie de ces films dont qui laissent pantois parce que supérieur à ce que l'on pouvait attendre de mieux. Comment entrer de plus belle manière dans l'onirisme caractéristique de la période qui suivra ce film que de cette manière? Une telle entrée place la barre très haut pour la suite, et si beaucoup fleurtent avec cette qualité, aucun ne l'atteindra véritablement! Je ne connais pas les rapport que Tarkovski entretenais avec le cinéma de Fellini, mais il est un des seul réalisateur post-Felliniens à avoir maintenu la barre aussi haute (lui, dans tous ses films) que Fellini avec Huit et demi et La Dolce Vita. N'oublions pas Antonioni, Bergman, Bresson et peut-être Orson Welles. Pour les contemporains, Lars Von Trier plane une croche au dessus de ses pairs. Simple échelle de valeur au dépend d'une véritable analyse