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Cocobusiness
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5,0
Publiée le 4 janvier 2008
La Grande Illusion, 1937, de Jean Renoir, avec Jean Gabin (Maréchal), Pierre Fresnay (de Boeldieu), Erich von Stroheim, Dalio, Carette. Un chef d’œuvre qu’on se lasse pas de voir et revoir, tant l’histoire, les dialogues (Charles Spaak), la musique (Joseph Kosma), les personnages nous laissent toujours quelque chose de neuf à découvrir. Peinture sociale pleine de finesse, toujours d’actualité. Micro société, sans la moindre caricature, de l’humain, du profondément humain : avec le français moyen, grande gueule et bon camarade aussi, l’aristocrate, le juif…Tout cela décrit à la veille de la seconde guerre mondiale avec une infinie justesse. Le film démarre dans un camp de prisonniers en Allemagne, pendant la première guerre mondiale, dirigé par un militaire aristocrate respectueux de l’étiquette des officiers de carrière. Deux prisonniers vont s’évader et se réfugier dans une ferme proche de la frontière suisse. Les classes sociales, l’éducation, les origines, construisent entre les hommes des fossés de différences, bien plus que l’appartenance à tel ou tel camp ennemi. Film pacifiste avant tout.
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5,0
Publiée le 6 novembre 2009
Oeuvre pacifiste qui montre admirablement comment les affinitès de classe se nouent par-dessus les diffèrentes nationales (les liens entre l'aristocrate français Pierre Fresnay et le hobereau allemand jouè par Erich von Stroheim sont tout bonnement fantastiques). Sa puissance d'èmotion en fait un chef d'oeuvre èclatant qui suffirait à la gloire de Jean Renoir! Dans "La grande illusion", Renoir, au sommet de son art, rèalise un film d'une simplicitè et d'une vèritè tellement universelles que chacun peut s'y reconnaître! En s'inspirant des souvenirs de l'adjudant Pinsard, un rècidiviste de l'èvasion, il brosse un tableau familier et presque convivial des camps de prisonniers pendant la première guerre mondiale où la grandeur des armes, la fraternitè guerrière et la dignitè des soldats y sont magnifiès! Gabin en titi parisien gouailleur, Fresnay en aristocrate dèclinant, Von Stroheim en commandant mèlancolique , Dalio en prisonnier de guerre comme les autres, Parlo en paysanne allemande èmouvante et Carette en bon vieux copain sont tous inoubliables et comprennent trop bien cette vèritè et qu'ils souhaitent inconsciemment que les choses soient diffèrentes! Quelle qu'en soit, "La grande illusion" perdure encore aujourd'hui comme un monument du 7ème art...
L'un des films les plus intelligents et pertinents réalisés sur la guerre, à mille lieux des discours classiques sur le sujet. Immenses acteurs, réalisation géniale. Que dire de plus? Que c'est le film français le plus reconnu à l'étranger? Il n'y a rien à rajouter, tout est dans le film.
Parlant de cette production, Renoir a écrit : « je me suis efforcé, avec Spaak, de ne montrer personne d’anormal. Nos personnages appartiennent à des catégories très différentes. Nous avons un aristocrate, un homme du peuple, un Juif, un instituteur, un acteur. En face d’eux, il y a des Allemands. Et les Français de ce film sont de bons Français, et les Allemands de bons Allemands. ». Autrement dit, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. C'est bien là la limite de ce spectacle: des personnages trop typés, presque tous pourvu d'un grand cœur, et une ambiance qui est plus celle d'un camp scout que celle d'un camp de prisonniers. S'y ajoute une technique banale, avec des fins de scènes souvent trop abruptes. Le message véhiculé est double: les différences sociales sont plus importantes que les différences de nationalité; la fraternité des hommes ne parviendra pas à empêcher que les guerres se succèdent. Sur ces deux points la démonstration est convaincante, mais la première proposition est mieux illustrée: Boëldieu et von Rauffenstein savent qu'ils sont de la même race, une race aristocratique que les temps nouveaux semblent condamner, et dont le système de valeur va disparaître. Leurs dialogues sont les moments forts de ce film. Que n’occupent-ils plus de place !
Je n'aime pas les films "à morale", reste qu'objectivement la grande illusion est très efficace, notamment la fameuse scène du mépris des aristocrates pour les roturiers. Film pacifiste certes, mais pas pompeux, bien évidemment interdit par Vichy
Jean RENOIR réussit avec ce grand classique à mette en avant un esprit pacifiste et de fraternisation entre les peuples. Un bon scénario (Charles Spaak), une interprétation exceptionnelle (Gabin, Fresnay, Von Stroheim, Dalio, Carette), des scènes d'extérieurs somptueuses (au château du Haut-Kœnigsbourg) font de "La grande Illusion" un des plus grands films au monde.
Souvent considéré comme l'un des plus grands classiques du septième art, "La Grande Illusion" a été mis en scène par Jean Renoir en 1937, soit dit dans une période où l'Europe était au bord de l'implosion, les tensions à leur paroxysme avant la tragédie que l'on connaît. Ambiance, ambiance... Ici, le cinéaste était revenu vingt ans en arrière, 1916 étant la date précise, au cours de cette grande guerre déchirant notamment les peuples allemands et français. Dans un style visuel époustouflant, Renoir prend le temps de réfléchir sur la folie des hommes et nous entraîne dans un univers intimiste et profondément humain. Si son regard est au premier abord presque épique dans la mesure où il présente ses soldats comme de nobles combattants respectueux et admirateurs de l'ennemi, il devient par la suite détecteur de conscience, touchant en plein coeur son spectateur par un propos pacifiste philosophique, évitant la morale balourde que certains nous auraient bêtement asséné. Les personnages présentés ont d'un bout à l'autre une profondeur édifiante que nous ne cessons de découvrir pour finalement aboutir à un épisode caractériel marquant au cours de la dernière partie. Complexe, "La Grande Illusion" remet en question la condition humaine, le droit des uns et des autres, s'interroge sur la dignité, l'amour, la violence et tant d'autres sentiments nous faisant vivre. Il s'agit d'une fable onirique et nostalgique, émouvante, parfois sublime. La mise en scène est aboutie, maîtrisant pleinement son sujet, auteur d'images impressionnantes mais sachant aussi se refermer sur ses protagonistes. Pourtant, le scénario est basique, la tension dramatique peu étonnante et les transitions assez grossières. Le rythme n'est pas aussi fluide qu'il ne le devrait et le film ressemble parfois à une suite de saynètes décousues. La cohérence n'est pas toujours de mise mais force est de constater l'émotion puissante se dégageant de ce long-métrage.
Après "Les Bas-Fonds" (1936) Renoir et Gabin se retrouve pour un énième chef d'oeuvre qui marque respectivement leur meilleur période, l'un comme l'autre étant à l'apogée de leur oeuvre (1935 à 1939)... Ce film est souvent cité comme l'un des plus grands films français, ce qui est effectivement le cas. On suit donc en 14-18 des prisonniers français, tous officiers mais d'origine sociale bien différente. Mais Jean Renoir ne signe pas là un film de guerre classique, point de batailles et de tranchées mais le quotidien en stalag de prisonnier de guerre où le cinéaste peaufine un message à la fois pacifiste et pessimiste. Le groupe d'officier est un juste panel du peuple (un aristo militaire de carrière, un ingénieur, un ouvrier...) où chaque individu est un homme bon à l'instar des allemands ; pas le moindre bourreau, juste des hommes qui font leur devoir. Si la plupart voit clairement le message certains y verront toutefois l'inverse, à savoir un antisémitisme (le personnage de Rosenthal montré trop cupide) et une amitié franco-allemande qui annonce la future collaboration de Vichy !... Mais ça reste heureusement limité. Renoir reste focalisé sur la lutte des classes (fin des aristos entre autres). Néanmoins à y regarder de plus près on peut tout de même être surprise par le confort des camps de prisonniers même si les camps d'officiers étaient plus "sains". Aucun personnage désagréable donc, si cela peut surprendre ce parti pris permet au message d'être plus clair, à savoir que la guerre est la même d'un côte comme pour l'autre et que malgré la fraternité sous-jacente la paix est une illusion. Chef d'oeuvre.
Figurant dans les manuels d'histoire, "La Grande Illusion" s'impose comme un chef-d'oeuvre de l'époque. Renoir réalise une oeuvre parfaite, à voir absolument, transmettant un message d'égalité, d'humanité et de fraternité universelle.
Chef-d'œuvre humaniste, pacifiste, et tout simplement esthétique, ce monument du petit théâtre de Renoir frappe aujourd'hui par son modernisme sur la forme (construction en deux parties, sous-titrage partiel...) et son propos audacieux pour l'époque : discours sur les frontières, le racisme, la lutte des classes. Le cinéaste maitrise l'art de la nuance en étant bien épaulé par ses stars et excentriques : Gabin, Fresnay, Stroheim, Dalio, Carette... Indispensable.
Film étonnant et monumental. On perçoit bien toutes les absurdités liées à la guerre et comment elles peuvent lasser toutes les classes sociales. Erich Von Stroheim impose une grande classe et une présence remarquables. Les brins d'humour sont aussi au rendez-vous et on peut se contenter d'avoir un film sur la guerre sans violence et très instructeur.
Je le conseille fortement à tous les amateurs de films en noir et blanc traitant la guerre comme sujet ! La grande illusion atteint la quasi-perfection avec un scénario grave et drôle à la fois, des acteurs merveilleux (comment Gabin pourrait-il jouer autrement que merveilleusement ?), en résumé, Jean Renoir nous mène dans un film plus qu'attendrissant et poignant, où l'amour et l'espoir sont les véritables vainqueurs de ce fléau qu'est la guerre !