Depuis « La piscine », Jacques Deray ne tourne presque exclusivement qu’avec Alain Delon, étant en osmose parfaite avec l'ambition de l’acteur de mettre sa notoriété conquise grâce à la fréquentation de grands maîtres (René Clément, Luchino Visconti, Jean-Pierre Melville) au service de films alliant qualité artistique et rentabilité financière dans le genre du policier à la française. Depuis le succès de « Borsalino » (1970) les deux hommes s’intéressent au destin des gangsters de l’après deuxième guerre mondiale qui profitèrent de la désorganisation découlant de la reconstruction pour tenter des casses audacieux mais aussi très souvent sanglants. Roger Borniche flic devenu écrivain avait participé aux arrestations de plusieurs pointures du milieu. « Flic Story » son premier roman raconte sa traque d’Emile Buisson ennemi public n°1 dans les années 1940. Il n’est donc pas étonnant que Delon devenu producteur ait souhaité adapter le récit de ce mano à mano plein de rebondissements où le flic et le voyou finiront par tisser par-delà tout ce qui les sépare une relation empreinte de respect mutuel. C'est Alphonse Boudard scénariste confirmé qui vient en aide à Borniche pour traduire en langage cinématographique son roman. Claude Bolling déjà auteur de la musique de « Borsalino » et de sa suite est aussi de la partie. Nous sommes donc en présence d’une équipe expérimentée et rodée au travail en commun, qui va montrer ici tout son savoir faire. Delon ayant choisi de se glisser dans la peau de Borniche, restait à trouver Emile Buisson. Jean-Louis Trintignant dont la gueule d'ange s'est un peu durcie la quarantaine passée apporte un mutisme glacial à ce loup solitaire qui ne s'embarrasse pas de préjugés pour tirer sur tout ce qui peut lui barrer la route. La reconstitution d'époque est on ne peut plus soignée avec une photographie de Jean-Jacques Tarbès fidèle collaborateur de Deray ("La piscine", "Doucement les basses"). Mais ce qui frappe c'est la qualité du casting de seconds rôles qui était la marque de fabrique des bons films des années 1950 à 1970. De Maurice Biraud à André Pousse en passant par Paul Crauchet, William Sabatier, Jacques Marin, Mario Perrin ou Mario David c'est toute une galerie de tronches infernales qui donne une signature si particulière à ces films qui sans être d'une grande originalité avaient la faculté de plonger le spectateur de manière crédible dans le climat d'une époque. Enfin Delon comme toujours très sobre livre une de ses meilleures performances donnant à voir un Borniche profondément humain souvent habité par le doute et révulsé par les méthodes employées par la police d'alors qui jouait à touche-touche avec le milieu. Du cinéma roboratif comme on a bien du mal à en produire aujourd'hui.
"Flic Story" est un film très intéressant sur la police et les criminels d’après-guerre. Il montre certaines pratiques illégales des policiers pour faire avouer des truands. L’inspecteur Borniche (Delon) est contre ses méthodes et n’hésite pas à le faire savoir à ses collègues. Mais le principal sujet du film est sa longue enquête pour trouver et arrêter Buisson (Jean-Louis Trintignant), véritable psychopathe, qui n’hésite pas à tuer n’importe qui (y compris les propres membres de sa bande). Delon et Trintignant se livre donc un duel sans merci et difficile de prévoir la fin, tant Buisson semble intouchable. Delon m’a bien plu dans ce rôle de flic propre sur lui, mais obstiné et rigoureux dans sa volonté d’arrêter Buisson / Trintignant. Ce dernier est vraiment très inquiétant dans son rôle, faisant bien ressortir toute la folie meurtrière de son personnage. Le dernier plan du film retentit comme le gong final d’un long affrontement, empreint d'une certaine admiration mutuelle entre les deux protagonistes.
Très bon film avec un casting de rêve on retrouve Alain Delon, Andre Pousse, Jean Louis Trintignant pour ne citer qu'eux. Bref Flic Story est une immense réussite mêlant action et suspense.
l'originalitée de ce film qui est tirée d'une histoire vrai fait tout tout son charme,prenant,dialogue de maitre,excellent comédiens a qui chaque roles est bien personnalisée,bien donner,bien distribuer,le coté intrigue flagrant,un triomphe
Jacques Deray était dans les années 70 le spécialiste du polar, son duo avec Alain Delon ou Belmondo a accouché d'excellents films policiers. Dans celui ci on nous raconte la véritable chasse à l'homme menée par le commissaire Borniche dans les années 40 de l'ennemi public n°1 Emille Buisson grande figure du grand banditisme. On pourrait faire la comparaison avec le diptyque sur Mesrine tant les deux films se ressemblent dans leur structure. Excellemment interprété par deux des meilleurs acteurs de leur génération, très bon film policier pour son époque qui n'a pas beaucoup vieilli.
Un film des années 1970 qui replonge dans la série noire de la fin des années 1940 à la Maigret, en s'inspirant des souvenirs du commissaire Borniche. C'est lent comme un épisode de Maigret (auquel il est fait référence par deux fois). Je trouve que les films de Delon en flic ont beaucoup vieilli, et n'ai pas été enthousiasmé par la performance de ce dernier. Il faut dire que le film hésite entre le montrer comme un type normal, auquel le spectateur pourrait s'identifier, et un fort en gueule férus de principes. Cela sent le souvenir d'ancien combattant embelli par la distance à posteriori. Le hic c'est que, comme ce film est l'adaptation d'une autobiographie, on n'a pas grand-chose à en dire au sujet du rythme ou du scénario ,Deray étant un sous Melville. La galerie de seconds rôles est savoureuse, avec le lot de gueules habituelles du polar "qualité française". Tout cela n'est cela dit guère palpitant.
Le plus chouette, c'est la reconstitution de cette France de la fin des années 1940 qui sort des difficultés de la guerre, avec ses pompes à essence Shell que l'on actionne à la main, ses rades, ses hôtels de passe. Intéressant pour les allusions aux cartes de pain et aux grandes grèves de la CGT réprimées par les socialistes de l'époque. Et pour la prestation d'acteur de Trintignant, qui semble tout diriger de son regard mobile et ductile tandis que son visage reste sans expression. Jeu d'acteur incroyable. Il domine Delon, bien plus stéréotypé. Malgré tout, un polar qui a pas mal vieilli.
Dans ce policier qui se déroule à la fin des années 1940, Emile Buisson s’évade d'un hôpital psychiatrique et il est traqué par Roger Borniche, inspecteur à la Sureté. Jean-Louis Trintignant est parfait dans le rôle de l'ennemi public avec son regard perforant et sa froideur perfide. Alain Delon excelle dans son rôle de flic persévérant. On retrouve avec plaisir les seconds rôles : Renato Salvatori en truand, Henri Guybet en adjoint, Marco Perrin en Directeur, Maurice Biraud en patron d’hôtel et bien sûr André Pousse et son indétrônable gouaille. Si la réalisation peut paraître austère, c’est parce qu’elle se concentre avec réussite sur la psychologie des personnages.
Une longue traque. Une bonne cascade, celle du saut sur le toit. J'ai beaucoup aimé le final dans le restaurant. Très réaliste ! Mais le film traîne. Et j'ai eu l'impression que le film démarrait seulement les 20 dernières minutes, notamment avec la relation entre Emile Buisson et Roger Borniche. C'est dommage que le film n'ait pas l'intensité des 20 dernières minutes plus tôt.
"Flic Story" évoque l'histoire vraie de Roger Borniche, inspecteur de police ayant traqué à la fin des années 40 Émile Buisson, un criminel violent. Le film montrera notamment le travail assidu du policier, et son côté méthodique et moral (interrogatoires de criminels associés, pression pour les transformer en indic, écoutes téléphoniques, outils scientifiques...). Si le scénario avait sans doute un coté un peu novateur en 1975, il apparait aujourd'hui très classique et déjà vu. Heureusement, les deux protagonistes sont incarnés par deux acteurs de talent et de charisme : Alain Delon en inspecteur tenace, et Jean-Louis Trintignant en crapule n'hésitant pas à abattre froidement ceux qui sont sur son chemin. Ceux-ci sont secondés par un pléiade de secondes rôles de caractère (André Pousse, Henri Guybet, Mario David, mais aussi l'ex-Bond girl Claudine Auger !), qui font passer sans mal la pilule. Ainsi, "Flic Story" séduira les amateurs de polar français à l'ancienne, mais risque de laisser les autres de marbre.
Sans être révolutionnaire c’est un policier qui m’a emballé. Flic Story ou l’adaptation de l’autobiographie de l’inspecteur Roger Borniche qui se concentre sur la traque d’ Émile Buisson un braqueur sans foie ni loi. C’est un polar en costume et en Traction qui reconstitue la police de l’après guerre et ses méthodes à l’ancienne. C’est un duel d’acteur qui fait des étincelles entre un Delon aussi producteur qui est filmé de façon assez héroïque et un Jean Louis Trintignant forcément impeccable en tueur froid. Deux personnages que la traque rapproche de manière assez étrange et ambiguë. C’est un film qui laisse aussi une belle place à des seconds rôles bien tenus. L’ensemble est crédible et coche bien les cases inhérentes à un bon film du genre, on peut trouver cela classique mais c’est fait avec soin.
Film policier tiré de faits réels soit l'arrestation de l'ennemi public n°1 dans les années 50 par l'inspecteur roger BORNICHE. Delon endosse le rôle de cet inspecteur à merveille . Pour une fois il est crédible et ne récite pas son texte . Mais les félicitations vont à jean louis trintignant qui incarne de façon époustouflante ce bandit violent et dérangé. Un jeu d'acteur magnifié par son regard . Dommage qu'il n'y ait pas de réel face à face entre les 2 acteurs. un film qui nous plonge dans les années après guerre une bonne reconstitution. la même bande d'acteurs dans les rôles secondaires que l'on retrouve films après films du genre. j'ai bien aimé
Roger Borniche était un super flic de l'après-guerre, auteur parait-il de plus de cinq cents arrestations. Les plus spectaculaires ont été retranscrites sur papier, et trois au cinéma. Dans le présent Flic story, Borniche est joué par Delon (Il ressemblait plutôt à Sim mais bon... Moi aussi si on fait un film sur ma vie, je veux qu'on prenne Delon pour mon rôle! Ou Ryan Gosling à la rigueur.) et est missionné par son supérieur pour arrêter Emile Buisson, braqueur tueur et ennemi public n°1. S'ensuit une enquête des plus classiques et linéaires: on interroge des indics qui mettent sur la piste des complices, eux même interrogés, etc... Bref du vu et revu dans Navarro ou Derick. L'interprétation de Delon est tellement sobre qu'il en devient insipide, Trintignant quant à lui est génial en tueur froid et inquiétant. Le face à face entre les deux est le principal attrait du métrage, qui hélas se veut d'une banalité à pleurer. Les seconds rôles eux sont croustillants, de Marco Perrin au génial Maurice Biraud.
Un bon Delon à la réalisation un peu austère mais au scénario interessant (la fin est très bonne) et au casting impeccable. Alain Delon est parfait mais c'est Jean-Louis Trintignant qui retient l'attention avec son rôle de criminel froid et sans pitié.