Hiroshima, mon amour
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stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 mars 2021
Film d’auteur sur l’oubli et sur fond de bombe atomique: lent, esthétique et émouvant malgré une fin répétitive. Scénario Marguerite Duras, B.O. de George Delerue.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 mars 2021
Hiroshima mon amour mêle, dès son titre, la pulsion de vie et la pulsion de mort comme bornes d’une même galerie souterraine par laquelle désirer le monde et sauvegarder sa mémoire ; une galerie que ne cesse d’emprunter la femme, jusqu’à superposer son premier amour sur celui rencontré au Japon comme ce dernier voit en elle la somme de plusieurs femmes. Deux narrations se jouxtent en permanence : celle de la catastrophe atomique d’Hiroshima, racontée par le personnage masculin ainsi que par le cadre politique de l’intrigue, celle de la passion interdite éprouvée à l’égard d’un soldat ennemi que prend en charge l’étrangère pour la première fois ; dans les deux cas, une pulvérisation d’instants empruntés à un passé sur le point de s’estomper ou déjà rêvé, et ce besoin de transmettre par la parole et par le corps. Aussi le long métrage d’Alain Resnais dépasse-t-il le simple témoignage documentaire pour s’ériger, grâce à la fiction, en une lutte contre l’oubli, une lutte aussi impossible que la démarche esthétique de Resnais et Duras elle-même, en témoignent leurs propos liminaires. Hiroshima mon amour est une œuvre travaillée par l’idée d’échec, par la conscience du temps qui passe et qui sépare, symbolisée ici par le vol aérien qui doit arracher les amants l’un à l’autre. Ne reste qu’un présent qui, parce qu’il doit articuler un devenir avec un passé, attire les contraires : tuer fait du bien, partir permet à la voyageuse de rester plus longtemps, le champ de ruines qu’est Hiroshima mute en théâtre d’une reconstruction individuelle par l’union de deux cultures, de deux êtres allégoriques d’une ville et d’un nom (Nevers, Hiroshima) sous un ciel menaçant. De deux acteurs magnifiques : Emmanuelle Riva et Eiji Okada.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mars 2021
Il y a des films qui sont touchés par la grâce. "Hiroshima mon amour" en est un. Probablement un des meilleurs films de Resnais, un des meilleurs réalisateurs du cinéma français. Film sur la pulsion de vie, jamais autant générée et révélée que par l amour. On ne peut oublier les événements fondateurs et d ailleurs le faudrait il ? Sans doute pas. Il se détache de ce film une poésie et une mélancolie lumineuse. Oui , il s agit bien d un chef d œuvre de l art cinématographique. Les amateurs exclusifs de cinéma grand public passeront leur chemin.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 834 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 novembre 2020
Assurément certaines répliques sonnent juste sauf que leur caractère trop littéraire exigeait de ne pas être récitées, mais pleinement ressenties, ce qui n'est pas le cas ici, entre apprentissage phonétique (pas toujours compréhensible d'ailleurs) et ton monocorde lassant, n'amenant ainsi aucune empathie avec ce duo de personnes mariées qui vivent une courte aventure. Si la poésie d'une autrice qui manie joliment les antithèses vous touche, mieux vaut lire "Je vis, je meurs" de Louise Labé, qui s'assume comme telle! Par ailleurs, les qualités esthétiques du film bien qu'indéniables grâce à un travail soigné sur la photographie et la mise en scène ne peuvent compenser le manque de conviction des acteurs lorsqu'ils dialoguent - puisque les silences se révèlent paradoxalement ici plus intenses! Dommage que cette rencontre supposément passionnée s'habille d'une telle froideur...
Avounette
Avounette

1 abonné Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 juin 2020
Je sais que ce film a pu être critiqué, et qu'avoir aimé ce film peut paraître comme étant un simple moyen de se montrer à soi même qu'on est un "VRAI" cinéphile. C'est même d'ailleurs comme ça que j'ai abordé le film pour la première fois: comme une étape nécessaire à ma culture cinématographique, mais qui n'allait pas me plaire car trop "savant". Pourtant, ce film m'a poussé à l'aimer, et de minute en minute, et de surprise en surprise, je me suis retrouvée à le considérer comme un de mes films préférés. L'écriture de Marguerite Duras se retrouve transposée à merveille à l'écran, rendant l'inconscient un peu plus tangible, et créant du beau à partir d'incompréhension du spectateur. Je sais que ces commentaires peuvent paraître un peu abstrait, mais c'est réellement l'effet que ce film a eu sur moi. J'en suis sortie bouleversée, et je vous conseille de le voir aussi, afin de pouvoir peut-être vivre la même expérience.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 690 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 juin 2019
Hiroshima est un film qui m'a profondément ennuyé.
C'est pour moi la quintessence des films inintéressants et prétentieux qui n'ont en réalité rien à raconter.
La 1ère partie (les 20 premières minutes) est d'un ennui mortel. Il s'agit de diffusion d'images certes choquantes de victimes des bombardements nucléaires, mais malheureusement appuyés par des propos ineptes et qui plus est, répétés en boucle ; ce qui gâche complètement les visions horrifiques auxquels on est confronté. La deuxième moitié du film est particulièrement ennuyante avec « lui » qui essaie sans cesse de faire rester « elle » à Hiroshima alors qu'elle a très clairement décidé du contraire.
Les dialogues d'une manière générale sont absolument abscons, pourtant signés Marguerite Duras. J'imagine qu'à l'écrit, les dialogues de l'écrivaine devaient être prenants, mais à l'écran, ça ne prend pas du tout et ça sonne extrêmement faux. C'est un peu dommage car le film a des choses à raconter sur ses personnages (le traumatisme d'« elle » après avoir perdu son amant allemand et avoir été incarcéré et tondu dans un asile psychiatrique).
Comme beaucoup de film de ce genre (pseudo-intellectuel et chiant), les acteurs jouent de manière fade (quel gâchis de talent pour Emmanuelle Riva et Eiji Okada).
À l'exception des images d'archive du début du film sur l'horreur du bombardement américain, il n'y a pas grand chose de séduisant là-dedans dans ce film complètement absurde.
Scorcm83
Scorcm83

121 abonnés 508 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 avril 2018
Alain Resnais frappe fort avec ce premier film et marque tout simplement, au plus grand calme, une révolution cinématographique stylistique. Il y a un avant, et un après *Hiroshima mon amour*, ce que je comprend tout à fait au visionnage de l'oeuvre. Que ce soit en terme de montage et de mouvements de caméra, *Hiroshima mon amour* est un film ambigu, en constante mutation, toujours dans un entre deux assez déstabilisant tant il mixe une histoire d'amour somme toute assez banale avec des événements de guerre tragiques, aux antipodes du côté anodin que peut avoir une relation adultère.

Si les 45 premières minutes m'ont bluffé, je dois avouer avoir été un peu déçu de la seconde partie qui se révèle somme toute assez répétitive et ne m'a pas autant captivé, que ce soit en terme de scénario ou de mise en scène, j'avais l'impression de voir les même enjeux mais rejoués avec moins de force.

De plus, pour un film qui s'appelle *Hiroshima mon amour*, on se recentre mine de rien assez vite sur le passé de la protagoniste principale et la ville d'Hiroshima est laissée de côté, contrairement à ce que je pensais.

Un bon moment de cinéma passé devant ce premier film de Alain Resnais mais un peu déçu d développement, j'en attendais peut-être trop, au vu du statut que ce film a dans le coeur des cinéphiles.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 2 décembre 2017
Un film d’une grande force qui mérite d’être vu plus d’une fois. Le ton recto tono des acteurs qui empêche d’accéder à la profondeur du propos lors de la première écoute, contribue au contraire à la musicalité de l’œuvre une fois qu’on en fait abstraction. Plus on s’y laisse entraîner, plus on y décèle des perles de phrases lourdes de sens qui suscitent longuement la réflexion. Un film sur l’oubli et le courage de renaître. Devant la découverte de l’ampleur des atrocités d’Hiroshima, la française voit peu à peu ses douloureux souvenirs remonter à la surface. Elle clame l’importance de se rappeler pour éviter la récidive, alors que le japonais lui répète qu’elle n’a rien vu à Hiroshima » comme si la dénégation avait été sa porte de salut. Comme s’il avait réalisé l’éphémérité de la vie et l’urgence de saisir les plaisirs qui se présentent lui. À travers son errance finale, l’actrice oscille entre rentrer à Paris pour aller macérer ses souvenirs malheureux ou rester pour s’oublier dans les bras de son amant apôtre du présent. Les deux dernières répliques nous indiquent qu’ils ont trouvé la solution : « Je t’appellerai Hiroshima. » « Et moi Nevers. » Comme s’ils s’étaient entendus pour laisser la vie renaître des cendres sans jamais oublier l’œuvre du diable. Un film épuré à l’image, un jeu pour le moins distancié qui laisse place à la portée des mots. Quatorze années seulement après Hiroshima et en pleine guerre froide, le film est un cri du cœur que l’humanité se devait d’entendre et se rappeler.
Anémone Merl
Anémone Merl

9 abonnés 29 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 août 2016
Beau et Grand simplement. Pour moi, le meilleur film de Alain Resnais. Interprétations, secenes, et musiques envoûtantes
évoquant la passion, la mort, le désir. Dans tout le savoir fair de Marguerite Duras, Alain Resnais nous offre quelques chose d'immenses.
Yannickcinéphile

2 880 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 12 avril 2016
Non, tout ce qui se veut audacieux sur la forme n’est pas nécessairement un chef-d’œuvre. Remarque faite aux critiques qui idolâtre ce métrage à un point rare. Si c’était le cas bien des courts-métrages seraient géniaux, et bien des films. Hiroshima mon amour est avant tout expérimental, et cela ne peut pas suffire à faire un bon film.
Déjà je n’ai pas compris pourquoi faire réciter du texte à des acteurs. Un acteur n’est précisément pas un récitant, si on veut un récitant on ne s’adresse pas à des acteurs, ou du moins on ne fait pas un film. Les interprètes déblatèrent leurs texte, au mieux sans vie, au pire en surjouant à l’excès simplement car il y a rien de pire que des textes écrits dans un film pour perdre en naturel et en vie. C’est d’une rare artificialité, et il faut être franc, aucun bon acteur n’aurait pu faire quoi que ce soit de ce genre de texte et de dialogue, il n’y a d’ailleurs pas de dialogue, l’essentiel du film se résume à une succession de monologue d’une lourdeur rare ! La plupart des phrases se résumant à sujet verbe complément !
A cette lourdeur s’ajoute un scénario bien moyen. Certes c’est ambitieux, mais au final rien de bien savoureux. Le film se traine en longueur, c’est plat, la narration est chaotique, et le pire c’est que l’introduction est finalement bien meilleure que le film lui-même ! Le souci c’est que le métrage manque complètement d’émotion, de vie, alors même qu’il traite de l’amour. Du coup bonjour la platitude. C’est peut-être de l’amour expérimental, qui sait, mais une chose est certaine, ce qui est bien en labo n’est pas nécessairement savoureux !
Formellement Resnais se débrouille honorablement dès lors qu’il s’agit de filmer la ville, les décors, mais alors à l’image du reste il est incapable ici de saisir les émotions et de saisir ses acteurs. C’est tourné comme un documentaire, c’est si les cadrages et les plans sont globalement d’une grande recherche, le manque de dynamisme de la caméra et de vitalité, l’austérité pour ainsi dire, finissent par empeser un métrage déjà bien pesant. La bande son des plus minimalistes finit d’achever le tableau.
Franchement je ne comprends pas du tout l’engouement pour ce film. Révolutionner quelque chose ne signifie absolument pas que cette révolution soit géniale, ni même qu’elle justifie de faire n’importe quoi à côté ! Pour un laborantin du cinéma c’est peut-être très bien, pour un technicien je n’en doute pas non plus, pour un spectateur qui doit juger un film sur un plan artistique, c’est beaucoup moins le cas. 1.5
matt240490
matt240490

98 abonnés 1 070 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 mars 2016
Après avoir marqué les esprits avec son documentaire Nuit et Brouillard, Alain Resnais s'essaye au drame avec Hiroshima, Mon Amour, confiant à Emmanuelle Riva et Eiji Okada la lourde tâche d'émerveiller son public suite à une introduction difficile. Ainsi, c'est en démarrant par une collection d'images des plus bouleversantes que le réalisateur aborde son sujet, plaçant son idylle dans un contexte post-apocalyptique. Mais, passé le cadre narratif de départ qui scotche littéralement son spectateur, le scénario de Marguerite Duras le dirige inexorablement vers une plus paisible voie, encadré par les jolis dialogues des protagonistes et l'alchimie manifeste qu'ils partagent. Il faudra néanmoins compter sur quelques longueurs qui, si elles ne brisent en rien la splendeur du film, ne lui permet pas d'entrer au Panthéon des chefs d'oeuvre incontestés...
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 26 janvier 2016
Voilà un film qui me laisse mitigé... D'un côté je ne peux qu'admirer la magnifique réalisation de Resnais, qui choisit ses cadres à la perfection, j'ai trouvé la musique très belle et il y a des moments de pur grâce (les deux enfants qui regardent la rivière, Emmanuelle Riva jeune faisant du vélo, les escaliers de l'hôtel filmé en contre-plongée... Que des moments où ça ne parle pas !). Mais je déteste l'écriture de Duras pour la simple et bonne raison que cela rend le film atrocement artificiel, c'est trop écrit, ça finit par devenir pompeux, c'est lourdingue... Et puis il y a les acteurs. Quand ils ne parlent pas ils sont bons, leur faciès est crédible... Mais dès qu'ils ouvrent la bouche... Arggghh quoi ! C'est faux, c'est horrible à quel point c'est faux, c'est prononcé d'un ton détaché, un ton que personne ne prend jamais au quotidien, j'avais presque envie de coller des baffes à Emmanuelle Rive tellement elle faisait faux. Et c'est vraiment dommage parce que j'ai regardé tout le film en me disant que si ça avait été fait de manière naturelle, ça aurait été l'un des plus beaux films que j'ai jamais vu... Or ce n'est pas le cas, et pour tout ce que le film a comme (grandes) qualités c'est contrebalancé par une écriture lourdingue et artificielle. Dommage.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 13 novembre 2015
Nagasaki ma chérie comme disait Desproges qui "aimait beaucoup" Marguerite Duras, fait partie de ces films qu'on aborde avec stupeur et tremblement (surtout que ça se passe au Japon; je suis en forme sur ce début de critique...). On a forcément un peu peur de passer à côté de ces monuments; toujours un peu désagréable de ne pas apprécier les vrais films-cultes, on en prend d'ailleurs souvent dans la tronche (je sais de quoi je parle, je n'aime ni Citizen Kane, ni Apocalypse Now, ni le Parrain...bref) Et puis Resnais en début de carrière plus Marguerite Duras, faut avouer qu'on craint un peu l'objet intello respectable mais un peu ch... un peu ennuyeux. Heureusement, il n'en est rien, et Hiroshima reste un film dont les immenses qualités (plans, mise en scène, montage et narration révolutionnaires, Emmanuelle Riva cérébrale et magnétique), l'emportent sur les défauts : la logorrhée littéraire de Duras flirte souvent avec le ridicule, il faut bien le dire. L'essentiel est sans doute ailleurs : tourné à peu près à la même époque qu' A bout de souffle, ce film a lui aussi contribué à dynamiter les règles du cinéma mondial, et a filé un sacré coup de vieux à Hollywood, mais également à la célèbre "qualité française" de l'époque... Un film fondamental oui, sans l'ombre d'un doute. Un chef-d'oeuvre intemporel ? Je suis nettement moins sûr.
Bruno François-Boucher
Bruno François-Boucher

125 abonnés 164 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 mars 2015
Un poème d’amour fou mêlant adroitement l’Occupation allemande et l’après bombe atomique, extrêmement original, construit dramatiquement comme un puzzle émotionnel liant le passé à ces différentes étapes de l’Histoire.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 décembre 2014
Une réussite magistrale. En vérité un film expérimental envoûtant. Je comparerais ça à un opéra de Wagner. Ça peut être long c'est vrai mais quand on est dedans on est submergé (ou on éteint tout de suite). C'est de l'art total.
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