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Un visiteur
1,5
Publiée le 29 septembre 2015
L'un des plus grands calvaires qui m'ait été donné à voir. Je ne parle pas seulement d'écart de générations, ni de style, non je parle d'une réelle souffrance morale quand on regarde cette "oeuvre". Il me tardait que cela cesse. Les voix off narratives sont interminables et assommantes : avec l'accentuation de chaque mots comme si le prêtre du dimanche matin lisait un poème au lieu de la sainte bible et avec la ponctuation de la dernière syllabe de chaque phrase comme si on voulait prolongé la souffrance de l'horreur de la guerre à Hiroshimaaaaaaaa. D'ailleurs en parlant du nom des villes, je n'ai pas compté le nombre de fois où "Anvers" et "Hiroshima" ont été utilisé, mais je dirais facilement près de deux cents fois. Pour clôturer le tout, la musique nous achève, comme un coup de massue qui se répète à chaque fois qu'on pensait l'avoir oublié. Quelle torture ! J'en ai le dos tendu. Dommage car les images valaient vraiment le coup, j'aurai coupé le son, tout aurait été mieux.
Je me suis profondément ennuyé durant ce film. Il y a énormément de longueurs et je n'ai pas réussi à accrocher aux personnages et à leur histoire. On n'a pas envie de les écouter, tant ils s'expriment lentement. Les images ne suffisent pas.
Une histoire de mémoire, d’amour et d’horreur avec la douce voix d’Emmanuelle Riva qui récite des dialogues de Marguerite Duras. Un film poème mais un peu chiant !
Pour son premier film, il faut reconnaître à Alain Resnais beaucoup d'audace et d'ambition, ce que l'on ressent notamment à travers une introduction des plus déconcertantes. Alors c'est vrai que c'est beau et qu'il est parfois difficile de rester indifférent à cette relation presque hors du temps et franchement à contre-pied des histoires d'amour auxquelles on assiste habituellement. Mais fallait-il vraiment une heure et demie pour exprimer cela ? Une, deux, trois répliques incantatoires, je veux bien : de la première à la dernière minute, c'est long. Et puis bon, encore faudrait-il s'intéresser à ces deux héros : Eiji Okada m'a laissé plutôt indifférent, tandis qu'Emmanuelle Riva m'a donné à plusieurs reprises envie de la baffer... Certains me diront qu' « Hiroshima mon amour » aborde les traumatismes de 39-45 : OK, mais spoiler: il y avait peut-être moyen de l'évoquer autrement que par le biais des femmes rasées pour avoir couché avec l'ennemi! Ce n'est évidemment pas mauvais, c'est même brillant à plusieurs reprises et quelques moments nous interpellent, mais malheureusement c'est l'ennui qui prend le pas sur le reste lorsque je pense à cette collaboration Resnais - Duras qui, considéré par certains comme un chef d'œuvre absolu, reste surtout pour moi une tentative louable et plutôt manquée de proposer un nouveau type de cinéma.
Une comédienne française va rencontrer sur un tournage à Hiroshima un japonais qui va devenir son amant. Le film se situe 14 ans après la fin de la guerre. Elle et Lui vont vivre un amour impossible. A travers eux, la souffrance individuelle d’une femme punie et tondue comme d’autres pour avoir oser vivre une histoire d’amour avec l’ennemi va se confronter au traumatisme de tout un peuple victime de la première bombe nucléaire. Alain Resnais précurseur avec ce sujet avait déjà marqué les esprits 3 ans plus tôt avec le thème de la Shoah tût à l’époque ; ce fût « Nuit et brouillard ». Novateur, il l’est aussi sur la forme cinématographique en initiant ce qui deviendra la Nouvelle Vague. Et c’est à ce titre là que je n’attendais pas bien plus de ce film. La Nouvelle Vague a l’incroyable pouvoir de livrer souvent des films chiants, intellos jusqu’à la prétention. C’est à nouveau le cas ici. Emmanuelle Rivas rabâche d’un ton monocorde jusqu’à obtenir le décrochage du spectateur. Même si le texte de Marguerite Duras, égérie de la nouvelle littérature à l’époque, avec son ton cru, vif et répétitif est superbement écrit ; le Septième Art est un Art à part entière. La poésie est superbe, le concept intéressant ; mais le film ressemble plus à une ébauche. Le démarrage laissait pourtant présager une belle réussite : une introduction marquante type « Nuit et brouillard », une rencontre mystérieuse portée par un magnifique texte et puis plus rien… Et le temps s’allonge trop à mon goût sans contenu. Le cinéma n’est-il pas fait pour conter des histoires ? Pour les curieux et/ou les amoureux de la Nouvelle Vague… seulement
Jamais un film n'a atteint une telle perfection! L'évocation incantatoire de la guerre et de ses horreurs sont une chose,:mais le phrasé d'Emmanuelle Riva, un rôle appris de manière phonétique par l'acteur japonais Okada qui ne connaissait pas le français, créent un effet hypnotique ...C'est magique!! Quant à la musique douce et prenante..On n'oublie pas un film comme ça.....
Un film avec une ambiance singulière, qui est le premier long de Alain Resnais. La musique est totalement étrange mais magnifique, la réalisation est très bonne. Emmanuelle Riva et Eiji Okada sont les seuls personnages à l'écran durant tout le film et du même fait, ils le portent. Leurs voix douces accompagnent parfaitement les dialogues. Le point fort de ce film est la narration qui nous touchent et qui donne de grandes scènes. Mais c'est aussi le plus gros défauts, car quand on nous raconte rien d’intéressant, l'ennui profond arrive vite. C'est ainsi que les quinze dernières minutes sont incroyablement lentes et sans intérêt.
"Hiroshima, mon amour" est un film typique de La Nouvelle Vague. On y retrouve ce ton pédant et cette manière de faire prétentieuse que l'on capte, par exemple, dans plusieurs des oeuvres de Godard. Certains apprécieront le style mais, pour ma part, je n'y vois que des propos redondants pseudo politico-philosophiques étirés sur une durée d'1h30. J'aime lorsque le cinéma se donne une forte dimension intellectuelle mais encore faut-il avoir quelque chose d'intéressant à raconter. Il y avait pourtant de la matière mais cette répétition scénaristique et ses longs dialogues creux et vides m'ont rapidement ennuyés. Seule la qualité technique répond à l'appel avec une photo sympathique mais ne fera guère, à elle seule, oublier cette masturbation intellectuelle qui n'a rien d'artistique.
Si les cinéphiles ne devaient citer qu'un seul film du regretté Alain Resnais,ce serait indéniablement celui d'"Hiroshima mon amour"(1959)qui sortirait. À 36 ans,il s'agissait seulement du premier long-métrage de celui qui allait devenir l'un des fers de lance de la Nouvelle Vague,un peu en décalé toutefois. Cette adaptation d'un riche roman de Marguerite Duras va à la fois lancer une nouvelle grammaire cinématographique,et travailler au plus près les thèmes de la mémoire,du passé obsessionnel,de l'amour impromptu. Si l'on peut dire,Resnais mêla la petite histoire(cette femme séquestrée à Nevers)à la grande(le drame cicatriciel de la bombe d'Hiroshima). Les premières minutes,et les dernières aussi font défiler rapidement des images quasi-documentaires sur le peuple japonais meurtri,avec la voix-off très signifiante d'Emmanuelle Riva. Entre les temps,l'histoire d'amour entre cette Française venue à Hiroshima tourner un film en faveur de la paix,et cet architecte japonais(Eiji Okada,qui travailla phonétiquement son langage)peut se développer. C'est un objet trop conceptuel pour qu'on y adhère sans réserve. Emmanuelle Riva,très cérébrale,y est formidable malgré tout.
"Hiroshima mon amour" a l'évidence des grands films, on le reconnait dès les premières images et dès les premiers mots. "Tu n'as rien vu à Hiroshima, rien." "J'ai tout vu, tout." Avoir tout vu, c'est avoir connu la folie des hommes, celle-là même qui entraîna l'humanité à se déchirer dans un conflit aussi monstrueux que la 2ème guerre mondiale. Car, incommensurable est la folie des hommes ; et incommensurable est leur faculté d'oubli.
Ce premier long-métrage d'Alain Resnais s'inscrit en pleine Nouvelle Vague, témoigne d'un style très novateur mais très éloigné des préceptes de spontanéité et d'improvisation suivis à l'époque par Chabrol, Truffaut ou Godard. Resnais collabore ici avec Marguerite Duras qui signe le scénario. Un scénario composé de dialogues et de monologues très littéraires, qui sont comme une pluie de mots suspendus, qui se répondent parfois en écho. Il faut s'habituer progressivement à cet artifice poétique, s'habituer à la diction scandée d'Emmanuelle Riva. Puis cette rythmique vaguement incantatoire produit son effet : entêtant, obsédant. Et permet d'accéder à une forme d'introspection nouvelle. C'est cette introspection qui transcende, sur le fond, l'histoire d'amour. Marguerite Duras tire une passerelle originale et audacieuse entre Hiroshima et Nevers, pendant la Seconde Guerre mondiale. Entre souffrance collective et souffrance intime. Entre passé et présent. Entre mémoire et oubli. Les deux villes s'incarnent d'une matière humaine complexe, d'amour et de mort mêlées. Tout cela est exprimé de façon intellectualisée et sensible à la fois. Une sensibilité qui doit beaucoup au travail formel d'Alain Resnais qui répond aux échos du texte par des correspondances visuelles d'une grande beauté. D'une grande dureté aussi. Aux corps amoureux enlacés et couverts de sueur répondent des corps couverts de poussières ou de cendres. Ou des corps brûlés. Aux cheveux arrachés par poignées après le bombardement atomique au Japon répondent les chevelures tondues de femmes en France, durant "l'épuration"... Le montage, le noir et blanc, les jeux de lumière, les cadrages graphiques accentuent superbement les effets de rapprochement ou de contraste, les équilibres et les déséquilibres. Seule la postsynchronisation des voix apparaît parfois approximative dans ce film très précis, très pensé (peut-être trop) et vecteur d'une grâce douloureuse assez incomparable.
Premier long métrage d'Alain Resnais, Hiroshima mon amour est un film magnifique sur une histoire d'amour impossible entre un habitant d'Hiroshima et une femme venue réaliser un documentaire sur Hiroshima. Basé sur un roman de Marguerite DURAS, l'histoire met en relation catastrophe historique/catastrophe personnelle (spoiler: traumatisme de l'ancien amour d'Emmanuelle Riva ) et a recours au couple mémoire/oubli. Les "Tu n'as rien vu à Hiroshima" font écho aux "J'ai tout vu à Hiroshima", Hiroshima qui, nous le voyons, est devenu un lieu de commémoration ridicule par ce que les slogans et les outils mis en place sont là dans un but purement économique et touristique bloque la possibilité de toute réelle commémoration, mais Eiji Okada le sait. Alain Resnais fait preuve ici d'une grande intelligence pour son premier film, en faisant un film esthétiquement superbe, dont l'histoire est très attachante. Mais plus profondément, il va chercher à nous faire réfléchir sur le rôle de la mémoire et de l'oubli. Ajoutons à cela, que la musique de Giovanni Fusco et George Delerue est magnifique.
"Son nom de Nevers dans Hiroshima désert", pourrait-on être tenté de renommer ce 1er "long" de fiction de Resnais, tant l'empreinte de Duras, la scénariste, est forte. Hormis le premier quart d'heure (qui forme un tout, aisément détachable) qui assure le lien avec le cinéma familier jusque-là au cinéaste, et maîtrisé parfaitement - documentariste - le reste du film est en rupture avec son univers d'origine. C'est du très littéraire que voilà, avec ton volontiers déclamatoire chez la lumineuse Emmanuelle Riva, pour cette "Brève rencontre" aux vertus cathartiques, amour(s) et mort mêlé(es). C'est follement esthétique, mais exigeant - beaucoup restent sur le bord du chemin, décontenancés par cette épure à réminiscences. Un regret : Eiji Okada, dont chaque mot prononcé est une torture pour l'oreille - je viens de vérifier (sûre de mon fait) qu'il débitait un texte appris phonétiquement, dont il ne saisissait jamais le sens. Aucun acteur nippon francophone ?.. Un plus : les musiques, sublimes, de Georges Delerue et Giovanni Fusco.
"Hiroshima, mon amour" est un film quasi indescriptible, tant sa grammaire cinématographique est nouvelle et si éloignée des conventions. Les dix premières minutes sont stupéfiantes et géniales, avec ce contraste de l'amour et de la guerre exprimé par la voix-off grave d'Emmanuelle Riva. Le film invente sa propre forme et refuse continuellement les clichés. Pourtant, il possède des limites. La noirceur et le trouble augmentent au fur et à mesure, et font perdre la nuance présente au début. Aussi, la voix d'E. Riva devient quelque peu monotone et fait perdre lentement l'attention du spectateur. Un film révolutionnaire pour le cinéma, au charme évident, mais à la puissance relative.
Un an avant "A bout de souffle" de Godard, Alain Resnais se proposait déjà de bousculer, sinon révolutionner, le cinéma, et pas seulement français mais mondial, en témoigne la réalisation d'un film international. La force de celui-ci vient évidemment de son insolente modernité formelle et narrative (le prologue touche au sublime par son montage et son texte en voix-off) mais aussi du scénario de Marguerite Duras, sorte de puzzle dévoilant le passé de l'héroïne (jouée avec subtilité par Emmanuelle Riva) qui ne cède jamais à l'explication conventionnelle en développant un questionnement quasiment métaphysique sur la mémoire et l'identité des personnages. Il ne faut pas non plus négliger la discrète mais saisissante portée politico-historique du film, lié principalement au bombardement d'Hiroshima en août 1945 qui continue de hanter la ville et le monde entier. Finalement, le premier long-métrage de fiction de Resnais est à l'image de ses dernières répliques: mystérieux, déroutant, fascinant.