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Eowyn Cwper
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2,0
Publiée le 9 janvier 2015
Une bête histoire romantique avec trop d'eau de rose et de tristesse feinte. L'autre aspect important de la comédie musicale, à savoir la chorégraphie et bien entendu la musique, est loin d'être assez poussé pour porter le film au panthéon du spectateur. Décevant et classique. Tout cela est vrai si l'ont excepte la toute fin du film, négation suprême et surprenante du classicisme de la recherche romantique de l'amour telle qu'elle est connue dans les films antérieurs. Le spectateur averti de ce genre de films sera véritablement pris de court par cette fin inhabituelle aux couleurs du flower power, qui relève le film au rang de point final à une phrase faite de ce genre d'oeuvres.
Cette comédie musicale brillantissime, soufre sans doute d'un seul défaut, c'est que Shirley MacLaine en fait de trop, attention, l'actrice est excellente notamment dans les scènes de composition mais quand elle se met à sautiller comme un cabri, c'est moins bien. Sinon quel délice, la chorégraphie est un véritable bijou d'inventivité et de savoir-faire. Les deux rôles masculins sont au top d'abord avec un Riccardo Montalban mimant Vittorio Gassman avec un talent fou.et le quasi inconnu John Mac Martin dans une scène d'ascenseur anthologique. Les amateurs de films coquins auront aussi reconnu la brève apparition de Barbara Bouchet, l'une des égéries du cinéma érotique italien. Enfin soulignons l'intelligence de la conclusion, ni happy end hypocritement rédempteur, ni mélodrame inutile mais un joli message d'espoir
Une très belle comédie musicale, pleine de vie et de beauté visuelle. Adapter Les Nuits de Cabiria en comédie musicale semblait suicidaire, mais finalement Bob Fosse réussit son sontrar avec un certain brio, grace à des numéros assez impressionnants (très "70's") et une réelle sincérité dans le propos. De plus, les couleurs sont très bien rendues, et c'est réellement un très beau spectacle. D'autant plus que l'énergie, le charme et la sensibilité de Shirley MacLaine conviennent à merveille au personnage de Cahrity. A noter les présences symathiques de Sammy Davis Jr et Ricardo Montalban. Un enchantement.
Premier long métrage sorti de Bob Fosse sorti en 1969. Sweet Charity est en fait le remake d'un film de Fellini sorti en 1958 (Oscar du meilleur film étranger, prix d'interpétation féminine à Cannes pour Giulietta Masina). Déjà un film musical avec quelques scènes chantées et dansées déjà très maitrisées, on pressent ce que sera la suite, même si on est ici devant une comédie romantique à l'eau de rose un peu nunuche. Shirley McLaine en fait des tonnes mais on ne peut s’empêcher d'aimer le personnage. Le film le plus léger du réalisateur, et son moins bon (que des chefs d’œuvres ou quasi par la suite), mais qui se laisse regarder avec un certain plaisir.
Bob Fosse est incontestablement l’un des plus grands chorégraphes de comédies musicales du siècle dernier, régnant sans partage sur Broadway de 1955 à 1975. Il mènera en parallèle une carrière de cinéaste plutôt courte, ne réalisant que cinq longs métrages tous excellents dont trois chefs d’œuvre (« Cabaret » avec huit Oscars à la clef en 1973, « Lenny » six fois nommé aux Oscars en 1975, « All that jazz » Palme d’or à Cannes en 1980). En 1966 il triomphe encore à Broadway, avec « Sweet Charity » où il dirige son épouse Gwen Verdon elle-même danseuse renommée. Inspirée du film de Federico Fellini, « Les nuits de Cabiria », la comédie musicale est écrite par Neil Simon sur une musique originale de Cy Coleman et des textes de Dorothy Fields. En deux actes, le livret suit le parcours de Charity Valentine, entraîneuse dans un dancing de New York dont le cœur peut-être facilement confondu avec un légume fleur fondant répondant au nom scientifique de Cynara scolymus plus communément appelé artichaut. Paradoxe qui vaut à Charity le surnom « Sweet Charity » spoiler: affectueusement attribué par ses partenaires qui suivent avec intérêt, étonnement et bienveillance son acharnement à vouloir rencontrer le prince charmant qui lui offrira l’amour éternel et une famille que Charity veut nombreuse.
Mais le temps passe et la jeune femme est toujours en quête. Heureusement, si sa naïveté la conduit souvent dans des bras pas toujours très bien intentionnés, additionnée à son optimiste inébranlable, elle lui permet de rebondir presque à tous coups. L’acte un voit Charity rencontrer pour un soir un célèbre acteur (Ricardo Montalban) juste avant qu’elle ne rencontre un comptable complexé et timide (John McMartin) qui va une nouvelle voit faire chavirer son cœur pour la mener jusqu’à la porte du mariage tant désiré.
La comédie musicale très enlevée avec une Gwen Verdon (alors épouse de Bob Fosse) avait enflammé Broadway tout au long de 608 représentations avant de faire le tour du monde. Quand Universal songe à transposer « Sweet Charity » sur grand écran, Bob Fosse semble s’imposer pour lui-même mettre en scène sa création, débutant ainsi la courte mais prestigieuse carrière évoquée plus haut. Pour l’occasion Gwen Verdon sera remplacée par Shirley MacLaine qui a déjà tenu des rôles similaires dans deux formidables succès (« Comme un torrent » de Vincente Minnelli et « Irma la douce « de Billy Wilder) pour lesquels Miss Laine, forte de 25 films à son actif, a été nommée deux fois pour l’Oscar de la meilleure actrice. Très bonne danseuse, elle brille de mille feux dans une partition qui lui sied comme un gant, usant fort à propos et sans en abuser de son joli minois parfait pour incarner cette entraîneuse très ingénue. Les numéros de danse sont superbes, tous inventifs et innovants mais surtout parfaitement insérés dans le déroulement de l’action. On appréciera en sus la participation amicale de Sammy Davis Jr venu soutenir son amie qui à l’époque était proche du fameux Rat Pack de Frank Sinatra dont Sammy Davis et Dean Martin étaient les autres piliers. L’éclectique et travailleur acharné Bob Fosse » démontre avec « Sweet Charity que novice la caméra n’a aucun secret pour lui. Il le confirmera trois ans plus tard avec « Cabaret » où cette fois-ci il mettra en lumière Liza Minnelli. Le film très apprécié de la critique sera malheureusement un échec financier.
Douce Charité C'est énorme. Un produit culturel de son temps. Un aboutissement. 8 critiques seulement pour ce film, les bras m'en tombent. Qu'importe l'interprète, je n'ai pas vu le pièce originale lorsqu'elle est sortie, je n'étais pas né. Aujourd'hui je me dis comment ne pas y adhérer ? Salon, Cocktail, Club, Terrasse, Claquette, Haut de forme, Costard. Entre amour et désespoir, une vie enjouée. La beauté, la bonté ont un visage, un corps ici dans cette oeuvre.
Sweet Charity est une double adaptation, à la fois du chef-d’œuvre de Federico Fellini Le Notti di Cabiria (1957) et de la transposition de ce dernier par Broadway en spectacle musical : en résulte une ode à la vie qui troque le noir et blanc original pour une profusion de couleurs vives, à l’instar des robes jaunes, rouges et bleues portées respectivement par trois danseuses engagées dans une chorégraphie sur le toit du cabaret – séquence dont se rappellera Damien Chazelle lors de la conception de La La Land (2016) –, de l’irruption de Charity et d’Oscar dans un parking reconverti en ballroom mi hippie mi mystique où circulent des véhicules bariolés de motifs floraux multicolores, de la marche de l’orchestre tout vêtu de rouge. Mais de cette saturation visuelle, expansée par le rythme alerte et par les mouvements élégants de la caméra, naissent une profonde et sincère désolation intérieure, un sentiment de désespoir que les événements ravivent malgré l’énergie déployée par ladite Charity – démarche similaire à celle d’un Baz Luhrmann sur Gatsby (2013). La réalisation multiplie les idées singulières, à l’instar des transitions entre les plans initiaux effectuées par zooms et flous, ne se refusant aucune liberté : si certaines scènes rallongent inutilement le film, en particulier celle de l’ascenseur qui exagère son burlesque, Sweet Charity s’affirme comme l’une des meilleures comédies musicales du cinéma et comme l’une des meilleures adaptations par l’Oncle Sam d’œuvres européennes. Preuve supplémentaire du talent immense de Bob Fosse, à la fois cinéaste et chorégraphe. À découvrir !
Le film, ainsi que Shirley MacLaine (qui en fait un peu trop, je suis d'accord) ne prennent réellement de l'hauteur qu'aux dernières 45 minutes, avec in primis un grand final amer mais peace and Love qui rappelle qu'on est pas loin des utopies des années septante. C'est vrai et c'est émouvant, qualités qui paraissent absentes dans la première partie du film. Les moments musicaux, les chorographies davantage que la musique, globalement sont de grande qualité, Bob Fosse oblige. Quel talent. A voir.
Du cinéma spectacle à l'état pur; les films de Bob Fosse sont tous indispensable de "Lenny" en passant par "All That Jazz" et "Cabaret" bien sur; dans ce film, les chorégraphies sont superbes (avec un superbe clin d’œil à "West Side Story") et puis il y a Shirley MacLaine, inoubliable et magnifique... les scènes avec Ricardo Montalban sont tout simplement merveilleuses. Un classique à voir et à revoir...
Remake musical de "Nuits de Cabiria" de Fellini, Oscar de meilleur filme étranger 1958, avec la remarcable Jiulietta Massina, Palme d'Or de la meilleure actrice la même année. C'est un de mes filmes préférés, je suis tombé sur le charme de Shirley MacLaine en savourant chaque moment tenu avec brio par cette actrice qui incarne un personnage qui a le coeur l'innocence et la naïveté d'une Amélie Poulain. Personnage absolument attachant. Les coregraphies de Bob Fosse sont absolument inventives et impeccablement maîtrisés, plus intéressantes à mon avis que le déjà remarquable West Side Story.