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Un visiteur
3,0
Publiée le 21 janvier 2013
Le Boulanger de Valorgue, film qui laisse à désirer tant l'histoire est ennuyeuse, voire stupide. La mentalité de l'homme, la défense de ce dernier, voilà ce que Verneuil voulait mettre en avant, chemin périlleux. Attaquer les mottes de terre, surtout à l'époque ne devait pas être chose facile. Encore aujourd'hui, les histoires romanesques, histoires déroutantes, n'amènent que incompréhension. On comprend que le boulanger qui met la fille de l'épicier enceinte, ce n'est pas forcément bien, et ? Peuple qui s'énerve ! Rien de transcrit. Mais (il y a un "mais", oui) les mimiques sont fantastiques, les acteurs géniaux et un Fernandel au sommet de son art même quand le film perd la raison. Devant l'objectif, l'aisance domine chez cet acteur qui a porté avec maîtrise l'humour à la française. Comme quoi, un acteur peut soulever un long métrage pour éviter qu'il plonge.
3ème film du duo Henri Verneuil/Fernandel tourné en 1953. On passe un bon moment en suivant cette agréable comédie, on ne s'ennuie pas. Ça sent bon la Provence ! Fernandel interprète avec brio le rôle du boulanger, personnage bourru et très soupe au lait. Le grand Raimu aurait pu jouer ce boulanger, c'est dire le talent de Fernandel.
La veille de son départ au service militaire, le fils du boulanger fait un enfant à la fille de l'épicière. Le point de départ de ce film parait un peu mince et on se dit qu'on va assister à un film de plus sur les filles-mères sous le soleil de Provence, thème abondamment traité dans les années 30-40 par Pagnol (cf la Trilogie Marseillaise, Angèle, la Fille du puisatier), et pourtant il n'en est rien. Parce que contrairement aux films de Pagnol, on a droit ici à une vraie comédie et non pas à un mélodrame. Et parce que d'un point de départ somme toute assez simple, les éléments s'enchainent pour le plus grand bonheur des spectateurs: spoiler: c'est la guerre dans le village, le receveur des postes se croit au maquis, le boulanger et l'épicière refusent tous les deux de servir les partisans de l'autre camp, la famine guette, le facteur alcoolique réquisitionné pour faire du pain met le feu à la baraque, le vendeur de vélos se lance dans le marché noir, les musiciens de la fanfare font la grève ("on aurait bonne mine de jouer la Prière d'une Vierge alors qu'une fille du pays promène un enfant qu'on sait pas d'où il vient") . Bref on ne s'ennuie pas à Valorgue...
Un film qui ne fait pas parti des "tubes" de la filmographie de Fernandel, mais qui gagnerait à être davantage connu. On rit volontiers devant ces personnages tous plus pittoresques les uns que les autres. Si vous avez aimé Fernandel en Don Camillo, vous allez l'adorer en Félicien Hébrard, boulanger fier et fort en gueule ("mon coeur est énorme, mais j'ai aussi un pied, et si vous sortez pas tout de suite ce pied ira se flanquer quelque part, que vous pourrez plus vous asseoir"), spoiler: mais qui finira par montrer son bon cœur.
j'ai passé un excellent moment devant ce film, drôle, excellemment joué et dirigé, bourré de tendresse et de dialogues savoureux, avec tout le charme des films d'antan et l'inégalable Fernandel. Je suis nostalgique de cette vie que je n ai pas connue, à cette douce époque dans ces petits villages de Provence
Un Verneuil qui rencontra un beau succès populaire (plus de 3,7 millions d'entrées en salles) et qui met en scène un Fernandel (que Verneuil retrouvera ensuite pour La vache et le prisonnier) très à l'aise dans son rôle de patriarche à la fois généreux et soupe-au-lait. Si le film semble hésiter, dans sa première partie, entre la comédie burlesque et un ton plus sérieux, il trouve ensuite son rythme et joue à fond la carte pagnolesque. Quelques lourdeurs et des dialogues très inégaux mais une comédie agréable. Et l'occasion de revoir Pierrette Bruno, la grande complice de Bourvil.
Du tout bon Verneuil Un splendide Fernandel Un film qui sent bon le Sud Tellement plaisant à voir et à revoir En voyant ce film j'imagine déjà ce que nous donnera Verneuil la décennie suivanre