Tabou
Note moyenne
4,0
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anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 26 janvier 2014
Autant j'ai un grand respect pour Murnau, autant j'adore "Nosferatu" et "L'Aurore", mais là avec "Tabou", je dois dire que je n'ai pas été trop emballé. Pourtant, le film est assez novateur sur certains points, notamment sur la croyance qu'avait Murnau par rapport au pouvoir de l'image dans une œuvre cinématographique. Ainsi, "Tabou" est un film muet d'une heure vingt ne présentent aucun intertitre si ce n'est pour les deux chapitres (Paradis et Paradis Perdu) ou les cartes/pancartes que lisent les personnages (les cartons sont donc intra-diégétique si je puis dire). Soucieux d'authenticité, Murnau est d'ailleurs allé tourner en décors réels en collaboration avec Robert Flaherty, qui fut finalement remplacé par Floyd Crosby à la photographie pour cause de différents envers la mise en scène, ainsi qu'avec de vrais autochtones pour camper les personnages. De plus, l'histoire s'inscrit parfaitement dans la logique de Murnau avec les thèmes de l'amour, de la rédemption (l'aventure des deux amoureux peut rappeler dans une outre mesure le couple campé par Janet Gaynor et George O'Brien dans "L'Aurore"). Pourtant, malgré toutes les qualités que possède le film, sur le point de vue visuel et scénaristique, je n'ai pas été emballé plus que ça. Murnau propose certes une histoire intéressante, malgré tout, l'ensemble du film tourne un peu en rond et il ne se passe pas grand chose. Disons qu'il manque ce "je ne sais quoi" qu'il y avait dans "Nosferatu" ou "L'Aurore" par exemple, et qui rendait les deux films sublimes. "Tabou" semble avoir été réalisé sans cette passion que pouvait faire partager Murnau dans ses précédents films, de même que le long-métrage sonne un peu creux, le réalisateur se contentant de rester en surface des thèmes abordés sans cette attention apportée aux personnages. Dommage. Pour son dernier film, Murnau livre une œuvre esthétiquement belle, avec ces décors de rêves, de carte postale, mais le scénario malgré l'intelligence du thème, s'étire trop en longueur pour au final rester dans la surface des choses.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 727 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juin 2025
Je vais peut-être exagérer en disant que c’est «  l’aurore » à Tahiti. Et on rajoute l’exotisme et la touche presque documentaire d’une civilisation encore préservée.
Mais je n’ai pas ressenti grande émotion malgré les images assez jolies. Peut-être que le jeu des acteurs y est pour quelque chose
AMCHI

6 945 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 mars 2014
Si ce n'était pas Murnau derrière la caméra ce film muet serait de nos jours tombé complétement dans l'oubli tant ce film est peu inspiré. Filmé sans aucune passion bien que Tabou ne soit pas exempt de beauté mais cette histoire est platement racontée; il se passe quasiment rien comme ses scènes de danse très jolies mais rapidement ennuyeuse. J'ai vraiment du mal à croire que Tabou soit réalisé par le même réalisateur que Nosferatu et Faust.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 11 décembre 2011
D'une grande beauté, un Murnau très riche et à voir.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 20 juillet 2012
Pas le film de Murnau le plus impressionnant mais c'est du bel ouvrage quand même. Une tragédie sur un couple perdu entre les traditions et la civilisation, les premières minutes sont un peu gentillettes mais ensuite le ton se veut plus dramatique. La fin est d'un romantisme cruel.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 824 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mars 2025
Débutant comme une illustration du mythe du bon sauvage rousseauiste, le récit présente cependant comme un paradis (perdu) un lieu où l'arbitraire ôte à une jeune femme liberté et amour... D'ailleurs la romance contrariée fonctionne, émeut, par sa simplicité fluide et sa sincérité innocente - alors que la naïveté des personnages les oppose encore plus frontalement au blanc (bonjour le simplisme!). Pour mettre en exergue cette histoire, Murnau opte pour une surprenante sobriété, faisant la part belle aux décors naturels, mais remplace habilement les cartons par des missives ou des documents administratifs. Une tragédie efficace dans sa narration mais très discutable dans son arrière-propos.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 21 août 2024
Apparemment film maudit. On raconte que l’acteur qui joue Hitu aurait maudit le réalisateur pour s’être irrespectueusement comporté durant le tournage. Murnau trouvera la mort dans un accident de la route quelques jours avant la sortie de « Tabou ».

Réalisation très sage de la part de Murnau. Le film a des accents du documentaire dans sa première partie. Elle pose les personnages et leur croyance : « Une Vierge dédiée aux Dieux ».
Du paradis on passe au paradis perdu ; du quasi documentaire, Murnau passe à la fiction. La vierge ne considère pas son nouveau et inattendu statut comme un privilège. Et son amant qui ne doit plus l’approcher finit par briser le sacré. Tous deux s’évadent pour tenter de vivre leur amour pleinement, anonymement. Ils refusent de voir leur vie fauchée au motif d’une croyance primitive.
Malgré le noir et blanc, Murnau parvient à traduire l’ensoleillement de la Polynésie, avec son cadre idyllique, cette mer bleue limpide et l’humanité que dégage le peuple « indigène », mot employé dans le carton d’introduction !
C’est peut-être un film mineur dans la filmographie de Murnau mais aussi surprenant que cela puisse paraître, je me vois préférer « Tabou » à « L’Aurore ».
Allez savoir pourquoi.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 336 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 juillet 2016
L'œuvre ultime de Friedrich Whilhelm Murnau tournée au cœur de l'océan Pacifique clôt d'étrange manière la filmographie de celui qui fut avec Fritz Lang le plus grand cinéaste allemand des années 20 durant lesquelles il transposa à l'écran le mouvement expressionniste né dans son pays. C'est donc un film en décor naturel d'un dépouillement narratif et visuel en total contraste avec son travail habituel qu'il livre au public avant de disparaître dans un accident de voiture à Los Angeles le 11 mars 1931 sans avoir pu assister à son avant-première une semaine plus tard. Habitué au faste des studios de la UFA au sein desquels son raffinement pictural a pu s'épanouir jusqu'à sa sublime transposition du Faust de Goethe en 1926, il a été recruté juste après par Hollywood pour y déployer son art de la même manière. Ce qu'il fera aussitôt avec le drame intimiste "L'Aurore" qui sera le premier film récompensé d'un Oscar en 1929. C'est la rencontre avec le cinéaste explorateur Robert Flaherty qui l'amène à concevoir un projet en commun ayant pour théâtre l'île de Bora-Bora. Si Flaherty, le réalisateur de "Nanouk l'esquimau" (1922) coproduit le film, il est quasiment absent de la mise en scène, laissant une totale liberté de création à Murnau. Avec des acteurs amateurs locaux, celui-ci parvient en deux actes aux titres très explicites ("Le Paradis" et "le Paradis perdu") à rendre toute la poésie de cette variante polynésienne du "Paul et Virginie" de Bernardin de Saint Pierre dont le finale tout aussi grandiose déchire le cœur. C'est la force des grands artistes d'être capables d'extraire puis de diffuser leur génie créatif quelque soit le matériau choisi ou fourni. La production difficile du film a été entourée de légendes macabres consécutives à la mort tragique de son auteur qu'une malédiction aurait frappé pour avoir profané un ancien cimetière pour les besoins du tournage. Dans cet esprit on peut aussi considérer qu'en prescience de sa mort prochaine, le réalisateur aura voulu livrer une œuvre dépouillée de tout artifice où son art d'habitude si sophistiqué se révélerait à l'état brut. C'est sans doute pour prolonger l'aura de mystère qui entoure Murnau que plus de quatre vingt après sa mort à l'été 2015, le caveau familial situé au cimetière de Stahndorf aux environs de Berlin a vu le crâne du réalisateur subtilisé. Une légende aux conséquences parfois fâcheuses qui continue de porter la réputation de cet immense artiste par-delà le XXème siècle.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 758 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 janvier 2020
Est-ce "le plus beau des films", comme l'écrivaient Alexandre Astruc et Éric Rohmer ? Peut-être pas… Mais une chose est sûre, c'est la dernière réalisation de Murnau avant qu'il ne meure, en mars 1931, dans un accident de voiture. Accident qu'il aurait lui-même provoqué, selon ses proches. Accident dû à une malédiction similaire à celle qui frappe le héros du film, selon les superstitieux. Tourné à Bora-Bora, en décors naturels, réalisé en muet mais avec un accompagnement musical, ce Tabou a été initialement porté par Murnau et Flaherty (Nanouk l'Esquimau), jusqu'à ce que ce dernier lâche l'affaire, en cours de route, mécontent du rôle uniquement technique qui lui était attribué pendant le tournage. En voyant le film finalisé, Flaherty regretta que Murnau ait "romantisé" la croyance du tabou et "occidentalisé" les mœurs et les motivations des personnages. Les conceptions artistiques des deux cinéastes se sont donc révélées incompatibles ; d'un côté, le naturalisme de Flaherty, de l'autre, le réalisme lyrique de Murnau. Et au final, à l'exception du prologue naturaliste que l'on peut légitimement attribuer à Flaherty, le film porte bien la marque stylistique de Murnau. Caméra très mobile et montage rapide. Récit empreint d'un romantisme tragique cher au cinéaste allemand exilé aux États-Unis, avec de petites touches pessimistes ou amères sur les rapports nature/culture ou tradition/modernité (pureté et innocence versus corruption apportée par la civilisation colonisatrice). Pour être critique, on dira que la mécanique narrative ne semble pas toujours optimale, un peu hachée, avec des séquences d'un intérêt parfois relatif. Le casting, mêlant indigènes et Européens locaux, est hétéroclite. Mais cette histoire d'un amour impossible, d'un exotisme à la fois très lumineux (superbe photo) et très noir (cruel dénouement), a son charme. Le charme mélancolique des paradis perdus.
riverainpsy
riverainpsy

42 abonnés 433 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 mai 2021
Le film est de toute beauté , et sans doute l'un des plus beau concernant la Polynésie , mais repose sur un scénario tellement convenu qu'il emporte difficilement une adhésion totale . A voir pour la photo et parce que c'est Murnau . A noter que Robert Flaherty , à la base documentariste et adjoint du réalisateur, décria ce film comme trop occidentalisé .
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 avril 2011
Je suis assez déçu, j'ai regardé ce film parce qu'il était assez court et que je l'avais sous la main, ne sachant pas du tout de quoi ça allait parler. Alors j'adore le concept, filmer sans dialogues (bon c'est du muet), ni carton un film d'une heure vingt, ou l'histoire est racontée que par les acteurs et la mise en scène (ainsi que quelques lettres qu'écrivent/lisent les personnages, mais ça reste très anecdotique). De plus Murnau a cherché l'authenticité et a sorti des vrais "indigènes" pour son film. Alors on peu reprocher le côté assez primaire des autochtones, mais ça donne le moteur du scénario donc pourquoi pas.
Comme on est chez Murnau les acteurs ne surjouent pas comme dans d'autres films muets, la mise en scène est assez moderne, bien qu'elle me semble moins inspirée que dans d'autres films.
L'histoire est plutôt belle et universelle, mais ça ne m'a pas captivé outre mesure, l'heure vingt passe assez lentement. Le film a des tas de qualités, mais ça n'a pas suffit.
Yohan Marques
Yohan Marques

26 abonnés 64 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 janvier 2012
Le tournage, long de dix-huit mois, fut mouvementé et demeure entouré de mystères. Selon la légende, Murnau et son équipe auraient violé un certain nombre de tabous locaux en installant leur quartier général dans un ancien cimetière, en tournant sur des récifs sacrés et Hitu, le "chamane", aurait maudit Murnau pour tous les sacrilèges qu'il aurait commis...La légende se nourrit des incidents, plus ou moins graves, qui perturbérent le travail durant le tournage : noyades, intoxications, explosions mystérieuses. Comble du destin, Murnau décèdera d'ailleurs lui-même dans un accident de voiture huit jours avant la première de son film, à l'age de 42 ans. L'un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma n'aura donc jamais l'occasion de s'essayer au parlant. Pourtant, si l'on appréhende l'oeuvre du cinéaste dans sa globalité, on ne ressent aucun sentiment d'inachevé dans la mesure où "Tabou" semble être le chapitre ultime d'une thématique et d'une obsession. Pour Murnau, qui n'a finalement jamais parlé d'autre chose que d'amour, il s'agit d'ajouter au caractère universel de ce sentiment, l'idée de transculturalisme, mettant sur le même pied d'égalité, homme blanc soi-disant civilisé et "bon sauvage", égaux devant les tourments du coeur. Le scénario qui mêle le film d'aventure au mélodrame est, une fois n'est pas coutume chez le cinéaste, d'une simplicité presque biblique, mettant en relief une mise en scène au souffle romanesque puissant. Victime ou pas d'une malédiction, Murnau aura, avec son ultime opus, livré à la postérité un magnifique hymne au respect et à la tolérance, en permettant au public blanc "civilisé" de s'ouvrir à la compréhension de cultures autres que la sienne...
chrischambers86

16 164 abonnés 13 120 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 avril 2011
"Tabou" ne fut en rien le documentaire projetè par le gènial Robert Flaherty, mais une tragèdie moderne s'inscrivant avec logique dans l'oeuvre dèjà très riche de Friedrich-Wilhelm Murnau! Un film qui respire l'authenticitè, la sincèritè, qualitès essentielles chez les deux cinèastes, qui fait appel à l'aventure avec le sensualisme, le goût profond de la nature, et qui engage à larguer les amarres pour partir en Polynèsie! Une contrèe enchantèe au fin fond des Mers du Sud: l'Ile de Bora-Bora qui n'a pas encore ètè touchèe par la civilisation, rèvèlèe d'une manière sensible et poètique par Flaherty et Murnau dont ce fut le dernier film avant qu'il ne pèrisse accidentellement quelques jours avant sa prèsentation, lui dont presque tous les scènarios avaient exprimè une permanente obsession de la mort! On n'oubliera pas de sitôt ces amants maoris que sont Reri et Matahi dans le dènouement final! Coup de chapeau au vètèran très compètent Floyd Crosby, responsable d'une splendide photographie, dans cette oeuvre maîtresse à la fois belle et cruelle...
benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 janvier 2010
Un film déconcertant, par rapport aux autres grands classiques de Murnau. On dirait que le fait de mettre en scène des polynésiens lui permet de s'autoriser une forme de naïveté et de sensualité "primitives" qu'on ne trouve nul part ailleurs dans son oeuvre. Le problème est que ce "primitivisme" était peut-être crédible aux temps du colonialisme, ça l'est beaucoup moins aujourd'hui. Comme souvent chez le réalisateur la force du film tient à sa simplicité, qu'on pourrait presque qualifier de biblique, et qui rend cette histoire de désir, de transgression et de fatalité intrigante et fascinante. J'avoue tout de même préférer les grands films de la période allemande ("Nosferatu", "Faust", "le dernier homme"...) ou même "L'aurore".
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mars 2011
Dernier film d'un des plus grands maîtres que le cinéma ait compté parmi ses rangs, "Tabou" est un somptueux testament pour ce qui est sans conteste le plus grand technicien du cinéma muet. Le film a beau avoir été officieusement co-réalisé par le documentariste Robert Flaherty, il porte totalement l'empreinte de Fredrich Wilhelm Murnau. Certaines scènes font très forte impression comme les apparitions du sorcier (vous trouvez pas qu'il ressemble un peu à Chishu Ryu ?) vraies ou rêvées avec un très beau jeu d'ombres qui semblent tout droit sorti de l'Expressionnisme ou encore celle du requin qui arrivent à faire bondir, et sans oublier la scène finale qui surprend par sa cruauté. La beauté picturale qui est dûe autant à la magnificience absolue de la photographie de Floyd Crosby (peut-être la plus belle de toute l'Histoire du cinéma!) qu'aux paysages paradisiaques qu'elle filme. On peut n'être aussi que captiver par la beauté exotique de l'actrice Anne Chevalier. Pour tout dire "Tabou" est véritablement un très beau poème visuel.
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