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Charlotte28
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3,5
Publiée le 4 février 2026
Toujours aussi pertinent, ce pamphlet sur la société (américaine) dénonce la banalisation de l'agressivité voire de la violence, tant dans les divertissements que les attitudes quotidiennes, ainsi que la fascination qu'elle entraîne, autant pour les femmes qui y voient de la force virile que les hommes qui croient montrer leur puissance dominatrice. A cet égarement moral s'ajoute une sexualisation des échanges, une vision péjorative de la femme, objet de désir dont le consentement importe peu, et un irrespect pour la vie humaine aussi prégnant qu'en des temps où cette indifférence s'expliquait par la faible espérance de vie (noter l'ironie du retour à la préhistoire prôné par les héros!). Enfin, l'intrigue illustre combien le mal-être adolescent est regardé avec détachement, combien les parents dédaignent d'élever leurs enfants, combien de frustrantes perspectives renforcent le dépit, l'envie, la colère. Car ce duo criminel ne partait en virée que pour s'amuser, pas pour violenter ou tuer, ce qui rend cette brutalité d'autant plus terrifiante, renforçant la justesse du titre originel, et menant à une issue à la fois tragique et remplie d'humanité. Portée par un excellent casting, la réalisation demeure classique voire désuète. Très fort par son sujet.
Où l’itinéraire meurtrier de deux copains marginalisés dès l’école et qui à la veille d’entrer dans la vie active décident de prendre quelques jours de liberté à Los Angeles. Inhibé, frustré le duo transcende son mal être en jurons et diatribes, avant de passer inconsciemment aux actes les plus extrêmes. Si entre les deux compères l’entente se fissure au fil des cadavres, il est trop tard pour faire demi-tour assume la réalisatrice qui dans ce paradis artificiel qu’est devenu Los Angeles laisse bien évidemment planer les ombres. La drogue, l’éducation parentale, la libre circulation des armes, autant de thèmes en filigrane d’une cavale inhumaine qui peuple le cinéma de genre et les archives de la police. Le générique d’ouverture recense quelques tueurs en série, de grande envergure, et pour lesquelles des circonstances sinon atténuantes, du moins éclairantes, expliqueraient la portée de leurs gestes. Ainsi Roy et Bo … Abvs Bonus : Une très belle rencontre entre la réalisatrice et son comédien, et un très beau voyage sur le tournage. Grand bonus ! Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Par la distance qu’il maintient avec ses personnages, par son refus du sentiment au profit d’une observation froide dans un climat californien tropical, The Boys next door offre à son spectateur un bien curieux road trip teinté de sang et de sexe : la moiteur des ambiances traduit la puissance d’un désir interdit qui se heurte, lors des différentes rencontres, à une série de standards insuffisants, depuis le bar gay à la voyante en passant par les salles d’arcade ou la digue de Santa Monica. Bo et Roy, deux prénoms qui, réunis par mot-valise, forment le Boy du titre, peinent à verbaliser leurs frustrations et l’extériorisent par un débordement de violence. Le film présente l’intérêt de distinguer leur confusion intérieure, présentant le premier comme meilleur ami du second qui, lui, ne répond rien : le corps de Roy est fétichisé par une caméra tombée sous son charme, en témoigne le plan zénithal sur son buste musclé et son chewing-gum mâché ; au contraire, celui de Bo apparaît par tatouage interposé et dans l’entrelacs sensuel du corps d’Angie, constamment capté au contact des autres. S’affirme ainsi une certaine complexité de caractères, que ne lève pas une clausule aussi brutale qu’inattendue. Pourtant, malgré la singularité d’ensemble, le long métrage de Penelope Spheeris souffre de longueurs, notamment lors des séquences en Cadillac, et d’une impression tenace de programmatisme qui occasionne un rythme en dents de scie – repérage puis passage à l’acte avant que n’arrivent les policiers et enquêteurs... Autrement dit, The Boys next door déçoit du point de vue de sa microstructure (scènes et séquences redondantes et prévisibles) mais revêt un intérêt macrostructurel qui en justifie le visionnage.
Assez dur comme film dans le sens où effectivement il est question de violence gratuite. Les comédiens sont convaincants et la mise en scène évite le côté voyeurisme grâce notamment à l utilisation de la musique pendant des scènes difficiles.
Un film méconnu qui relate la course meurtrière de deux jeunes adolescenrts à la fin de leur pacours scolaires. Le générique de début avec la litanie des tueurs en série fait clairement l’assimilation du parcours à venir des deux garçons avec les psychopathes les plus célèbres d’Amérique qui à force d’être popularisés par les médias peuvent inspirer l’âme torturée d’adolescents en perte de repère. Le mérite de Penelope Spheeris est de bien décrire le cheminement des deux jeunes du simple chahutage violent qui les a mis à l’écart de la communauté étudiante vers l’expédition erratique qui se transforme en bain de sang. Les rapports entre les deux protagonistes sont aussi très intéressant à observer. On voit nettement la différence entre celui qui souffre réellement d’une psychopathie et le pervers qui ne fait rien pour arrêter l’escalade de la violence chez son camarade ayant au final le réflexe de préserver un peu de son avenir en sacrifiant son complice. Les deux acteurs sont très convaincants et Patty D’Arbanville était encore très sexy. Comme Larry Clark après elle , Penelope Spheeris dénonce la démission des parents complètement anesthésiés par la société de consommation.