Autour des années 90, on ne sait pas quelle mouche avait piqué les gros bras du cinéma hollywoodien, qui ont soudain décidé de se lancer dans la comédie. Pendant que Stallone essayait de se défaire de sa maman ou de se prendre pour Louis de Funès, dans deux films assez inégaux, Schwarzie, à la suite d'une expérience scientifique, s'était découvert un frère jumeau en la personne de Danny DeVito dans le film "Jumeaux". Dans "Junior", on retrouve le duo d'acteurs qui est, cette fois, à l'origine d'une autre expérimentation médicale, qui va se concrétiser par la grossesse du bodybuilder autrichien ! Ce scénario pour le moins original aurait de quoi inquiéter, et avec raison !
Alors "Junior" est une gentille comédie typique des nineties, qui porte bien la patte de Ivan Reitman. Ca se laisse regarder, mais comme on pouvait le craindre, il y a de quoi grincer des dents. Parlons déjà de l'idée de départ : deux scientifiques qui travaillent sur un traitement pour faciliter la grossesse décident, faute d'avoir une femme sous la main, que ce sera Schwarzennegger lui-même qui va tester la substance. Bonjour la logique ! Passons sur les obstacles purement biologiques que représente cette expérimentation : les scénaristes n'ont visiblement par voulu se prendre la tête avec ces questions. Mais là où ça part en cacahuètes, c'est quand notre Arnold, shooté au traitement expérimental et aux hormones féminines, commence à devenir une vraie petite ménagère nunuche au possible. Il se prend de passion pour la cuisine, les vêtements, s'extasie sur la douceur de sa peau et pleurniche parce que son Dany rentre trop tard le soir. C'est censé déclencher l'hilarité, c'est juste gênant. Bravo les scénaristes de l'époque ! Selon eux, les femmes sont forcément des fées du logis stupides, c'est les hormones qui veulent ça, pas vrai ? En plus, Schwarzie n'est pas crédible dans ces singeries, on a de la peine pour lui. Et ça ne fait qu'empirer. Probablement complètement ramolli du bulbe à cause de ces hormones et bien sûr de son bonheur d'être bientôt maman (pardon papa), Schwerzenneger s'en va raconter les détails de sa grossesse à toutes les patientes qui attendent dans la salle d'attente de DeVito. Alors qu'il sait parfaitement que cette grossesse doit rester secrète. Bref. Quand vient le moment de l'accouchement, là, c'est carrément "cringe". Oui, j'ai utilisé ce mot. J'aurais aussi pu dire "malaisant", car rien d'autre ne peut décrire l'effet produit sur le spectateur. On a encore plus de peine pour tonton Schwarzie, je suis sûr qu'il a dû regretter d'avoir signé en voyant la scène où, tout en sueur, il donne naissance
à la petite "Junior".
Alors, rassurez-vous, il y a quand même des moments sympas. Le duo Schwarzenneger-DeVito fonctionne bien, et le personnage d'Emma Thompson est plutôt sympathique. Elle est d'ailleurs à peu près la seule qui arrive à nous faire sourire. Quant à Schwarzie qui se fait passer pour
une athlète est-allemande shooté aux stéroïdes
lorsqu'il arrive pour se préparer à son accouchement, c'est assez cocasse. Bon, vous l'aurez compris, c'est pas le chef-d'œuvre du siècle, mais ça permet de passer une soirée sans trop réfléchir.