La Ronde
Note moyenne
4,0
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45 critiques spectateurs

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Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 novembre 2025
La vision du film engendre un sentiment ambivalent : la mise en scène d’Ophuls est, comme d’habitude, brillante avec plans-séquence, travellings, belle photographie en noir & blanc, de Christian Matras (47 ans, 1ère collaboration sur 4 avec le réalisateur) et décors de Jean d’Eaubonne (47 ans) dans les studios Franstudio [à Saint-Maurice (Val-de-Marne)], tandis que le scénario, adapté (par Jacques Natanson, 49 ans) de la pièce éponyme (1897), écrite à 35 ans par l’Autrichien Arthur Schnitzler, n’engendre pas du tout l’empathie et l’intérêt pour les 10 personnages de la pièce, en raison de son cynisme et nihilisme. A travers 10 couples, vivant à Vienne en 1900, dont l’un des membres quitte l’autre pour en reformer un autre, tout aussi éphémère, et ainsi de suite (d’où le titre), il est beaucoup question d’amour [cf. la citation, par la femme mariée Emma, du livre « De l’amour » (1822) de Stendhal (1783-1842)] mais il est, en fait, totalement absent, le sexe étant le moteur des comportements, hommes comme femmes et totalement hors-champ [en partie pour des raisons de censure, même s’il n’y a pas de code Hays (appliqué strictement aux Etats-Unis de 1934 à 1952) en France]. Les dialogues ont un peu vieilli, plus proches de « La princesse de Clèves » (1678) de Mme de La Fayette (1634-1693) que des pièces de Tennessee Williams (1911-1983), ainsi que les personnages stéréotypés (la prostituée, le soldat, la femme de chambre, la grisette (terme totalement désuet pour désigner une ouvrière du textile, libre sexuellement), le poète et la comédienne), même si la critique des convenances et hypocrisies bourgeoises (cf. discussion dans des lits jumeaux entre le baron Charles et sa femme Emma) reste toujours d’actualité. Ne boudons pas, néanmoins, notre plaisir en revoyant la fine fleur des comédien(ne)s français(e)s des années 1950 : Simone Signoret [29 ans), Simone Simon (39 ans), Danielle Darrieux (33 ans), Odette Joyeux (36 ans), Serge Reggiani (28 ans), Daniel Gélin (29 ans), Jean-Louis Barrault (40 ans), Gérard Philipe (28 ans) et Fernand Gravey (45 ans), sans oublier l’Autrichien Anton Walbrook (54 ans) qui est le narrateur du film.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 octobre 2025
Dans une ambiance irréelle, mêlant décors factices et multiplicité d’objets, dont certains sont des accessoires théâtraux ou cinématographiques, ce qui, accentué par l’utilisation d’un narrateur aux apparitions régulières, situe bien le film dans le domaine du conte et de l’illusion, Max Ophuls nous fait suivre une succession de brèves scènes de relations amoureuses diverses et variées. Le principe du cheminement est aussi simple qu’original : du premier couple, on suit l’un des protagonistes, qui va former un nouveau couple, dont on suivra l’autre protagoniste, qui à son tour fera partie d’un nouveau couple, etc… La réalisation est par moments virtuose, souvent malicieuse. Et même s’il faut un peu de temps pour se faire au jeu proposé, on sort enchanté de cette délicieuse fantaisie.
Clntra
Clntra

41 abonnés 270 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mars 2025
Charmant ce film de Ophuls. Cette ronde aborde plusieurs aspects des rapports amoureux avec humour et sensibilité. Une galerie d'acteurs délicieux, parmi les meilleurs que le cinéma français ait produit à cette époque.
Noistillon
Noistillon

94 abonnés 408 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 juillet 2012
Un véritable ravissement pour les yeux et les oreilles. La photographie est de toute beauté, les acteurs magistraux (surtout Darrieux que je découvre enfin), la mise en scène à se pâmer. On tient là un film-somme, une véritable élégie. Max Ophuls avait bien compris que la vie peut parfois être le plus beau des spectacles et c'est ce qu'il cherche à montrer en mettant en scène cette Ronde obsédante qui emporte toute ma sympathie. Chef d'œuvre.
Liam Debruel
Liam Debruel

27 abonnés 104 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 juin 2020
Dire que le sentiment amoureux aura inspiré les esprits créateurs en tout genre serait sous-estimer le grand nombre d’œuvres, qu’importe le médium, interrogeant sur la manière dont il influence notre destinée. Max Ophüls traite donc son sujet par la bande, avec, au centre de ses récits, un narrateur, observateur complice du spectateur jugeant la manière dont les romances se répondent dans une grande boucle qui tourne éternelle, dans une ronde sans fin.

C’est un voyage vers l’ailleurs que nous propose le film, par le décor de Vienne ou la mise en scène d’une élégance, d’une délicatesse et d’une poésie intemporelles. Chaque histoire parle à la précédente dans la complexité de l’être, d’aimer de façon unique et entière, comme si ces sentiments gagnaient en magie par leur nature aussi éphémère que l’être humain lui-même. C’est un schéma général triste peut-être) mais réussissant qui réussit à souligner l’importance de l’amour dans l’existence, avec cette sensation de féérie dans le quotidien qui se ressent dès l’ouverture.

Ophüls filme dès lors d’amour habité par le merveilleux tragique, mélancolique mais sublime dans sa manière de l’inscrire dans la quotidienneté. Avec La Ronde, il nous propose un songe éveillé, un voyage à travers les méandres de l’amour dans une œuvre qui subjugue et réveille en nous les émois de nos histoires. On sort de ce rêve un peu amer, le cœur saignant aussi fort qu’à la fin d’une romance marquante. De quoi souligner le caractère intemporel et poétique de ce film…
Iloonoyeil
Iloonoyeil

88 abonnés 367 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 janvier 2025
Bonjour tout le monde,


Revenu en France , Max Ophuls signe quatre films qui sont quatre chefs-d'œuvre dont " La ronde " évidemment.

Le plan séquence d' ouverture , avec travelling, dure plus de six minutes et voilà un sommet de l' écriture cinématographique de ce virtuose de la caméra et de la direction d' acteurs. La profondeur de champ est un modèle et bien plus efficace que la " 3D" actuelle naturellement.

La vie est mouvement, alors les caméras bougent autour des gens et des thèmes qui tournent autour d' un maître de cérémonie qui annonce les différentes saynètes qui , de proche en proche , tissent ce long métrage époustouflant, surréaliste, poétique, réaliste et profondément humain !

Aimez - vous la pétillante intelligence de Max Ophuls qui est le prince du travelling ?

Bien à vous.

Gérard Michel
mac guffin
mac guffin

8 abonnés 86 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 février 2025
J'ai été ébloui par ce film, le premier que je voyais d'Ophuls. Dès le début, l'image de la ronde s'impose au cours d'un incroyable plan séquence, qui n'a rien à envier à un Orson Welles. Tout est stylisé dans ce film : décors reconstituant une Vienne de fantaisie, mouvements de caméra etourdissants, jeu constant avec le spectateur. Cette brillance de la forme, à laquelle répondent l'humour des dialogues et le talent des comédiens, contraste admirablement avec le pessimisme du propos.
Ici, l'amour est impossible et n'est qu'un jeu cruel; mais c'est le génie de ce film de nous entraîner et de nous faire accepter ce jeu fataliste.
demoph
demoph

2 abonnés 43 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 janvier 2019
La Ronde : dix petites histoires « d’amour ». Ce sont surtout des quêtes d’un plaisir fugace, où l’amour n’est qu’un prétexte, une excuse, ou même n’est pas la du tout. Les sentiments paraissent toujours capturés dans le temps et condamné à l’éphémère. Les personnages sont obsédés par le temps, et ne cessent de demander l’heure. Le plaisir ne les libère pas, bien au contraire. Et ils restent condamnés à ces vies vaines et vides et trop courtes. Un épisode clé prend le contre-pied de tous les autres, c’est celui entre le mari et son épouse, le seul où il n’y a pas de rapport charnel. Derrière l’humour des dialogues et du jeu des acteurs, Ophuls cache la description d’un couple qui ne s’aime pas mais restera uni toujours. C’est le seul épisode où les personnages ne sont pressés par le temps, mais ironiquement Ophuls le filme en posant la caméra derrière un pendule.
Joseph B
Joseph B

2 abonnés 34 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 6 août 2021
quelle ennui, j'ai tenté de tenir bon mais j'ai fini par quitte la salle 20 min avant la fin. ce film n a rien pour plaire. Et c'est le premier film de max ophul que je vois, j ai bien peur de ce que les autres me réservent
Lilali_111
Lilali_111

5 abonnés 356 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 octobre 2025
Visuellement, le film est une réussite : la reconstitution est soignée, et le casting 5 étoiles de l’époque apporte un charme indéniable. Les interprétations des acteurs, sans faute, ne laissent aucune prise à la critique. Pourtant, malgré ces atouts, l’ennui guette. Les saynètes sur des relations amoureuses, aussi bien jouées soient-elles, manquent cruellement de profondeur et peinent à captiver. Elles sont même sans grand intérêt d’un point de vue scénaristique.
JLV
JLV

2 abonnés 20 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 mars 2025
Chef d’œuvre absolu.
Je ne vois que les meilleurs films d'Orson Welles avec qui comparer ce film.
Chaque anecdote pourrait être un film en lui-même, mais Ophuls délaisse l'anecdote pour faire du cinéma. Et à chaque histoire, les dialogues, la direction d'acteur et la façon de filmer s'adapte à la nouvelle donne.
Les dessous de l'affaire sont mis en scène dès l'ouverture, avec les feux de la rampe et Monsieur Loyal.
Ophuls nous montre que le cinéma n'a rien à voir avec ce qui est raconté, mais tout avec la façon dont on le raconte en images. Des variations McGuffin de Hichcock, d'une certaine manière.
A voir, revoir, montrer et partager.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Très beau film. La forme est parfaitement maitrisée, et sous des airs triviaux, le film cache une certaine gravité. L'idée de la figure du metteur en scene/demiurge/destin est excellente et bien exploitée.
La musique, les decors sont magnifiques. Le point fort du film reside dans l'interpretaion inspirée d'une magnifique pleiade d'acteur : Signoret, Reggiani, Simons Simon, Danielle Darrieux, Jean Louis Barrault, Daniel Gelin, Gerard Philippe... Qui dit mieux ?
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 mai 2019
Je l'ai vu aujourd'hui à l'aquarium ciné café Lyon
J'ai bien aimé la mise en scène ..
Avec des acteurs et actrices formidables
Pour un vieux film ���
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 décembre 2017
Dans les décors en noir et blanc d'une Vienne idéalisée et fantasmée du début du 20ème siècle, un élégant narrateur vous prend par la main et vous fait cheminer dans les méandres de morceaux de vie ayant pour point commun de brèves passions amoureuses ou des aventures charnelles sans lendemain. C'est d'amour asymétrique qu'il s'agit, ou de la démonstration que le bonheur n'existe pas, ou seulement en de courts instants. Cette étude de moeurs est transcrite avec infiniment de finesse et de poésie, grâce à de prodigieux acteurs, une musique envoûtante, et la maestria technique de Max Ophüls (qui fut un maître pour Stanley Kubrick).
Justin Colbart
Justin Colbart

10 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 octobre 2025
Quel délice !
Ce film est gentiment poétique, avec naturellement un petit côté vintage qui va bien !
C’est la ronde des amours, de la vie, du désir et des illusions…
Mais c’est, sous l’apparence d’une conte rafraîchissant, une image assez cynique du monde…
Au passage, les hommes en prennent pour leur grade, quand les femmes semblent en fait mener le jeu !
Comme il se doit et comme d’habitude, l’écriture filmique d’Ophüls est virevoltante et virtuose !
La photographie et les lumières, savantes, les mouvements d’appareil sophistiqués et malins
Reggiani débutant fait le job
Simone Simon (la femme de chambre) fait ce qu’elle peut mais gentiment
Daniel Gélin en fait un poil beaucoup mais avec tellement de charme (et après tout c’est du théâtre) !
Danielle Darrieux est parfaite, ainsi qu’Odette Joyeux
Simon Signoret assure et rayonne
Fernand Gravey la classe, as usual
Jean-Louis Barrault hélas fait de la surcharge, mais
Gérard Philippe est génial
Et le narrateur (Anton Walbrook) est à sa place.
Ce qu’il faut constater, c’est que même dans le cadre d’un cinéma de facture « classique » (on est pas encore dans la Nouvelle Vague, qui arrive), Ophüls se permet une contruction très inventive, à distance souvent de l’action. Il y a même une scène où l’on voit le narrateur découper de la pellicule en soupirant « ah la censure ! ». Il paraît qu’en effet ce film a dû en subir les affres devant les réactions puritaines…
Ce n’est pas le premier à jouer avec les codes, et mon Godard révolutionnaire n’a pas été le premier à secouer le cocotier. Lui c’était du free jazz, ici on reste dans la musique viennoise… avec de jolies disharmonies…
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