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Isabelle Regnier6
1 critique
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5,0
Publiée le 18 février 2026
C'est un film formidable. Tourné vraiment dans le Nord. La scène où le Number One est en travaux se situe au Nouveau siècle . Le Number One est en fait l'ancien Macumba . Vers la fin , la scène de la gare se situe à Tournai en Belgique . Outre l'interprétation magistrale des acteurs, ce film a un excellant scénario , et vous montre les beautés du pays des chtis
« Le Corps de mon ennemi » est un thriller réalisé par Henri Verneuil en 1976 avec Jean-Paul Belmondo (François), Bernard Blier (Liégard) et Marie-France Pisier (la fille de Liégard) dans les rôles principaux. Les seconds rôles sont notamment interprétés par Daniel Ivernel, Claude Brosset, François Perrot, Michel Beaune et Nicole Garcia. Les dialogues sont signés Michel Audiard. L'intrigue est intéressante malgré quelques longueurs et parfois un manque de rythme en raison de l'alternance constante entre le présent et les nombreux flashbacks. Belmondo joue ici un rôle sobre, teinté d'amertume et de mélancolie. Le film est une satire de la bourgeoisie de province. Henri Verneuil montre les collusions entre le pouvoir politique, les barons de l'industrie textile et le milieu de la nuit. Le film montre aussi comment les élites locales peuvent broyer un "intrus" pour protéger leurs intérêts et leur respectabilité de façade. A noter que la musique du film est composée par Francis Lai, l'auteur de « Un homme et une femme » et de « Love Story ».
Là où tant de films de vengeance cherchent l’explosion, Le Corps de mon ennemi choisit la blessure lente : celle d’un homme trahi, mais surtout d’une ville entière qui se met à saigner. On a l'impression que François Leclercq revient dans une ville qui l’a déjà enterré vivant. Cournai n’est pas un simple décor : ses rues, ses usines, ses hôtels, ses salons bourgeois semblent encore porter la trace de son humiliation. Henri Verneuil filme moins un complot qu’une mécanique sociale : des hommes bien habillés, des sourires maîtrisés, des familles respectables, et derrière tout cela, j'ai senti une immense violence qui n’a presque jamais besoin de se montrer.
Verneuil transforme le polar de vengeance en portrait d’une France industrielle, provinciale, verrouillée par ses codes, ses intérêts et ses silences. Leclercq est d’autant plus intéressant qu’il n’est pas un pur innocent car on sent qu'il a voulu entrer dans ce monde, en a désiré les signes, avant d’en comprendre brutalement la cruauté. Jean-Pau Belmondo impressionne justement parce qu’il retient quelque chose : moins solaire, moins cabotin, plus sec, plus fatigué, mais toujours charmeur, ironique et magnétique. J'ai vraiment aimé voir Bébél se retirer pour ce film. On sent dans son regard que les sept années perdues ont laissé une fatigue impossible à effacer. Face à lui, Bernard Blier est redoutable, avec cette manière de dominer sans hausser la voix, presque aimable jusque dans la saloperie. L'un des derniers grands rôles d'un monstre sacré du cinéma français.
La construction en allers-retours donne au film une vraie profondeur de mémoire, même si elle peut parfois égarer un peu dans son puzzle. Les dialogues d’Audiard ont ce plaisir de la formule qui fait mouche, au risque parfois de rendre certaines scènes plus écrites que naturelles. J’aime beaucoup la façon dont le Nord est filmé : les cheminées, les gares, les usines et les salons donnent à la corruption une présence concrète, presque anodine. Le film reste parfois instable, entre tragédie sociale, polar noir, comédie acide et règlement de comptes à la Belmondo, mais j'ai finalement trouvé que cette instabilité fait aussi partie de son charme. Au fond, on contemple le retour d’un fantôme dans une ville qui avait cru l’avoir effacé.
Jean-Paul Belmondo en François Leclercq incarcéré pour deux crimes qu’il n’a pas commis ressort de prison 7 ans plus tard afin de régler ses comptes. Deux belles actrices l’accompagnent Marie-France Pisier et Nicole Garcia. Thème du film : Quand le textile règne dans une petite ville où l’on s’ennuie avec la drogue en contre-emploi des grenouilles de bénitier. Quelques répliques : « une fois les portes fermées, on est pas le maître de ses pensées ; Deux fois plus de ...., cela paraît impossible, le Belphégor des alcôves, quand on est en bas de l’échelle, on ne fouille pas dans le tiroir du haut, on s’était quittés sans se dire au revoir, on vient de se dire adieu en se retrouvant, vous ne pensez pas qu’un petit arrangement...tenant compte de la montée des prix et de la flambée de l’or ...Non merci !»