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stans007
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4,5
Publiée le 20 décembre 2023
Transcription cinématographique de trois nouvelles de Maupassant : Le masque, La maison Tellier et Le modèle. L’adaptation et les dialogues de Max Ophüls et Jacques Natanson sont parfaitement réussis et totalement dans l’esprit cynique et précis de l’auteur. La maison Tellier est un bijou de justesse avec un voyage en train homérique, l’émoi à la communion, l’attitude ambigüe de Jean Gabin et l’élégance des femmes de l’époque même pour les cocottes. La troisième nouvelle « Le modèle » est également excellente et se termine par un ambigu : « Mais mon cher, le bonheur n’est pas gai. »
Sur le fond comme sur la forme, Le plaisir est sans conteste le plus beau film à sketchs jamais réalisé, ce style étant surtout utilisé dans les comédies. En effet, cette splendide réflexion sur la recherche du bonheur est filmée dans de très beaux décors et avec des effets de caméra en mouvements perpétuels, un système de mise en scène vivante que bien des cinéastes ont plus tard repris à Max Ophüls. Adapté de trois nouvelles de Maupassant, dont on retrouve d’ailleurs la verve poétique, ce long-métrage donne tant sa place au talent de ses acteurs qu’à la sobriété de son propos.
Une mise en scène excellente tous les plans et mouvements de caméra sont sublimes. Les dialogues et décors arrivent a donné du charme, de ce côté là je trouve ce film réussi. Mais les nouvelles adaptées ici ne sont pas à mon goût, les deux histoires les plus intéressantes (et même celle-ci ne sont pas grandiose) sont les deux plus courtes et elles ne durent que à peine 15 minutes chacune. Je croyais voir un film plus flamboyant au vue des critiques incroyables de ce film.
En une parfaite union de la maîtrise stylistique de Maupassant (dont trois nouvelles constituent l'essence du film) et de l'art cinématographique de Maximillian Oppenheimer, dit Max Ophüls, ce film réjouit. Car quand bien même le ton est triste et le contenu de l'histoire avoué à l'avance, on tient de l'un trois histoires intemporelles et rêveuses, et de l'autre un traitement peu banal des plans longs durant lesquels la caméra va et vient sur une ligne fixe. Un film à sketches donc, mais aussi une oeuvre très poétique qui donne envie de vivre les époques dont elle parle, et dont on tire à tous les coups du...plaisir !
Réflexion sur la recherche du bonheur qui se termine par la sentence "Le bonheur n’est pas gai". Excellent film à la mise en scène virtuose et aux univers particulièrement bien retranscrits par un luxe de détails, au niveau des décors, des costumes ou de l'ambiance générale (frénésie de la maison de bal, bucolisme de la campagne normande parcourue en petit train à vapeur (avec wagon-compartiment réservé aux dames) ou en charrette, merveilleuses notations de saynètes marginales (représentant en jarretières trop entreprenant sous un tunnel...). Superbe interprétation de la fine fleur des comédiens français de l'époque. Réalisation brillante, virevoltante avec des travellings incessants et une caméra vertigineuse à la limite excessive à donner le tournis.
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5,0
Publiée le 1 mars 2021
Le bonheur dit le narrateur à la fin n'est pas une plaisanterie. Et le film le croit même si à mesure qu'il montre des aperçus d'enfants jouant avec des cerfs-volants et des chaises joliment placées sur la plage il continue d'évoquer la grâce et l'élégance tourbillonnantes de la composition qui marquent chaque instant du film. Bien plus imprévisible et radical que la plupart des films le point culminant est la deuxième histoire qui semble d'abord être celle d'un groupe d'hommes qui se réunissent un soir où la maison close est fermée. Puis il suit le voyage des prostituées à la campagne avec un délicieux interlude dans le train alors qu'elles partagent le compartiment avec un vieux couple de paysans et un grand vendeur puis elles retournent à la maison close. La caméra de Max Ophüls fait des panoramiques délirants autour des fenêtres depuis l'extérieur alors que l'endroit se remplit de danse, déversant fête et plaisir. Les nombreuses surprises de cette histoire évoquent parfaitement l'énorme étendue de l'expérience émotionnelle humaine. Elle touche à tant de rêves d'évasion alors que les deux autres épisodes beaucoup plus courts et sombres nous rappellent le prix occasionnel de tels rêves...
Bonjour tout le monde, Tout est virtuose dans ce chef d'œuvre de Max Ophuls qui adapte trois contes de Guy de Maupassant ! La science des travellings traduit la vie capturée avec plaisir et vie ! Cordialement. Gérard Michel
Loin des œuvres monolithiques et dépourvues de toute subtilité, le Plaisir est un film que l’on peut voir et revoir sans jamais se lasser ; c’est un tableau plein de fraicheur, il en sort une image radieuse… Dès les premières secondes, dans l’obscurité, une voix off (Jean Servais) s’élève du néant et se présente a nous comme étant Maupassant, et nous emporte dans chacune des trois histoires. La première séquence du bal est vertigineuse, la caméra valse au milieu des personnages et nous communique leur frénésie avec une rare intensité. Tous au long du film cette camera poursuit sa trajectoire sans jamais s'éterniser, dans une totale fluidité qui est propre au cinéma d’Ophüls. Un casting formidable, des commentaires et dialogues qui déploient les richesses de la langue française. Ce film cultive la joie de vivre, même s’il est boudé par certain a cause de son coté pessimiste ; c’est que lorsque l’on traite du plaisir en tant que satisfaction des désirs il ne faut pas s’attendre a ce qu’on flatte vos illusions… Aussi quand Ophüls prend le partie de filmer la maison Tellier de l’extérieur, on pourrait penser que c’est une manière de dénoncer la prostitution. La conclusion est que le plaisir n’est pas à confondre avec le bonheur et « qu’il n’est pas de bonheur positif » comme disait Schopenhauer. Quoi qu’il en soit cette œuvre nous confie qu’il ne suffit pas de vivre pour jouir, mais vivre de vivre, vivre de célébrer l’existence.
Exellent film, comme tout les Ophüls d'ailleurs. L'adaptation est exellente et la mise en scène virtuose comme d'habitude. Ophüls ne filme aucun plan fixe et nous offre quelques longs plan-séquence agrémenté d'une photographie magnifique et des travellings vertigineux qui ont fait sa renommer et dont d'autres cinéaste, notemment Kubrick, ce sont inspiré. L'interprétation est superbe, mais en particulier celles de Gabin et de Darrieux, qui sont surrement les personnages les plus attachant grâce à leurs charismes hors du commun. La mise en scène d'Ophüls dans "Le modèle" est moins puissante, moins présente que dans les deux autres, mais le film n'en souffre aucunement, car elle est tout de même d'un niveau exeptionnelle. La voix-off est très bien utilisé et grâce à elle le film garde un certain équilibre entre les nouvelles de Maupassant et une adaptation cinématographique qui ne les aurait pas respecté. En fin de compte, c'est un essentiel d'Ophüls à ne pas manquer.
Un film d’époque, en grande partie tourné en studio, avec une image et un son parfait et une très bonne mise en scène, dans des décors labyrinthiques à la Maurits Cornelis Escher. On apprécie de revoir nos anciens acteurs célèbres, lorsqu’ils étaient si jeunes. On pourrait dire de ce film qu’il est « bouddhiste », au sens où, au travers de la scénarisation de trois nouvelles de Maupassant, ressort le thème de dukkha, la souffrance absolue, celle qui accompagne inexorablement tous nos désirs et nos plaisirs. Ce sont donc des fables modernes, parfois un peu difficiles à saisir. Chacun, je crois, trouvera dans ce film une émotion tout à fait personnelle. Pour ma part, j’ai adoré la scène duspoiler: petit vallon à l’herbe haute, où ces dames, en chantant, s’en vont cueillir des brassées de fleurs des champs et où cet homme s’excuse de sa brutalité envers l’une d’entre elles .
C'est Maupassant et le réalisateur Max Ophüls qui m'ont incité à regarder ce film à sketchs, genre dont je ne suis pas fan. Ça se regarde, c'est plaisant mais sans plus malgré une grande distribution : Claude Dauphin, Gaby Morlay, Jean Gabin, Danielle Darrieux, Madeleine Renaud, Ginette Leclerc, Pierre Brasseur, Daniel Gélin, Simone Simon. "Le plaisir" comprend 3 histoires "Le masque" (elle mérite à elle seule 3,5 sur 5), "La maison Tellier ensuite (2,5 sur 5) et enfin "Le modèle", pas terrible (2 sur 5). Le film "La ronde" réalisé aussi par Max Ophüls est amplement mieux..
Une vraie belle partition du maître Ophuls! Les trois nouvelles de Maupassant traitées dans “Le Plaisir” sont toutes aussi réussies, mais c'est bien “La maison Tellier” qui emporte le morceau, autant en qualité qu'en quantité. Le double portrait des clients de la maison d'une part (truculent), et des dames qui y travaillent d'autre part (touchantes) est un modèle du genre. Quant au dimanche à la campagne, on s'en régale...
En dehors du troisième sketch ce film de Max Ophuls reste un petit chef d'oeuvre car le cinéaste y fait preuve d'une grande sensibilité romantique et esthétique...