Mélodrame baroque assez surprenant de la part d’Hitchcock. Un film assez ennuyant, des dialogues interminables, excepté la patte du maître dans quelques scènes. Côté interprétation, Joseph Cotten se démarque nettement.
Une oeuvre de 1949 signée Hitchcock. Les acteurs et actrices à l'affiche ont du charme et du charisme, c'est grâce à eux que l'on suit avec intérêt le récit, et grâce à une belle et intrigante mise en scène .
Si la romance en costumes sied moins à Alfred Hitchcock, force est de constater la singularité de composition de son trio de personnages qui de prime abord semble obéir au triangle amoureux conventionnel avant d’en déjouer les attentes : la rivalité initiale entre deux hommes séparés par leurs origines et par leurs milieux mute en entraide sensible, les prédispositions de l’étranger fraîchement débarqué ne suffisent pas à l’engager dans un adultère. Se met en place une belle et solide amitié dans laquelle trouvent à s’exprimer le sentiment apatride ainsi que le poids d’une culpabilité, sujet réaliste que le film engage dans un fantastique ténu – tout entier symbolisé par la tête réduite. Le manoir au milieu de nulle part dessine les contours d’un huis clos que la caméra et les décors désamorcent par un souci de s’ouvrir sur l’extérieur : les plans d’ouverture et de clausule présentent l’Australie comme une terre de passage, comme une terre indiquée sur une carte géographique puis comme un port. Face à cette ouverture recherchée par mis en scène et personnages se dressent des antagonistes qui se complaisent dans les rumeurs et entachent la colonie des mêmes souillures vicieuses que celles du continent ; ils causent et encouragent l’ostracisation du trio en ramenant à leur mémoire ses mauvaises actions passées, ce qui conduit ce dernier à concevoir des stratégies d’évitement puis de fuite, à réenchanter un quotidien sinon routinier, à reconquérir un territoire pourtant déjà conquis : cela est retranscrit à l’image par une articulation entre séquences intimes (dans la chambre à coucher) et publiques (le repas, le bal, la cuisine) dotée de très belles idées de réalisation, tel ce miroir improvisé au moyen d’une veste placée derrière une vitre. Une réussite, que rallongent inutilement des dialogues pompeux.
Sur la forme, la nature romanesque de l'histoire peut surprendre de la part d'Hitchcock. De même que l'absence de mouvement et de différents lieux éloigne le cinéaste de ses créations les plus représentatives. Ce film sans ostentation n'a pas grand'chose à voir avec "La mort aux trousses" pour ne citer que ce film... Toutefois, le sujet en lui-même permet à Hitchcock d'exploiter quelques uns de ses thèmes . Le suspense, relatif puisqu'il ne s'agit pas d'un film policier, est ici d'ordre psychologique et lié au passé trouble et énigmatique d'un couple désuni. Le drame est celui d'une femme alcoolique (Ingrid Bergman, plus belle que jamais pourtant) dont on voudrait deviner le secret enfoui. Aussi, le film n'est pas sans rappeler "La maison du docteur Edwards". mais ce n'est pas Ingrid Bergman qui mène l'enquête ici. Ce rôle est dévolu à Michael Wilding, qui joue un noble irlandais un peu fade et, pour l'anecdote, sujet d'une ambiguïté comme les aimait Hitchcock... Le réalisateur se plait à donner une vulnérabilité à chacun des personnages; celle de Joseph Cotten, l'époux, excellent dans la dureté et la sobriété, en roturier complexé, apparait au second plan de ce drame finalement bien identifiable à son auteur.
Échec commercial à sa sortie, peu aimé du grand public et de la critique, " les amants du capricorne" (1949) tomba dans l'oubli avant sa ressortie en 1970.
Produit par Hitchcock lui-même, il est ( avec " le grand alibi") un des deux titres qui signa momentanément le retour du cinéaste en Angleterre.
L'insuccès du film auprès du grand public est sans doute compréhensible en ce que ce dernier associe de façon systématique le cinéaste comme maître du suspens.
Or dans " les amants du capricorne ", il faut bien reconnaître que le suspens est presque inexistant.
On a surtout affaire à un scénario de couleur romantique qui verse dans l'introspection ( il y a un secret de famille diront nous) et une critique sociale sur fond de lutte des classes.
D'autres éléments ont été avancés pour justifier l'insuccès du film : différend pesant sur le tournage entre Ingrid Bergman et Hitchcock ( il avait pourtant beaucoup fait pour l'avoir au générique), le scénario dans son dernier tiers, l'exercice formel que s'est imposé Hitchcock ( longs plans séquences qui irriterent Ingrid Bergman).
Pourtant, le titre mérite d'être largement d'être connu ( il vaut beaucoup mieux que sa réputation) , mais reconnaissons qu'il ne s'adresse pas, avant tout, au grand public.
Son 'intérêt est ailleurs que dans un suspens distrayant. Il me semble qu'on peut le placer aux côtés de " Rebecca" et de " Marnie", deux autres portraits de femmes traumatisées par un passé refoulé et tragique.
A y regarder de près, le scénario est particulièrement sordide, pesant, traumatisant et le fait qu'il soie situé dans l'Australie du XIX ème siècle n' est sans doute pas le fruit du hasard.
Liaison entre un territoire éloigné, lointain, ou vu d'Angleterre on ne sait pas grand chose et souvenirs douloureux qu'on essaye de refouler sans y parvenir.
On notera que Michael Wilding fut un des époux d'Elizabeth Taylor qui eût deux de ses quatre enfants avec lui ( les deux autres le seront avec Richard Burton).
Le travail de Jack Cardiff sur la couleur est aussi particulièrement admirable
Un Hitchcock inattendu, sensible, romanesque et surtout soporifique. Le tout baigne dans un classicisme qui plonge progressivement le spectateur dans une torpeur inéluctable. S'il réussit quand même quelques plans séquences, sa réalisation se montre assez molle et flirte régulièrement avec l'ennui peut-être due aux longues tirades inintéressantes De beaux décors cependant avec la Technicolor flamboyante.
Premier film de Hitchcock tourné en costume dépoque et ce sera le seul et unique ! Ayant un budget de 2 millions de dollars, les recettes du film nont pas réussi à rembourser son financement. Je trouve ça assez logique dailleurs, il est difficile dapprécier un film tel que celui-là. Les formules scénaristiques qui faisaient la force dHitchcock ont ici disparues, se risquant à linnovation, il savait quil prenait un risque déchec. Lintrigue est ici mince, très mince. Beaucoup de dialogues sont dune niaiserie et dune longueur telle que lon ne peut accrocher. Le suspense est de plus absent, jamais je nai ressenti lenvie de connaître la suite de lhistoire. Lensemble est assez plat, Hitchcock a voulu essayer un autre genre, une sorte de thriller romanesque qui malheureusement ne fonctionne pas. Ingrid Bergman, une star de lépoque, narrive pas à me convaincre et les autres acteurs nont plus. Une uvre du maître qui est très loin dégaler ses meilleures réalisations tel Psychose ou Vertigo. A voir peut être simplement pour connaître, découvrir. Mais cette découverte ne vous apportera pas grand chose à part l'ennui. Un film qui a beaucoup vieilli, les dialogues sont un peu risible car anciens. Une aparté dans la carrière d'Hitchcock qui n'a pas fait de lui ce qu'il est devenu. Une oeuvre mineure dans la filmographie de Alfred que je déconseille quand même car elle est très rébarbative et sans grand intéret.
Un échec. ce film est un échec pour Hitchcock avec "la corde". Les costumes ne cassent vraiment rien. Il y a peu d'action. L'oeuvre est longue et un peu ennuyeuse. sans doute le moins bon film de Hitchcock. J'ai mis 2 petites étoiles car c'est de lui et c'est un petit film divertissant. Mais sur ce coup le réalisateur est un peu décevant et ne reflètent pas vraiment ses réels talents. c'est pour cela que "les amants du capricorne" fait partie de ses films les moins connues.
"Under Capricorn" d'Alfred Hitchcock, daté de 1949 se situe dans la continuité de "Rope" réalisé un an auparavant. Je m'explique : le maître a toujours été attiré par les défis techniques et s'avérait à l'époque être particulièrement fasciné par les plans-séquences. Ici, c'est une véritable démonstration de force technique purement Hitchcockienne à laquelle nous sommes conviés du début à la fin, orchestrant de sublimes images à la beauté envoûtante, nous emportant définitivement ailleurs le temps de quelques savantes dilatations de temps extrêmement complexes et audacieuses, notamment au niveau des mouvements de caméra s'avérant assez hallucinants. L'espace n'a quasiment pas de limites tant le cadre, léger, semble s'envoler à la poursuite des personnages se déplaçant avec une grâce surprenante. Le cinéma est parfois redéfini, laissant sa place la plus grande à l'aspect visuel, essentiel à la construction d'un art dont Hitch avait saisi bien des secrets. La photographie est extraordinaire, les couleurs permettent de nombreuses tentatives d'éclairage superbes, le tout formant une esthétique absolument irréprochable surdimenssionnant les démarches presque divines des protagonistes. Lorsque qu'Ingrid Bergman apparaît à l'écran, c'est l'apogée : l'interprétation prend vie et les caractères un peu endormis sont mis en relief. De l'épaisseur, la géniale actrice ne fait qu'en donner malgré un jeu risqué recelant quelquefois de l'outrance. Peu importe, le lyrisme acquiert une dimension indescriptible et possède une variété incroyable. Entourage inhabituel pourtant où le cinéaste met en scène une oeuvre d'époque, en costumes, baroque, troublante. Si la forme prend très nettement le dessus sur le fond, ce dernier est carrément eclipsé voire mangé par des images retenant notre attention. Les plus grandes qualités d'"Under Capricorn" résident dans sa mise en scène. C'est aussi sa faiblesse tant on se voit désintéressé de tout le reste.
Alfred Hitchcock surprend en réalisant un film de costumes, lui qu’on appelle le maître du suspens. Under Capricorn est un échec commercial à sa sortie, et Hitchcock sait aussi où il s’est trompé. En effet, le scénario paraît assez bâclé surtout sur la fin. Ce film est quand même une démonstration de force avec de longs plans-séquences qui apporte de la fluidité au film mais qui n’atteint pas le précédent film d’Hitchcock, la Corde.
Déception que ces Amants du Capricorne. Le scénario, qui est pourtant l'une des grandes forces habituelles d'Hithcock, est ici seulement un prétexte pour montrer deux amants se déchirant, et l'apparition d'un troisième personnage essayant de développer la situation. Malgré les somptueuses couleurs du film, et la photographie remarquable de Jack Cardiff, on ne rentre jamais réellement dedans, et seuls quelques scènes sont réellement accrocheuses. L'interprétation est elle correcte, mais on avait déja vu Ingrid Bergman, Joseph Cotten et Michael Wilding plus à l'aise dans d'autres films. On est plus respectueux que réellement emballé par cette oeuvre d'Hitchcock, et c'est finalement bien cela qui nous décoit.
Pourquoi visionner ce film qui a 75ans !! Juste 3 raisons, le titre enchanteur et prometteur, Alfred Hitchcock pour sa renommée et Ingrid Bergman célèbre pour ses rôles dans des films emblématiques comme 'Casablanca' et 'Jeanne d'Arc', ce qui a fait d'elle une icône du cinéma. En 1851 l'Irlandais Charles Adare, neveu du gouverneur décide de s'installer en Australie. L'Australie est une colonie anglaise qui se veut être qu'une pâle imitation de la noblesse de son pays d'origine. Il se lie d'amitié avec Sam Flusky, ancien forçat devenu riche propriétaire terrien. N'écoutant pas les conseils de son entourage le prévenant, « Si le vieux Flusky vous invite chez lui, n'y allez pas », il emménage chez cet homme dont il ne connaît rien. Dur en affaire ce Flusky n'est pas du genre à plaisanter. Il emploie d'anciens détenus qu'il renvoie sans ménagement en prison quand ces derniers ne le satisfont pas. Les dames de cette ébauche de haute société, femmes des invités à dîner chez lui, semblent volontairement refuser l'invitation. Cet homme tout riche qu'il soit, elles ne l'acceptent pas dans leur rang. C'est à ce repas que Charles Adare croise pour la première fois depuis sa jeunesse Madame Flusky qui n'est autre qu'une de ses cousines Lady Harrietta. Il découvre qu'elle devenue alcoolique, à bout de nerfs, éteinte, en grande dépression et terrorisée par sa gouvernante Milly. Tout en s’efforçant de la guérir, de la soutenir, il s’éprend de la belle épouse. C'est vrai qu'Ingrid Bergman est toute en beauté dans ce rôle de femme torturée sous l'influence d'un lourd passé. Il l'encourage, la complimente, la séduit. Lady Harrietta retrouve ses lettres de noblesse et s'en va danser. Au bal du gouverneur, auquel il n'est jamais invité, Sam Flusky fait un scandale en venant rejoindre sa femme. Voilà une romance qui a failli bien mal finir. Il faut connaître la vérité sur la tragique histoire qui unit Sam et Harrietta pour comprendre leur sens du sacrifice. Même l 'élégant et charmeur Charles Adare ne peut que s'incliner devant une si belle et grande preuve d'amour. Ma note sera de 2,66 A cause du vieillissement général de ce film, qui reste quand même un beau roman, une belle histoire, une romance d'il y a très longtemps.
Sorti en 1949, Under Capricorn (titre français : Les amants du Capricorne) est un film britannique d’Alfred Hitchcock. L’un des rares films d’époque du réalisateur, l’histoire se déroule en Australie, à l’époque où, colonisée, elle recevait des bagnards anglais pour participer à la construction du pays. Ce film a pour mérite de faire découvrir à ceux qui l’ignoraient que ce territoire était alors celui des possibles, où les prisonniers par leur labeur pouvaient s’émanciper (du moins partiellement, le passé n’étant jamais totalement effacé) et faire fortune. C’est ainsi que M. Flusky, ancien bagnard, résidant une demeure luxueuse où il fait également travailler des prisonniers, est marié à une ancienne noble irlandaise, Henrietta. Celle-ci, dont le mariage est honni par sa caste, vit recluse et alcoolique, marquant en outre sa dépendance envers la gouvernante de maison, également une condamnée, qui n’a d’yeux que pour son maître dont elle partage la même origine sociale, et manigance pour affaiblir Henrietta. Le couple cache un terrible secret dont les circonstances amèneront à sa révélation. Le film repose sur l’évolution des relations entre les différentes protagonistes, mais il pâtit malheureusement de longueurs qui ne permettent pas de rester captiver tout du long. A noter toutefois des plans séquences remarquables, comme les mouvements de caméra à la première apparition de Henrietta (incarnée par Ingrid Bergman, dont on sent que l’œuvre tourne surtout autour de son personnage). Si Milly, la gouvernante, fait quant à elle immédiatement penser à la vampirique Mme Danvers de Rebecca (oscarisée pour ce rôle), précédente réalisation de Hitchcock, elle n’en est cependant pas à la hauteur, surjouant certaines répliques. En revanche, tout le génie hitchcockien se retrouve dans la scène anthologique de la nuit d’orage, où la tension et l’angoisse culminent à travers les yeux de Henrietta découvrant le manège de sa domestique ; c’est un pur et grand moment de cinéma qui mérite le visionnage de ce film, malgré la faiblesse du reste.
Beau film d'Hitchcock, même si différent des classiques plus connus et plus riches en suspens. Les acteurs masculins sont très bons ( les tirades d'Ingrid Bergmann sont parfois longues) Magnifique moment à la fin du film spoiler: quand Adare corrobore la version d'Hattie sur sa blessure et qu'elle glisse sa main dans la sienne