Un peu à l’image de la Traversée de Paris (que j’ai critiqué précédemment), les Tontons Flingueurs est un film dont la réputation me semble un tantinet surfaite. Attention, j’ai du le voir au moins cinq ou six fois et je le reverrais sans nul doute encore avec bonheur. Mais, quelque soit le plaisir qu’on prend, ce n’est objectivement pas un chef d’œuvre. L’histoire n’est qu’un vaste prétexte, il y a de sérieuses longueurs et on est loin de se fendre la poire à chaque plan, comme par exemple dans le Père Noël est une ordure. Qu’est-ce qui fait le charme de ce film dans ce cas ? Eh bien, exactement comme dans la Traversée de Paris : les dialogues et les acteurs. On sent entre ces derniers une réelle complicité qui éclabousse la pellicule, et on prend vraiment de la joie à voir évoluer cette bande de copains à l’écran. Le summum est bien sûr atteint lors de la fameuse scène de la cuisine. Imaginez : Ventura, Blier, Blanche, Lefebvre et Dalban dans un même plan, c’est quand même le pied ! Le tout desservi par la merveilleuse gouaille du grand Audiard, qui nous offre ici quelques unes de ses plus belles répliques. (« Quand ça change, ça change, faut jamais se laisser démonter », « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît », « Quand le lion est mort, les chacals se disputent l’empire »). Les seconds rôles sont du reste tous excellents, et apportent leurs « gueules » ou leur talent à chaque scène. Citons en particulier Claude Rich, dont la cohabitation avec Monsieur Fernand est assez jouissive.
Bref, ce film est l’exact opposé de l’Odyssée de l’Espace pour moi. Formellement, c’est loin d’être un chef d’œuvre mais en terme de plaisir de visionnage, c’est un véritable régal. Et après tout, c’est ça qu’on recherche au cinéma non ?