On peut dire que ce film est une version moins édulcorée de "Autant en Emporte le Vent" (1939) tandis qu'il est une référence nette dans "Django Unchained" (2012). On pense aussi au récent "12 Years a Slave" (2013) mais "Mandingo" est plus fort émotionnellement car la violence y est plus brutale et animale, les sentiments plus exacerbés et avec un degré de réalisme qui fait froid dans le dos. Le récit se lit sur différents niveaux : relation sexuelle entre blanc/noir, convenances, procréation, droits des uns devoirs des autres... etc... Un récit dense et parfaitement cohérent dans son évolution avec, mine de rien, un système qui est déjà dans le déclin. Site : Selenie
Il ne s'agit pas du meilleur film de R. Fleischer, mais il s'agit sans doute de l'un de ses derniers grands films, bien qu'il soit un peu inégal. Le sujet est terriblement brûlant à l'époque où il l'aborde, tandis que nous voyons et encaissons durant plus de 2h le comportement abject, voire souvent inhumain, infligé aux esclaves par les riches propriétaires du Sud. Les dialogues sont terrifiants, les acteurs excellents tandis que l'histoire épouse un certain style romanesque. Au niveau mise en scène, Fleischer s'en tire plutôt bien, avec toujours ce rythme impeccable ainsi qu'une certaine facilité à découper ses scènes, le tout avec quelques mouvements de caméra proprement bluffants. Quant aux personnage,s aucun d'entre eux n'est assez sympathique ou attachant pour que l'on se raccroche à l'un d'entre eux, si ce n'est pas intermittence. En effet, le père (J. Mason, pas génial et peu motivé) est parfois sympathique mais c'est aussi un monstre parfois froid, le "héros" joué par P. KIng (futur Cody dans "Riptide") est sincèrement amoureux de son esclave et a quelques éclairs d'humanité mais il commet certains actes abjects et la jeune femme (S. George) est parfois attachante, on la sent victime de sa famille mais elle est aussi jalouse, manipulatrice et perverse. Quant à Mandingo, est demeure avant tout l'esclave des situations. Bref, un film intéressant, parcouru de séquences brillantes, une description du Vieux Sud qui fait froid dans le dos, avec une atmosphère moite bien rendue. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
je viens de visionner "12 years a slave", franchement déçu, je préfère mille fois MANDINGO, envoûtant, fort, une histoire d'amour, de cruauté, qui donne à réfléchir au delà du film, il faut lire le roman aussi.
On a du mal à comprendre que le film ait pu être qualifié de raciste par certains critiques à sa sortie. Nous sommes en présence d'une charge féroce contre la société sudiste esclavagiste, d'une sorte de "anti Autant en emporte le vent". Mandingo a d'ailleurs très probablement inspiré Quentin Tarantino pour son Django. Sans doute le film est-il plus spectaculaire, plus commercial, plus voyeur et provocateur que "12 years a slave", surtout en 1975, mais il n'en reste pas moins un des meilleurs films anti esclavagistes. Tous les acteurs sont excellents, à commencer par James Mason dans son rôle d'ignoble propriétaire raciste et Susan Georges dans celui de la femme blanche alcoolique et frustrée. Une révolte d'esclaves est esquissée dans le film, mais le livre dont est tiré Mandingo se terminait par une autre révolte de plus grande ampleur. On regrette que cet aspect n'ait pas été développé, mais le film a été coupé de plus d'une heure et demi ! Voici donc une oeuvre majeure du grand Richard Fleisher injustement démolie. A redécouvrir au moment où on encense injustement le pensum de Spielberg, Lincoln, qui cherche à nous faire croire que l'émancipation des esclaves serait l'oeuvre d'une poignée de politiciens blancs corrompus, en oubliant les luttes menées par les Afro-américains !