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Mikaël D
10 abonnés
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5,0
Publiée le 4 juin 2025
C'est mon film préféré de Fellini, avec le trop méconnu Il bidone (et son immense interprète Broderick Crawford). La première heure a vieilli même si on la suit sans déplaisir. Puis vient une sublime scène de music-hall, et comme aurait pu dire Borges, on comprend tout ce que Fellini doit à Woody Allen. Le dernier quart d'heure est absolument scotchant, terrible, rattrapé in extremis par un petit sourire inoubliable de Giulietta.
Cinématographiquement c'est très bien. Belle photo, mise en scène délicate et interprétation de Giuletta Massina au top de sa carrière. Elle est juste rayonnante et fragile à la fois, belle et laide, forte et faible, attachante et agaçante. Bref elle est parfaite. Par contre ce qui me gêne dans ce film c'est le traitement que Fellini fait ici des prostituées. Qu'il filme avec légèreté et qu'il montre des femmes heureuses et assumées en évitant toute scène de leur réalité macabre et sordide. C'est l'époque sans doute qui veut cela mais en regardant ce film en 2021, ça paraît bien désuet et pour du neo-realisme bien faux...
Les Nuits de Cabiria est un film dont les pérépéties ont beaucoup vieilli, mais ou la sensibilité de Fréderico Fellini est intacte. Difficile de ne pas tiquer devant la candeur de Cabiria, qui ne fait pourtant pas un métier des plus simple...En fait, le film est plus perspicace quand il dresse le portrait des hommes que Cabiria rencontre, indécis, toujours à l'endroit ou ils ne voudraient pas être, bonimenteurs. La mise en scène de Fellini est superbe et la photographie l'est tout autant, s'attardant sur les visages d'une vie difficile, mais ou la beauté peut percer à l'image des yeux de Giuletta Maseni, ouverts et pétillants, les même que ceux qu'elle avait dans la Strada, et que son mari de cinéaste avait si bien filmé. Beau plan final, ou malgré les injustices, les coups bas, les espoirs envolés, le spectacle continue.
Peinture d'une prostituée supposément pathétique mais profondément agaçante, pétrie d'illusions, vivant dans le déni de sa situation réelle jusqu'à l'absurde, ce drame de la vie misérable figure la frustration, la mythomanie, l'orgueil de la douleur dans le regard intense de Giulietta Masina. Itinéraire sans surprise ni émotion, le destin de Cabiria semble une image documentaire de l'inanité de l'existence. Dénonçant l'exploitation du désespoir que se permettent religion superstitieuse (hystérie collective lors de la procession à la Vierge) et hommes sans scrupule (déculpabilisés par la crédulité émerveillée de l'héroïne), la mise en scène s'appuie surtout sur sa photographie. Un déroutant appel à la résilience...
"Les nuits de Cabiria", c'est juste un chef-d’œuvre et je pèse mes mots. Un film tellement puissant ( la scène de la falaise ), qu'il faudrait inventer de nouveaux mots, pour le décrire. L histoire dramatique de Cabiria, une prostituer depuis l'âge de huit, cherche le prince charmant. l'homme qui la sortiras de cette vie minable... Fellini, nous prouve encore une fois, après "La strada", que c'est un génie. GRANDIOSE !!!
La très touchante histoire d'une femme cherchant l'amour au milieu d'Italiens perdus, arnaqueurs, misogynes... L'actrice, parfaite, est l'excuse pour Fellini d'explorer Rome dans ces quartiers pauvres où la prostitution accentue les guerres d'ego, la religion prouve le désespoir d'un peuple, l'argent l'absence de bonheur simple et comme souvent l'absence de justice dans un monde profondément vicié. Les thèmes classiques de Fellini mais dans un film simple dans son traitement, loin du génie / folie de ces œuvres les plus célèbres. Un film parfaitement juste, touchant, mais finalement moins marquant par tant de retenue, malgré la dureté de son propos et le brio de l'ensemble.
Portrait d'une prostituée pleine de vie mais candide. Une œuvre tendre et touchante portée par la mise en scène brillante de Fellini, l'interprétation de sa femme, l'attachante et géniale Giulietta Massina et la sublime BO de Nino Rota. Oscar du meilleur film étranger.
L'histoire d'une prostituée, gentille mais candide qui n'a eu de cesse d'être maltraîtée, rabrouée, congédiée ou flouée par les hommes. C'est quand Fellini fait simple que naissent ses meilleurs films. C'est quand il parle des "petites gens", des cabossés de la vie, des laissés pour compte ou des marginaux que tout son génie se manifeste. Parce qu'il fait de ses personnages pathétiques des personnages que l'on a envie d'aimer. En cela, "Les nuits de Cabiria" sonne aussi juste que sonnait "La strada" ou que sonneront "Fellini Roma" et "Amarcord". Comme attendu, la Masina y est parfaite. Campant une Cabiria à la fois touchante, émouvante et attachante. Là où certaines cherchent le confort, l'argent et la maison, elle ne recherche qu'une chose, la plus difficile à trouver : l'amour. En son temps, beaucoup lui ont contesté ses talents d'actrice, disant d'elle que son seul talent était d'être la compagne de Fellini. Sauf que ceux-là n'ont jamais compris une chose, ou n'ont jamais voulu la comprendre : de par sa qualité de compagnon (mais pas que), Fellini a su en obtenir le meilleur car il avait compris qui était vraiment la Masina : une enfant piégée dans un corps de femme. Les années passent et la beauté du truc reste. Comme dit dans une réplique d'un sublime français de 1962 : les choses entraînent les choses, le bidule crée le bidule, y a pas de hasard.
Réalisé en 1957, Les nuits de Cabiria est l’ultime film de Fellini encore marqué par les codes du néoréalisme, qu’il abandonnera définitivement trois ans plus tard pour le faste et la densité narrative de La dolce vita. Dans cette balade qui oscille entre drame et comédie, la fascination de Fellini pour le music-hall, la fête, le cirque et le foisonnement des personnages commence cependant à se faire ressentir. Porté par l’incroyable et chaplinesque Giulietta Masina, qui fut la femme du cinéaste de 1943 à sa mort, Les nuits de Cabiria est le portrait d’une prostituée peu épargnée par la méchanceté et la bassesse des hommes qu’elle fréquente, mais qui garde malgré tout une foi naïve et contagieuse en la vie. Sa silhouette de clown triste, qui erre dans les rues de Rome, est aussi l’occasion de dresser le portrait de la capitale italienne de la nuit et des quartiers populaires dans les années 50. Magistralement mis en scène, ce film dégage une douce mélancolie et une belle tristesse qui semblent résumer à elles seules toute l’ambivalence de l’existence.
D’où vient cette impression que Le notti di Cabiria s’écoule divinement sans que les coupes, pourtant brutales, agençant les séquences ne viennent interrompre le spectacle d’une renaissance à la vie teintée de noirceur et de mélancolie ? Federico Fellini compose un conte moderne en partant du plus vieux métier du monde, qu’il saisit dans son langage si particulier – aidé en cela par Pier Paolo Pasolini – dont le franc-parler dénude la crudité de la réalité autant qu’il rejoue les clichés inhérents à l’amour, à la réussite et à la rédemption qui définissent la société italienne. Aussi le personnage de Cabiria est-il tiraillé entre sa gouaille démystificatrice et sa foi en une romance placée sous le signe du rachat des fautes, trouvant ainsi une densité et une authenticité remarquables. Ce que capte Fellini, ce sont des tranches de vie qui partent de la réalité triviale pour peu à peu s’affranchir de leur ancrage terrestre et s’élever vers la rêverie pure ; en témoigne la séquence-pivot au cours de laquelle notre personnage principal est envoûté par un magicien de foire jusqu’à rencontrer, par fantasmes interposés, son ravisseur. La sublime photographie, que signent Otello Martelli – grand habitué du cinéma de Fellini – et Aldo Tonti, contribue à convertir l’entrelacs du rêve et de la réalité éprouvé par Cabiria en expérience onirique pour un spectateur sous le charme d’un geste artistique et d’une actrice magnifique, Giulietta Masina. La noirceur tonale qu’adopte à terme le long métrage n’est pas sans évoquer les constructions diaboliques des polars de Fritz Lang, ici heureusement rehaussée par un défilé final revigorant qui finit de nous toucher au cœur. Un chef-d’œuvre bouleversant dont la temporalité, encadrée par deux potentielles noyades, semble suspendue et offerte à la poésie.
Un magnifique portrait en quelques tableaux d’une humble et simple prostituée, personnage inoubliable magistralement interprété par Giulietta Masina, aux multiples accents chaplinesques. Tout en relevant de la veine du néoréalisme Italien, le film est imprégné de la marque personnelle du maestro Fellini. Ce conte cruel, pathétique et émouvant n’est pas tendre avec la gent masculine, ni avec la religion catholique, dont un pèlerinage est montré comme une fabrique d’illusions et de faux espoirs, comparable au spectacle d’illusionniste auquel participe Cabiria peu après. On peut d’ailleurs s’étonner que le film ait été primé par l’Office Catholique du cinéma, même si sur le fond, son esprit est proche des valeurs fondamentales du Christianisme. Quand la boucle est bouclée, entre les deux immenses déceptions de l’héroïne, l’inoubliable dernière scène nous la montre touchée par la grâce, non divine, mais éminemment humaine, et, dans le plus total dénuement, par la résurgence de l’amour de la vie et de l’espoir.
Avec le recul, il apparaît clairement que Les nuits de Cabiria est un film de transition dans la filmographie de Fellini. Le film s'inscrit certes dans la veine du néoréalisme, mais il s'échappe du cadre à de multiples reprises: la courte procession, les fidèles à l'Eglise, l'extraordinaire scène dans l'appartement de l'acteur (tournée comme dans un giallo). Les premiers spectateurs des Nuits de Cabiria se sont certainement rendu compte qu'il se passait quelque chose d'important dans le cinéma de Fellini, et en fait dans le cinéma tout court: l'éclosion d'un génie. Et l'exceptionnel La dolce vita allait suivre. Mais il ne faut surtout pas mésestimer Les nuits de Cabiria que l'on peut considérer comme une oeuvre préparatoire, une sorte d'esquisse achevée. Amarcord est déjà dans Les nuits de Cabiria, et maintes scènes (en particulier celles citées plus haut) doivent être considérées comme fondatrices de l'oeuvre fellinienne. Il faut voir et revoir ce film poignant, qui clôt sans doute le courant néoréaliste. (André Bazin: Cabiria voyage au bout du néoréalisme).
Une oeuvre très vieillissante avec des longueurs et peu de rythme. Après, certes, reste l'excellent jeux de Masina et le côté critique de la fourberie et de la bassesse de l'être humain, même si cela ne changera pas grand chose.
Prix d' interprétation féminine ( Cannes 1957) et Oscar du meilleur film étranger (1958), " les nuits de Cabiria", même s'il ne figure pas parmi les trois ou quatre titres que je préfère de Fellini, est sans nul doute un des titres majeurs de son auteur.
Interprété par l'épouse du cinéaste ( G.Massina formidable) les dialogues furent eux écrits par Pasolini, que Fellini avait sollicité en raison de la connaissance qu'il avait des milieux interlopes.
Le scénario est construit simplement : il s'agit de nous faire connaître par petites touches le caractère de Cabiria ( prostituée romantique), de susciter en nous un attachement au personnage, avant d'entrer dans le vif du sujet pendant la dernière demi-heure.
Au travers des déambulations de son personnage principal, "les nuits de Cabiria" nous propose finalement une réflexion sur les déterminismes sociaux et affectifs.
L'amour sera pour la solitaire Cabiria une conquête désespérée, tragique et interdite.
On peut noter que Fellini a beaucoup évoqué tout au long de sa filmographie la profession de Cabiria, s'en est longuement expliqué avec tendresse dans ses mémoires.
Je trouve que Fellini redonne aux prostituées toute leur dignité, toute leur noblesse, toute leur humanité à travers ce film. J'ai trouvé ça particulièrement intelligent, surtout qu'on est en 1957, c'est pas comme s'il avait fait ce film aujourd'hui où ça aurait été plus simple. Il y a une humanité énorme qui se dégage du personnage principal. Il y a une empathie évidente qui se crée entre elle et le spectateur. Et puis en plus c'est bien filmé. C'est pas un film inoubliable mais c'est tout de même un beau film.