Avec « Kes », Ken Loach débute quasiment sa carrière et déjà la fibre sociale est patente au cœur d’une histoire à l’origine sans effet sur cette sensibilité. Il y est question d’un garçon, peu accepté par ses camarades, et encore moins par son demi-frère qui le prend pour son souffre-douleur. Billy, déterminé et volontaire, réussit pourtant à esquiver toutes les difficultés et se réfugie dans l’élevage d’un faucon qui deviendra une véritable passion, et l’affirmation d’une personnalité qu’un de ses professeurs va pouvoir déceler. Les autres sont à l’image de la société qu’ils incarnent dans cette petite ville minière anglaise sans relief. D’un proviseur dictatorial imbu de sa fonction au professeur de gym tout aussi givré Ken Loach relève l’état des lieux d’une société archaïque et rétrograde. Un conservatisme de mauvais aloi filmé avec une évidence déconcertante. Du vrai de vrai … AVIS BONUS Le regard de Robert Guédiguian, et l'analyse de la séquence d'ouverture Pour en savoir plus :
Je ne sais comment vous contacter : je voulais vous signaler que votre synopsis révèle beaucoup trop de choses sur le film et notamment la fin , qui mériterait à mon avis un peu plus de discrétion bonne soirée Loïck Gicquel ( )
Malgré un DVD vieillissant et aux couleurs assombris, le coup de génie du début de carrière de Loach fonctionne toujours et encore plus pour le présenter aux pré-ados. Tout l'univers futur de sa filmographie apparaît en filigrane: le foot (avec l'inénarrable entraîneur habillé avec le maillot n°9 du M.U.), le travail éprouvant à la mine, les fins de mois difficiles, la crasse de Sheffield, les mères célibataires, les gosses laissés à eux-mêmes. Et pourtant Kes est différent car centré sur le moyen pour un enfant d'échapper aux brimades : en élevant un faucon, symbole de classe noble, un sujet complètement atypique et à contre-pied. David Bradley incarne à la perfection Billy aux travers de quelques scènes fortes, telle celle de son moment de gloire éphémère quand un prof lui permet d'exprimer sa passion devant la classe médusée. La fin parait noire comme la suie, "but"... Casper aura peut-être su faire le deuil de son enfance pour grandir et choisir une voie de sortie, à défaut de se voir imposer un métier pourri pour la vie. DVD vf 2 - avril 2019
Même s’il ne s’agissait que de l’une de ses premières réalisations pour le grand écran (la première à traverser la Manche), Kes se fit aussitôt remarquer par le réalisme qui allait caractériser l’œuvre de Ken Loach et faire de lui l’héritier naturel du free cinéma. Dépeignant avec énormément de sincérité le quotidien difficile d’un jeune garçon qui va rechercher de la compagnie auprès d’un oiseau sauvage, symbole évident de liberté, ce récit poignant s’ancre dans une réalité sociale très austère où justement l’enfant n’a pas l’opportunité de s’épanouir. Regard acerbe sur un système scolaire défaillant et un état d’esprit trop individualiste pour permettre au cocon familial d’être un lieu de réconfort, cette comédie dramatique par moment très bavard s’efforce également de multiplier avec brio des images naturalistes pleines de justesse artistique.
On peut voir dans ce film les prémices du talent du jeune Kenneth Loach et la mise en avant du cinéma dit "social". Le jeune Billy Casper est un élève turbulent qui va trouver un centre d'intérêt en domestiquant un jeune faucon qu'il va appeler Kes. Le réalisateur dépeint la jeunesse britannique travaillant dans les mines et dénonce surtout la tyrannie des enseignants de l'époque. Si le cinéma de Ken Loach tâtonne un peu par moment, il nous offre un très beau portrait de ce jeune débrouillard et aussi une partie de football scolaire mémorable dans cet univers assez sombre.
"Kes" n'est pas un récit initiatique sur le passage de l'enfance à l'âge adulte. Il serait même tout le contraire puisque Ken Loach s'attache à décrire la manière dont la société maltraite la jeunesse et l'empêche de s'épanouir. Billy, préadolescent à la recherche de sa place, émeut terriblement et il n'y a aucun happy end à espérer pour lui.
C’est l’adaptation du roman de Barry HINES (1939-2016), « Une crécerelle pour un valet » (« A kestrel for a knave ») (1968) qui a aussi participé au scénario. Les bons sentiments ne font pas forcément de bons films : celui-ci est ennuyeux, long (1h58) et verse dans le misérabilisme (l’histoire se déroule à Barnsley, une ville minière du Yorkshire) avec un scénario assez sommaire, alignant les scènes du quotidien, plein de souffrance, de solitude et d’indiscipline de Billy Kasper, 15 ans telles que match de foot, larcins (lait, livre de fauconnerie), punition, prières, etc. Cela se veut une dénonciation du système éducatif et de la pauvreté mais l’introduction du dressage du faucon crécerelle (kestrel en anglais d’où le titre) reste artificielle, même si c’est le seul moment de bonheur de Billy. Un court métrage aurait suffi. La série française « Pause café » (1981-1982) conçue par Georges Coulonges et réalisée par Serge Leroy est plus intéressante et en dit autant sur le monde de la jeunesse et de l’éducation.
Ken Loach signe ici un très joli film d'une belle économie de moyens, parvenant sans efforts à mélanger émotion et dénonciation d'un système, renforcé par une interprétation criante de naturel.
Un film touchant sur l'histoire de cet enfant intelligent, curieux, vif d'esprit, qui n'a que pour seule attache dans la vie un oiseau, avec qui il va se ''lier'' d'amitié dans cette Angleterre pauvre et ouvrière (mais tellement belle et authentique). Un film essentiel de la filmographie de Ken Loach.
Ce film m'a ennuier profondément (bon faut dire j'était en cours d'anglais quand je l'ai vu) Il est peut être trop vieux pour moi!!!! Mais vraiment je n'ai aps du tout aimer !!
Ken Loach aborde la difficulté de trouver sa place au sein d'une famille pauvre et détruite. Le film est émouvant et adressé autant aux enfants qu'aux adultes.
Un drame psychologique à ne surtout pas mettre de coté; K.Loach mettant cette fois l'accent sur ce total mépris pour les professions artistiques ou ’à part’ quant à l'entourage du jeune il séduit par son realisme comique avec ce franc saturnisme doublé d'une adoration effective des pires clichés enfin la thématique generale de l'oiseau libre en depit d'un ton doux-amer un peu niais laisse un agréable goût de jamais vu et puis les méchants là-dedans sont la plupart du temps de riches esprits etriqués.
Kes, 1969 de Ken Loach, avec David Bradley. D’après le roman de Barry Hines. L’un des tous premiers films de Ken Loach (Land and Freedom en 1994 et Le vent se lève en 2006), œuvre propre, bien écrite et bien filmée. Le rôle principal, celui de Billy Casper est tenu par un gamin extraordinaire qui a la tête et le comportement du gosse mal nourri, mal soigné, mal aimé. C’est lui et son histoire de fauconnerie qui nous rend le film attachant, bien que le ressort (un jeune garçon misérable, en échec social et scolaire qui découvre les clefs d’une communication respectueuse et tendre, en élevant et dressant un jeune faucon) soit assez prévisible. La peinture sociale (milieu ouvrier et minier anglais) et familiale (pas de père, mère paumée, grand frère cruel) est réaliste, et la double misère matérielle et culturelle soigneusement décrite nous ramène…près de 40 ans plus tard, en France, aux problèmes des quartiers de nombre de nos banlieues. Les choses n’évoluent guère pour le bas de l’échelle sociale, et si les enseignants ne frappent plus les enfants, il est possible que quelques uns emploient encore…les mots qui tuent ! La scène du cours de sport est particulièrement dure.
Une oeuvre remarquable dans la veine sociale et réaliste qui est la patte de son réalisateur Ken Loach. Malgré la dureté de l'histoire et de son contexte qui culmine avec des scènes à la limite du supportable, le cinéaste parvient néanmoins à captiver le spectateur en lui laissant comme à son personnage des moments de répit à travers les scènes avec son professeur d'anglais et surtout celles qui filment le vol majestueux de ce magnifique animal dont le titre du film porte le nom. Les personnages, rongés par une pauvreté économique et culturelle, que nous présente Loach sont en outre interprétés par des comédiens qui brillent par leurs incroyables naturels. Une oeuvre majeure du cinéma social mais aussi du cinéma britannique.
Formé au documentaire de télévision, Ken Loach signait là son deuxième long-métrage de fiction pour le cinéma, après Pas de larmes pour Joy (1967). On y trouve déjà l’essence son art, cette captation lucide et précise de la détresse sociale, accompagnée ici d’une finesse psychologique qui va au-delà des mots. Tout le film repose sur la mise en opposition de l’éducation anglaise, dans ce qu’elle a de plus rigide, sévère ou injuste, et du dressage passionné, subtil et intelligent, du faucon par le jeune personnage principal. Le contraste nourrit une critique cinglante du système scolaire, complètement sourd aux besoins des enfants. Mais ce qui touche le plus, c’est cette relation entre Billy et le faucon, dans laquelle le gamin parvient à donner ce qu’il n’a jamais reçu, à savoir de l’attention, de l’affection et une bonne éducation. Kes (pour kestrel, « faucon » en anglais) dégage une authenticité forte, ainsi qu’un mélange d’âpreté et de tendresse vraiment bouleversant. Son réalisme dépouillé n’exclut pas des moments de grâce (les épisodes du dressage dans le champ). Par sa simplicité et son humanité douloureuse (la fin est terrible), ce film laisse une déchirure profonde. Difficile d’oublier le visage de Billy. Ce gamin qui ne pleure jamais.