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inspecteur morvandieu
89 abonnés
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1,5
Publiée le 24 janvier 2025
Mais quels sont donc ce mystère, cette honte que traine avec elle Marie-Martine, qualifiée de fille perdue, et dont un écrivain cynique (Jules Berry, en sale type comme d'habitude) a fait un roman. Le style et la construction du film, la mine affligée de Renée Saint-Cyr nous convainquent qu'on file droit dans le mélodrame, et sans doute pas de la meilleure inspiration. Le dénouement m'a confirmé la médiocrité cinématographique et littéraire du sujet: il n'est pas loin du grotesque. Je n'en attendais rien et c'est tant mieux. Par une succession de longs flashback qui ouvrent progressivement les perspectives du drame, le réalisateur Albert Valentin aménage de façon très conventionnelle un récit dont les intentions, sinon les faits, sont assez lisibles. Il ne parvient jamais à introduire une quelconque intensité. Il y a bien les séquences où Jules Berry fait le cabot dans la façon et avec son talent habituels; il y aussi la fameuse et unique scène -complètement inutile au demeurant- avec Saturnin Fabre, qui répète et commande, le regard grave et l'éloquence solennelle, à Bernard Blier de tenir sa bougie droite (à quoi ça tient une scène culte!); le reste, c'est du mélo courant, des personnages sans épaisseur ni hauteur.
Ce film est un véritable chef d'oeuvre du cinéma francais. La mise en scène d'Albert Valentin est vriment éblouissante de maitrise et la galeire d'acteurs épatantes. Mais c'est surtout le scénario qui est ici extraordinaire. Il est d'une intelligence sans pareille, et construit d'une manière remarquable, puisque l'on découvre toutes les facettes de l'histoire à travers de petits fragments. Quelques scènes sont restées mythiques, notamment celle de Saturnin Fabre. Dommage que Renée Saint-Cyr soit tout de même aussi médiocre dans le rôle titre. Mais sinon, c'est superbe!
Albert Valentin, né à La Louvière en Belgique s’est surtout illustré par les scénarios qu’il a rédigés entre 1932 et 1968 (« L’étrange Monsieur Victor » de Jean Grémillon en 1938, « Archimède le clochard » de Gilles Grangier en 1959). On notera pour l’anecdote qu’il terminera sa carrière en écrivant les scénarios de quelques péplums. « Marie-Martine » qu’il réalise en 1942, vaut surtout pour l’architecture de son intrigue qui grâce à un entrelacs plutôt habile de flash-back, joue sur le mystère qui entoure la personnalité de Marie-Martine, jeune femme dont est amoureux un pharmacien transit, interprété par un Bernard Blier comme toujours parfait malgré quelques roulements de pupilles un peu appuyés. Une jeune novice dont le passé se révèle plus trouble que prévu quand débarque Loïc Limousin (Jules Berry), l’écrivain qui vient d’écrire un roman bizarrement nommé « Marie-Martine ». On comprend très vite que l’intrigue de ce roman a beaucoup à voir avec la vie antérieure de la jeune femme. Surgissement d’un passé que l’on pressent sulfureux et en complet décalage avec l’allure virginale qu’imprime Renée Saint-Cyr à Marie-Martine. Une Renée Saint-Cyr dont il faut bien l’avouer, le jeu semble aujourd’hui complétement compassé en partie à cause d’une diction qui semble toujours en décalage avec les sentiments qu’elle doit exprimer. Quand elle aura atteint un âge respectable, la mère de Georges Lautner saura faire un atout de cette tonalité si particulière qu’elle colorera d’une autorité qui lui allait comme un gant. Pour ce film, c’est en revanche raté, son jeu plombant en partie une intrigue plutôt réjouissante. Voir Jules Berry cabotiner jusqu’à l’épuisement pour animer la statue de pierre qui lui fait face, constitue un des petits plaisirs sans doute non recherché, distillés par le film. Enfin, on appréciera la scène entre le grand Saturnin Fabre et Bernard Blier où l’oncle faisant l’éloge un peu vain du célibat à son neveu, lui demande sans arrêt de tenir droite sa bougie.
Un récit ponctué de flashback déroule une intrigue dramatique et mystérieuse, émaillé d'humour, qui nous tient en haleine jusqu'à la fin. une floppée de seconds rôles consistants donne au film son grand intérêt, au premier rang desquels on trouve Jules Berry qui livre une composition géniale.
Très beau film avec plein de bons acteurs et une histoire à flashbacks. L'atmosphère est envoûtante, pleine de brumes, de gares et de mystères. Merci filmotv !
Je n'ai jamais aimé les films avec des ''flashback''. Un bout d'histoire ici, un autre bout là, etc. À moins qu'il n'y en ai que un ou deux et généralement vers la fin.
Ici on a du mal à suivre l'histoire car il y a plusieurs de ces ''flashback''. Au point où j'ai failli lâcher prise à mi-course. Mais étant un fan inconditionnel de Bernard Blier, (vous nous manquez Bernard car le cinéma d'aujourd'hui n'est plus rien sans vous) j'ai tenu bon. Mais peine perdue, je ne recommande pas ce film. Jules Berry est comme toujours énervant dans son parler, ses gestes, il surjoue à chaque réplique théâtrale et il a une sale gueule. Il a toujours des rôles de sales types.
Renée Saint-Cyr est peu connue (j'ai pourtant 58 ans) elle est fade, monocorde, bref sans aucun intérêt. On se demande même pourquoi ce bon Bernard en pince pour elle. Lui, il a une bonne gueule comme toujours et j'ai tenu bon seulement grâce à lui.
Et il y a la ''fameuse'' scène avec Saturnin Fabre mais je croyais que ce serait plus fort. Non vraiment, je me suis ennuyé...