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Un visiteur
2,5
Publiée le 29 septembre 2006
Je n'ai personnellement pas accroché. Pas à cause de l'histoire, ni de la mise en scène, mais à cause de l'actrice principale. Elle a beau être mimi comme tout, mais j'ai pas aimé son jeu et donc comme tout repose sur elle, il est logique que j'ai pas accroché. J'ai commencé à être "touchée" par son jeu que vers la fin du film. Dommage ! Heureusement que Laurent Lucas et Catherine Jacob étaient présents et qu'ils ont réellement jouer leur rôle. Le suspense est présent, même s'il m'a semblé que l'intérêt que Bambi pouvait avoir pour le docteur, avant d'avoir ses soupçons, manquait de mouvement.
Fascinant ! Je regrette d’avoir loupé ce film à sa sortie. Superbes prestations de Sophie Quinton et Laurent Lucas. Dommage qu’il y ait quelques incohérences.
Le film situe explicitement l’intrigue dans l'hôpital Trousseau de Tours qu'il utilise comme principal décor. L’architecture très froide et labyrinthique de ce vrai complexe hospitalier participe énormément à l’ambiance du film : couloirs néonisés, salles de réveil, blocs opératoires, etc. Gilles Marchand s’en sert presque comme d’un personnage à part entière. Pourquoi le Docteur Phillip ne rentre pas chez lui après sa journée de travail ? Il reste très tard le soir pour rendre visite aux patientes de l'hôpital en attente d'une opération. Ses intentions sont malsaines et perverses. Il les anesthésie et abuse d'elles. Isabelle qui découvre ce monde de la médecine a tout de suite un doute étrange envers ce Docteur charismatique, mais d'une imperturbable froideur. Le rapport entre Isabelle et le docteur Philipp est construit comme une fascination toxique progressive. Gilles Marchand joue constamment sur l’ambiguïté : est-ce qu’Isabelle projette ses peurs sur un homme simplement brillant et distant ou perçoit-elle avant tout le monde quelque chose de profondément dangereux ? Sophie Quinton incarne Isabelle avec une fragilité nerveuse très physique. Elle débarque dans le monde hospitalier comme dans une machine déjà lancée : hiérarchie opaque, fatigue, corps souffrants, gestes techniques qu’elle ne maîtrise pas encore. Elle est impressionnée par le docteur Philipp parce qu’il représente exactement ce qu’elle n’est pas encore : maîtrise absolue, assurance, prestige, intelligence froide. Face à elle, Laurent Lucas joue Philipp presque sans affect. Il parle doucement, regarde peu, semble toujours contrôler l’espace autour de lui. C’est ce calme qui devient inquiétant. Dans beaucoup de thrillers, le danger est démonstratif ; ici il est clinique, poli, presque tendre par moments. Plus il reste mesuré, plus Isabelle se sent désarmée. La séduction ne passe jamais par une romance explicite. Elle naît plutôt de l’autorité intellectuelle du médecin, de son attention ponctuelle envers Isabelle, du sentiment qu’il la “voit” mieux que les autres et surtout du contraste entre sa douceur apparente et l’angoisse qu’il provoque. Le film crée alors une tension très troublante : Isabelle cherche inconsciemment sa validation tout en redoutant sa proximité. Chaque échange contient une double lecture. Quand il l’aide, on peut y voir de la bienveillance ou une manière de prendre l’ascendant psychologique sur elle. Ce qui rend leur relation si dérangeante, c’est qu’Isabelle doute aussi d’elle-même. L’univers hospitalier la fatigue, les incidents s’accumulent, personne ne semble partager complètement ses soupçons. Le docteur Philipp devient alors une figure presque fantomatique : à la fois mentor possible, objet de fascination, et menace diffuse. Gilles Marchand filme ça avec énormément de retenue : silences, regards interrompus, couloirs vides, proximité physique soudaine dans un environnement médical où le corps est constamment vulnérable. Toute la relation repose sur cette idée : dans un hôpital, celui qui soigne possède aussi un pouvoir immense sur ceux qui ont peur. Comment Isabelle affrontera ses peurs, dénoncera t-elle le Docteur Phillip ou en sera t-elle la future victime ? Ma note sera de 2,79 sur 5, pour l 'ambiance stressante. Pourquoi Bambi ?? "Vous ne tenez pas debout, comme Bambi, le petit personnage de Walt Disney", déclare le docteur Philipp à Isabelle le soir de leur première rencontre après qu'elle se fut évanouie. Cette parole à la fois affectueuse et menaçante est à l'image de la relation ambiguë entre les deux personnages. Autre point commun avec le jeune faon : les grands yeux, symboles d'innocence. Le regard de Sophie Quinton est presque le centre émotionnel du film. Gilles Marchand filme énormément ses yeux, souvent en gros plan ou dans des lumières blafardes d’hôpital, et tout passe par là : la fatigue, le doute, la peur, mais aussi une forme de curiosité hypnotisée. C’est une des raisons pour lesquelles ce film reste si troublant : beaucoup de la tension psychologique ne vient pas des dialogues, mais du fait qu’on regarde Isabelle regarder.
Film étonnant mêlant la réalité et les rêves d'Isabelle. Cela nous fait flotter dans une incertitude permanente. Et même la conclusion nous laisse sur un point d'interrogation. Scénario bien construit et acteurs excellents. À voir et à revoir !