Le Septième Juré
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tuco-ramirez
tuco-ramirez

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4,0
Publiée le 1 octobre 2016
Un film français oublié à découvrir impérativement pour sa satire sociale chabrolienne, sa réhabilitation d’un Lautner que l’on cantonne trop souvent aux films de Bébel et aux « Tontons flingueurs » et son rythme d’une modernité rare pour l’époque. Juste un bémol, le final force légèrement le trait sur ce qui apparait comme un procès à charge.
Une fois n’est pas coutume, j’ai lu une très belle critique d’un dénommé Jean-Paul sur DVD Classik qui est d’une précision et d’une justesse que je ne pourrais reproduire… Alors je le nomme :
« Alors qu'il s'apprête à réaliser Le 7ème juré, Georges Lautner n'est pas encore le réalisateur des Tontons flingueurs, des comédies signées Francis Veber ou des films avec Jean-Paul Belmondo. Il est encore un cinéaste méconnu, qui vient de tourner ses cinq premiers films. Entre autres deux films forts et marquants, même s'ils restent des titres oubliés de sa filmographie, Marche ou crève et Arrêtez les tambours, tous deux portés par le talent de Bernard Blier, puis Le Monocle noir, premier titre de la série qui lancera réellement sa carrière. De nos jours, Lautner est trop souvent considéré comme un petit artisan du cinéma français, metteur en scène sans grande personnalité d'un Belmondo ronronnant ou de comédies balourdes. Un statut qui nous semble fort réducteur, et qui est sans doute dû aux œuvres plus poussives de la dernière partie de sa carrière qui ont fait oublier l'audace visuelle et la maîtrise du rythme que Lautner sut nous offrir dans la plupart de ses œuvres précédentes. Même alors qu'il était déjà un cinéaste installé, il y avait toujours dans ses films un grain de folie, un côté rebelle qui font la "patte Georges Lautner" et le distinguent à nos yeux de la masse des réalisateurs populaires. En découvrant ses premières œuvres, ces particularités se font peut-être plus évidentes. Dans un registre encore éloigné de la comédie, même si le rire est toujours présent au détour d'une réplique, Lautner propose des films socialement engagés, au ton particulièrement tranchant et parsemés d'idées visuelles surprenantes. Le 7ème juré en est une illustration parfaite, en plus d'être un film absolument passionnant, et se distingue comme l'une des réussites majeures de son auteur.

Dans la genèse de ce film, il faut en premier lieu souligner le poids de Bernard Blier. Tout au long de sa carrière, l'acteur sut jouer de sa popularité pour apporter son soutien à de jeunes réalisateurs. Ce fut le cas avec Georges Lautner, à qui il permit de monter Marche ou crève sur son nom. Il lui reste fidèle sur ses films suivants, et c'est lui qui insiste auprès du cinéaste pour qu'il tourne Le 7ème juré, un sujet parfait pour ses talents d'acteur et pour ceux de son ami réalisateur. L'histoire nous plonge dans une petite ville de province, Pontarlier, secouée par le meurtre d'une jeune fille aux mœurs légères. L'auteur du crime, le pharmacien Grégoire Duval, respecté dans sa ville, n'est pas inquiété. C'est Sylvain Sautral, petit ami de la victime et lui aussi considéré comme marginal, que les circonstances désignent comme le coupable idéal. Lors du procès, Duval est désigné comme juré et va faire son maximum pour ne pas voir un innocent condamné à sa place. Un sujet qui mêle donc à la fois drame judiciaire et analyse sociale de la petite bourgeoisie provinciale, à mi-chemin entre les sujets de prédilection d'un André Cayatte et l'ambiance propre au cinéma de Claude Chabrol. D'ailleurs, à la simple lecture de l'histoire, on pourrait voir un scénario typique des drames judiciaires tournés par le réalisateur de Nous sommes tous des assassins. Et force est de constater que dans ce domaine, Lautner montre à quel point il est un metteur en scène plus habile que Cayatte. Les séances de prétoire, qui peuvent vite devenir ennuyeuses au cinéma, ont devant sa caméra une force et un impact presque inégalés. Et, alors que le procès occupe près de la moitié du film, il semble se dérouler en un éclair grâce au rythme insufflé par le metteur en scène, caractéristique bien trop souvent absente dans l'œuvre de Cayatte. Finalement, le parallèle qui pourrait être fait avec le cinéma de Chabrol serait plus pertinent, tant Le 7ème juré, bien plus qu'un film de procès, est une véritable charge sociale, même si le ton de Lautner se fait probablement plus virulent, plus mordant, que dans la moyenne des œuvres chabroliennes.

Dès l'ouverture, Lautner semble d'ailleurs refuser d'inscrire son film dans un simple contexte policier. L'introduction, qui nous montre le meurtre commis par Duval, se fait sur un ton étrange, presque onirique, comme si l'action se déroulait dans un rêve. Le réalisateur joue avec la lumière, qui filtre dans la végétation, use de fortes contre-plongées et d'un montage rapide pour nous montrer que Duval n'est pas dans son état normal, mais aussi pour illustrer le profond basculement psychologique que son acte va engendrer. Cette entrée en matière frappante, visuellement très travaillée, est la mise en évidence immédiate du talent de Lautner. Une introduction plutôt audacieuse si l'on se réfère au cinéma français traditionnel, tout autant par la mise en scène que par le choix, plus anecdotique, de monter la victime nue à l'écran, qui situe immédiatement Le 7ème Juré comme un film atypique. A l'issue de cette scène, plutôt que de voir se dérouler simplement l'enquête, nous assistons pendant quelques minutes à une forme d'introspection chez Grégoire Duval. Le crime crée chez lui un bouleversement, qui n'est pas, dans un premier temps de la culpabilité, mais une prise de conscience de l'hypocrisie dans laquelle il vit. En voix off, il commente les images de sa vie. Ses habitudes, son quotidien, sa famille deviennent l'illustration du carcan dans lequel son existence s'est déroulée, par opposition à la liberté qu'incarnait sa victime. Alors que depuis des années cet homme semblait ne s'être posé aucune question sur sa situation sociale, son acte monstrueux lui ouvre les yeux sur ce qu'il est vraiment, et sur les échecs de sa vie : un mariage sans passion et des relations ternes avec des petits bourgeois uniquement préoccupés par leur tranquillité. C'est cette prise de conscience, et non le meurtre en lui-même, qui change le personnage. Sa désignation en tant que juré va lui donner l'occasion de s'opposer à la société à laquelle il appartenait jusqu'alors et, d'une certaine manière, de se venger de sa propre vie.

Ainsi, plutôt que de s'engager dans une narration routinière, qui aurait simplement suivi un processus judiciaire, Lautner nous propose une plongée dans l'âme du tueur pour mieux déplacer son propos sur un terrain plus large, celui du libre arbitre, de la liberté et de la charge envers les institutions morales. C'est une position que conserve Lautner dans la longue séquence du procès, qui se centre de plus en plus sur le personnage de Duval. Blier occupe l'écran et transforme son personnage, le septième juré du titre, en acteur central d'un événement codifié, dont il ne devrait être qu'un témoin privilégié. C'est à la fois une démarche qui permet au personnage d'exorciser son crime et à Lautner, dans sa position de réalisateur, de proposer une forme de subversion de l'institution judiciaire puisque les protagonistes habituels d'un procès se trouvent peu à peu réduits au rôle de spectateurs. Ce procès, cœur du film, constitue une séquence mémorable par son écriture, et notamment les échanges entre Bernard Blier et Francis Blanche, remarquable en procureur, par son rythme, mais aussi par sa portée symbolique. Et ce n'est qu'un début, carLe 7ème juré prend une nouvelle dimension à l'issue de ce procès. Alors que les notables de Pontarlier n'acceptent pas le verdict qui innocente un homme coupable de ne pas leur ressembler, Duval se voit accusé non pas du meurtre qu'il a réellement commis mais d'avoir trahi les siens en prenant ostensiblement la défense de Sautral. Ultime illustration de cette société qui marche sur la tête, on lui rit même au nez lorsqu'il passe aux aveux, démonstration finale de la décadence que filme Lautner puisque nous savons, en tant que spectateurs, que Duval dit vrai.

Cette peinture sociale, c'est évidemment l'occasion pour Lautner de nous offrir une réjouissante galerie de personnages plus veules les uns que les autres, un exercice dans lequel il excelle. On les retrouve dans l'atmosphère rance d'un vieux café qui semble héberger leurs parties de bridge depuis une éternité et qui contraste avec la boîte de nuit dans laquelle sortaient la victime, l'accusé et les jeunes de la ville, baignée dans une sonorité jazzy bien plus moderne. Une atmosphère que réutilisera Lautner dans beaucoup de ses films et qui ne laisse aucun doute sur sa préférence, et donc sur le jugement qu'il porte sur ses personnages. Il sauve toutefois un des notables, d'ailleurs il s'agit de celui qui fréquente les deux lieux, celui du vétérinaire. Impeccablement interprété par cet indispensable second rôle du cinéma français qu'est Maurice Biraud, celui-ci tient un discours radicalement opposé à celui de ses congénères. Presque excessif, mais lucide à la vue des éléments qui nous sont proposés, il condamne l'ensemble de la bonne société, la jugeant coupable, dans son ensemble, du crime commis par Duval - dont il semble d'ailleurs deviner la culpabilité. Il ne fait que peu de doutes que ce personnage est le porte-parole du réalisateur dans le film, Lautner lui laissant régulièrement le dernier mot et nous montrant des faits qui lui donnent raison.

Le 7ème juré est un film profondément sombre, au message particulièrement pessimiste - le final édifiant renforcera ce sentiment - qui semble trancher particulièrement avec les œuvres les plus connues de son réalisateur. L'atmosphère est oppressante, grâce à une esthétique travaillée pour laquelle il faut saluer le travail du fidèle chef opérateur de Lautner, Maurice Fellous, qui crée une véritable ambiance de film noir, mais aussi grâce à une utilisation particulièrement pertinente du son avec ces bruits qui se détachent, notamment celui des cloches que Duval se remet à entendre après son crime, symbole de son réveil. Le propos, lourd, est la condamnation sans appel d'une société sclérosée, et l'on pourrait d'ailleurs presque faire à Georges Lautner le reproche de mener un procès exclusivement à charge, le problème récurrent des films à thèse, si la démonstration n'était pas si fluide, si élégante et si brillamment portée par un casting d'exception. Toutefois, on ne se refait pas, on décèle quelques touches de l'humour décalé typique de la suite de son œuvre, comme lors de la reconstitution de la découverte du corps lorsque le témoin, une vieille fille typiquement Lautnerienne, s'enfuit de peur de manière quasi burlesque. Le mélange entre comique et réalisme est la véritable marque de Georges Lautner, quel qu'en soit le dosage. Le 7ème juré s'impose comme sa face la plus noire, la plus frappante aussi car plus engagé qu'à l'accoutumée, mais on pourrait retrouver, de manière plus ou moins affirmée, cette critique sociale dans nombre de ses œuvres. Les qualités visuelles, rythmiques et narratives qui ont fait ses grands succès sont, elles, communes à tous ses films, et ce sont elles qui font du 7ème juré une réussite formidable qui trône très haut dans une filmographie qui mérite d'être redécouverte. »
Un film donc à voir impérativement… Merci à Arte pour sa programmation hors sentiers battus et valorisant le patrimoine culturel.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 septembre 2016
Duval, pharmacien de Pontarlier et honnête citoyen, tue par un beau dimanche après-midi une jeune femme qui se faisait bronzer nue sur un rivage. Une pulsion toute bête qui fait basculer le brave pharmacien dans de profondes réflexions alors qu'il a du mal à avoir des remords et que toute la ville trouve en l'amant de la jeune femme un coupable idéal. Juré au procès, Duval décide alors de faire innocenter l'accusé tandis que l'idée de se dénoncer le travaille. Peinture au vitriol d'une petite ville de province pas éloignée d'un ton chabrolien, "Le Septième juré" dénonce la complaisance de la petite bourgeoisie qui refuse de regarder ses torts en face. Seul le vétérinaire du coin semble lucide et vomit cette société dont il fait tout de même partie tandis que tout le monde, la femme de Duval (avec des ambitions pour son mari) comme les policiers, refuse d'envisager le fait que "l'un d'entre eux" puisse avoir commis le meurtre. C'est bien simple, Georges Lautner n'a jamais été aussi inspiré en terme de mise en scène, mettant en images avec soin et tension un scénario impeccablement écrit aux dialogues particulièrement savoureux, parfois proches de ceux de Michel Audiard dans leur noirceur et leur tournure quasi-poétique. Et puis il y a Bernard Blier. Avec son regard tantôt lucide, tantôt un peu bouleversé, l'acteur livre l'une de ses meilleures interprétations. Il faut dire que le rôle est subtilement écrit, riche en voix-off amère et en complexité, comme taillé pour lui. Il en résulte une œuvre profondément noire, réflexion sur la culpabilité et l'hypocrisie humaine dont on découvre sans cesse les sévices.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 septembre 2016
Le film débute avec un meurtre de sang froid qui place tout de suite le film dans un thriller malsain avant de mettre en place le portrait d'un notable au-dessus de tout soupçon. Le cynisme de la situation est merveilleusement décrite par une voix Off omniprésente, entêtante, qui n'est jamais fortuite tant elle nous plonge dans l'intimité même d'un homme à la fois assassin et juré de sa propre condition. A savourer sans modération.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 septembre 2016
C'est un film policier qui fait la part belle à l'intrigue, et aux dialogues.
L'inconvénient c'est que c'est parfois un peu lent.
Le film datant de 1962 ceci explique cela en tout cas en partie.
L'histoire est celle d'un notable qui tue une femme lors d'un coup de sang. Loin de paniquer il reste maître de lui et fait comme si de rien n'était. Il dort même très bien la 1ière nuit ! Incroyable.
Et le hasard fait de lui un juré lors du procès de l'assassin présumé. Le 7ème alors qu'il aurait pu être révoqué si l'attaque n'avait déjà épuisé son quota.
Et ce juré va se faire l'avocat extraordinaire de cet accusé au point de le faire acquitter. Sa conscience est là pour lui rappeler son geste et il ne peut supporter que quelqu'un soit condamné à sa place. Ce sera finalement le début de la fin car petit à petit il va prendre conscience de son geste jusqu'à aller se rendre à la police.
Sauf que personne ne veut de lui comme coupable, un jeune d'accord mais un notable sans histoire, non ce n'est pas possible.
Une très belle prestation de Blier encore une fois.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 octobre 2019
Oubliez les Tontons Flingueurs : Lautner et ses acteurs-fétiches nous livrent ici un drame austère doublé d'une critique pariculièrement désabusée et juste du monde étriqué des notable de province, guère éloigné d'un Chabrol. Il faut, les voir, ces juges, ces notaires , ces médecins, condamner un innocent sur la base de simple préjugés, autour de leur partie de bridge hebdomadaire; jute pare que c'est facile, juste parce que cela arrange tout le monde. Plus d'un demi-siècle après sa sortie, le film n'a rien perdu de sa remarquable pertinence, et c'est bien triste pour notre société!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 6 septembre 2016
Justice, dépression remise en question et amour sont les ingrédients de cet excellent film, remarquablement mené par Bernard Blier !
ER  9395
ER 9395

112 abonnés 1 337 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 janvier 2017
Une superbe étude de société dans le conservatisme provinciale des années 60 , Bernard Blier
magnifique en homme rongé par la culpabilité , le reste du casting est au même niveau , une
incontestable réussite .
chapolin
chapolin

3 abonnés 52 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 août 2016
Je mets 3 étoiles et demi. Ça pourrait être 4 mais j'ai trouvé le début un peu long a se mettre en place bien que tout à fait judicieux. Cela dit c'est un bon film dans l'ensemble avec un Francis Blanche au top de sa forme. Quand à Blier il assure parfaitement son rôle d'un pharmacien complètement blasé par sa vie de bourgeoisie provinciale. Ce film noir et aigre, emprunt d'un certain humour m'a captivé.
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 mai 2016
Un assassin se retrouve juré du meurtre qu'il a secrètement commis. Ce qui est agréable est de retrouver 3 des acteurs des "Tontons flingueurs". Ce qui l'est moins est qu'il n'y a pas d'humour mais une recherche de la façon de procédé de l'accusé vis-à-vis de la victime. L'on sent que les acteurs prennent goût à jouer dans le tribunal, surtout Francis Blanche. J'ai bien aimé le scénario et les pensées du 7e juré. Mais le suspens est absent et l'on sait dès le début qui est le véritable assassin. La question est de savoir s'il va se livré, être démasqué ou même sauver l'accusé. Bonne intrigue qui manque de suspens et d'humour. Quoique la reconstitution par la vieille femme est un peu comique et le final pas mauvais.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 avril 2016
Le seul autre film que j'ai vu de Lautner c'était les tontons flingueurs que j'avais détesté, donc forcément ça ne me donnait pas spécialement envie de voir ce septième juré dont je ne savais rien, si ce n'est, vu le titre, qu'il allait y avoir une histoire de procès et j'adore les procès...

Ce que j'aime dans ce genre de film c'est d'être surpris, de voir comment est-ce-que l'on va me raconter une histoire et réussir à me surprendre malgré tout, tout en proposant, je l'espère des joutes verbales de hautes volées en huis clos. Et là le traitement est absolument génial, si le concept de départ est un peu tiré par les cheveux, l'assassin qui est dans le jury du procès qui juge un innocent pour le crime qu'il a commis, la tournure que ça prend rend le tout vraiment intéressant.

Déjà parce qu'une fois le meurtre commis on a une vraie réflexion sur la culpabilité, sur ce que ça fait de tuer un homme, comment même si on n'est pas accusé, on continue à vivre, si on peut encore dormir... et la narration par le personnage principal renforce ce questionnement parce que je me suis vraiment mis à sa place et à travers cette identification je me posé la question de comment j'arriverai à vivre avec un meurtre sur la conscience. J'en ai déduis que c'était comme tout, on finit par oublier, par ne plus se réveiller la nuit et continuer sa vie en y repensant de temps en temps avant de passer à autre chose. Mais faire se poser cette question c'est assez intéressant d'autant plus que là, étant donné que le type n'est pas un malade mental ou un psychopathe on peut vraiment s'identifier à lui, comprendre pourquoi il a tué, on voit que ce n'est pas quelqu'un de profondément malsain mais que c'est juste un homme.

J'aime aussi cette façon qu'il a de tenter de faire récuser au procès... L'ambition de sa femme... son attitude au procès...

Et même la fin... spoiler: La fin qui rajoute quelque chose sur la culpabilité dans cette situation il faut bien le dire assez spéciale où l'on paraît absolument innocent.


En somme ce n'est pas un film qui va surprendre dans son déroulé, les étapes sont connues, voire même assez mécaniques, mais c'est les réflexions qu'elles apportent qui sont intéressantes, comment en détournant légèrement les codes on peut parler de l'humain et de ses faiblesses.

Après j'ai pas adoré non plus, malgré une restauration rendant hommage à un très beau noir et blanc, parce que j'ai trouvé ça un peu lent à se mettre en place et que finalement puisque le film s'ouvre sur le meurtre, on sait qui est le tueur, ce qui rend forcément l'issue du procès assez certaine et donc j'ai cette impression qui dit des banalités, qu'on le sait déjà ça et que malheureusement pour moi qui aime les procès et bien ce n'était limite pas indispensable de s'attarder réellement dessus. D'autant plus que finalement il n'y a pas cette jouissance que l'on peut avoir dans d'autres films au niveau du verbe (bien que ça ne soit pas le sujet non plus ici). Donc si j'aurai un défaut à formuler c'est que le film est peut-être un peu trop redondant et qu'on aurait pu éventuellement le recentrer d'avantage afin qu'il soit plus dense.
landofshit0

314 abonnés 1 745 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 avril 2016
De prime abord le septième juré à tous les codes du film noir et présage avec son affiche un excellent film de Georges Lautner. On rebrousse vite chemin quand le film démarre,il n'est pas mauvais mais il est loin d’être excellent aussi,c'est un métrage fadasse. Le sujet n'est pas dégeu tout comme le scénario,mais il manque un vrai ton que Lautner n'arrivera jamais à apporter à son métrage. Pourtant la bande d’acteurs habituelle est bien là,mais on a du mal à y croire notamment le juge jouer par Francis Blanche,bien trop caricatural pour croire en son personnage. Ce qui m'a souvent donné l'impression d’être dans un Mocky. Blier incarne très bien ce petit pharmacien à la vie trop tranquille,ce personnage passe son temps à se parler intérieurement,ce qui fait passer de longs moments de voix off qui ne sont pas très bien fait et peut être pas toujours nécessaires. Mais à la bande il manque tout de même quelqu’un michel Audiard aux dialogues,celui ci n'a pas encore collaboré avec Lautner il faut dire. C'est ce qui expliquer ce ton trop sérieux qui à bien de la peine à fonctionner. huitième
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 janvier 2016
G. Lautner n'est pas qu'un réalisateur de comédies populaires et B. Blier n'a pas toujours été un acteur comique. Non, et ce film en est une des preuves les plus éclatantes. Le sens visuel du cinéaste explose à chaque cadre tandis qu'il propose une mise en scène aboutie, pétri d'idées et qui n'hésite jamais à désarçonner le spectateur. Il propose surtout une peinture acide, d'une grande violence philosophique, contre la petite bourgeoisie, engoncée dans ces certitudes, ses idéologies rétrogrades et ses envies conformistes. Le scénario est assez original, dans le sens où il nous immerge directement dans la tête de son protagoniste, nous faisant partager ses pensées et nous montrant son acte meurtrier inaugural sans en masquer son horreur. La suite est remarquable, jouant admirablement sur les codes du film judiciaire, renversant les codes de ce dernier et proposant quelques scènes de haute volée. Un film audacieux, noir, désespéré presque, parfois drôle via quelques saillies savoureuses (M. Biraud est formidable) et qui bouscule le confort du spectateur. Une grande claque. D'autres critiques sur
Nicothrash

464 abonnés 3 291 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 décembre 2015
Quand on pense Georges Lautner, "Le septième juré" n'est sans doute pas le premier film qui nous vient à l'esprit, et c'est bien dommage car ce dernier vaut son pesant de cacahuète. J'émettais pourtant quelques doutes quand à l'intrigue dont le coeur est semble-t-il immédiatement dévoilé, on n'avait sans doute moins le sens du spectacle à l'époque et ce qui apparait comme un possible twist idéal se retrouve balancé à nos yeux, dénué de sentiment, en un temps record. Et c'est là toute la magie de Lautner qui va nous faire prendre place aux premières loges, dans l'esprit étriqué et la vie qui l'est encore plus du meurtrier Bernard Blier, auteur au passage d'une prestation remarquable et plus touchante que l'on pourrait le penser au début. C'est une plongée au coeur de la bourgeoisie bien pensante, reine du procès d'intention, moins coutumière de la présomption d'innocence, aussi sèche et fausse qu'il est possible d'imaginer. Blier prend peu à peu conscience des conséquences de son mensonge sur la communauté comme sur l'accusé et sa tentative de se redonner bonne conscience prend vite l'eau dans ce milieu rongé par le nantisme le plus abject. Petit à petit il s'éveille sur sa culpabilité mais aussi sur son passé et même sur sa vie entière, faite de faux et d'apparences, un réveil qui sera terrible, notamment lors du final et des révélations, nocives pour toute une communauté mais également pour le coupable qui verra enfin sa femme sous son vrai jour, peu reluisant. Un sacré film, qui n'est pas sans rappeler sur certains points le superbe "12 hommes en colère" de Sidney Lumet et qui tient en haleine malgré très peu de rythme si tant est que l'on s'accroche un tant soit peu au début. Une belle leçon.
Alexarod

359 abonnés 1 874 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juin 2017
Un vieux film en noir et blanc, avec une bonne réputation malgré son côté méconnu, trop d’après les critiques.
On est vite dans le vif du sujet : une folie passagère accompagnée d’un beau morceau de musique classique (et de femme). Une ambiance sombre et taciturne, des contreplongées bien utilisées, des monologues intérieurs intéressants qui montrent un Blier à contre-emploi, surtout si on est habitué à le voir dans du Audiard, sa réserve et sa bonhommie convenant tout à fait ici. Les dialogues ne sont pas du même genre mais ils sont du même niveau. C’est certes bavard mais la justification du crime par son coupable donne matière à réflexion, sans expliquer ou excuser quoi que ce soit, et on suit un déroulement logique menant de sa déresponsabilisation à ses remords. Puis ça dévie vers une critique cynique de la société, de la justice, de la foi, de la renommée, de la réputation bourgeoise, les convenances, du couple, des autres, de la vie des petits villages de province avec ses bouseux et ses conversations de bar, mais avec justesse et des enchaînements bienvenus. Assez complet en somme, surtout que c’est bien joué, de la part de tous, leurs regards suffisant parfois à comprendre les intentions, que l’histoire est bonne, la trame pas si classique, le scénario bien monté et le rythme se tient sans trop de longueurs.
Pas comparable à 12 hommes en colère malgré le thème et le retournement de situation (ainsi que des preuves), un peu moins bon mais sans plus, trop sobre peut être. Néanmoins c’est un film atypique qui m’a surpris, méconnu sans raison, qui joue juste un thème trop rare. Parfois on se demande pourquoi certains remakes, d’autres fois c’est pourquoi il n’y en a pas.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 février 2015
C’est tout le procès d’une ville auquel on assiste, celui des petits notables confinés dans la bourgeoisie quotidienne de leur cité endormie, qui refuse de voir en l’un des siens le véritable coupable. C’est toute la démarche du réalisateur Georges Lautner, plus coutumier des comédies, mais qui sait aussi tirer les ficelles du drame, sur les conseils avisés du roman de Francis Didelot. Où l’on voit un juré mené à lui seul les débats d’une session d’assises, afin d’acquitter, envers et contre tous, le présumé coupable. Bertrand Blier (le papa de Bernard) a la carrure assez impressionnante pour mener son petit monde à la baguette, face à d’autres pointures, plus en retrait dans leur personnage : Francis Blanche, Danièle Delorme, Maurice Biraud … Une très belle restauration de la part de Pathé, pour un film qui effectivement le méritait bien.

Avis bonus Une scène alternative, éloquente, et l'histoire du film racontée par le fiston et d'autres membres de l'équipe , génial...
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