Richard Fleisher réalise là un modèle du genre du biopic sur les serial-killers, sa mise en scène est inventive et use à fond l'utilisation du split-screen pour le plus grand charme du film ainsi qu'une utilisation qui sera reprise de plongée dans un cerveau criminel. La narration est efficace et directe et nous plonge bien dans l'intrigue. Tony Curtis trouve là un des plus grands rôles de sa carrière lui permettant de remonter la pente et Henry Fonda est toujours aussi excellent.
De très bons acteurs, mais un film assez décevant, à cause de sa proximité d'avec les faits et son côté purement descriptif, sans prise de position ou de point de vue d'un protagoniste (comme l'a fait David Fincher dans Zodiac).
Entre 1962 et 1964, Albert de Salvo, surnommé The Boston Strangler, fut accusé (l'enquête était complexe, il reste encore des zones d'ombre à ce jour, il ne fut, par exemple, jamais jugé et finalement considéré comme un fou schizophrène) de l'assassinat de treize femmes et provoqua la terreur dans la ville de Boston. Richard Fleischer s'intéresse à cet événement et l'adapte, s'inspirant surtout de l'enquête qui tourne autour de ces meurtres sans revenir sur les antécédents d'Albert de Salvo.
C'est donc vraiment sur l'enquête que Fleischer s'attarde, on découvre d'ailleurs le tueur assez tard dans le récit, commençant au début de la série de meurtres et mettant peu à peu en place l'équipe qui va travailler sur le dossier. Il pose sa caméra en spectateur et nous immerge au cœur de l'enquête, on découvre les actes en même temps que la police, tout comme les divers suspects et les réactions de la population. La construction du récit est assez ingénieuse et bien pensée, Fleischer coupe son film en deux parties distinctes, s'attardant d'abord à montrer les conséquences de ses morts avant de s'intéresser directement à Albert De Salvo.
L'écriture est de qualité, très juste et sobre notamment vis-à-vis des personnages, que ce soit l'enquêteur ou De Salvo sur lequel on n'en sait peu mais assez pour en deviner les graves problèmes psychologiques. La reconstitution de l'enquête est aussi minutieuse qu'intéressante, se rapprochant alors d'un reportage et en y incluant des visions subjectives dans la peau du tueur. Mais là où Fleischer se montre tout aussi audacieux, c'est lorsqu'il s'intéresse au tueur et qu'il ne porte pas un jugement accusateur sur lui, essayant plutôt de l'étudier et de l'expliquer, de par ce fait il arrive à provoquer un sentiment d'empathie en montrant l'horreur psychologique de ce personnage. D'ailleurs tous les protagonistes sont intelligemment traités, en plus du tueur, il y a aussi celui de l'enquêteur principal, s'éloignant des clichés dans ce genre de rôle.
Si l'écriture est de grande qualité, elle n'en reste pas moins sublimée par la mise en scène de Fleischer, ce dernier sachant nous immerger au cœur du récit, de créer un sentiment de malaise et de mettre en place une atmosphère très ambiguë. Tout le long passionnant, il rentre peu à peu dans l'esprit du tueur et d'un cerveau malade, en proie à un dédoublement de personnalité. Sa réalisation est aussi fantastique, que ce soit dans sa manière de filmer les meurtres (surtout dans la première partie) ou d'user des flash-back, notamment pour rentrer dans la tête de De Salvo. Devant la caméra, Henry Fonda est comme à son habitude, c'est-à-dire d'une grande justesse et sachant se fondre dans son rôle, tandis que Tony Curtis est remarquable, retranscrivant toute la complexité et l'ambiguïté de son personnage.
Un film dérangeant, notamment dans sa façon d'étudier un tueur en série et de nous immerger au cœur de l'enquête. Fleischer signe une mise en scène remarquable, sublimant une écriture de qualité et bénéficiant d'excellents interprètes, une oeuvre tout simplement marquante.
Très bon thriller réalisé par Richard Fleischer, excellent artisan hollywoodien qui officia dans beaucoup de genres différents avec un certain succès. Le film fonctionne pour plusieurs raisons. La mise en scène de Fleischer use avec une intelligence certaine des split screens pour traduire à la fois le danger que fait planer l'assassin sur Boston mais également la paranoïa qui gagne peu à peu la ville et ses habitants. Le scénario, bien construit, est également assez audacieux dans sa structure. Après une première heure où le spectateur suit la progression de l'enquête menée par Henry Fonda et George Kennedy, la narration change radicalement de point de vue spoiler: et se met à suivre les agissements du tueur. Alors que les enquêteurs concentrent leurs recherches en fonction des a priori de l'époque (marginaux, voyeurs ou homosexuels), on découvre en un plan et un mouvement de caméra que l'étrangleur est un honnête travailleur, marié et père.
Pour finir, l'interprétation est aussi de tout premier ordre, en particulier Tony Curtis, particulièrement impressionnant lors de la séquence finale.
J'ai failli arrêter le visionnage après 1h30, déçu du déroulement et de la réalisation originale certes, mais tellement agaçante. Le réalisateur use et abuse de plans multiples censés accroître la tension. Le tout souffre des progrès faits depuis dans le cinéma: le film aura mal dans la deuxième partie du film, tout s'emballe. Quand on découvre l'identité du tueur, et qu'on se rend compte de la complexité du personnage, on suit avec attention l'issue de l'enquête. Certes, on s'éloigne alors du polar classique, et certains pourraient s'en plaindre. Mais personnellement, ce sont justement les séquences profondément psychologiques de la fin du film que j'ai appréciées, avec lesquelles j'ai ressenti la tension que j'aurais dû ressentir depuis le début du film. On s'attend à frémir avec un film policier haletant, mais on finit décontenancés par l'atmosphère médicale et pathologique de la fin.
Ce thriller pourrait se diviser en 2 parties : une 1ere heure durant laquelle l'on suit l'enquete policiere proprement dite avant que celle ci ne se recentre dans un 2 eme temps autour du presume coupable Desalvo.Si l'utilisation (novatrice a l'epoque) du splitscreen destabilise quelque peu au depart ,il faut aussi reconnaitre que le procédé colle parfaitement a la personnalité morcellé du tueur incarné avec brio par un Tony Curtis meconnaissable qui livre ici certainement la meilleure perf de sa carriere face au determinisme implacable de l'inspecteur Bottomly joué par le toujours excellent Henry Fonda.A noter qu'en dehors de quelques breves sequences violentes ,la 1ere heure enchaine meutres et fausses pistes sur un faux rythme devenant dangereusement repetitif mais le "zoom"sur la vie de Desalvo redynamise energiquement un scenario qui s'oriente des lors sur la schyzophrenie du meutrier et le travail psychologique engagé par l'inspecteur afin de lui faire "avouer" ses crimes.
Belles performances de T. Curtis et H. Fonda ..... mais, l'ensemble à beaucoup vieilli, les effets visuels deviennent vite agaçants et le suspense ne tient pas la route !!!
Un grand thriller, d'une tres grande qualité... Un film policier très influent, a la réalisation excellente et originale, racontant l'histoire vraie de l'étrangleur de Boston (célèbre tueur en série, dont l'identité n'est pas encore totalement certaine aujourd'hui) sans prendre parti, et développant brillamment les personnages et notamment le personnage central, l'étrangleur, joué par Tony Curtis.
Bon polar psychologique que l'on suit sans peine tant est captivant la recherche de cet étrangleur. Seul bémol est que l'histoire commence comme la réalité auquel le film prétend s'inspirer, mais le film fini par diverger très fortement de cette réalité. Néanmoins, cela permet de filmer un moment fort dans la confrontation entre ces 2 grands acteurs que sont Curtis et Fonda. A voir par les amateurs de policier psychologique
Un film très en avance sur son temps qui n'est en rien démodé pour notre époque. Aucune goutte de sangs mais certaines scènes sont malsaines et pesantes, la mise en scène est exceptionnelle et les acteurs très convaincants. Un des meilleurss films de serial killer qui soit.
Réalisé par Richard Fleischer en 1968, "L'Etrangleur de Boston" n'est pas qu'un banal film de tueur en série tant les sujets qu'il déploie et sur lesquels il nous interroge s'avèrent passionnants. En effet, on peut le voir comme un précurseur de beaucoup d'autres oeuvres car la façon dont il évoque les médias, leur pouvoir et les conséquences engendrées sur la population apparaît comme résolument moderne et réfléchie. Leurs informations et le ton étant donné à ces dernières est suffisamment explicite de la manière dont ils peuvent parfois changer les choses (souvent en mal). La description de la société par ses membres est tout à fait cynique, drôle, reculée mais également inquiétante car pointant du doigt les obsessions surgissant en chacun de nous et le regard que nous portons envers un malade alors considéré comme phantasme inaccessible et par conséquent excitant pour beaucoup. La mise en scène est extrêmement inventive et originale grâce à une utilisation inédite du split-screen franchement emballante. Et puis ça part un peu en sucette : cet aspect visuel devient synonyme d'alarme pour le spectateur, comme un signal avant un événement important ce qui ternit considérablement la tension. Fleisher y trouve le remède sur une ou deux séquences mais se voit très vite limité. De plus, son intrigue n'est guère passionnante : enquête à la Sherlock Holmes une heure durant, pseudo-tentative de l'univers d'un schizophrène dans la seconde : ça traîne en longueur, c'est bourré de clichés et absolument rien ne parvient à l'en sortir. Tony Curtis, aussi bon qu'il soit captive lors de ses premières apparitions puis se met ensuite à jouer dans le vide, la faute à un personnage dont nous cernons trop vite les apparences. Le flic intègre poussé dans ses retranchements psychologiques (Henry Fonda) n'offre pas d'approfondissement intéressant, hormis sur une scène. Flesiher a réussi la moitié de son film, il s'est perdu le reste du temps.
Master du genre ou film usant de silhouettes animées semblable à ces oeuvres puissantes du début du cinéma, ce polar trouble est - de toute façon - plein de ces actes dissociés non-réfléchis qui crééent parfois de ces oeuvres de génie, et on ne ratera pas les scènes de crimes rythmées par la musique de L.Newman: inratable.
Parmi les nombreux films de "serial killer" celui ci se distingue de par sa construction. En effet après une première heure des plus classiques où l'on suit une bande d'inspecteurs lancés à la poursuite d'un tueur qui sévit par strangulation, le film nous prend à contre pied en nous montrant le tueur dans son habitat ainsi que dans sa chasse aux victimes. Le film nous propose ensuite de nous mettre dans la peau et dans la tête de ce tueur schizophrène, et de prendre le parti de sonder avant tout la psychologie du serial killer plutôt que ses meurtres en eux mêmes. Notons aussi l'excellente prestation de Tony Curtis dans un rôle à contre emploi.
Pas le meilleur Fleischer, mais un bon film tout de même. Je dois avouer que l'ensemble m'a un peu décu, mais ca reste tout de même habile, avec un bon scénario et de bons acteurs. Pas mal.
Honnête thriller à l'ambiance prenante, un peu dérangeante et à l'intrigue assez réaliste. Interprétations plutôt moyennes même si Tony Curtis est au-dessus de la moyenne. Pour l'époque, assez novateur d'un point de vue technique avec notamment les split screens, les effets spéciaux. Dommage toutefois qu'il y ait un aussi cruel manque de rythme et d'épaisseur qui aurait pu en faire un film vraiment marquant et remarquable.