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Un visiteur
4,0
Publiée le 15 juillet 2010
Comment ne pourrait-on pas s’étonner que les Milles et une nuit ne commencent comme un conte de fée pour ce jeune homme qui voit tomber dans ses bras une esclave forte intelligente vendu par un propriétaire débonnaire sur un marché où l’on ne trouve pas que des légumes vous l’aurez compris… De la découverte de l’amour à l’intrusion des déconvenues qu’il suscite, celui-ci s’emplit de poésie entre quelques arbres… « Le pubis caché entre les mains qui pourtant débordait… Poètes de Bakour, voyons si il est vrai que les poètes savent parler aussi de ce qu’ils n’ont point vu… » Entre Alep la cité des milles péchés et la quiétude d’un petit village, le jouir se demande sous l’ombrelle ou dans la simple formulation d’une demande d’accompagnement pour vieillards surpris par la gaillardise en joie de s’adonner au voyeurisme en accouplant des jouvenceaux où Pasolini plonge sa caméra entre le rêve d’une caravane, la gaîté du plaisir charnel pris à sa plus simple découverte qu’expriment, à chaque fois qu’il apparaît dans la fraîcheur de sa nudité, des rires débridés et enfin libérés. « Sumurun » en extase et clin d’œil de ladite en passant par Pasolini à Ernst Lubitsch probablement… Avec la lune galopante dans le ciel, d’une nuit à l’autre, Pasolini joue avec le cinéma car à la position de l’astre sévèrement modifiée ou rallongée par la nuit étendue d‘un jour à l‘autre, il aurait pu - et dû, tout au moins pour le savant astéroïde - se passer un bon mois ! Mais Pasolini s’en fout,. Si cela fait bien dans le tableau dépeint tantôt avec douceur, toujours sans excès ni le moindre effleurement des vices qui dénaturent essentiellement le pouvoir des dominations. Cette sincérité extrême, dans ce que pourrait constituer la caresse du rêve d’amour réalisé, bafoué, parfois résolu dans la torture allant même jusqu’à donner l’impression de provoquer la caméra dans son indiscrétion, comble de bonheur et de ravissement… Magicien hors du temps Pasolini agence ses scénettes avec magnificence, teinte comme il veut les jeux de l’amour roi ou déconfit selon le situations qu’il aborde. Fresque tirant parfois jusqu’à la satyre - peut-être comme antithèse au lyrisme habituel de Pasolini -, ici au moins l’amour n’apparaît pas comme un tyran mais comme l’ombre des âmes qui règlent leurs contes aux joies des pulsions. Enfin, Pasolini atteint la mesure d’un Vinci lorsqu’il cadre en un alignement pyramidal quatre jeunes garçons. Netteté de l’image, perfection du grain, tout est posé méthodiquement comme si chaque image seconde devait porter en elle un nombre d’or qui n’a rien du hasard… Au bout du compte, ce qui pouvait sembler être une fantaisie fantasmagorique expurgée des rêves d’un fou concerne finalement chacune de nos relations amoureuses. Du liant à la rupture, des séparations violentes ajournées par la quête dynamique de nouvelles conquêtes, de sa comptine Pasolini nous confronte au réel sans le redouter…
L’art cinématographique de Pasolini est pauvre, mais il est suffisamment érudit et poète pour qu’on soit captivé par le film, malgré le manque de rythme, une direction d’acteurs et une mise en scène bien plates. Il sait en fait surtout combiner les récits et choisir les paysages les plus pertinents. La délicatesse de sons érotisme éclate dans sa manière de suggérer les actes sexuels. Et il magnifie la beauté masculine comme personne…
Indescriptible. Les Mille et une Nuits constituent le meilleur segment de la trilogie pasolinienne, et de loin ! C'est celui qui se démarque le plus du ton quelque peu rabelaisien des deux premiers volets... C'est également celui à travers lequel le concept de mise en abîme est le plus abouti. Sommet architectural, L'oeuvre compte plus d'une dizaine de niveaux de narration, chacun des récits étant emboîté dans le précédent. Ainsi la fable importe moins que la manière dont elle est racontée : l'enchaînement des séquences, vertigineux, confère à l'ensemble un sentiment intellectuel tout à fait stimulant. L'image, quant à elle, est somptueuse, loin des couleurs rutilantes du délicieux Decameron. Mélange de rêves et d'expériences douloureuses, les récits de ces Mille et une Nuits sont bien moins cocasses que ceux des deux premiers opus. Le film n'en demeure pas moins un chef d'oeuvre de narration, d'un pouvoir de fascination proprement hypnotique. L'un des plus grands films de feu Pier Paolo Pasolini.
Peut-être un peu moins bien que le Décaméron et les Contes de Canterbury, parce que répétitif, ce film est aussi celui des trois ou l'absurde est le plus présent, peut-être pour la même raison : la répétition qui vire à la monomanie. Pour cela, je pense que c'est un film un peu réservé aux fans de Pasolini, ou, dumoins ce n'est pas avec les 1001 nuits que les gens qui n'aiment pas sa filmographie vont se convertir. Les décors sont splendides, parfois un peu déconcertants : on passe de l'Iran au Népal en passant par le Yémenen. La narration fait de même, on ne sait jamais trop à quel niveau de mise en abîme et dans quel histoire on est.
j'ai fini ces contes des mille et une nuits, finissant alors la trilogie de la vie de Pasolini, si le décaméron oeuvre érotique et délicieusement drôle restera ma préférée, les mille et une nuits sont nettement moins drôles, mais bien plus axées sur le sexe. Un film érotique soft (très soft peut-être) admirable à regarder, qui dégage un certain désir du corps de l'autre malgré toute la laideur physique des personnages (surtout masculin), comme ne pas tomber amoureux de ces corps de femmes nues, à la fois tentatrices et mesquines, désireuse de la jouissance que peut leur faire connaître l'homme. On est dans un monde où la femme domine, l'homme n'est qu'objet sexuel (le rêve de tout homme quoi). Par contre c'est de l'adaptation made in Pasolini, ce qui veut dire qu'on a droit à des décors pour le moins étranges, presque contemporain, les récits se mélangeant jusqu'à perdre totalement le spectateur tel dans un labyrinthe, mais enivrant de désir sexuel jusqu'à la folie. Bref petit déception car je pensais rire, mais le plaisir du visionnage est bel et bien là. oeuvre qui repoussera autant qu'elle peut attirer. Très beau film, malgré une baisse de rythme dans la dernière demi heure, jusqu'au final qui est vraiment beau.
Amis Pasoliniens bonjour et bienvenue pour ce qui se présente comme la dernière partie du tryptique phare du cinéaste. Réalisé en 1974, "Les Mille et une Nuits" clôt l'époque des adaptations de contes qui ont fait la renommée du désormais célèbre metteur en scène. Quittant l'ambiance Médiévale terriblement glauque de Naples et Canterbury, Pier Paolo P. s'est ici ouvert à l'Orient, nettement plus civilisé et avancé que l'Europe à cette époque bien que tout autant ouvert aux plaisirs de la chair, ce qui a semble-t-il interpellé et intéressé notre réalisateur. Quelles étaient les moeurs en vogue ailleurs ? Quelle place était accordée à Dieu et aux traditions ? Comment un autre continent que le nôtre percevait-t-il le sexe ? Dans ce long-métrage, Pasolini incorporera nettement plus de lumière et de couleurs que dans ses essais précédents : l'ambiance est plus chaleureuse, les relations moins bestiales, la vulgarité quasi-absente... ce qui n'empêche pas l'oeuvre d'être plus explicite que jamais, avec un beau défilé de pénis en érection ! Seulement voilà, tout est plus littéraire et poétique si bien que les situations admettent un caractère quasi-mythologique. Visuellement, c'est soigné, léché même et pourtant très beau (je ne suis pas très friand d'images trop sophistiquées). Les non-dits sont nombreux et les interprétations multiples que l'on peut proférer à travers chaque scène feront le malheur des plus cinglés d'entre-vous. 1h30 durant, c'est un vrai bonheur, raffiné qui plus est dans sa crudité. Quant à la dernière demie-heure, elle paraît longue, très longue, alourdissant le propos, n'apportant rien de neuf, compilant les répétitions finissant par définitivement se transformer en longueurs. Dommage car la fin a de quoi redonner un grand sourire aux lèvres. Disons, comme pour "Les Contes de Canterbury" que le résultat est inégal. Enfin, lorsque le film est lancé, il est franchement plus qu'appréciable. En-dessous du "Decameron" mais dans l'ensemble très prenant.
Sans avoir vu le décaméron et les contes de Conterbury, le film m'a déçu. J'avais vu ça comme une simple exposition des fantasmes de Pasolini. En fait les trois films des bonheurs sexuels de la vie sont liés entre eux et indivisibles comme le montre une critique visible sur Internet à ce sujet. En effet, c'est bien plus loin dans le film qu'il faut chercher l'histoire subliminale. En analysant les personnages de Franco Citti (le méchant) et de Ninetto Davoli (le malheureux), on voit le second message qui le bonheur n'est pas sans malheur. Le personnage d'Aziza est par exemple typique de personnages du marquis de Sade (fille en détresse qu'on enfonce dans la douleur) et est donc initiateur de Salò. Cette seconde partie rend donc beaucoup plus d'estime au film et en fait un classique comme plein d'autres films de Pasolini. Dommage que comme d'autres films de Pasolini, il n'est pas assez diffusé en France notamment à la télévision.
Moins bon que les deux autres volets, "Les 1001 nuits" est le dernier volet de la 'trilogie de la vie'. Le dernier film de Pasolini qui sortira de son vivant. Très beau film, superbe image, mais on est en droit de préférer n'importe lequel des deux autres films de la trilogie. 4 étoiles quand même, par souci de cohérence.
N'ayant pas lu "Les Contes des Mille et Une Nuits", il peut s'avérer risqué de se permettre d'analyser le film. C'est pourquoi je me contenterais d'évoquer ici la beauté des visages présents dans le film (une sorte de beauté innocente, doublée d'un humour toujours très simple et naïf). Un hymne à la sexualité, à l'amour, à la Vie.
Une version cinématographique sans saveur et sans la moindre once de poésie, de plus un érotisme de pacotille gâche ses belles histoires que sont les contes des 1000 et 1 nuits.