Ça fait une éternité que je dois me mettre au cinéma de Melville, après être tombé en admiration devant L'armée des ombres il y a maintenant presque 10 ans (et j'en ai 25...). Et j'ai toujours repoussé l'échéance parce que j'avais peur, peur que le génie que j'ai pu voir sur un film ne s'envole. Et fort heureusement non, le génie est bien là. Alors c'est pas un chef d'oeuvre non plus, on n'atteint pas les sommets, mais on en est très proche quand même. Le Samouraï c'est tout ce qu'il faut faire dans un thriller/polar, absolument tout. Un rythme hyper lent, de la tension, des scènes qui s'étirent, un héros charismatique, du mystère, des femmes. Le seul petit truc qui manque, et encore, et c'est personnel, c'est une petite touche de folie, une petite fantaisie qui ferait que je me dirai "le mec récite sa partition à la perfection et arrive à en rajouter". J'ai retenu surtout une scène, c'est celle de l'intrusion dans l'appartement de Jef. C'est lent, hyper lent, banal presque, mais ça prend tellement son temps (notamment sur le pallier de l'appartement) que tu as peur, que tu es sous tension. Du grand art. Et tout le reste est comme ça, la réalisation est hyper carrée, la photographie idem, la prise de son est parfaite ( et pour l'époque c'est rare). J'ai enfin compris l'aura qui entour Delon. Plus charismatique tu meurs, dans son imper, avec son chapeau, il est froid méticuleux, il a la classe tout simplement. De ce que j'ai pu comprendre, ce film a fortement inspiré les réals américains (Coppola, entre autre), et ça se ressent bien, car quand tu vois ça, tu as envie de faire un film, de faire ressentir toute cette tension et cette lenteur. C'est vraiment la meilleure façon de faire un film, à mille lieu des films d'actions que l'on a depuis 10ans, et Melville avait tout compris.